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1 novembre 2001 4 01 /11 /novembre /2001 18:49

Critique parue dans la Lettre des Baladins en novembre 2001  :

 

reprise.jpg

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1 juillet 2001 7 01 /07 /juillet /2001 14:42

Courrier des lecteurs paru dans Chorus n°36 :

 

Oh ! Comme ils ont eu tort, tous ceux et celles qui ne sont pas venu(e)s participer aux Rencontres autour de Colette Magny, le 27 avril dernier à Marseille, ou apporter leur Tribute To Colette Magny le 29 à Verfeil-sur-Seye. Et ils ont eu bien raison, tous ceux qui sont allés "Sur les pas de Colette Magny", car il s’agissait bien d’aller sur ses pas, de participer à des rencontres, d’apporter son tribut...
Les chansons et les textes de Didier Brassac, Jean-Marc Le Bihan, de Chansons de l’Evénement, les musiques de Jean-Paul Florens, les peintures et sculptures des ateliers d’Emmaüs, à Marseille, ont croisé les chansons, les textes et les peintures de Colette Magny. A Verfeil-sur-Seye, où elle vivait, ses chansons et textes ont été tenus par Eric Lareine qui, à voix nue – et quelle voix ! –, accompagné à la batterie par l’autre Eric, a repris la pintade de "Fils de Bahia" ; par Sandrane qui, d’une voix chaleureuse et généreuse, a rendu "Gracias a la vida" (de Violeta Parra), nous rappelant Colette aux côtés du peuple chilien ; par Wally qui, pour l’occasion retrouvant Freddy, nous livrait "Les multinationales déboisent" ; par Jehan qui se mettra dans la peau de Jehan Rictus ; par Dave Goodman avec un blues pour Colette ; et bien sûr par Jean-Marc Le Bihan, Florens et Chansons de l’Evénement venus tout exprès de Marseille.
Oh ! que ceux qui ne sont pas venus ont eu tort ! Et que ceux qui sont venus ont eu raison ! Car, et à Marseille et à Verfeil-sur-Seye, François Tusques au piano a présenté un Portrait musical de Colette Magny, accompagné au violoncelle par Hélène Bass (tous deux ayant joué à des périodes différentes avec Colette)... Enfin une musique qui, comme Colette jadis avec ses chansons, ne fait pas l’unanimité ! Enfin une musique qui coupe en deux les salles ! Enfin une musique qui donne à penser, à parler, qui intrigue, intéresse, enthousiasme. Enfin une musique qui ne laisse pas indifférent et qui, à l’instar de l’art contemporain, peut-être, peut parler à chacun, va au-delà de la notion du beau et interroge, interpelle, fait "bouléguer", donne une autre vision du monde que ce que font souvent la musique et/ou la chanson.
Alors, merci à ceux qui sont venus, merci que cet événement ait pu exister Merci à Chorus de l’avoir annoncé. Et à ceux qui ne sont pas venus, dommage !

 

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3 mai 2001 4 03 /05 /mai /2001 12:40

lglogo1.gifExtrait de l'interview de Jean Ferrat publiée dans Rouge n° 1921 du 03/05/2001 :

 

Quels chanteurs écoutez-vous ?

Jean Ferrat - J’écoute souvent Allain Leprest, qui est un vrai auteur, un homme, un homme de caractère, qui a son style, son monde. J’écoute Juliette, qui est un homme elle aussi [rires] ! Ces gens-là sont complètement exclus des médias, je n’ai jamais vu Leprest à la télévision. Et il y en a plein d’autres. C’est insupportable.

Les grosses maisons de production, les gros diffuseurs, les télés qui ont aussi des filiales d’édition musicales, veulent tout. Si l’artiste, à un bout de la chaîne, signe avec le producteur, qui signe avec le diffuseur, qui signe pour vous faire tant d’émissions, on arrive à se faire entendre. Mais si tu n’es pas dans cette chaîne, on ne t’entend pas. Il y a encore des circuits parallèles, mais ça fait vivoter. Allez dans la rue ou dans la France profonde, demandez qui est Allain Leprest : personne ne va savoir qui c’est. Pour certains chanteurs, ça dure depuis 40 ans. On peut aimer ou non une fille comme Anne Sylvestre, mais il faut reconnaître ses qualités d’écriture formidables. Jamais, jamais, ses chansons n’ont été programmées à la télé. C’est honteux. Je pourrais en citer des copains, des gens qui sont morts, qui n’ont jamais eu l’accès aux médias !

