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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 14:28

Article paru dans La Dépêche du Midi du 18/06/2017 : 

 

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 06:41

Article paru dans La Dépêche du Midi :

Colette Magny est morte, il y a vingt ans, à Villefranche, qui s'en souvientCe 12 juin 2017 a marqué les 20 ans de la disparition de Colette Magny, décédée au centre hospitalier de Villefranche. La chanteuse de blues française à la voix extraordinaire, flirtant parfois avec les accords dissonant du free-jazz, était installée à Selgues, près de Verfeil-sur-Seye dans le Tarn-et-Garonne rouergat. Une fois, elle était venue échanger avec des artistes accueillis en particulier dans le cadre du festival Les Voix du Sud comme aux Augustins avec la chanteuse grecque Angélique Ionatos avec laquelle elle se laissa aller à pousser une mélodie grecque avant de partager un repas avec son amie et les organisateurs des Ateliers de la Fontaine…

Du succès de «Mélocoton» et des planches de l'Olympia aux usines en grève, Colette Magny a préféré porter la voix des oubliés de l'Histoire, au risque d'être elle-même ostracisée et boudée par les médias grand public, malgré sa poésie magnifique et ses collaborations avec certains des plus grands musiciens et artistes de son époque : Francesca Solleville, Catherine Ribeiro, Ariane Mnouchkine, Marcel Mouloudji, Maxime Le Forestier, Ernest Pignon-Ernest, Aldo Romano…

Ses inspirations musicales, son goût pour l'expérimentation, son combat politique et sa passion des mots sont autant de thématiques qui ont inspiré les artistes de jazz, de blues et de chanson française, mais aussi de rap ou encore de slam.

L'association En garde ! Records, label indépendant promouvant un art militant, organise un festival-hommage à Colette Magny, en octobre, à Paris.

Cet hommage sera l'occasion de faire découvrir ou redécouvrir cette artiste immense autour d'une exposition permanente et d'événements artistiques et culturels qui se dérouleront en région parisienne…

«Nous espérons que cet hommage aidera à placer 2017 sous le signe de Colette Magny et d'une culture indépendante et transgressive, dans une époque qui en a tant besoin.» Et pourquoi pas quelque chose, un jour qui sait, dans ce bas Rouergue devenu bien trop sage.

«J'ai réfléchi toute une nuit sur la notion de sécurité ; au petit matin, considérant que cette notion n'existait pas, j'ai donné ma démission et j'ai choisi de devenir chanteuse.» Colette Magny.
 

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 11:17

Extrait dépêche AFP du 26/09/2011 :

 

Le Conseil de Paris qui se réunit de lundi 26 à mercredi 28 septembre 2011 a à son programme quelque 900 délibérations, sur l'hébergement d'urgence, la rentrée scolaire, ou sur une taxe de balayage vieille de 140 ans que la majorité du maire Bertrand Delanoë (PS) veut réformer. [...]

Des délibérations sont également prévues sur le projet d’héliport d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), souhaité par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris, mais refusé par la majorité municipale, sur la gratuite des consultations juridique et comptable pour les très petites entreprises, ou sur des nouveaux noms de rues (Colette Magny, Henri Verneuil, Alain Bashung).

 

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 08:54

Lu dans Le Monde du 15/03/2011, article intitulé "Les femmes remarquables sont à côté de la plaque" de Mélina Gazsi :

Levez le nez pour chercher une adresse et vous verrez que le monde est subitement d'un seul sexe. Dans un pays qui clame l'Egalité au fronton de ses édifices publics, seuls 9 % des rues portent un nom de femme. En matière d'odonymie, l'égalité est à côté de la plaque.

Dans la capitale, les équipes s'efforcent de faire mieux que les malheureux 3 % de 1997. A cette date, elle comptait 6 088 rues parmi lesquelles 3 750 portaient le nom de personnages remarquables dont 111 noms de femmes. En 2011, 166 rues honorent le deuxième sexe. Certes, la parité n'y trouve pas son compte, d'autant que le nombre des rues a été porté à 6 365. Mais elle progresse. « Il est nécessaire de reconnaître le rôle et la place des femmes dans la société et de leur donner une vraie visibilité, si l'on veut faire avancer l'égalité », affirme Fatima Lalem, adjointe au maire de Paris chargée de l'égalité femme-homme.

