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12 décembre 1974 4 12 /12 /décembre /1974 14:53

Article paru dans Témoignage Chrétien du 12/12/1974 :

Voici déjà plus de dix ans que CoIette Magny s'exprime par la chanson. Sans concession, refusant la carrière commerciale qu'elle pouvait espérer à l'époque de « Melocotton » qui atteignit le sommet des hit-parades, en pleine période yé-yé. Censurée par la radio et la télévision elle s'est imposée par ses recherches musicales et sonores, et aussi par la force de ses textes.

     « On a collé à mes chansons des étiquettes dont j'ai horreur. Je n'ai jamais fait de chanson politique, militante ou dite « engagée », systématiquement. Cela a été le fait de rencontres avec des hommes et des femmes où, avec des situations. Il s'est trouvé que l'actualité directe disons, évidente, m'a frappée plus que des choses nées de l'imagination. » C'est ainsi qu'en 1967, elle consacre un disque au Vietnam (1). Elle y chante aussi la poétesse Louise Labbé. De même, en 1968, elle salue le mois de mai dans « Nous sommes le pouvoir » (2). Dans son troisième disque « Feu et rythme » (3), elle aborde le problème noir aux Etats-Unis. Elle y revient dans « Répression », disque sorti il y a déjà deux ans.

     Mais sonactivité est plus étendue. Elle chante dans les foyers de jeunes travailleurs, les MJC, les usines; Les galas de soutien auxquels elle a participé ne se comptent plus. On l'a vu aussi bien chez les « Lip » qu'au Larzac. Trop souvent cependant on l'a utilisée. « Je suis une chanteuse potiche » dit-elle. Des groupuscules d'extrême gauche l'insultent parfois, la traitant de « crapule stalinienne et réactionnaire qui utilise le mot révolution pour faire du pognon et du réformisme ». Elle en est scandalisée. « II y a huit ans, dit-elle, c'étaient les fascistes qui venaient m'attaquer et j'étais seule à l'époque, moins connue que maintenant. Mais qu'actuellement ce soit une partie de l'extrême-gauche, si infime soit-elle, qui me traîne dans la boue et perturbe mes spectacles, je n'en reviens pas ! » Et d'ajouter : « de tout cela, j'ai failli crever au mois d'avril ! »

   Elle n'en continue pas moins son combat à travers la chanson avec détermination. La meilleure preuve en est sa participation au spectacle collectif « Chants de femmes » présenté pour la première fois au « Capitole » de Bordeaux lors de la semaine du « SIGMA 74 », les 22 et 23 novembre derniers. Avec Catherine Ribeiro et Toto Bissainthe, elle a enthousiasmé les cinq mille spectateurs présents. Elle sera à Paris le 15 décembre à l'Olympia. Et à nouveau, le 19 décembre, elle participera avec Francesca Solleville, Graeme AlIwright, aux « 4 heures pour la Palestine», toujours à Paris, salle de la Mutualité. Depuis décembre 1970 où elle avait chanté à la salle Gaveau on ne l'avait plus entendue. Une raison supplémentaire, pour aller l'écouter ces prochains jours.

Jean RABINOVICl

  (1) « Vietnam 67 » 30 cm Le chant du Monde TK 74319
  (2) « Magny 68 » 30 cm Le chant du Monde TK 01
  (3) « Feu et Rythme » 30 cm Le Chant du Monde 74.444
  (4) « Répression » 30 cm Le Chant du Monde 74.476

 

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1 juin 1974 6 01 /06 /juin /1974 13:47
Charlie-Hebdo :

"Bordeaux : Chants de Femmes... Qu'elles étaient belles, ces trois femmes ! Bissainthe et ses chants d'Haïti, Ribeiro qui hurlait "je hais la violence" et Magny qui chantait des textes théoriques sur la révolution. Si c'est ça le music-hall, j'aime le music-hall !... C'est elles les vraies chanteuses populaires".
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14 juin 1973 4 14 /06 /juin /1973 09:09

Libe.jpgArticle paru dans Libération n°29 du 14/06/1973, page 2 :

 

 Lors de la soirée spectacle organisée jeudi soir à la Mutualité, Colette Magny parle avec Libération :

 

- Pour toi, quels sont les problèmes qui te sont posés par les travailleurs immigrés, et qui te sensibilisent le plus ?

 

Colette Magny : Tu sais, je vais te dire, maintenant j'essaye de faire un travail très modeste ; là, il se trouve que j'ai été en contact il y a un an avec les grévistes immigrés de Pennaroya à Lyon. C'est malheureusement loin, mais enfin, ce sont eux qui m'ont demandé de venir. Je n'ai pas fait l'aboyeuse ! Ils ont demandé qu'une chanteuse vienne faire faire une chanson avec eux. Un militant a dit : "C'est Colette Magny qui est susceptile de venir". Effectivement, ça a été moi. Je connais quand même un peu la situation ; elle est compliquée. Je m'aperçois que, sur 105 travailleurs immigrés, la situation politique, pour moi et ma toute petite tête, est très embrouillée.

 

- Et l'action des syndicats, les permanents par exemple ?

