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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 07:48

La sortie du documentaire de Jean-Jacques Uhl intitulé  "La chanson politique de Colette Magny" est annoncée pour février 2017. 
Si vous souhaitez programmer ce film de 32 minutes, cliquez ici

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Published by Yves-Marie Mahé - dans Interview Etudes
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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 12:16

drott.jpgLu dans "Music and the elusive revolution - Cultural Politics and Political Culture in France, 1968-1981" d'Eric Drott, publié à l'Université de Californie (2011) :

 

Extrait (p87) :

Les fusions entre la chanson avec le jazz d'avant-garde se retrouvent dans la collaboration de Brigitte Fontaine avec l'Art Ensemble of Chicago dans son album de 1970 "Comme à la radio", ou dans le travail de Colette Magny avec François Tusques et d'autres musciens de free jazz français sur l'album de 1972 "Répression".

 

Extrait (page 92) :

Alors que le yéyé et les variétés tendaient tous deux vers le divertissement en n'abordant que très rarement les questions politiques, la chanson, depuis les chansonniers du 19e siècle, a une longue tradition de chronique et d'analyse de l'actualité. En tant que tel, il n'est pas étonnant de trouver beaucoup de grandes figures de la chanson française d'après-guerre qui abordent, soit directement ou indirectement, les événements de mai 68. C'est le cas de Jean Ferrat ("Au printemps de quoi rêvais-tu?" et "Pauvres petits cons"), Claude Nougaro ("Paris mai"), Georges Moustaki ("Le temps de vivre"), et Colette Magny ("Nous sommes le pouvoir").

 

Extrait (page 150) :

L'année suivant la publication de "Intercommunal Music", François Tusques (avec Vitet, Guérin, Juan Valoaz, et Noël McGhie) a collaboré sur un album de Colette Magny intitulé "Répression" (1972). Alors que la deuxième face reprend deux chansons chantées par Magny, avec une composition du bassiste Barre Philipps, la première face de l'album reprend une "suite" jazz de dix neuf minutes intitulé "Oink Oink". Réminiscence de précédents albums comme "Freedom Now Suite" de Max Roach, "Oink Oink" se compose d'une série de courtes pièces écrites par Tusques sur lesquels Magny récite des fragments de discours et  d'écrits de différents responsables du Black Panther Party. Particulièrement notable est que la musique qui constitue le premier des quatre mouvements de la suite, "Babylone USA", recycle l'essentiel du "Portrait d'Erika Huggins" [composé précédemment par Tusques]. [...] La sensation de perte, de chaos du «Portrait» a disparu. Il n'y a aucune improvisation, aucun blanc émanant de la section rythmique, aucune originalité de studio, et rien comme l'effondrement qui a incité les prises répétées entendues dans «Portrait». Le refrain peut être le même, mais il est dépouillé des qualités transgressives du free jazz. Absentes aussi sont les implications programmatiques de "Intercommunal Music". L'utilisation d'un refrain influencé par le R&B dans "Oink Oink" est approprié étant donné le sujet du récitatif de Magny, cela ne sert pas le même type de fonction illustrative comme c'était le cas pour "Intercommunal Music".

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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 10:58

Extrait de l'intervention de Daniel Pantchenko aux rencontres Amplifiées :

 

"Si l’Olympia accueille à nouveau Johnny Halliday en cette année 1962, entre des programmes avec Brel, Brassens, Marlène Dietrich, Frank Sinatra… et Charles Aznavour qui y revient pendant un mois et demi, Bruno Coquatrix qui était resté prudent devant le phénomène des « idoles » programme officiellement du 4 au 28 avril 1963 un show intitulé « Les idoles des jeunes » dont Sylvie Vartan et Claude François sont les vedettes. Curieusement, au même programme, une chanteuse d’un tout autre acabit et d’un autre âge obtient un succès certain : Colette Magny avec Melocoton".

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 08:02
L'image stéréotypée de l'Arabe

Extrait de "Protest Music in France: Production, Identity and Audiences" de Barbara Lebrun (Ashgate Publishing, Ltd., 2009) :

Les Arabes et leurs représentations dans la musique populaire française
En dépit de l'opinion exprimée par certains que la France a, au XXe siècle, connu "un siècle de musique mixte française" (Hakem, 1999, p. 40), et qu'il y a "une plénitude extraordinaire de toutes les choses arabes dans la culture populaire française" (McMurray, 1997, 33), la représentation des Arabes a toujours posé problème en France. En fait, depuis 1830, et les premiers contacts «modernes» entre la France et l'Algérie, avec l'occupation française, les représentations des «Arabes» dans la musique populaire française ont été pratiquement inexistantes (Liauzu et Liauzu, 2002, p 25;. Mathis -Moser, 2003, p. 133). Au XIXe siècle, la conquête de l'Algérie a été principalement évoqué dans le chant populaire à travers le point de vue des conscrits et des colons, déplorant leur exil ou se vantant de leur bonne fortune à l'étranger. Entre 1880 et 1930, lorsque le projet colonial français était en plein essor et la chanson devenait une forme de plus en plus populaire de divertissement, les colonies et les colonisés ont été traités ensemble dans un mode comique et / ou exotique (Liauzu et Liauzu 2002, p. 85). Ainsi, les nombreux personnages asiatiques et noirs africains des chansons étaient la cible de plaisanteries ouvertement racistes, et ne concernaient pas les Arabes (Liauzu et Liauzu, p. 97). Cela rend la musique populaire plutôt représentative des grandes tendances dans la culture populaire française à l'époque, que l'on retrouve dans de nombreuses illustrations, cartes postales et, plus tard dans les films, où l'Arabe est stéréotypé comme un sujet colonial menaçant (Rosello, 1998b). Bien qu'il n'y ait aucune possibilité d'expliquer cette différence de traitement ici, l'absence même de l'Arabe dans la chanson française est significatif car il montre un certain malaise à représenter des Nord-Africains. Ce malaise s'est poursuivi après 1962, avec l'indépendance de l'Algérie, bien que quelques chansons ont commencé à refléter les nouvelles relations économiques entre l'ex-puissance coloniale, la France et ses ex-sujets coloniaux, dont beaucoup étaient maintenant les travailleurs migrants résidant en France métropolitaine. Dans les années 1970, certains artistes français (métropolitains) blancs, généralement proches des milieux politiques d'extrême-gauche, composent des chansons sympathiques abordant le sort des immigrés d'Afrique du Nord, et dénoncent les représentations dominantes des Arabes dans les médias français de l'époque. "Néanmoins, même quand ils étaient bien intentionnés et respectueux des Arabes, ces non-Arabes (les chanteurs Serge Reggiani, Renaud et Colette Magny par exemple) représentaient souvent les Maghrébins comme des immigrants mâles, vulnérables, d'une fierté agressive, forgeant ainsi un nouveau genre de stéréotype (Mathis-Moser, 2003, p. 139). Parallèlement à cela, tout au long de la colonisation et jusqu'aux années 1980, aucun des musiciens arabes en France atteint un degré significatif de reconnaissance.