Cette nomenclature ne tient, toutefois, pas compte des espaces verts, sportifs et culturels. Ces dernières années, Simone de Beauvoir a eu sa passerelle entre les 12e et 13e arrondissements, à un jet de pierre de la piscine flottante Joséphine-Baker, Marguerite Yourcenar sa bibliothèque, (15e). Et Barbara son allée, Lucie Aubrac son collège, Germaine Tillon sa bibliothèque, etc. En 2010, une médiathèque a pris le nom de Marguerite Duras, même si l'on aurait préféré que l'auteur de l'Amant s'installe pour l'éternité rue Saint-Benoît.

« C'est sans compter les contingences des rues privées, celles qui portent le nom de leurs propriétaires et qu'il est quasiment impossible de débaptiser, ou la protestation des riverains qui n'apprécient guère de changer d'adresse du jour au lendemain », explique Philippe Lamy, conseiller au cabinet du maire de Paris en charge de la mémoire. De plus, certaines familles refusent parfois les lieux proposés. Ainsi le fils de Françoise Sagan a-t-il décliné une place dans le 14e arrondissement, qu'il jugeait « trop bruyante » et « trop grande ».

Montreuil à la pointe

A Paris, c'est une « commission de dénomination », le plus souvent présidée par l'adjoint au maire chargé de l'urbanisme - aujourd'hui Anne Hidalgo -, qui décide, in fine, de l'attribution des noms des espaces publics. Cette commission se composait naguère d'une vingtaine de membres, dont quelques personnalités de la vie culturelle, parmi lesquelles l'écrivain François Nourissier. Elle ne possède aujourd'hui qu'une fonction consultative. Le conseiller à la mémoire centralise les voeux du maire, des conseillers, des associations et des particuliers et propose des noms à la commission, qui se réunit une fois l'an.

Le 1er mars, elle s'est prononcée sur une dizaine de noms dont celui de quatre femmes, Silvia Montfort, Davia, Colette Magny et Marie-Hélène Lefaucheux. Trois artistes et une grande figure de la Résistance. La règle parisienne étant que l'on n'attribue le nom d'une voie qu'à une personnalité décédée depuis au moins cinq années. Quant aux « scores » de Marseille, Lyon et Nantes, ils oscillent entre 0,6 % et 1,3 %. Montreuil (Seine-Saint-Denis) se distingue en affichant fièrement 13 % de noms féminins. Et la mobilisation continue pour en obtenir davantage.

 
 

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 10:11

Billet publié sur le blog Centrifuge :

 

Le sujet de ce “mème pas mal” d’aujourd’hui : la chanteuse Colette Magny.

 

Melocoton. Le titre qui surgit en premier quand on cite Colette Magny à un amateur éclairé de chanson française. La chanson qui lui apportera, dans les années 60 (la chanson sortira, pour être précis, en 1963), un succès aussi grand qu’éphémère.

 

Férue de littérature (elle adaptera en chanson Rimbaud, Artaud, Aragon ou Hugo), Colette Magny se rapproche beaucoup de Léo Ferré (Aragon, Verlaine ou Rimbaud pour sa part). Mais ce qui rend cette dame si originale, et donc à ce titre digne d’intérêt, c’est son talent à mêler cette tradition française de la chanson à texte avec la musique jazz et sa puissance d’improvisation.

 

Parmi les causes défendues par Colette Magny : le mouvement Black Panther dont elle reprendra l’hymne The Meeting (version d’Elaine Brown à écouter ici), sur l’album Chansons pour Titine (1983).

 

S’il est permis, et recommandé, d’apprécier son coffre et sa sensibilité dans le chant, il convient également de souligner son engagement. Une défense des opprimés (ouvriers, femmes, peuples colonisés, Afro-Américains) qui a servi de fil conducteur à sa carrière. Un parti pris qui la détournera du chemin du succès mais qui donne à son oeuvre une sincérité évidente. Que d’aucuns nommeront naïveté.