 

Colette Magny, par exemple. C’était quelqu’un d’important pour vous ?

Jean Ferrat - Colette Magny, c’était une grande. Mais elle avait un talent qui n’était peut-être pas très populaire. Sa façon d’envisager sa carrière et ses choix de textes, c’était une démarche difficile, pas très grand public. Elle aurait pu avoir une renommée plus importante, elle avait une grande aura, mais elle avait de grandes exigences, dans ses textes comme dans les musiques. Ce n’était pas de la chansonnette. Elle a choisi une voie originale, à elle, un peu en dehors de la chanson française. Francesca Solleville aussi , elle en a fait des disques, des concerts, mais jamais elle n’a été diffusée sur les radios, les télés. Cela tient, peut-être plus que Colette, à son engagement politique. Jamais on ne lui a donné la possibilité de se faire entendre et connaître d’un grand public.

 

Propos recueillis par Naoufel, Joël F. Volson et Laure Favières

 

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Published by Pierre Prouveze - dans Témoignage
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28 janvier 2001 7 28 /01 /janvier /2001 14:34

histoire-culturelle.jpgDans "Histoire culturelle de la France de la belle époque à nos jours" de Pascale Goetschel et Emmanuelle Loyer (Ed. Armand Colin, chapitre 6) "Les sixties, la culture entre contestation et consommation - L'épanouissement de la culture de masse") :

 

Dans les années soixante, Gilbert Bécaud, Jacques Brel et Edith Piaf, symboles d'une tradition violente, poétique et mélodique, sont au sommet de leur gloire. Ils conquièrent eux aussi, une relative légitimité culturelle. Des enseignants étudient leurs textes en classe et des éditeurs les prennent en compte tel Pierre Seghers qui introduit dans sa collection "Poètes d'aujourd'hui" un ouvrage sur Brassens et publie plus tard des recueils entiers de chansons. Par ailleurs, la famille des auteurs-compositeurs-interprètes prend naissance et s'accroît significativement. Cette "chanson à texte", c'est celle de Colette Magny et de ses préoccupations sociales, de l'incisif Boby Lapointe, mais aussi de Guy Béart et Barbara, d'Hélène Martin et Jacques Bertin, d'Anne Sylvestre et Jacques Douai. L'impression des textes de chansons sur les pochettes comme le passage dans quelques émissions, rares il est vrai - on peut toutefois citer "La fine fleur de la chanson française" de Luc Bérimont sur France Inter -, leur permet de ne pas rester dans une totale confidentialité. Mais c'est surtout après 1968, quand la parole se délie, que les A-C-I se font remarquer : Léo Ferré, la figure anarchiste, triomphe dans la jeunesse et les temps apportent leur moisson de talents, Brigitte Fontaine, Claude Nougaro, Jean Ferrat et d'autres qui poussent loin la chanson revendicative.

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20 janvier 2001 6 20 /01 /janvier /2001 12:50

pestel.jpgDans son dernier disque "Babels", Véronique Pestel évoque l'influence de Colette Magny dans sa chanson "Mimi de Saint Jean" : 

 

Quand elle chante c'est très bien
La Geneviève du Poitou
Quand elle chante c'est très doux
La Marie du Beaujolais
Quand elle chante ça me plaît
La Juliette de Toulouse
Quand elle chante je jalouse

La Sylvestre de la Seine
Quand elle chante c'est ma reine
La Magny des grandes choses
Quand elle chante c'est ma cause
La Messia du siècle noir
Quand elle chante c'est l'espoir
La Barbara de toujours
C'est l'amour