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Published by Claude Richard - dans Etudes
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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 12:04
affiche
Extrait de l'intervention "Migrantes et habitantes de la campagne : une implication « genrée » de l’artiste dans les dynamiques territoriales" de Laurence Garcia, à l'occasion du colloque international "Le développement culturel : un avenir pour les territoires ?" (3e rendez-vous de géographie culturelle, ethnologie et études culturelles en Languedoc-Roussillon) qui s'est tenu les 17 et 18 avril 2008 à l'Université de Nîmes :

Malgré une économie culturelle souvent frugale, les espaces ruraux, même les plus enclavés et reculés semblent toutefois être des espaces de prédilection au regard du foisonnement d’initiatives artistiques culturelles et de l’installation croissante d’artistes. L’approche empirique a voulu se saisir de ce paradoxe en se centrant au départ sur l’histoire d’un village rural français où l’installation d’une artiste de renom : Colette Magny, dans les années 70-80, a suscité une forte dynamique culturelle, et a contribué à en faire un territoire de référence pour les artistes.
En quelques mots, qui était Colette Magny ? :
Artiste renommée et connue internationalement, elle a été accompagnée par des grands noms du jazz, tout en refusant le rôle de « chanteuse de blues nationale ». S’impliquant personnellement dans ces contestations, elle a remis en question tant la forme et le fonds de son répertoire, que sa pratique professionnelle.
Par son engagement politique et poétique, le village dans lequel elle a vécu les vingt dernières années de sa vie, reste imprégné de sa présence. Si elle est entrée de ce fait dans la mémoire des lieux, y laissant des empreintes vivaces, elle n’est plus beaucoup dans les souvenirs. En effet, la plupart de ceux qui participent aujourd’hui à la dynamique culturelle et artistique du village, n’ont aucune référence au sujet de son passage dans ce village, ni sur son engagement poétique et politique. Pourtant, sa contribution à la dynamique artistique et culturelle dans ces lieux est régulièrement évoquée et étroitement corrélée à sa rencontre avec les habitants.
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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 07:56

Texte de Pierre Prouvèze publié sur le site Entretemps :

 

Parler de MAI 68, c’est parler d’une époque révolue certes, mais de révolte, de rébellion, de révolution, de politique, d’engagement, de militance.

« Cependant certaines des affirmations qui ont été posées et activées durant cet événement semblent aujourd’hui réactivables » a avancé François NICOLAS dans sa présentation du colloque « Mai 68 et la musique » (CNR de Paris, avril 2008) :

 

« On considérait alors qu’il y avait trois Mondes :

·      Le monde capitaliste avait pour emblème les États-Unis ; d’où l’importance alors du mouvement des Noirs aux USA, selon les trois dimensions suivantes : Les Blacks Panthers, Le free-jazz, les sportifs noirs (boxe, athlétisme…).

·      Le monde socialiste avait pour emblème politique émancipateur la Chine, opposée à la puissance plus ancienne et bien installée de l’URSS.

Noter : ce n’était pas le cas pour Colette, ce qui la situe ailleurs.

Importance de la “révolution” à l’intérieur de la révolution, contre la bureaucratisation des pays socialistes…

·      Le Tiers-Monde, dont l’emblème politique était le Vietnam, engagé alors dans une guerre de libération, précisément contre l’emblème du premier monde (les États-Unis). Ce qui se passait dans le Tiers-Monde (Vietnam, Cuba, Bolivie…) avait des répercussions dans les deux autres mondes.

La France, aussi, était très différente » : de nombreuses usines employaient de nombreux ouvriers, avec de nombreuses luttes ouvrières.

« Pour couronner le tout, le Monde était différent, non seulement parce qu’il y avait “trois mondes”, mais aussi parce qu’il y avait l’idée et la conviction qu’“un autre Monde” était possible et nécessaire, que la situation connue par les uns et par les autres n’était pas inéluctable et que la marche vers “un autre Monde” constituait l’horizon réaliste de toute action politique… »

 

Colette MAGNY était / fut dans ce temps, dans son temps, dans la politique de son temps, notamment par le choix des différents « thèmes » de ses chansons.

La position de Colette MAGNY est à étudier de très près de ce point de vue à travers ses chansons. Colette MAGNY a été dans cet événement mais aussi avant et après.

 

1. Éléments de biographie de Colette MAGNY      

Avant qu’elle ne chante professionnellement                                                                           

À partir du moment où elle chante professionnellement                                                           

2. Chansons de Colette MAGNY avant Mai 68                                                                     

3. Chansons de Colette MAGNY avec Mai 68                                                                       

4. Chansons de Colette MAGNY après Mai 68 (1)                                                                

5. Chansons de Colette MAGNY après Mai 68 (2)                                                                

CONCLUSION                                                                                                                          

 

1. Éléments de biographie de Colette MAGNY
Avant qu’elle ne chante professionnellement
· Colette Magny est née à Paris (4°) en 1926. Sa vie fut celle des « GENS DE LA MOYENNE », ordinaire, apparemment sans souci. Elle rencontre Claude LUTER – proche de Sydney BECHET, du jazz New-Orleans, et de Mezz MEZZROW, - qui l’entend chanter le blues, lui dit de continuer et lui apprend à jouer d’une espèce de guitare à 3 cordes (triplet).

 

· Elle a un rapport privilégié avec la langue anglaise : elle travaillera plusieurs années, dans une usine de lunettes américaine, puis à la conférence des céréales du Grand Palais, enfin à l’OCDE de 1948 à 1962 comme secrétaire bilingue…

 

· Ce qui lui fera chanter le blues ? Toujours est-il qu’elle chantera de grands standards américains, notamment de Bessie SMITH, avec un excellent accent (BASIN STREET BLUES, DIDN’T…), et pas n’importe lequel mais le blues « de la dèche » « Grande voix qui n’avait rien à envier aux grandes chanteuses noires américaines », dira plus tard François TUSQUES. Elle n’est pas encore chanteuse professionnelle, elle n’a pas fait le saut, mais elle écrit aussi et chante ses chansons en présence de copains qui les trouvent parfois « anti-poétiques ». « Amenez moi des poètes ! » leur dira-t-elle. Ce qu’ils feront. Mais elle ne les choisira pas au hasard. Elle mettra en musique Aragon (RICHARD II QUARANTE), Rilke (HEURE GRAVE), Machado (J’AI CONNU TANT DE CHEMINS), Essenine, Hugo (LES TUILERIES, qu’Yves MONTAND chantera) à propos du monde, des gens, de la guerre.

Question : Anti-poésie, en premier : est-ce une forme d’engagement ?

 

· 1956 est l’année de sa découverte de la politique, de sa prise de conscience à propos de l’Algérie, sa révolution culturelle, son « chemin de Damas ». Un soir, elle voit l’attaque d’un meeting de « la gauche non communiste » sur la guerre d’Algérie par des opposants – visiblement d’extrême-droite – sous les yeux de la police qui n’intervient pas. Le lendemain elle cherchera en vain dans les journaux ce qu’elle a vu, elle les achète tous. À partir de là, elle lira tous les jours les journaux (4 H par jour), se tenant informée. C’était en 1956, elle avait 30 ans : c’était la guerre d’Algérie.

Question : Est-ce que ça lui inspirera ce qu’elle écrira en français (CO-OPÉRATION…) ?

À partir du moment où elle chante professionnellement
 

· En 1962, à l'âge de 36 ans, elle décide d’être chanteuse, elle saute le pas, elle se lance dans la chanson. Elle se produit un peu partout notamment à La Contrescarpe et elle obtient un succès en 1963 avec la chanson MELOCOTON, au « Petit Conservatoire de Mireille » qui la fera ainsi passer à la télé.

 

· Rencontre 1.- En 1963, j’avais 15 ans, un ami, me fait écouter un disque 45 Tours enregistré cette année-là. Je dis seulement : « Oh fan ! Quelle voix de chanteuse noire-américaine !» avant qu’il ne me montre le visage poupon laiteux de Colette MAGNY chantant « BASIN STREET BLUES » et « MELOCOTON »,.