 

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 18:17

Paru sur le site "Le hall de la chanson" :

 

hall.jpgColette Magny
Auteure, compositrice, interprète
(1926-1997)


Colette Magny naît à Paris le 31 octobre 1926. Son père est épicier. Sa mère entame une carrière d’actrice sur le tard. Colette Magny se passionne pour le chant par le biais de sa mère qui est également chanteuse lyrique amateur. En 1948, elle entre à l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) comme secrétaire bilingue et traductrice. Son intérêt pour la culture anglophone et pour le chant l’amène à écouter de grandes voix du blues, telles Bessie Smith, Ma Rainey et de jazz comme Ella Fitzgerald. Le musicien de jazz Claude Luter qu’elle fréquente lui apprend les rudiments de la guitare et du banjo. Colette Magny chante en s’accompagnant à la guitare tout d’abord pour ses amis, des reprises de blues, puis ses propres compositions. En 1962, à 36 ans, elle quitte son travail et décide de se consacrer à la chanson. Au printemps de la même année, elle se produit au cabaret la Contrescarpe. Elle chante également à la Vielle grille, au Port du salut, Chez Monique Morelli… Mireille la remarque à la Contrescarpe et l’invite dans son Petit Conservatoire. Le 8 décembre, Colette Magny y chante en direct à la télévision et le grand public découvre sa version de « Saint James Infirmary ».  En 1963, elle sort un premier 45 tours quatre titres avec deux reprises de Bessie Smith (« Basin Street Blues » et « Nobody knows you when you’re down and out ») et deux compositions personnelles (« Melocoton » et « Co-opération »). « Melocoton » devient un tube, le seul de sa carrière, et Colette Magny passe en lever de rideau en avril à l’Olympia, avec Pierre Vassiliu, du spectacle de Sylvie Vartan et Claude François. En 1964, elle publie Frappe ton cœur, 33 tours 25 cm, comprenant huit chansons originales en français (« Frappe ton cœur », « Choisis ton opium », « 4 C »…), enregistrées avec le guitariste de blues noir américain Mickey Baker. Colette Magny y utilise la technique de collage de textes, en mélangeant des citations de différents auteurs avec ses propres mots (« Frappe ton cœur » et « Choisi ton opium »). Elle aborde les thèmes du racisme au quotidien (« Le beurre et la frite »), de l’indifférence sociale («  Le mal de vivre »), du danger nucléaire (« 4 C »)… Son premier album 33 tours communément appelé Les Tuileries paraît en 1965. Il comprend quatre blues en anglais dont « Rock me more and more » et « Any Woman’s blues », trois compositions personnelles (« Melocoton », « Co-opération » et « La terre acquise »). Le reste est consacré à la mise en musique de poèmes. Colette Magny chante les vers de Victor Hugo (« Les Tuileries », « Chanson en canot »), d’Arthur Rimbaud (« Chanson de la plus haute tour »), de Rainer Maria Rilke (« Heure grave »), d’Antonio Machado (poète espagnol, « J’ai suivi beaucoup de chemins »), d’Antonio Jacinto (poète angolais, « Monangamba »). Avec André Almuro, compositeur, membre du Groupe de recherches musicales (GRM) de la RTF (Radiodiffusion Télévision Française), elle aborde la musique électroacoustique contemporaine. En 1966, sort Avec, long poème récité et chanté par Colette Magny (composé de ses propres textes, de poèmes de Guy Lévis Mano et de Rilke, de citations tirées de la presse du moment sur le thème du surarmement…), sur une structure musicale d’Almuro. L’année suivante avec l’album Vietnam 67, Colette Magny se pose véritablement en chroniqueuse militante de son époque : guerre du Vietnam (« Vietnam 67 »), soutien à Cuba (« Viva Cuba »), aux grévistes des chantiers navals de Saint-Nazaire (« A Saint-Nazaire »), dénonciation des maladies causées par la bombe atomique (« Bura-Bura » sur les rescapés d’Hiroshima) alors que la France vient de procéder à des essais nucléaires aériens en Polynésie… Elle met également en musique deux poètes du XVIe siècle : Oliver de Magny (« Aurons-nous point la paix ? » qui condamne la guerre) et Louise Labbé (« Baise m’encor ‘ ») ainsi que Vladimir Maïakovski (« Désembourbez l’avenir ») et une nouvelle fois Victor Hugo (« La blanche aminte »).