La Francesca des faucilles
Quand elle chante ça me vrille
La Sauvage des panaches
Quand elle chante ça m'arrache
La Vaucaire des douceurs
Quand elle chante j'ai bon cœur
La Renard des grivoiseries
J'en rougis

La Greco c'est un cobra
Quand elle chante entre ses bras
La Berthon du fond des âges
Quand elle chante c'est de rage
La Sapho comme un crotale
Nous la chante à l'orientale
La colère de Ribeiro
C'est très beau

La Vilar de la vie lente
Quand elle chante c'est qu'elle danse
La Pralon des comédies
Quand elle chante c'est qu'elle dit
La Grimm rit de nos miroirs
Quand elle chante ses grimoires
Et la Mouron vit d'amour
Dans sa force de velours

Quand elle chante se complète
La Léa, Place des Mots
Quand elle chante hisse haut
La Caplanne des Marines
Quand elle pêche c'est des rimes
La Marie-Paule au piano
C'est pas rien que rigolo

La Théraulaz des helvètes
Quand elle chante c'est leur fête
La Vyvère de Wallonie
Quand elle chante c'est leur vie
La Clémence du show, Québec
Fait chanter tous les bons becs
De Pauline à Renée-Claude
Les gorges en sont chaudes

L'Angélique d'Élytis
Quand elle chante je me tisse
La Giovanna d'Italie
Quand elle chante je me lie
La Mercedes de là-bas
Quand elle chante je me bats
La Prucnal de Varsovie
Je me vis

La Gribouille des douleurs
Quand elle chante c'est ma peur
La Martin des monts Genet
Quand elle chante c'est ma paix
La Christine du clope aux lèvres
Quand elle chante c'est La Sèvres
Janine Jean quand tu t'es tue
Qui l'a su ?

Je sais bien que j'en oublie
Moi aussi
Je sais bien que j'en oublie
Des marraines et des amies
Des pareilles, des inconnues
Des perdues
Des qui se taisent et qui doutent
Des qui plaisent et qui s'en foutent
Des qui tracent leur chemin
Comme Mimi de Saint-Julien
Comme Mimi

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14 octobre 2000 6 14 /10 /octobre /2000 22:00
Extrait de l'article "Le Printemps de Bourges, les atouts d'un modèle artistique à la française" de Bertrand Dicale paru dans Le Figaro du 15/10/2007 :

" Si l'on revient aux origines, la naissance du Printemps de Bourges en 1977 est motivée par la dictature de la variété de grande consommation. En ce temps-là, beaucoup d'artistes ne passent pas plus à la radio ou à la télévision qu'ils n'ont accès aux salles de concerts, tandis que leurs disques sont peu disponibles chez les disquaires. Les Sardou ou Dalida règnent sur toute l'économie de la chanson. Comme une réponse, la programmation du premier Printemps est sans ambiguïté : François Béranger, Jacques Higelin, Dick Annegarn, Bernard Lavilliers, Leny Escudero, Henri Tachan, Catherine Ribeiro, Colette Magny – personnalités d'importance mais économie «pauvre», en marge de la prospérité des variétés du moment".

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7 juin 2000 3 07 /06 /juin /2000 14:02

Lu sur le site d'Anne-Marie Fijal :

 

En 1983 Colette Magny m'a demandé de participer au disque chansons pour Titine. Lors d'un précédent concert à Metz, j'avais enchaîné 2 préludes de Chopin et Strange fruit. Le lien entre Chopin et le blues m'avait semblé évident.
Dans la salle il y avait Abbey Lincoln et ses musiciens ; ils avaient beaucoup aimé. J'ai gardé ce lien classique/blues pour le disque en choisissant un rapprochement tragique : Alors que l'armée tsariste entre dans Varsovie insurgée, Chopin compose la Révolutionnaire. Des civils sont arrêtés et pendus pour l'exemple. En Caroline du Sud dans les années 20 une révolte de travailleurs noirs est matée dans le sang. Le lendemain « d'étranges fruits » pendent aux arbres. Colette est une grande, une très grande chanteuse/poète. Elle est possédée par l'amour du son et du sens et la manière dont elle les conjugue la place à l'évidence parmi les artistes qui ont une profonde histoire qu'ils trimballent avec une nostalgie d' hier, d'aujourd'hui, de demain. C'est ce qui chez Colette m'a le plus impressionnée et le plus émue durant la période où je l'ai accompagnée au piano. Il fallait à chaque instant trouver, inventer, capter – par-delà les styles, les modes, les genres - la résonance adéquate à son phrasé vocal si profond afin de l'aider à réaliser sur le vif son art : la chanson ou plus exactement le lied français contemporain. Ainsi chaque concert était différent.
 