 CM1.jpg

1963 - CBS 45 tours (ep) France-CG145 001

Basin street blues - Co-Opération /- Mélocoton - Nobody knows you when you're down and out

 

· On n’a connu pendant longtemps de Colette MAGNY que ses « reprises » de « blues » en anglais (Ella FITZGERALD, Bessie SMITH).  et « MELOCOTON », magnifique chanson de sa composition qui lui vaudra un succès immense à l’Olympia où elle volera la vedette à Sylvie VARTAN et Claude FRANCOIS dans "Les idoles des jeunes" entre le 04/04 et le 28/04 /1963 où elle sera programmée avec en plus des précédents :Pierre VASSILIU, Little EVA, Les TORNADOS.

 

CM7.jpgCBS – EP5622 - 1963

La ROSE DE RILKE – Dents de lait, Dents de loup - All of me – Why is a good man so hard to find.

 

 

 

 

 

 

2. Chansons de Colette MAGNY avant Mai 68
D’un côté elle écrit ce qui deviendra le succès : MÉLOCOTON. Mickey BAKER et CBS (sa boite de disque) lui demanderont de refaire des MÉLOCOTON, mais elle expliquera que ce qu’elle veut écrire, elle, c’est le quotidien, la vie, la peine des gens, le travail, les luttes… Ce qui lui vaudra les sarcasmes notamment de Mickey BAKER, guitariste américain qui l’accompagnait à ce moment-là : « Va faire tes (petites) chansons communistes qui ne rapporte(ro)nt pas un cens… ». Plus tard, agacée par les demandes incessantes de chanter toujours MÉLOCOTON, elle dira souvent : « Mélocoton est mort au Vietnam ! ».

De l’autre côté, elle écrivait déjà des chansons en formes de collage, des « chansons engagées ». Mon expérience m’avait fait croire qu’elle n’avait été chanteuse « engagée » qu’un fois connue – MÉLOCOTON ayant joué ce rôle par média interposé qui ne diffusait que cette chanson. Or, dès ce premier disque, avec MÉLOCOTON, en dehors de deux standards américains, il y a une chanson de sa composition : « CO-OPÉRATION » dont la forme fera dire à certains de ses amis que c’est « anti-poétique », car elle commence la chanson en citant les auteurs des citations qu’elle utilise ici, chose qui ne se faisait pas :

 

SARTRE, SUAREZ, CARLYLE, ALAIN,

 

Les cris qui se savent inécoutés enveloppent un horrible silence

Tu peux pleurer, tu peux crier, tu peux vomir,

Tu ne sauras jamais pourquoi tu es né

Tu peux gémir, tu peux cracher, tu peux maudire,

Tu ne sauras jamais pourquoi tu es né

Question : Déjà, elle dit des choses sur la vie, et prend des positions… Mais n’est-ce pas toute la chanson qui est comme ça ?

 

CM3.jpg1964 - CBS 30 cm : 62 416 - France - LES TUILERIES


Les tuileries - Monangamba - Rock me more and more - Chanson de la plus haute tour - La terre acquise - Saint James Infirmary - Mélocoton - Any woman's blues – Heure grave - J'ai suivi beaucoup de chemins - Didn't Lord Deliver Daniel - Chanson en canot - Richard II Quarante - Co-Opération.

 

 

· En 1965, elle rencontre François TUSQUES, Bernard VITET, Beb GUERIN, qui lui font découvrir Albert AYLER, Don CHERRY, qu’ils feront écouter en un spectacle « QUI A TUE Albert AYLER ? ». Elle leur fera enregistrer chez Mouloudji FREE JAZZ


et, avec eux, elle y enregistrera 4 chansons (Victor HUGO, Max JACOB…) d’une facture musicale autre que celle du précédent disque – facture due à la présence de ces musiciens.

  CM10.jpg

CBS – EP 6098


La fin de tout - Danse / - Néant - Égarées

 

 

 

 

 

· Entre 1963 et 1967, face aux difficultés d’enregistrer « CUBA – LE MAL DE VIVRE » par CBS, la maison de disque Le Chant du Monde lui ouvrira ses portes.

 

 

cuba-magny1964 - 25 cm - Le Chant du Monde - LDZ-S 4289 – France


Le mal de vivre (Cuba) - Le beurre et la frite / - 4 c.. - Choisis ton opium

 

 

 

 

 

· Elle continuera au Chant du monde avec Bura-Bura, écriture particulière d’une chanson parlée. Un article du « Nouvel Obs » - je crois - lui suggère :

« Bura-Bura, la maladie du rien faire, les Hibakuchas, PICADON, Eclair-Boum… »

Ce texte bien documenté (Picadon ne veut rien dire en japonais, mais est formé de deux mots « Pica » et « don » qui veulent dire « éclair » et « boum ») et qui fit dire à un pratiquant de la langue japonaise que Colette MAGNY était d’une grande précision, évoque la difficulté de vie des gens ayant été irradiés par la bombe atomique sur Hiroshima. Ça n’a rien à voir avec la politique sauf comme conséquence de la guerre de 39-45, recomposant le monde et ouvrant à la guerre froide et à l’anti-impérialisme.

 

CM-Bura-BuraLe Chant du Monde - EP 45 3230


Bura Bura - Les gens de la moyenne / - Aurons-nous point la paix ? - Trois motifs    

 

 

 

 

 

· « Voix parlée » qu’elle développera avec Michel PUIG dans un travail pour aller dans un domaine autre que la chanson, pour sortir du conformisme de la chanson, chose qu’elle voulait à cette époque, avec SNARKOSE - Jabberwocky - Malachites - La marche.

 

marcheLe Chant du Monde - EP 45 3254 1966-1967


SNARKOSE - Jabberwocky - Malachites / - La marche – Portrait

 

 

 

 

· Dans l’œuvre de Colette MAGNY, on trouve Le Tiers-Monde, dont l’emblème politique était le Vietnam, engagé alors dans une guerre de libération précisément contre l’emblème du premier monde (les États-Unis) avec VIET-NAM 67, ÉCOLIER-SOLDAT. Comment Colette MAGNY a-t-elle rencontré la question du VietNam ? Elle chantera pour un meeting : Comité VietNam de Base (C.V.B.) ou Comité VietNam National (C.V.N.) ?

 

· Dans l’œuvre de Colette MAGNY, on trouve aussi la condition et des luttes ouvrières avec « À St-NAZAIRE ».

 CM2.jpg

1967 – Le Chant du Monde 30 cm LDX 74 319


Vietnam 67 - Aurons-nous point la paix ? - Choisis ton opium - Désembourbez l'avenir - Viva Cuba - Je chanterai - Les gens de la moyenne - La blanche Aminte – La dame du Guerveur - Trois motifs - Bura Bura - À l'origine – Baise m'encor - À Saint-Nazaire.

 

 

 

3. Chansons de Colette MAGNY avec Mai 68

 

· Dans l’œuvre de Colette MAGNY, on trouve ce qui se passait dans le Tiers-Monde (…, Cuba, …) qui avait des répercussions dans les deux autres mondes.

 

CM11.jpg1964 – Le Chant du Monde - EP 45 3230


Frappe ton coeur - Le beurre et la frite - Colligeons - Le mal de vivre (Cuba) - Choisis ton opium - Je suis - Le temps des oiseaux - 4 c..

 

 

 

· Elle tentera des expériences musicales différentes avec ces structures musicales d’ALMURO, du Groupe de Recherches Musicales de l'ORTF depuis 1958.