Colette Magny continue de mélanger textes chantés, parlés, cris, phrasés libres et collages sonores sur Magny 68/69 paru en 1969. Cet album est un véritable témoignage sur les évènements de Mai 68 en France, la révolte étudiante et ouvrière. « Nous sommes le pouvoir » utilise des documents sonores de William Klein et Chris Marker pris sur le vif au Quartier Latin. Colette Magny y avoue « se planquer » dans les usines et chanter pour les travailleurs alors que les étudiants se battent dans les rues. Un peu plus loin, une étudiante rassure une mère par téléphone qui n’a pas de nouvelles de son fils… « La fin de tout » propose un collage de textes de Max Jacob sur une musique expérimentale. « Le Boa » commence par la première prise de parole d’une jeune délégué CGT et décrit à la première personne l’existence d’une ouvrière qui travaille à la chaîne en usine. « La pieuvre » dénonce les conditions de travail des ouvriers de la pétrochimie française. « Ensemble » aborde le thème de la grève en usine… Colette Magny évoque en fin de disque les révoltes anti-impérialistes avec « L’écolier soldat », « Dur est le blé » (texte de Louis Soler sur la guerre d’Algérie) et « Lorsque s’allument les brasiers » (comprenant des citations d’ Ernesto Guevara). Avec Feu et Rythme en 1970, Colette Magny se libère des structures traditionnelles de la chanson (couplets/refrains, versification, mélodie) et introduit le free jazz dans sa musique. Elle y est entourée de deux contrebassistes, Beb Guérin et Barre Phillips et d’une choriste, Dane Belany. Elle rend hommage à la race noire et à sa culture avec ses propres mots (« K3 blues », « U.S.A. Doudou ») ou en empruntant ceux de Agostinho Neto, poète et homme politique angolais (« Feu et rythme ») et de LeRoi Jones, poète et militant noir américain (« Brave nègre »). Elle met en musique Pablo Neruda (« Soupe de poissons », « L’église de Taban »), Lewis Carroll (« Jabberwocky ») et Max Jacob (« Malachites »).

Colette Magny persévère dans la voie du free jazz avec Répression en 1972. La première face est enregistrée en continue en compagnie des meilleurs musiciens de free jazz présents à Paris à l’époque : Beb Guérin (contrebasse), François Tusques (piano), Bernard Vitet (trompette), Juan Valoaz (saxophone alto) et Noël McGhee (batterie). Colette Magny y reprend des slogans et textes des Black Panthers (Oink Oink : « Babylone », « Cherokee », « Djoutche », « Libérez les prisonniers politiques »). La deuxième face est enregistrée avec les deux contrebassistes du disque précédent. Magny y dénonce les formes de répression (« Répression »), témoigne de la vie des mineurs (« Chronique du Nord »), soutient le peuple basque (Camarade-curé » avec des chœurs en langue basque)… A cette époque, Colette Magny est censurée à la radio, ne passe pas dans les médias. Elle se produit en concert dans les maisons de la culture, lors de manifestations politiques, de galas de soutien…