© Martine Franck/Magnum Photos

© Martine Franck/Magnum Photos

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19 février 2000 6 19 /02 /février /2000 16:36

Article paru dans Le Monde du 19/02/2000 :

Morte en juin 1997, Colette Magny avait fait son entrée sur la scène publique avec Melocoton, un blues à la française qui se classe en 1963 aux premiers rangs du top de Salut les Copains. Mais Colette Magny, chanteuse à la voix grave et noire, revient très vite à ses premières amours : la liberté du jazz, de la parole conquise. Magny était une chanteuse engagée. Elle publia Nous sommes le pouvoir en 1968 ( « trois chansons-enquêtes auprès des travailleurs dans les entreprises »), puis chercha à transmettre les idées des Black Panthers américains, notamment avec les musiciens du Free Jazz Workshop. Féminisme, défense de la démocratie au Chili, aucun des combats de la gauche avant son arrivée au pouvoir ne lui étaient étrangers. En 1982, la chanteuse revient à Cole Porter, Bessie Smith, aux chants traditionnels américains ( The House of The Rising Sun), mais aussi à Verlaine, dont elle interprète Prison, mis en musique par Gabriel Fauré. Anne-Marie Fijal l'accompagne au piano, Patrice Caratini et Henri Texier sont à la contrebasse, Maurice Vander au piano, Claude Barthélémy à la guitare, Dominique Mahut aux percussions... En vertu de cette extrême musicalité, les quelques traces de vieillissement observés du socialisme en marche aux stock-options - de l'eau a coulé sous les ponts - seront immédiatement oubliés au profit de nos retrouvailles avec un album qu'on aurait craint de voir se perdre, faute de réédition.

Véronique Mortaigne

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1 janvier 2000 6 01 /01 /janvier /2000 10:21

Biographie publiée dans Encyclopedia of Popular Music :


Born 31 October 1926, Paris, France, d. 12 June 1997, Villefranche-de-Rouerge, France. Magny was one of the most striking and politicized of French singer-songwriters to emerge in the 60s. The daughter of a grocery salesman and an actress (though her mother only took up this profession at the age of 57), Magny started work as a bilingual secretary and translator at the Organisation for Economic Co-operation and Development in 1948, remaining in full-time employment there until 1962. Her interest in English-speaking culture introduced her to the work of blues and jazz singers, including Bessie Smith and Ella Fitzgerald. Having been instructed on guitar and banjo by the French jazz musician Claude Luter, she began to compose her own blues material, performing in and around the French capital. She played regularly at the Contrescarpe cabaret club, where she was spotted by enigmatic promoter Mireille, who booked Magny for her television show, Le Petit Conservatoire De La Chanson, and Magny's version of "Saint James Infirmary" attracted rave reviews. The next day's edition of the Paris-Presse newspaper proclaimed: "France has found her own Ella Fitzgerald". Having left the civil service, she signed a contract with CBS Records and released her debut single, "Melocoton", which reached the charts. However, she did not dabble with the mainstream French pop charts for long. Subsequent material included quotations from the Bible, Chekhov, Dostoevsky and Lenin set to music, translations of Lewis Carroll and Pablo Neruda and musical readings of French poets Victor Hugo and Rimbaud. She also continued to compose her own material, particularly after becoming politicized by the Algerian conflict of the 50s. Her song, "Le Mal De Vivre", was banned by state broadcasters. A subsequent album, R‚pression, reflected angrily on such censorship. She took an active role in the Paris student riots, helping to organize sit-ins and benefit concerts. In the 70s, Magny continued to branch out into new musical territory, working in jazz, rock and contemporary pop formats. Her 1973 album, Feu Et Rythme, won the Grand Prix du Disque from the Acad‚mie Charles Cros. In the 80s she moved to the south of France, but thereafter her career was hampered by a chronic spinal disease. Despite this, she remained a huge influence on French political and musical culture, her curmudgeonly persona emphasized by one of her final outbursts, condemning "the bastards who pretend I'm already dead. I want to prove to them that I'm still alive, still creating."