 

Colette_Magny_33_T_Avec.jpg1966 - Mouloudji / Festival 30 cm : EMZ 13 510 - France


Avec Poème sur structure musicale d'André Almuro

 

 

 

 

 

Au moment de Mai 68, son disque 68-69 fit charnière dans sa vie, dans sa carrière, comme dans la chanson, comme Mai 68 a fait charnière pour beaucoup. Elle s’est laissé surprendre par l’événement.

 

· 1968, Chris MARKER et W KLEIN lui « donneront » des bandes enregistrées pendant les évènements qui, montées, serviront de préambule à des chansons comme ENSEMBLE, NOUS SOMMES LE POUVOIR, LE BOA, LA PIEUVRE (Rhodiaceta) en 1969..

Question : Comment s’est faite cette rencontre ?

mai1.jpg 

1969 Production Taï-Ki/Le Chant du Monde 30 cm:TK 01

              
Magny 68 / 69 - Nous sommes le pouvoir (essai sur mai juin 1968, documents sonores William Klein et Chris Maker) - La pieuvre - Le boa – Ensemble - L'écolier-soldat - Dur est le blé - Lorsque s'allument les brasiers

 

·  À travers une chanson Colette dit un aspect de « son » Mai 68 :

 

MAI 68 « NOUS SOMMES LE POUVOIR »
 

Un soir je revenais de chanter

On m’a téléphoné

Il y avait des blessés,

Des gosses matraqués.

J’ai eu peur,

Je ne suis même pas allée

Ramasser les blessés.

Dans les usines je me suis planquée

Pour les travailleurs, chanter.

« Là où la chèvre est liée,

Il faut mieux qu’elle broute » (B.Brecht)

J’ai rien vu, j’étais pas dans la rue.

Tout ce qui était gai,

Je l’ai manqué.

Chanter, c’était devenu dérisoire.

Je sais taper à la machine

Mais peut-être que je chante mieux

Que je ne tape à la machine.

Au mois de Mai, par l’espoir
Tout le monde se parlait.

 

4. Chansons de Colette MAGNY après Mai 68 (1)
· 1969.- Chez BENEDETTO, en Avignon, elle rencontre Ernest PIGNON-ERNEST – qui dessinera plusieurs jaquettes de ces disques -, et Jean-Marie LAMBLARD - qui lui ouvrira le monde des pintades dont elle fera KEVORK vingt ans plus tard-. Ils feront spectacle ensemble pendant le festival. Jean-Pierre THORN y présentera OSER LUTTER OSER VAINCRE, en présence de Colette MAGNY qui le défendra contre un militant communiste qui voulait lui casser la gueule pour le contenu de son film : « Il a le droit de dire ce qu’il a à dire, même si ça nous conteste ! » dira Colette MAGNY sans être forcément d’accord avec ce film.

 

· 1972.- Dans l’œuvre de Colette MAGNY, on trouve les USA et le Mouvement Noir Américain, François TUSQUES lui ayant amené des documents sur les USA et les Black Panthers.

 

CM6.jpg1970 - Le Chant du Monde - LDX 74.444


Feu et rythme - K-Blues - Brave Nègre - U.S.A. - Doudou - Jabber Wocky - Soupe de Poissons- Malachites / - Prends-moi, me prends pas - A l'écoute - La Marche - L'église de Taban – Conascor

 

 

 

 

· 1972.- Elle soutiendra les grévistes de PENNAROYA, écrira cinq chansons qu’elle auto-produira plus tard, au plus près de la réalité des gens en grève.

· 1973.- SALEM, J’AI PAS LES PAPIERS, L’EXIL, …- et qui laissera des traces dans d’autres textes – MUSTAPHA -. Et ailleurs, CHRONIQUES DU NORD,

repression.jpg 

Scalen’Disc – CMPCD 03 – 1991 –(réédition du 33 T / 30 Cm -Le Chant du Monde - LDX 74 476 - 1972 + Pena Konga [inédit]) –

   
Répression / Pena Konga :Répression - Oink Oink : Babylone, Cherokee, Djoutche, Libérez les prisonniers politiques - Camarade-Curé - Pena Konga : Homme singe, King Kong, Marche ou crève, L’exil, Je rase les murs, Salem – Chronique du Nord.

 

Autour de la Rhodiaceta et avec cette rencontre avec Chris MARKER, elle participera au groupe MEDVEKINE.

Déjà elle avait mené des enquêtes à la Rhodiaceta : en allant sur place, dans les foyers, écouter, jouer avec, rentrer chez soi, écrire, envoyer un courrier pour vérifier si c’est bien ça, pour savoir si les mots sont justes, le temps que ça lui prend. « LA PIEUVRE » dont le Groupe MEDVEKINE fera un clip : « RHODIACETA 4 X 8 ». Enquêtes qu’elle continuera avec PENNAROYA..

 

François TUSQUES nous indique qu’à Grenoble pour le spectacle RÉPRESSION à la Maison de la Culture, 600 places, 3 ou 6 jours d’affilée, refusant du monde, lui était payé 2500 F par soirée, ça correspondrait à 10 000 F (1500 € actuels). C’était en 1973-1974. C’est dire sa notoriété. Puis plus rien.

Question : Pourquoi ? Des associations se « défonçaient » et arrivaient à organiser ce genre de concert puis plus rien ! Hypothèse que l’organisation des concerts passent des associations militantes à l’Union de la Gauche organisatrice ? Le Programme Commun fut-il l’élément qui brisa l’ élan en développant le pouvoir des villes en matière d’organisation de spectacle ?

 

· Rencontre 2.- En 1975, à Marseille, au Théâtre du TOURSKY, seule sur scène avec sa guitare enserrée entre ses gros bras, elle était grippée, je la retrouve. Un grand souvenir : « CAMARADE-CURÉ » avec le Chœur des Prêtres Basques qui arrive par derrière sur bande-son - pour la première fois pour moi - pour accompagner son :

« NON, NON, JE NE VEUX PAS, D’UNE CIVILISATION COMME CELLE-LA »

à savoir celle qui condamne le peuple basque.

Cette chanson a peut-être musicalement vieilli, elle ne paraissait pas ringarde dans sa forme à l’époque. Toujours est-il qu’elle osait amener un certain discours politique avec lequel nous étions nombreux à « consonner » à cette époque, tandis qu’elle « dissonait » auprès des grands de ce monde et leurs tenants, notamment les médias. Censurée et interdite dans les médias : une de ses amies lui dira qu’un stylet a rayé ses disques à l’ORTF, sauf MÉLOCOTON. Elle dira « J’emmerde le système et il me le rend bien… »

 

· 1973.- À Lyon, au Hot Club, elle rencontrera le FREE JAZZ WORKSHOP de Lyon : Jean MEREU (trompette), Jean BOLCATO (contrebasse), Louis SCLAVIS (clarinette) - tout jeune à l’époque -. Avec eux et la peintre Monique ABECASSIS, elle y fait l’expérience d’écriture collective sur la vie de chacun (LA PANADE). Tout en défendant le rôle et la place de la voix, l’importance du sens. Ce qui ouvrira plus tard à son travail sur A ARTAUD.

Cette année-là, à Montpellier affrontement à l’entrée d’un concert entre les organisateurs et des gauchistes. Ce qui fera des blessés. Elle sera traitée de « crapule stalinienne » par ceux qui lui reprochent le prix d’entrée des concerts. Elle écrira « LES MILITANTS ».