En juin 1974, elle donne un concert dans un village du Haut Var en compagnie de Maxime Le Forestier, de Léo Ferré, Mouloudji, Imanol et de Joan-Pau Verdier. Une partie des bénéfices permet l’enregistrement du disque Chili, un peuple crève, paru en 1975. On y retrouve Maxime Le Forestier, sa compagne Mara et Colette Magny qui y interprète trois chansons des chiliens Violeta Parra et Victor Jara (ce dernier ayant été assassiné en septembre 1973 par les militaires après le coup d’état). En 1975 paraît Transit (« La panade », « Les cages à tigre », « la bataille », « Le pachyderme », « Ras la trompe »…) Colette Magny enregistre avec le Free Jazz Workshop de Lyon dont fait partie à l’époque le jeune Louis Sclavis (clarinette basse, saxophone soprano). Au printemps 1976, Colette Magny monte le spectacle Visage-Village à la Cartoucherie de Vincennes, autour de peintures et sculptures de Monique Abecassis et de musiques de Lino Léonardi. Ce spectacle évoque la vie d’une femme dans un environnement rural. L’album Visage-Village paraît en 1977.
Elle travaille par la suite dans les Vosges avec un groupe d’enfants handicapés d’un institut médico-pédagogique. Elle enregistre leurs voix, leurs improvisations à l’aide de différents instruments dont certains fabriqués par eux-mêmes. Ce disque collectif, Je veux chaanter est publié en 1979.

Colette Magny monte un spectacle sur la conflit israélo-palestinien au Théâtre de la Ville (« Un juif à la mer un palestinien au napalm »), rend hommage à Antonin Artaud avec un album comprenant un montage de ses textes (Thanakan, 1980).
En 1983, elle revient à des formes plus traditionnelles, au blues et au jazz de ses débuts avec l’album Chansons pour Titine enregistré avec des musiciens de jazz : Patrice Caratini et Henri Texier (contrebasse), Claude Barthélémy (guitare), Maurice Vander (piano), Jean-Pierre Chaty et Richard Foy (saxophones)… Elle y reprend des standards (« Strange Fruit » interprété à l’origine par Billie Holiday, «You Go To My Head », « My Heart Belongs To Daddy » de Cole Porter, « The House Of The Rising Sun » chanson folk traditionnelle américaine, « All Of Me », «Young Woman's Blues de Bessie Smith …), y chante l’hymne des Black Panthers (« The Meeting »), une nouvelle version de « Melocoton » et « Prison » (poème de Paul Verlaine sur une mélodie de Gabriel Fauré). Elle se produit au Festival d’Avignon et au Théâtre de la Ville.

Sans maison de disques elle lance une souscription par le biais du journal Télérama pour pouvoir sortir en 1989, Kévork (« Quand j’étais gamine », « Exil », « Sphinx de nuit », « Caqueta »…) Evocation de la pintade, symbole pour Colette Magny d’une intransigeante liberté, ce disque bénéficie de la direction musicale de Michel Precastelli (également compositeur de certains titres), d’Hélène Labarrière à la contrebasse, d’Aldo Romano à la batterie, de César Stroscio au bandonéon…
En 1991, elle publie un album d’inédits avec « Rap toi d’là que je m’y mette », « La terre acquise », mais aussi une reprise de « Love me tender » d’Elvis Presley.
Elle a inspiré des chanteuses comme Catherine Ribeiro ou Mama Béa Tekielski.
Colette Magny est décédée le 12 juin 1997 à Villefranche-de-Rouergue dans l’Aveyron. Elle disait : « … Dans la famille coup de poing, Ferré c’est le père, Ribeiro la fille, Lavilliers le fils. Et moi la mère ! ».

© Le Hall de la Chanson

 

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A l'occasion des 40 ans du Mouvement de Libération des femmes, le Hall de la Chanson (Centre National du Patrimoine de la Chanson, des Variétés et des Musiques Actuelles) publie sur son site du 8 mars et jusqu’à fin décembre 2010, des pages (biographies, des interviews (audio et vidéo) inédites, des photos, des extraits de chansons à entendre…) sur le thème Femmes en Chansons :
http://www.lehall.com/actus/femmes_en_chansons.htm

 

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 11:38

Billet publié sur le blog "Bout du Monde" parmi les "Female singers" :

 

bout-du-monde.jpg

 

Colette Magny n’est pas connue du grand public malgré un succès estimable dans la décennie 1963-1973. Elle fut boudée par la plupart des médias (les radios, surtout, à l’époque) et censurée par les gouvernements de droite.