Discography:
R‚pression (Le Chant du Monde 1964)***, Frappe Ton Coeur (Le Chant du Monde 1966)****, Vietnam 67 (Le Chant du Monde 1967)**, Feu Et Rythme (Le Chant du Monde 1973)****.

Bibliography:
Colette Magny, Citoyenne-Blues, Sylvie Adureau.

 

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Traduction (approximative!) :


Née le 31 Octobre 1926, Paris, France, décédée le 12 Juin 1997, Villefranche-de-Rouergue, France.
Magny est l'une des plus engagées des chanteurs-compositeurs-interprètes de la chanson française à émerger dans les années 60. Fille d'un épicier et d'une actrice (bien que sa mère ne s'orienta vers cette profession qu'à l'âge de 57 ans), Magny a commencé à travailler comme secrétaire bilingue et traductrice à l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) en 1948, où elle y exerce un emploi à plein-temps temps jusqu'en 1962. Son intérêt pour la culture anglophone l'amene à s'intéresser aux blues et aux chanteurs de jazz, notamment Bessie Smith et Ella Fitzgerald. Formée à la guitare et au banjo par le musicien de jazz français Claude Luter, elle commence à composer ses propres blues, se produisant à Paris et aux alentours. Elle joue régulièrement au cabaret de la Contrescarpe, où elle est repérée par Mireille, qui invite Magny pour son émission de télévision, Le Petit Conservatoire de la chanson, et la version de Magny de «Saint James Infirmary» suscite des critiques élogieuses. Le lendemain, le journal Paris-Presse proclame : «La France a trouvé sa propre Ella Fitzgerald». Après avoir quitté la fonction publique, elle signe un contrat avec CBS Records et sort son premier single, "Melocoton", qui devient un tube. Toutefois, elle ne côtoie pas longtemps le vedetteria. Elle met en musique des citations (de la Bible, Tchekhov, Dostoïevski et Lénine), des traductions (de Lewis Carroll et de Pablo Neruda) ainsi que des poètes français (Victor Hugo et Rimbaud). Elle écrit également ses propres textes, en particulier après son engagement politique dans le conflit algérien des années 50. Sa chanson "Le Mal de Vivre» est interdite sur les radios d'État. L'album suivant ,"Répression", exprime avec colère cette censure. Elle prend un rôle actif dans les émeutes estudiantines à Paris, en aidant à organiser des sit-ins et des concerts de soutien. Dans les années 70, Magny continue à expérimenter de nouvelles formes musicales, en abordant le jazz, le rock et la musique contemporaine. Son album de 1973, "Feu et rythme", remporte le Grand Prix du Disque de l'Académie Charles Cros. Dans les années 80, elle déménage dans le sud de la France, mais par la suite, sa carrière est entravée par une maladie de la colonne vertébrale. Malgré cela, elle continue à exercer une influence considérable sur la culture musicale française, déclarant ainsi : «aux salauds qui prétendent que je suis déjà morte, je veux leur prouver que je suis encore en vie, que je créée encore».

Discographie:
Répression (Le Chant du Monde 1964)***, Frappe Ton Coeur (Le Chant du Monde 1966)****, Vietnam 67 (Le Chant du Monde 1967)**, Feu Et Rythme (Le Chant du Monde 1973)****.

Bibliographie:
Colette Magny, Citoyenne-Blues, Sylvie Adureau.

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21 août 1998 5 21 /08 /août /1998 12:12

Article de Martine Cassan paru dans La Dépêche du Midi (édition du tar-et-Garonne) du 21/08/1998 :

 

Aujourd'hui débute à Verfeil-sur-Seye, sous l'impulsion d'Act'2, le 11e festival «Des croches et la lune».Objectif : faire découvrir au grand public des groupes musicaux et continuer à faire vivre le village.