 Et à propos du texte LES CAGES A TIGRE qu’elle doit « faire » en chantant à la Fête de l’HUMA avec le FREE JAZZ WORKSHOP de Lyon, la veille, un membre du C.C. du PC est venu longuement discuter avec elle pour qu’elle n’indique pas qu’il s’agissait d’un « brevet français », dont Rock’N Folk dira : « Tiens vous avez remarqué pour les trucs de merde, là, la France réussit très bien à exporter sa production ! ». Il ne fallait pas attaquer l’impérialisme français… Elle pliera à cette injonction pour la fête de l’HUMA même si dans le disque le « brevet français » apparaîtra plus tard malgré tout.

CM5.jpg 

Le Chant du Monde - LDX 74 570 - 1975 - Transit

   
La panade - Les cages à tigre : La Digue de notre Village, Les Forêts de Bambous du Sud Viêt-Nam / - La Bataille - Ras la trompe : Le Pachyderme, Blues Ras la Trompe, Radio Cornac, Les Militants, Finale.

 

·     1975 pour le 1° Mai à Dunkerque avec Ernest PIGNON et les dockers elle fait spectacle : peintures, affiche, concert.

Dans l’avant et dans l’après 68 de Colette MAGNY, nous avons de nombreux témoignages des Galas, des récitals, des concerts de soutien aux grèves dont Jean Bodart: « En 1971, à la MJC de Croix (59), je découvre Colette Magny sur scène... En 1978, je chante sur la scène de la salle de la Marbrerie à Lille-Fives lors d'un gala de soutien aux éducateurs en grève et Colette Magny est la tête d'affiche... Et les expériences discographiques de Colette Magny se poursuivent… Encore quelques occasions de l'entendre sur scène, à Ronchin, à Aulnoye-Aymeries... La dernière fois que j'ai pu la voir, ce devait être en juillet 1987, à Figeac dans le Lot, où elle participait à la soirée de clôture d'un Festival d'Artistes Handicapés, elle avait chanté un standard de jazz, seule, s'accompagnant au clavier ».

 

· Dans l’œuvre de Colette MAGNY, on trouve l’Amérique Latine avec le CHILI, et un disque collectif avec des artistes.

 

CM4-copie-1.jpg1976 - Le Chant du Monde - LDX 74 599 - Chili un peuple crève... Maxime Le Forestier / Colette Magny / Mara


Un peuple crève - Gracias a la vida - Mazurquica revolutionarica / - El Aparecido - Oda a la mordaza - Herminda de la Victoria - La carta.

 

 

 

· Dans l’œuvre de Colette MAGNY, on trouve le conflit Israélo-palestinien, qui sera enregistré au Théâtre de La Ville à Paris qui ne restera inédit jusqu’en 1991 édité par CMP (Colette Magny Promotion)

 

feu.jpg1977 - Colette Magny Promotion / Scalen'Disc - - CMP CD04 -  FEU ET RYTHME, -inédit- Un juif à la mer un Palestinien au Napalm
Feu et rythme, K3 blues, Brave nègre, U.S.A. – Doudou, Jabberwocky, Soupe de poisson, Malachites, Prend moi ne prend pas, A l'écoute, La marche, L'église de Taban, Conascor - Un juif à la mer un Palestinien au Napalm : Introduction, Notre ville flambe, Yisrolik, Monish, Origine, Le soc, Carte d'identité, La terre, Je suis du peuple du livre.

 

· Dans l’œuvre de Colette MAGNY, on trouve les enfants handicapés, et un disque collectif avec ces enfants d’un IME.

chaanter1.jpg 

1979 - Le Chant du Monde - LDX 74 669 - Je veux chaanter


Y'a trop de malheurs à la Télé - Zoo Story - Psycho-médico-tranquillo-securito - Un canal de l'Est - Gouzou - Via Saint-Dié - Ça me fait du bien - Caoutchouc-maracas - Pipi-caca Story - C'est ma mère - La tristesse de Christelle - Histoire d'Orage - Sifflet à coulisses - Sandy - Guimbarde-épinette / Frikasia - b.a. - BA / Ah les sales gosses - C'est ça qu'on a dans le coco - Marie-Thérèse Leclerc - Faudrait pas faire le cirque, y'a une grand'mère en bas - L'amour, l'amour - Si je dis… - Abandon.

 

· Dans l’œuvre de Colette MAGNY, on trouve un poète connu : Antonin ARTAUD, et une inconnue, Sylvie DUBAL, et deux disques car les ayant-droits d’Antonin ARTAUD ne voulaient pas que sur un même disque il y ait des poètes que A. Artaud n’aurait pas aimés. Comme Frank ZAPPA, deux cas « uniques » de disques avec une seule face.

 

thanakan.jpg1980 – Le Chant du Monde - LDX 74770 -

 
Thanakan Montage de textes d'Antonin Artaud.

 

1980 - Le Chant du Monde - LDX 74770 bis - Cahier d'une tortue de Sylvie Dubal.

 

 

 

5. Chansons de Colette MAGNY après Mai 68 (2)
· Dans l’œuvre de Colette MAGNY, on trouve les Blacks Panthers, 1982-3 : THE MEETING d’Elaine BROWN (Black Panthern), et toujours le blues, STRANGE FRUIT, avec Anne-Marie FIJAL.

 

CM8.jpgLe Chant du Monde / Harmonia Mundi – LDX 74776

   
Chansons pour Titine– 1983 - 1990 -1999 – "Bluesy, Bluesy "Chansons pour Titine" Blues

- Étude "Révolutionnaire" - Strange fruit - You go to my head - My heart belongs to Daddy - The Meeting (The Black Panther Anthem) / My man – Titine- The house of the rising sun - All of me - Young woman's blues - Mélocoton - Prison.

 

 

·  Dans l’œuvre de Colette MAGNY, on trouve des chansons enfantines, et un disque collectif.

berce 

1983 - Chant du Monde – Distribution Harmonia Mundi - LDX 100.312 – dans Berceuses du monde entier
33 T / 30 Cm


Toutouic – Le grand Lustukru – Le p’tit Quinquin – La petite poule grise.

 

· Rencontre 3. En 1989, le journal TÉLÉRAMA, sous la plume d’Anne-Marie PAQUOTTE, annonce que Colette MAGNY sort un nouveau disque, « KEVORK », en souscription. Avec des amis du groupe « CHANSONS DE L’ÉVÉNEMENT », nous sommes étonnés et écœurés qu’il n’y ait « pas une maison de disque pour cette grande dame de la chanson ! » Nous faisons une commande groupée, d’exemplaires de son disque, à quoi elle répond par une lettre de remerciements, notre commande lui permettant de rééditer d’autres CD. Nous lui enverrons notre cassette que nous venions de réaliser avec nos compositions intitulée « 68-88 ou vingt ans après » à quoi elle répondra par retour du courrier : « Ouf ! Ça rafraîchit que ça existe encore ! »

kevork1.jpg 

1989 - Colette Magny Promotion / Scalen'Disc - - CMP 01 - Kevork ou le délit d'errance


J'irai boiler dans les hurles - Quand j'étais gamine - Toune beni beni (viens ici, petite brebis) - Exil - Habiter la mer - Caqueta - Sphinx de nuit / Fils de Bahia - Kevork - Les multinationales déboisent - Chanson gastronomique - La danse des écus - Mustapha - Rift Valley

 

· Rencontre 4. Nous resterons en correspondance par lettre et au téléphone, pendant les sept années qui suivront, jusqu’à son décès en 1996, nous rencontrant deux fois.