 

Elle fait partie pour moi des Female Singers prestigieuses, même si elle a toujours refusé qu’on la surnomme «chanteuse française de blues». Sa parfaite connaissance de l’américain, les inflexions bluesy de sa voix, un vibrato puissant, et son sens de la mélodie robuste, ainsi qu’une bonne oreille pour le swing (même si le batteur Daniel Humair se plaignait de ses erreurs avec la mesure), font d’elle une  grande chanteuse «jazzy» au sens noble, souvent accompagnée par d’excellents musiciens de jazz. Je ne crois pas être le seul à la trouver aussi poignante que Bessie Smith, Billie Holiday et Nina Simone. C’est tout dire...

 

Un petit détail qui n’est relevé nulle part et qui pourtant circulait beaucoup dans les «milieux autorisés» de l’époque : sa psychanalyse aurait duré très longtemps. Si seulement je pouvais me souvenir où j’ai lu qu’elle en parlait à l’époque !

 

Sa grande poésie à elle qui a si bien chanté les poètes : blues-gauche révolutionnaire-psychanalyse.


Melocoton a été son plus grand succès populaire. Pour moi sa plus belle chanson, celle qui met le mieux en valeur la finesse de ses qualités vocales, est Richard II Quarante (texte d’Aragon) qu’on trouve sur son premier Melocoton en 33 tours (1964).

 
A noter que je fais partie de ceux qui ne croient guère qu’elle sera réellement rééditée un jour... Il faut donc peut-être se dépêcher de conserver d’elle ce que l’on peut !

 

Eléments de biographie

 

- Elle naît le 31 octobre 1926 dans le 4ème arrondissement de Paris, ville où elle habitera jusqu’en 1977 environ (rue des Flandres, notamment)

 

- On sait qu’elle commence par travailler dans une usine américaine de lunettes comme secrétaire, puis à la Conférence des Céréales du Grand Palais, puis comme secrétaire bilingue de 1948 à 1962 à l’OCDE [Organisation de Coopération et de Développement Economique]

 

- Durant sa jeunesse, elle fréquente manifestement les clubs de jazz et les cabarets pour écouter de la musique mais aussi pour y chanter des blues et des standards américains. Elle y rencontre Claude Luter et Mezz Mezzrow. Ce dernier l’encourage à poursuivre le chant, et lui apprendrait à jouer d’une guitare à trois cordes, le triplet.

 

- Il semble que ce soit dans sa trentième année qu’elle se découvre sympathisante d’extrême gauche à partir de meetings contre la guerre d’Algérie. Elle restera viscéralement très à gauche toute sa vie malgré quelques différends avec les camarades du P.C. ou des partis gauchistes.

 

- 1962- Décidant de sauter le pas et de ne plus se consacrer qu’à la chanson, s’inscrivant au Petit Conservatoire de la Chanson de Mireille (qui n’est pas d’accord avec ses choix de paroles), elle se jette à l’eau et se produit un peu partout dans des cabarets, des concerts improvisés, des créations théâtrales et même à la télévision (il existe quelques archives du milieu des années soixante) pour y chanter ses propres chansons très inspirées par de nombreux poètes.

 

- 1963 est l’année où elle a un succès fou avec sa seule chanson célèbre Melocoton qui fera un tabac populaire, notamment à l’Olympia où elle se produit au mois d’avril en première partie de Claude François et Sylvie Vartan et leur vole la vedette.

 

Succès dans les couches contestataires des mouvements de la jeunesse et politiques de la gauche révolutionnaire. 68 est passé par là et est une source d’inspiration pour elle qui nous la restitue avec une fraîcheur toujours d’actualité.

 

- 1975 - A partir de cette année et pour des raisons mal définies, elle disparaît assez brusquement de la vie publique pour ne plus avoir qu’un succès d’estime, réduit, mais très fidèle.

 

- 1977 - Elle commencerait à s’installer dans le Tarn-et-Garonne au hameau de Selgues dans la commune de Verfeil-sur-Seye. Elle y fondera l’Association Act’2 et le Festival Des Croches Et La Lune où se produiront d’excellents musiciens. Elle y finira sa vie.

