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18 juin 1997 3 18 /06 /juin /1997 17:11
Hommage dans Télérama n°2475  du 18/06/1997 (photo de Martine Franck/Magnum) :

"Dans la famille coup de poing, Ferré c'est le père, Ribeiro la fille, Lavilliers le fils. Et moi la mère!", disait Colette magny (1). Elle est partie jeudi dernier. Ferré l'avait précédée. Lavilliers voyage. Ribeiro chante Magny.
Le Forestier, qui chante Brassens, se souvient sans doute de l'enregistrement partagé il y a vingt et un ans avec Colette et sa copine Mara, Chili, un peuple crève. Se souvient-il aussi avoir dansé, quelques années plus tard, avec le "pachyderme de sexe féminin" sur la scène du Théâtre de la Ville ? Une plume de Télérama, Jacques A. Bertrand, aujourd'hui écrivain, enlaça aussi la dame lors de ces concerts.
Journalistes et lecteurs, on a toujours aimé Magny, ici. Quand Télérama a relayé l'appel à souscription de la chanteuse pour réaliser l'album Kevork, vous avez été nombreux à répondre. On a toujours aimé Colette Magny pour ses combats irréductibles. Civiques : sa tempétueuse solidarité avec toutes les minorités, tous les minorisés ; artistiques : son timbre blues, allié au jazz et au free-jazz, qui incendiait ses chroniques-collages (articles, tracts, poèmes), ses interprétations de Louise Labé, Rimbaud, Artaud, Billie Holiday... ses chansons à elle, inventives, insoumises.
Kevork, c'est la saga de la pintade, volatile venu d'Afrique, volaille d'élevage qui peut, en s'échappant, redevenir sauvage. Magny, jamais domestiquée, a gardé son chant libre. L'entendons-nous ?
Anne-Marie Paquotte
(1) L'Humanité du 24 février 1995
CD disponibles : Transit..., Vietnam 67-mai 68, Répression, Je veux chânter, Kevork, chez Scalen Disc. Chansons pour Titine, Harmonia Mundi.
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14 juin 1997 6 14 /06 /juin /1997 16:49

Brève de la République du Centre du 14/06/1997 :

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14 juin 1997 6 14 /06 /juin /1997 15:30

Article paru dans Le Monde du 14/06/1997 :
 

LA CHANTEUSE

Colette Magny est morte jeudi 12 juin à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) à l'âge de soixante-dix ans.

Née à Paris le 31 octobre 1926 d'une mère comédienne, Colette Magny avait appris le banjo avec Claude Luter. Auteur, compositeur et interprète, elle commence sa carrière en 1962, à l'âge de trente-six ans, abandonnant un emploi de traductrice. Elle fait ses premiers pas au cabaret de la Contrescarpe à Paris, puis au Petit Conservatoire de Mireille avant de passer en 1963 à l'Olympia avec Claude François et Sylvie Vartan, année de son succès, Melocoton, classé au hit-parade de Salut les copains. Et qui lui colle longtemps à la peau, au point qu'elle refuse pendant quatorze ans de le réinscrire à son répertoire : « J'ai décidé que Melocoton était mort, qu'il était parti au Vietnam. »


Grande admiratrice de Bessie Smith et de Billie Holiday, vendue comme une « Bessie Smith française », Colette Magny est aussi une amoureuse de la poésie qui met en musique Aragon et Rimbaud, rend hommage à Hugo. Adepte d'Antonin Artaud, rebelle, féministe, elle compose des chansons engagées, vibre avec Louise Labbé, Cuba, la guerre du Vietnam et mai 68, les Juifs et les Palestiniens, en faveur des Black Panthers et des travailleurs immigrés (« Je suis allée les voir dans leurs baraquements minables, et je leur ai dit : ce qui serait bien, ce serait d'écrire une chanson sur la grève que vous êtes en train de faire pour obtenir de meilleures conditions de travail et de sécurité. On a mangé, on a dansé, on a fait de la musique... »).


VEINE MILITANTE


Colette Magny exalte les grands poètes de la lutte (Neruda, LeRoi Jones, Max Jacob, Mahmoud Darwich), adhère au PCF pour le quitter deux ans plus tard et reprendre à nouveau sa carte en 1994. Sa veine militante l'avait éloignée du show-biz. Elle s'aventure aussi dans le free-jazz, la musique contemporaine, la musique progressive. L'alternance politique de 1981 lui avait donné un second souffle, avant qu'une maladie de la colonne vertébrale l'oblige à rester allongée, à se deplacer en fauteuil roulant. Elle aura enregistré une douzaine d'albums, d'une voix poignante, au timbre profond, des chansons-collages, chansons-montages, chansons-enquêtes réalisées auprès des travailleurs dans les entreprises ou les cellules de combat, chroniques des exaltations fraternelles de notre temps.