 

· Dans l’œuvre de Colette MAGNY, un autre disque collectif où elle participe avec des musiciens à l’initiative de Jean-Jacques BIRGE, entre autres.

urgent.gif 

1991 – Urgent Meeting
CD – NO MAN’S LAND – nml/GRRR 2018 cd – dans UN DRAME MUSICAL INSTANTANÉ


Comedia dell’amore.

 

· Rencontre 5. Elle nous dira « un coup de gueule » pour préfacer le CD de Jean-Marc LE BIHAN « PAS À PAS » en 1994.

 

· Rencontre 6. Durant la période où Colette MAGNY est loin de tout, Pascal SEVRAN la recevra dans son émission LA CHANCE AUX CHANSONS, à sa demande face à la lecture d’un journal de chanson où une de ses amies la disait pratiquement morte. Il lui dira : « Quelle courage Madame MAGNY ! » et elle répondra : « Je n’ai pas le courage des terroristes ! » Silence sur le plateau. À la fin, Colette demandera s’il va couper, le chargé de relations de Pascal SEVRAN lui dira : « Non, sauf si vous le demandez ! » La conclusion de Colette qui me racontait cet épisode a été : « Pascal c’est un vrai homme de gauche ! » C’était au moment où SEVRAN appelait à voter Chirac.

     Didier BRASSAC dans son village, la découvrant chantant, dira son étonnement qu’une chanteuse puisse parler des « terroristes » alors qu’à la maison on ne parle que de les tuer.

 

· Rencontre 7. En 1995, juste avant le 15 Août, je mange avec elle à Verfeil-sur-Seye, avant qu’elle n’aille jouer à Uzeste, pour la dernière fois où elle chante, accompagnée par « GRECO et LES INSECTES »

 

· Rencontre 8. 31 Octobre 1996, nous fêtons les 70 ans de Colette à la Maison RUHL avec Didier et GRECO & les INSECTES.

 

· Rencontre 9. pour un spectacle « SUR LES PAS DE COLETTE MAGNY », scène nationale du Théâtre du Merlan à Marseille, le 22 Novembre 1996, elle ne pourra être des nôtres, étant alitée, mais une communication téléphonique sur le plateau pendant le spectacle nous permettra de parler avec elle en public, Jean-Marc LE BIHAN lui adressera sa « LETTRE A COLETTE ».

 

· Rencontre posthume 10. Décès de Colette MAGNY, le 12/06/1997. À son enterrement, pas grand monde. Catherine RIBEIRO chante « J’AURAIS TANT AIMÉ DANSER » dans la maison de Colette en dansant avec Christophe MAGNY, le neveu.

 

· Rencontre 11. Notre dernière rencontre s’est faite par la découverte de son œuvre chantée et picturale que nous tentons de faire connaître par de multiples moyens : soirées d’écoute de ses chansons proposées dans les quartiers pour tous ceux qui le veulent.

 

· Rencontres posthumes 12. Ces soirées d’écoute amèneront la suggestion d’un ami (qui trouvait que « FERRAT, à côté de Colette MAGNY, c’était de la gnognotte !!! ») de faire spectacle avec l’œuvre de Colette MAGNY. Puis nous organiserons des expositions de ses peintures avec vernissages chantés et concerts « J’AIMERAIS ÊTRE DU PAYS OÙ CE N’EST PAS LE DRAPEAU QUE L’ON AIME PORTER HAUT…. SUR LES PAS DE COLETTE MAGNY… J’AIMERAIS ÊTRE DU PAYS OÙ C’EST LA PENSÉE QUE L’ON PRÉFÈRE COMME DRAPEAU », spectacle autour du « PORTRAIT MUSICAL DE COLETTE MAGNY » par François TUSQUES et Hélène BASS, à Marseille et à Verfeil-sur-Seye, le village de Colette, en 2001, avec Didier BRASSAC, ami et dernier musicien, Jean-Marc LE BIHAN, chanteur, Jean-Paul FLORENS, musicien de jazz, et les « amateurs » de CHANSONS de l’ÉVÉNEMENT

Film en cours de réalisation « DU SUCCÈS DE MÉLOCOTON à KEVORK ou LE DÉLIT D’ERRANCE »…,

Chansons de Colette MAGNY chantées par le « CHŒUR DES GENS » et par tous ceux qui se trouvent autour au moment du concert…,

Archivage de tous les documents qui la concernent.

 

CONCLUSION
Si on parle de Colette MAGNY, c’est qu’elle a été connue, ayant « réussi ». À un moment, elle a compté dans le système de la chanson, le show-business : Petit Conservatoire de Mireille, Télévision, Olympia. Elle fut connue à ce moment-là comme chanteuse « de jazz », étiquette qu’elle refusait, car pour elle une chanteuse de jazz devait être capable d’improviser, pas elle. Puis, plus tard, ayant « opté » pour « les « choses » qu’elle voulait dire sur les gens, leur quotidien, leurs luttes…, l’étiquette de chanteuse « engagée » lui colla à la peau, ce qui provoqua parfois des quiproquos.

Pour parler de Colette MAGNY et MAI 68, nous parlons de son œuvre composée de plus de 100 chansons dont elle fut l’Auteure-Compositrice et de plus de 200 dont elle fut l’interprète.

De son œuvre de ce moment-là, de 1968, son disque « 68-69 » (paru en 69, réédité en CD par CMP en puis par EPM en 2008). Mais aussi de son œuvre depuis le début de sa carrière, son disque « VIET-NAM 67 », et même avant. Et même – et surtout ? – dans son œuvre après.

Pour parler de l’œuvre de Colette MAGNY, nous avons ici recensé l’ensemble de ses enregistrements. Mais pour en parler mieux encore, autrement, il faudrait aussi analyser son écriture littéraire et musicale – paroles et musique -, et retrouver aussi tout ce qu’elle a pu dire/faire sur son œuvre, sur sa vie, sur l’actualité, ce qu’elle pensait, disait de sa vie, de sa conception du monde, de ses convictions, de sa découverte de la politique – nous l’avons un petit peu fait -. En fait, elle fut une artiste professionnelle : au sens qu’elle a exploré tout son art pour inventer sa propre voie/voix/écriture/spectacle.

Elle a inventé sa propre manière d’écrire des chansons. Elle n’est, elle n’était, guère « cataloguable », réductible, tant la force de sa voix, la pensée qu’elle affirmait haut et fort, ses convictions… étaient à fleur de peau.

Colette MAGNY a existé, ayant franchi le pas dans la chanson pour être professionnelle, faire sa vie de/dans la chanson - chanson américaine, chanson française –, elle s’est donnée à entendre par tous ceux qui le voulaient. C’était une personne publique, elle disait d’ailleurs : « pas de vie privée pour une personne publique… » Tout le monde, tous ceux qui l’écoutaient, pouvaient aimer, ne pas aimer, débattre de ce qu’elle disait dans ses chansons, de ce qu’elle pensait.

Personne n’est jamais sorti indemne de la rencontre avec cette chanteuse. Elle était une sorte d’événement : force, violence, déflagration, fêlure. Elle ne disait pas tout et laissait à chacun le soin, le loisir de l’enthousiasme, mais aussi de tout ce qu’il y avait à faire.

Il y a, il y avait cette voix qui avait été dite « première voix du jazz français » ayant volé la vedette aux yéyés (Claude FRANÇOIS et Sylvie VARTAN) à l’Olympia.