 

- Elle meurt dans une indifférence quasi générale et d’une longue maladie le jeudi 12 juin 1997 à l’hôpital de Villefranche-de-Rouergue dans l’Aveyron. Elle a 70 ans. Il n’y a pas grand monde à son enterrement. Catherine Ribeiro, une des chanteuses qui lui doivent beaucoup, chantera au retour J’aurais Tant Aimé Danser jusqu’à la fin de mes jours (une chanson magnifique de Colette Magny qui s’entremêle à une autre, La Mort Me Hante, sur sa cassette Visage-Village).

 

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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 12:32

Publication sur le site de France Musique pour l'émission "Les Greniers de la mémoire", de Karine Le Bail & Philippe Tétart le samedi 17 octobre 2009 de 12h à 13h :


Colette MAGNY
« L’Ella Fitzgerald » de la chanson française… ou Colette Magny. D’elle, on ne se souvient guère que de Melocoton, succès de 1963. Pour le reste, cette chanteuse haute en couleur, curieuses d’explorations sonores et qui passa sa vie à chanter ses indignations, ses convictions, est trop méconnue. La faute, sans doute, à sa foi inébranlable dans un devoir de révolte que certaines oreilles trouvèrent sans doute dérangeante. C’est ce personnage singulier, inclassable, que Les Greniers vous invitent à découvrir grâce aux archives de l’INA. Bonne écoute !

Née à Paris en 1928, Colette Magny débute sa carrière à 36 ans, après avoir quitté son poste de secrétaire à l’OCDE. Passionnée de chant, et en cela héritière de sa mère – qui était chanteuse lyrique amateur – elle ne chante d’abord que pour ses amis, en s’accompagnant à la guitare. Des Amis qui peinent à la convaincre de sauter le pas. Mais elle finit par s’y essayer : au printemps en 1962 elle passe une audition à La Contrescarpe. Elle est aussitôt retenue. Le cabaret ne la reprend pas dans son programme de l’automne, mais les téléspectateurs la découvrent lors d’une apparition télévisée dans le « Petit Conservatoire de la Chanson » de Mireille, en décembre. S’ensuit une ascension rapide : elle est sur la scène de l’Olympia en 1963, où elle fait le lever de rideau, avec Pierre Vassiliu, du show de Claude François. La même année, Melocoton devient un tube. Mais elle préfère, comme depuis des années, reprendre, de sa voix puissante, les grands standards de la musique noire américaine. Tout au long de sa carrière elle soulignera d’ailleurs combien ce premier et unique succès populaire lui permis certes de faire carrière mais l’encombra bien souvent.
Après cette soudaine sortie dans la Lumière, retour à l’ombre du militantisme et de l’expérimentation musicale. Loin des médias qui la boudent, elle poursuit une carrière de chanteuse militante, écrivant en français les émotions, les peines et les indignations du quotidien qu’elle aime tant retrouver dans le blues. Son album de 1968 témoigne de cette facette ; elle y développe ses thèmes de prédilection : révolution, tiers-mondisme, soutien aux mouvements ouvriers, avec des titres comme Vietnam 67, A Saint-Nazaire, Les Gens de la moyenne. Elle met aussi des poèmes et des textes en musique : Verlaine, Rilke, Hugo, Artaud. Au cours des années 1970, elle goûte successivement à la musique contemporaine, au free jazz, au rock progressif, avant de revenir à une forme musicale plus traditionnelle avec l’album « Bluesy, bluesy. Chansons pour Titine » qui marque un retour sur soi (1983). Elle poursuit sa carrière, donnant de temps à autre des interviews qui nous permettent de la retrouver aussi entière qu’elle savait être, loin des projecteurs, mais avec un cœur d’éternelle humaniste, un rire sans pareil et une capacité d’indignation intacte. Sa marque en somme. « Dans la famille coup de poing, Ferré c’est le père, Ribeiro la fille, Lavilliers le fils. Et moi la mère ! », disait Colette Magny, qui nous a quitté le 12 juin 1997.

 


Voir citation extraite de cette émission

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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 14:29

Article publié sur le site Points Communs :

Vous étiez trois, trois femmes révoltées qui prirent pour nous les beignes et les pavés, qui chantèrent la vie et la rébellion, l’injustice et l’amour, l’amour des mots

Pour apprendre à vous connaître, il fallait bien qu’un plus grand nous raconte vos années glorieuses, ces années d’un monde peuplé de fous.