Jean-Luc Douin

 

 

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14 juin 1997 6 14 /06 /juin /1997 13:40

Témoignage de la chanteuse Catherine Ribeiro paru dans l'Humanité du 14/06/1977 :

"Colette Magny (Coco), était ma seule amie « chanteuse » depuis un certain mois de juillet 1970.

Nous avions des passions communes mais aussi, les mêmes détestations contre tous les pouvoirs, contre toutes les formes d’exploitation des plus démunis, les mêmes colères contre l’hypocrisie, les pseudo-mondanités, les flatteries qui débouchent sur l’absurdité du vide, la mégalomanie galopante de presque tous, dans le giron des multinationales du disque.

Colette était une femme d’amour et de tendresse éclatée et pourtant mesurée. Elle avait tant donné en chantant, en écrivant, que ses chants devenaient des éclairs dans des ciels d’orage. Nous étions une poignée à la savoir très malade depuis un an et demi et à faire, de loin, ce que nous pouvions pour l’aider à supporter ses souffrances.

Alors, mesdames et messieurs les chroniqueurs qui l’avez volontairement jetée aux oubliettes lorsqu’elle pouvait encore chanter, ayez un peu de pudeur à l’annonce de sa disparition. Il existe un temps pour toute chose. Aujourd’hui, il est trop tard… " CATHERINE RIBEIRO

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14 juin 1997 6 14 /06 /juin /1997 12:15

Libération du 14/06/1997 :

Figure de la chanson militante et grande voix, elle est morte jeudi à 70 ans.
 
Colette Magny avait fait ses premiers pas musicaux avec Claude Luter, en même temps qu'elle découvrait les grandes voix du blues, Bessie Smith, Ma Rainey: elle restera à jamais marquée par ce style. En marge de son travail de secrétaire bilingue à l'OCDE, elle se compose un répertoire de blues, commence à écrire des chansons puis démissionne: elle a 36 ans, s'éveille à la politique pendant les derniers remous de l'affaire algérienne. Refusée de cabaret en cabaret, elle va voir Mireille, qui la programme tout de suite: en un passage télé, elle s'impose. La France a sa chanteuse de blues. Elle signe chez CBS, programmée à l'Olympia en première partie de Sylvie Vartan, Melocoton devient un tube. Magny enchaîne avec des albums où elle met des poètes en musique: Rilke, Victor Hugo, Max Jacob, Tzara" Elle choisit le plus souvent des poèmes pas très connus, comme Tuileries de Victor Hugo, on ne dira jamais assez avec quelle sûreté elle servit la poésie.

Colette Magny passe alors au Chant du monde, sous-marin (de qualité) du PC dans l'édition phonographique. En ces années de fin de gaullisme où l'accès à l'ORTF est filtré, ses albums s'appellent Frappe ton coeur (1964), Viêt-nam 67" On ne peut pas dire qu'elle sera surprise par l'explosion de mai. Dans les années contestataires, Colette Magny est de tous les meetings, de tous les concerts de soutien, de tous les débats, les expériences, les censures. Si politiquement ses engagements sont parfois hasardeux («djoutché, djoutché, djoutché» en refrain d'une chanson fait allégeance aux théories de Kim Il-sung, le dictateur nord-coréen), artistiquement ses choix sont impeccables: des musiciens de jazz, de free jazz, de musique contemporaine. Colette Magny, en même temps que Ferré, brise le carcan de la chanson traditionnelle et tisse des passerelles entre le chant et le cri. Elle n'a jamais chanté avec un mauvais musicien, jamais fait dans la soupe. Avec les contestataires, ça n'est pas toujours facile non plus, quand tel groupuscule déclare vouloir assister sans payer à ses concerts organisés par un autre, et que ça finit en bagarre. Elle en fait une chanson, les Militants " Avec le reflux et les désillusions du gauchisme, avec l'arrivée de François Mitterrand au pouvoir, Colette Magny avait peu à peu remisé le plus dogmatique de son arsenal protestataire chanté. On la vit revenir à un jazz heureux, chanter My Hearts Belong to Daddy. Ecrire tout un album Kework dédié à la pintade, sur les musiques précises, pour une fois, de Michel Precastelli, qui la réconcilient avec la mesure. Tournant quelque peu le dos à l'écriture-tract, Colette Magny peut se plonger dans les bonheurs du beau langage et aborder avec autant de discrétion que de chaleur la question de ses amours féminines. L'album a d'ailleurs été produit par souscription auprès des lecteurs de Télérama, très vite remplie. Alors que l'affection d'un certain public semblait lui revenir, une maladie de la colonne vertébrale la tint loin des scènes ces dernières années. Les amateurs de chansons peuvent regretter que Colette Magny ait refusé la carrière de chanteuse populaire que sa voix lui offrait, et même les talents d'écriture de ses débuts: Melocoton, pour n'en citer qu'une, est ce qu'on appelle un «classique» du florilège. Elle avait très vite tourné le dos au show-business, choisi l'engagement, la recherche, dans sa vie et ses chansons. Elle y est devenue, plus qu'une voix, voix de l'histoire .