Il y a, il y avait cette voix – « Elle n’avait rien à envier à aucune chanteuse noire américaine ! » dit François TUSQUES à son propos -, cette voix qui a commencé par chanter des standards américains de Bessie SMITH, Billie HOLLIDAY… et qui a gardé des traces de la prononciation américaine quand elle chantait en français, avec un vibrato qui peut surprendre beaucoup de gens, et dont elle disait qu’elle ne savait pas comment elle chantait mais que c’était comme ça : elle ne pouvait pas chanter autrement. Ça pouvait donner à sa voix parfois un caractère sophistiqué en écart avec les textes très « enquête », très « terrain », très « populaire ».

 

Les musiques de Colette MAGNY – ses mélodies, ses harmonies – n’étaient pas forcément très élaborées, ou plus exactement pas très compliquées. ça ne l’avait pas empêché de travailler avec les plus grands musiciens du Jazz, du Free-Jazz et de la musique contemporaine, avec qui elle défendra toujours la question du sens de ce qu’elle dit par rapport au fait que certains musiciens considéraient sa voix comme un instrument.

Barre PHILIPS, Beb GUERIN, FREE-JAZZ-WORKSHOP de Lyon, autre musique, écriture collective/individuelle.

Si, pour certains, sa musique est « maigre », ça n’empêchera pas François TUSQUES de créer en 2001 un PORTRAIT MUSICAL de Colette MAGNY, variations pour piano et violoncelle (Hélène BASS) sur les thèmes mélodiques des chansons Colette MAGNY, preuve s’il en est qu’il y a de la musique.

Dans son écriture, ce qui est important c’est le texte, ce qui fait dire à certains musiciens que « sa musique n’est pas carrée ! » Dans son interprétation, certains comme Daniel HUMAIR ne la trouvent « pas en place », Jean-Jacques BIRGE dira qu’elle est « à sa place », et François TUSQUES : « On disait la même choses de John Lee HOOKER ! ». Elle fit swinguer Victor HUGO (Les Tuileries), fit entendre RILKE (Heure Grave).

Question : Michel PRECASTELLI la fera travailler pour qu’elle soit en mesure.

 

Il y a, il y avait ces textes faits de collage, de textes « à dire » (LES CAGES A TIGRES), de montage (bande-son de la reprise du travail dans une usine, bande-son à laquelle elle accrochera une chanson faisant état des conditions de travail en usine…), de citations (CO-OPÉRATION, FRAPPE TON CŒUR) avec pour thèmes : le rapport des gens entre eux, l’enfance/l’adolescence… qu’elle continuera même après sa mise en musique des poètes. Où elle osa ce que personne n’avait fait jusqu’à ce moment, prenant son inspiration parfois dans le journal, d’autres fois dans ses lectures, souvent plus tard dans ses enquêtes sur place.

Elle était passée du jazz New-Orleans avec Mickey BAKER, au Free-Jazz avec François TUSQUES, Louis SCLAVIS, Aldo ROMANO, Henri TEXIER, Georges ARVANITAS, Jean MEREU, Jean BOLCATO, GUEM, Noël McGHIE, Denis COLIN, Jean-Jacques BIRGE, Bernard VITET, Beb GUERIN, Barre PHILIPS, Jean-Jacques AVENEL, GUEM, ont joué avec elles, et bien d’autres… et de l’écriture individuelle à l’écriture collective. Elle s’était essayée dans la voix parlée avec « BURA BURA », puis plus tard voulant faire « autre chose que la forme chanson », elle travailla avec Michel PUIG – musicien compositeur contemporain, notamment sur trois textes : « JABBERWOCKY », « MALACHITES », « LA MARCHE ».

 

En suivant François NICOLAS dans sa présentation de MAI 68, nous pouvons dire que Colette MAGNY – indépendamment de sa notoriété, en plus de sa notoriété - se trouve marquée, avant Mai 68, par la guerre d’Algérie, en 1956, pour sa prise de conscience, dans ses chansons, par le jazz avec sa rencontre avec Claude LUTER, et le fait qu’elle commença à chanter des standards américains avant d’être connue, puis par le free-jazz avec sa rencontre avec François TUSQUES qui lui fit découvrir COLTRANE, AYLER, DON CHERRY, par Cuba, le Vietnam, la condition ouvrière (CHRONIQUES DU NORD).

Et dans l’après 68, s’étant laissée surprendre par l’événement : avec sa rencontre avec Chris MARKER et le groupe MEDVEKINE ; avec le FREE-JAZZ WORSHOP de Lyon, en 1975 : autre musique ; avec écriture collective/individuelle ; avec les ouvriers de PENNAROYA, en 1973 : SALEM, J’AI PAS LES PAPIERS, L’EXIL ; avec l’Amérique Latine, les Black PantherS, (THE MEETING, 1983) ; KEVORK (MUSTAPHA, chanson sur les foyers d’ouvriers immigrés, CAQUETTA, chanson-revue de presse sur l’Amérique latine, en 1989).

Et la politique, pour Colette MAGNY, qui ne peut pas se résumer à son compagnonnage avec le PC, dans LES CAGES À TIGRE, le Vietnam est encore présent dans l’œuvre de Colette MAGNY, elle y mettait en cause l’impérialisme français inventeur de ce système de torture...

Pour reprendre la question de son engagement, des choses à travailler, à élucider : Colette s’est située dans cet événement mais peut-être, dans une position « d’avant » avec son compagnonnage avec le PC. Nous savons comment la politique est entrée dans sa pratique par la guerre d’Algérie, mais pas comment elle est devenue membre du PC : où ? quand ? pourquoi le PC ? quelle militance ? À quel moment et pourquoi sa séparation du PC ? Questionnement général sur le compagnonnage des artistes avec le PC. Ce n’est pas pour cela qu’elle fut traitée de « crapule stalinienne » mais parce que certains ne voulaient pas payer l’entrée des concerts, dans les années 70.

Des questions restent en suspens.

 

*

 

Les Sources de ce texte sont l’œuvre de Colette MAGNY : chansons (plus de 100 écrites par elle), partitions, enregistrements (plus de 200 chansons enregistrées), ce qu’elle a dit elle-même et ce qu’on a dit d’elle, de son travail (PAROLES ET MUSIQUE, CHORUS, les livres « CITOYEN-BLUES », « LE CHANT LIBRE, free jazz », les journaux…), les entretiens pour le film que nous préparons, entretiens privés, correspondance, archives.

 

––––––––

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3 mars 2007 6 03 /03 /mars /2007 12:18

Entretemps.gifExtrait de l'article d'Emmanuel Wallon paru dans Une histoire du spectacle militant, Théâtre et cinéma militants, (1966-1981), sous la direction de Christian Biet et Olivier Neveux, L’Entretemps (avec le soutien de l’Université Paris XNanterre), Vic-la-Gardiole, 2007 :

 

Le goût de la fête et le sens du collectif sont mis à l’honneur lors des rassemblements militants, que ce soit pour protester contre l’extension d’un camp militaire aux côtés des paysans du Larzac, pour soutenir le Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC), ou pour renflouer les caisses de Politique Hebdo, du PSU et de LO. Celles-ci offrent une scène moins confidentielle que les cafés-théâtres à la protest song à la française qui abonde alors en talents, de Colette Magny (Répression, 1972) à Anne Sylvestre (Non, tu n’as pas de nom, 1974), des doux d’Imago (Folle avoine) aux durs de Trust (Antisocial,1980), de Roger Siffert l’Alsacien à Gilles Servat le Breton, sans oublier le Catalan Lluis LLach et les groupes d’exilés chiliens. Dans la France de La Carmagnole et de L’Internationale, de Georges Brassens et de Léo Ferré, la
tradition de la chanson frondeuse est assez généreuse pour absorber des refrains radicaux. Parachutiste de Maxime Leforestier (1972), ou Les barbares de Bernard Lavilliers (1976) s’inscrivent dans une longue lignée, de Béranger (Pierre-Jean, 1780-1857), moquant La censure (1814) et Les chantres des paroisses (1817), à Béranger (François, 1937-2003), fredonnant L’alternative (1975) ou Mamadou m’a dit (1979). De même l’extrême-gauche accueille-t-elle avec ferveur dans ses rassemblements les images du cinéma militant, entre autres les films des groupes Medvekine (1967-1974), animés par Pol Cèbe avec l’aide de la coopérative Slon, fondée par Chris Marker.