Alors, nous entrions dans votre monde comme on rentre dans la vie, en gueulant. Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi !

Vous chantiez la rage, l’injustice et la poésie des sens.

Vous chantiez, et c’était magique. Colette Magny, Mama Béa Tekielski et Catherine Ribeiro, à vos nom prononcés, vos voix uniques, qu’il était difficile de ne pas danser de l’intérieur.

Vous ne passiez pas à la télé, les journaux vous ignoraient. Mais les amoureux de la vie venaient toujours, dans des salles devenues plus petites avec le temps, et c'était bien

Raconter vos vies d’existences si riches qu’un milliardaire se sentirait pauvre s’il pouvait sentir. Seulement vous écouter une fois encore et refaire le chemin à l’envers.

Vous dire aujourd'hui, même si vous n’êtes plus que deux,

Vous dire qu’ils sont encore quelques uns à se rappeler que vous chantez toujours, passant devant une affiche, un jour, dans une petite ville perdue, quelque part sur le chemin, reconnaissant un nom enfoui dans l’émotion.

Vous dire enfin que ce fut merveilleux d’avoir croisé votre route.

 














Photos du concert en 1976 pour les 50 ans de Colette Magny à La Cartoucherie à Vincennes avec Catherine Ribeiro, Toto Bissainthe, Colette Magny et Monique Morelli.

Photos issues du site de Catherine Ribeiro

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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 12:51

Critique de disque publiée sur le site Francomix :


Colette Magny - Melocoton (Sony/Versailles - 1997 réédition du 33 T CBS - 1964)
Melocoton
Les tuileries
Monangamba
Rock me more and more
Chanson de la plus haute tour
La terre acquise
Saint James infirmary
Any woman’s blues
Heure grave
J’ai suivi beaucoup de chemins
Didn’t my lord deliver Daniel
Chanson en canot
Richard II quarante
Co-operation 
   

      
Soyons honnêtes, pour nous tous le blues c’est l’Amérique. Pour nous, personne, à part les « ’Ricains » ne sait faire vibrer cette musique et nous faire vibrer avec cette musique. Normal vu ses racines. La regrettée et injustement méconnue chanteuse française Colette Magny, avec cet album « Melocoton », parmi d’autres, fait un bras d’honneur à nos préjugés et montre que le blues francophone n’est pas qu’une reprise du blues américain.

Colette Magny incarnait le blues et ses origines prolétaires par une vision du monde sans concession et la voix profonde de ceux qui n’ont rien. Colette Magny n’était pas une chanteuse de blues par hasard. Le blues était sa voie, sa vie et elle les assuma en 1963 en quittant son emploi administratif pour s’y consacrer jusqu’à sa mort en 1997.

Avec la même détermination tout au long de sa vie, Colette Magny a inlassablement et intensément chanté contre les dérives de l’argent, du pouvoir et de la politique qui étouffent des démocraties, tuent des peuples, provoquent des guerres dévastatrices et détruisent toute vie terrestre. Quarante ans plus tard, ses textes, comme ceux de l’écrivain français Antonin Artaud qu’elle a beaucoup chantés, n’ont pas pris une ride...
Ce choix de vie lui vaut d’ailleurs un baillonnement médiatique : censurée, ignorée par la radio, la production de ses albums a pu être chaotique.

Compositrice-auteur-interprète incomparable, Colette Magny tricotait avec les mots qu’elle chantait d’une voix profonde, aérienne ou saccadée et qui dévoilait son intimité.

Chaque morceau de l’album « Melocoton » tient en haleine. L’étirement sans fin de chaque mélopée nous fait nous languir de la suite. Les mots prennent ainsi tout leur sens et une dimension intemporelle et éternelle. « Melocoton », son seul succès commercial, où sa voix sublime les paroles, en est un parfait exemple.

Colette Magny, une chanteuse francophone à découvrir ou à réécouter d’urgence.

Anne Littardi  

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