HAZERA Hélène

A lire: Colette Magny, citoyenne-blues de Sylvie Vadureau, chez Mutine.

Discographie: Scalen'disc.

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14 juin 1997 6 14 /06 /juin /1997 10:12

L'Humanité - 14/06/1997

COLETTE MAGNY… Une voix, une gueule, un sacré bout de bonne femme, passionnée Pasionaria des temps modernes aux sautes d’humeur incontrôlables et incontrôlées mais tellement attachante… Elle vient à la chanson alors qu’elle travaille comme dactylo à l’OCDE. Elle a la trentaine passée, fréquente la gauche révolutionnaire de son Paris natal, des trotskistes, des maoïstes et des communistes qu’elle croise lors de meetings contre la guerre au Vietnam. Nous sommes au milieu des années soixante et Colette Magny chante lors de concerts improvisés, participe à des créations théâtrales aux côtés d’Armand Gatti, d’André Benedetto. D’emblée, elle met en musique des poètes, Victor Hugo, Aragon, Baudelaire, Rilke, Max Jacob, Tzara… tandis qu’elle s’insurge en chanson contre la répression et le sort réservé aux mineurs du Nord.

Elle chante Artaud, scandant ses mots sur le fil tendu de l’émotion, de la révolte. « Inclassable » musicalement, elle opte pour la musique racine des chants d’esclaves, le blues : syncopé, déchiré, son scat éclatant vous entraîne dans une spirale rythmique où La Magny, telle une ogresse lui impulse un rythme frénétique qu’elle interrompt brutalement pour que le sens reprenne le dessus sur l’avalanche verbale. Alors on reste sans voix devant la modernité du « son » Magny, de son phrasé musical dont les jeunes rappeurs auraient beaucoup à apprendre…

Colette Magny, c’est aussi l’histoire d’une injustice. Femme de convictions, elle se refuse à tout compromis. Dans le métier, comme on dit, elle se fâchera avec pas mal de monde, une bonne dizaine de producteurs de radio et télévision. Mais elle refuse de céder, de plier, de se couler dans le moule et de la fermer. Ce qui lui vaudra les foudres d’une censure insidieuse où, ignorée des médias, elle tombe dans l’oubli des programmateurs, traverse une période de vaches maigres qui lui font presque perdre sa Sécurité sociale.. Dans les années quatre-vingt, elle connaît un bref répis et retourne sur les plateaux de télévision. Mais tout cela est ephémère. En 1989, sans maison de disque, elle est obligée de lancer une souscription pour produire un album de comédie musicale « Kevork » qui sera finalement distribué par « Scalen Disque ». Mais le public, certains artistes ont conservé intacte la mémoire de cette artiste merveilleuse qui n’en avait que fiche des conséquences de ses coups de sang. Ainsi Catherine Ribeiro, qu’elle considérait comme sa fille « spirituelle ». Ou encore Arno, autre artiste écorché qui me confiait il y a environs deux ans qu’à l’occasion d’un « Pollen » (l’émission de Jean-Louis Foulquier) il avait carte blanche pour ses invités. Il avait proposé Colette Magny et, à sa grande surprise, « pas une seule personne dans la maison de disque ne la connaît. Tu crois ça ? C’est incroyable : vous avez l’une des plus grandes chanteuses de blues et les gens l’ignorent… »

Il y a près de vingt ans, elle avait quitté les pavés de la capitale qu’elle avait tant battus pour se poser au fin fond d’une petite vallée sise en Tarn-et-Garonne. Sa petite maison de plain-pied, « Sol de Fraysse », dominait le petit village de Verfeil-sur-Seye. Pour rejoindre sa maison, il fallait emprunter un petit chemin vicinal. C’est là qu’elle m’avait reçue, par une belle journée ensoleillée de février 1995. Pendant plus de trois heures, elle m’avait raconté sa vie, ses passions, ses engagements. Déjà malade, elle était restée allongée durant notre rencontre, un masque à oxygène pour reprendre son souffle de temps en temps alors qu’elle grillait Gitane sur Gitane en se justifiant : « Le docteur ne veut pas que je fume, mais faudra bien que j’crève un jour »…

ZOE LIN.