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15 septembre 2006 5 15 /09 /septembre /2006 07:21
Extrait de l'intervention de Michaela Weiss, Universität Erlangen-Nürnberg ayant pour thème "Petite histoire de la chanson française contestataire du début du 20e siècle jusqu’au présent" exposée à l'occasion de l'Université 2006 du Centre culturel de Freiburg et du Bureau de Coopération Universitaire franco-allemand ("La chanson d'hier à aujourd'hui") :

L’envie d’une génération de changer le monde s’est manifesté en mai 68 dans la révolte des étudiants. On a redécouvert «L’internationale», Léo Ferré a vécu une seconde jeunesse avec des chansons politiques poétiques libertaires, et l’après-mai a vu quelques interprètes qui ne correspondaient pas du tout à la mode passée des jeunes du yé-yé. Le chanteur du moment était Evariste, un jeune scientifique de l’université de Vincennes qui se moquait de tout et de rien. Il a été le premier chanteur ayant produit un disque sous l’autogestion du Comité révolutionnaire d’agitation culturelle. L’enthousiasme du beau mois de mai évanoui, la carrière de ce jeune intellectuel a été sans lendemain. La mode hippie à la française a été plutôt apolitique et bon enfant dans la chanson, ni Michel Fugain ni Julien Clerc qui exprimaient la soif de la liberté ne faisaient vraiment peur. Des chanteurs d’un certain âge avec une conscience politique, et qui ne chantaient pas n’importe quoi pour plaire, se sont imposés peu après: Jean-Roger Caussimon, Serge Reggiani, Georges Moustaki. Colette Magny et François Béranger étaient des auteurs-compositeurs- interprètes qui se définissaient comme chanteurs de contestation. Même ignorés ou exclus des médias, ils ont attiré un grand public par leurs spectacles. Magny a chanté Cuba, la Guerre de Vietnam, la répression des grévistes en utilisant des formes expérimentales et avantgardistes dans ses longs textes en prose sur des musiques free jazz. D’une forme plus traditionnelle, Béranger a chanté la vie quotidienne et l’actualité politique. Il a même réussi à créer avec ses rythmes entraînants quelques tubes qui font «avaler» un sujet grave par une musique irrésistiblement légère.
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23 septembre 2004 4 23 /09 /septembre /2004 14:16
Extrait du mémoire (p. 54 et 55) de DESS soutenu par Patricia Berne-Milesi sur le Jazz vocal d'expression francophone (Université Lumière Lyon 2, sept 2004) :

"Il est des voix qui vous foutent le frisson. Il suffit qu'elles s'élèvent, nues, sans apprêt, pour qu'une démangeaison vienne titiller votre épine dorsale. Avec celle de Colette Magny, les mots les plus simples devenaient exaltants. L'ordinaire était insolite, fascinant, magique. Depuis le 12 juin dernier, cette voix s'est tue. Elle nous manque déjà". (Marc Legras, Mag Chorus, Web). Avec un premier titre qui la propulse à l'avant scène "Melocoton" en 1963, (réédition en 1997 par Le Chant du Monde, Harmonia Mundi), Colette Magny, découverte par Mireille, nous offre là un blues français magnifique, interprété dans la plus pure tradition des "hollers". [Plus tard], Colette Magny revient à ces premières amours-là, même si elle y interprète des standards américains "Colette Magny Blues" (1983). Elle leur donne une intensité, une "vérité" des plus troublantes. Fidèle à elle-même, Colette Magny ne chante pas le blues, elle est le blues. Aussi, et très rapidement, elle s'écarte de la scène du grand public pour rester en adéquation profonde avec ses convictions et surtout, avec l'idée qu'elle se fait d'une véritable expression du "Blues" dans le cadre culturel d'un monde en pleine mutation. Epaulée par "Harmonia Mundi" et "Chant du monde", qui soutiendront jusqu'au bout sa carrière de contestataire avec des albums en français tels que "Vietnam" en 67, "Magny 68/69", "Feu et rythme" en 1970, "Répression" en 1972, elle vit sa création artistique comme un état d'urgence. Colette Magny disparaît rapidement de la scène du "show biz". Elle chante essentiellement dans le cadre de "meetings" ou de soirées à connotation politique. A sa mort en [1997], elle laisse une discographie riche à l'issue d'une carrière pourtant difficile, soutenue par une petite poignée d'intellectuels, de fans et de musiciens tels que Claude Barthélémy et Maurice Vander. Sa discographie s'étend de [1963 à 1991], elle comprend aussi des albums comme "Colette Magny, je veux chaanter" en 1979, disque très particulier, réalisé avec des enfants inadaptés, d'un institut médico-pédagogique à qui elle donne la parole. Colette Magny fut, très certainement, dans l'esprit et dans le coeur, la plus authentique des chanteuses de blues française. Animée par une véritable révolte sociale, elle crie l'injustice à la manière d'une Bessy Smith. Sous cette lumière-là, de chanteuse engagée, elle fut plus proche du mouvement social du jazz que bien des artistes enfermés dans le swing et la carrure. Cette rupture avec le swing et la légèreté vaut pourtant à Colette Magny un désamour de la part d'un grand public en mal d'identification, et qui ne se trouve rapidement, plus aucun point commun avec une chanteuse qui défend des causes politiques ne le concernant pas. "Colette Magny a été une chanteuse non seulement boudée par les médias, mais encore carrément censurée du temps des gouvernements de droite, tant son engagement politique a fait des vagues dans le monde aseptisé de la chanson sous contrôle". Elle reste dans les mémoires, comme une chanteuse pour intellectuels.

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1 avril 2003 2 01 /04 /avril /2003 16:00

La-francophonie-sans-frontiere.jpgExtrait de "La francophonie sans frontière - Une nouvelle cartographie de l'imaginaire au féminin", L'Harmattan - Extrait du texte de Carmen Mata Barreiro, Universidad Autonoma de Madrid : Voix des femmes dans la chanson francophone contemporaine : expressions de différences et constructions de dialogues (p 268) :


Dans les années 60, on remarque la montée de la contestation et, autour de 1968 (entre 1967 et 197), se déroule une période que Patrice Julien (1991, 46) appelle "années militantes". Duex grands courants traversent alors la chanson française, à savoir la tendance révolutionnaire et la tendance poético-mystico-écologique. Parmi les représentants du premier courant, il y a plusieurs femmes dont Colette Magny, porte-parole des ouvriers et des ouvrières, dont les chansons deviennent des chansons-tracts qui dérangent. Anne Sylvestre est l'auteure d'une oeuvre qui témoigne d'une réflexion sur le condition de la femme. Parmi ses textes, 'Une sorcière comme les autres" (qui sera chanté par Pauline Julien), "Non, tu n'as pas de nom" (sur l'avortement), "Douce maison" (sur la lutte contre le viol), "Frangines" (sur l'amitié entre femmes).

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