Tout près du Tarn et de l'Aveyron (à une quinzaine de km de Saint-Antonin-NobleVal), le charmant village de Verfeil-sur-Seye (400 habitants avec les hameaux alentour) s'apprête à vivre aux rythmes «Des croches et la lune». Le 11e festival de musique proposé par l'association culturelle Act'2, offrira durant trois jours aux quelques quatre mille visiteurs un cocktail surprenant de musiques du monde mais aussi de rock-trad et jazz. Une aventure qui se poursuit avec bonheur et dont le point de départ a été l'installation sur le hameau de Selgues de la chanteuse Colette Magny, décédée voici un an.

Thierry Colombié, membre de l'association Act'2, raconte.

«Lorsque Colette est arrivée, nous étions un groupe de jeunes à faire de la musique.

Notre curiosité, et la sienne à vouloir s'intégrer au pays et aux gens, ont crée un pont. En 88, sont nés une première association et un festival Colette Magny.

Personnage dynamique et décapant, Colette s'était mis en tête de faire de Verfeil un pôle régional culturel. La municipalité a approuvé, mais elle a repris le projet pour le transformer en salle des fêtes...

L'association, à partir de là, s'est dissoute. Mais, comme il y avait beaucoup de jeunes du village concernés par la réalisation d'événements culturels, (Colette nous avait mis l'eau à la bouche en nous faisant découvrir son univers, des artistes tels Paco Ibanez, Mama Bea, Francesca Solleville...), nous avons souhaité poursuivre la programmation du festival, sans nous tourner pour autant vers la salle des fêtes. Il se déroule en plein air, au cur du village»

Tradition et modernité
En 90, «Act'2», présidée par Didier Brassac, l'héritier spirituel de Colette, prenait le relais.

Une politique culturelle se mettait en place, alliant tradition et modernité.

«Faire revivre les traditions, explique Thierry, c'est par exemple, renouer avec la fête du village et le carnaval.

Dans les années 50 et jusqu'aux années 70, Mardi-gras à Verfeil était une très grosse fête. Elle durait trois jours ! Le lien familial était très fort à cette époque là. Tout le village était réuni. Act'2 l'a ressuscité sur le ton burlesque, celui de la dérision. C'est à nouveau un moment fort de la vie du village, peut-être celui que je préfère.» Modernité aussi par la poursuite du Festival et la découverte de groupes musicaux ou chanteurs, ainsi Eric Lareine, Juliette ou Alain Leprest que l'on a applaudis récemment dans le cadre d' «Alors Chante». Enfin, l'organisation de soirées mensuelles dont «Halloween», clin d'il à la colonie britannique installée dans le coin.

Le Festival a débuté par une soirée, puis deux, jusqu'à quatre... pour revenir à trois.

«C'était trop lourd comme organisation, dit Thierry. Nous sommes tous des bénévoles !» L'actuelle présidente d'Act'2, Elke Rotsheld, est néerlandaise. Cette mouvance verfeillaise, en effet, a séduit des artistes venus de toute l'Europe, (anglais, allemands, hollandais) ; ainsi le musicien Andreas Wendler, installé sur la commune depuis une dizaine d'années, qui propose une création pour le Festival, dimanche à 20-heures.

Pas loin d'une soixantaine de jeunes travaillent à la préparation «Des croches et la lune» : création de décors, mise en place du Festival dans le village.

Dans la cour de l'école, derrière l'église, une troupe sympathique armée de pinceaux, de pots de peinture et de chiffons, s'active à la réalisation de fresques en papier mâché. C'est Charlotte Organ, une anglaise qui a fait les Beaux-Arts à Londres et travaille sur le Festival depuis cinq ans, qui donne la note artistique.

L'an dernier, «Des croches et la lune» a drainé 4.000 visiteurs environ sur trois jours. .

«C'est vraiment le maximum !, déclare Thierry. Verfeil, c'est le rendez-vous de l'été de toute une région.»

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