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14 juin 1997 6 14 /06 /juin /1997 08:54

Article publié dans le Figaro du 14/06/1997 :


Colette Magny vient de mourir à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron), à l'âge de 70 ans. Auteur-compositeur-interprète et figure marquante de la chanson contestataire des années 60 et 70, avec des titres comme Viva Cuba et Répression, elle commença sa carrière en 1962, à 36 ans, abandonnant un emploi de traductrice. Elle fit ses premiers pas au cabaret de la Contrescarpe, puis au Petit Conservatoire de Mireille, avant de passer en 1963 à l'Olympia, en compagnie de Claude François et Sylvie Vartan. Fascinée par le blues de Bessie Smith et de Billie Holiday, Colette Magny vouait aussi une grande admiration à la poésie, notamment à Aragon et Rimbaud, qu'elle mit en musique. La guerre du Vietnam et Mai 68 la font aussi connaître comme une chanteuse politique et une militante du PCF qu'elle quittera avant de reprendre sa carte en 1994. Retirée de la scène depuis plus de vingt ans, Colette Magny a enregistré au total une douzaine d'albums.

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14 juin 1997 6 14 /06 /juin /1997 08:49

Article paru dans La Croix du 14/06/1997 :

C'est une des plus belles voix françaises du blues qui vient de s'éteindre : Colette Magny est décédée jeudi à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) à l'âge de 70 ans des suites d'une maladie. Auteur, compositeur et interprète, à 36 ans elle abandonne un emploi de traductrice pour se lancer dans la chanson. Outre sa fascination pour le blues et des chanteuses comme Bessie Smith et Billy Holiday, elle voue une grande admiration à la poésie, notamment à Rimbaud ou Aragon qu'elle met en musique. La guerre du Vietnam puis mai 68 la font aussi connaître comme une chanteuse politique et une militante. Membre du PCF jusqu'en 1966, elle avait repris sa carte en 1994.

 
BOYER Paula

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13 juin 1997 5 13 /06 /juin /1997 16:58
L'Humanité du 13/06/1997 :
"Les gueules de loup
sont des bêtes
Les gueules-de-loup
sont des fleurs
"
Du Victor Hugo mis en musique et chanté par Colette Magny. Qui a aussi clamé : "J'ai le mal de vivre"... Elle ne l'aura plus : Colette Magny est décédée hier, à l'âge de soixante-dix ans. Laissant derrière elle un tas d'amis et d'admirateurs. De ses chansons, de son jazz, de ce qu'elle devait être : colérique, poète et musicale (est-ce que ce mot existe ? en tout cas, il lui va bien). La rage, la poésie et la musique  à l'état pur.
Pas une "soixante-huitarde" comme cela sera sans doute dit : son premier disuqe était sorti au "Chant du monde" bien avant cette date.
Une obsession de l'antiracisme. Témoin, sa chanson : "Melocoton, et Boule d'or/ Deux gosses dans un jardin"... Dans les dernières années, elle s'était tue. Déprime ou vieillesse ? Cela la regarde, mais c'est une vraie douleur pour ses copains. Qui n'étaient pas obligés de la connaître, mais qui participaient à la "famille coup de poing".
Interviewée par Zoe Lin, dans nos colonnes, elle avait eu ce mot, en février 1995 : "Même en fauteuil, je suis prête pour la révolution"...
L'insoumission, l'insolence et la volonté de subversion resteront ses trois marques de fabrique.
Jean Chatain
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13 juin 1997 5 13 /06 /juin /1997 11:40

Dépêche AFP du 13/06/1997 : 
 
La chanteuse Colette Magny est décédée hier à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) à l'âge de 70 ans. L'une des plus belles voix françaises du blues, elle fut aussi une figure marquante de la chanson contestataire des années 60 et 70, avec des titres comme Viva Cuba et Répression.

Auteur, compositeur et interprète, elle avait commencé sa carrière en 1962 à 36 ans, faisant ses premiers pas au cabaret de la Contrescarpe à Paris puis au Petit Conservatoire de Mireille, avant de passer en 1963 à l'Olympia en compagnie de Claude François et Syvie Vartan. Outre sa fascination pour le blues et des chanteuses comme Bessie Smith et Billie Holiday, Colette Magny vouait une grande admiration à la poésie, notamment à Aragon ou Rimbaud, qu'elle mit en musique. La guerre du Viêt-nam et Mai 68 la firent aussi connaître comme une chanteuse politique et une militante.

Après une traversée du désert à la fin des années 70, elle revint avec des chansons mêlant toujours engagement politique et poésie. Elle a enregistré au total une douzaine d'albums. Depuis plusieurs années, souffrant de la colonne vertébrale, elle devait rester allongée une grande partie de la journée.

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