 

Colette Magny : J'ai vu un délégué CGT de Saint-Denis, par exemple. Je te jure que ce n'est pas un salaud, et qu'il est de parfaite bonne foi. C'est peut-être un con, si l'on veut ou un gars qui n'a pas compris. Et pourquoi comprendrait-on à chaque fois ? Moi, je fais des bourdes monstrueuses souvent, tu sais, en tant que personne qui n'a pas grande expérience.

Je t'assure, jusqu'à l'âge de 30 ans, je n'avais pas lu un journal. J'ai été éveillée très, très tard. Alors, je me contente d'un petit secteur où je sais que je peux faire quelque chose, très peu d'ailleurs. Au bout d'un an, les travailleurs immigrés de Pennaroya ont eu le désir de faire un disque eux-mêmes, sans moi. Ils vont en faire un, eux, et moi j'en ferai un autre avec eux.

 

- Pour qui chantes-tu, Colette ?

 

Colette Magny : Moi c'est pour les gens que je chante. Ce n'est pas pour les organisations. J'ai du respect pour tous les militants qui font leur travail. Quelle que soit l'organisation, c'est le sujet qui m'importe.

Tout au long de la soirée, les militants du "Comité pour les Droits et la Vie des Travailleurs immogrés" nous ont présenté divers aspects de leur lutte. Par exemple, dans les entreprises Margoline, dont le nom fut hué par la salle. Des chansons, des bandes magnétiques, beaucoup d'expression et de recherche.

 

 

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8 octobre 1967 7 08 /10 /octobre /1967 13:31

Dans son n°464, du 08/10/1967, Top Réalités Jeunesse écrit :

COLETTE MAGNY.

Combien de fois a-t-on dit que Colette Magny était un cas ? Quoiqu'il en soit, elle est bien la seule qui puisse se permettre de faire passer un frisson sur n'importe quelle mélopée. Sa plainte profonde aux accents noyés lui permet de s'attaquer à n'importe quel fait divers et dans sa bouche les thèmes politiques deviennent de véritables blues. On peut ne pas aimer les chansons qu'elle choisit. Mais comment ne pas se laisser émouvoir par un timbre et un tempérament aussi prenants ! (Chant du Monde LDX 74 319)

 

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Published by Claude - dans Article
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1 avril 1964 3 01 /04 /avril /1964 23:00

Article paru dans Témoignage Chrétien du 02/04/1964 :

C'est d'abord l'étonnement devant sa forte corpulence. Mais comme l'on possède, sa petite imagé d'Epinal, on se dit : "au fond la ressemblance est complète : voix, émotion, swing et physique, c'est bien la chanteuse de blues authentique". On se trouve alors sur un terrain connu, on s'asseoit désinvolte. Une, deux questions et on s'aperçoit que ce n'est pas aussi simple. Décontenancé, on ne sait plus quoi dire. C'est Colette Magny, elle-même, qui dissipe le brouillard.

Oui, je me suis d'abord fait connaître en tant que chanteuse de blues, j'ai enregistré le fameux "Nobody knows when you're down and out" que chantait Bessie Smith. Lors de mon passage à l'Olympia, l'année dernière, entre deux idoles, mon répertoire était essentiellement composé de blues et, c'est certain, j'ai envie de devenir une vraie chanteuse de blues. Une chanteuse de Blues française, avec des paroles françaises ! Combien de temps me faudra-t-il pour le devenir ? A vrai dire je ne sais pas. Trois années de travail encore. Mais ce qui m'intéresse avant tout, c'est de chanter des chansons que j'écris, de chanter ce que je pense.

   Et elle n'y va pas de main morte. Au temps du « Yé-Yé » et du « je m'en foutisme intégral », elle parle du racisme, de l'injustice, des chiens qui mordent les noirs en Alabama, de la mort de Lumumba, du péril atomique et de la faim dans le monde. Elle ne mâche pas ses mots : surpris, on n'en revient pas. Elle chante son aspiration à la fraternité : frappe ton cœur/c'est là qu'est le génie.

  Mais on ferait fausse note, en accolant à Colette Magny l'étiquette de chanteuse militante politique. Magny appartient à la classe des poètes anarchistes. Elle chante comme elle pense, suivant les impulsions du coeur. Elle chante notre histoire contemporaine. Et elle raconte les histoires qu'elle a vécues :

  Un jour, un coiffeur de mon quartier a refusé de couper les cheveux du médecin qui est noir. Ça m'a révolté. Comme je connaissais également un crémier qui tutoyait les Nord-Africains et les Noirs, j'ai éprouvé le besoin d'écrire une chanson là-dessus. Je l'ai intitulée "le beurre et la frite".

  Pour composer une chanson, dit Colette Magny, il faut que l'on me provoque. Vous comprenez, je dis ce que je sens, ce que je crois vrai.

   Elle pose sur le plateau de l'électrophone le microsillon qu'elle vient d'enregistrer . On l'écoute. "Le mal de vivre", "Le temps des oiseaux", "Je suis majeure", "Choisis ton opium"... Je m'étonne d'abord des citations de Tchékov, Dostoïevsky, Jésus-Christ même. Elle répond : Je lis beaucoup, je note les phrases qui me frappent et j'ai envie de mettre en musique dessus. Moi, je commence à trouver cela joliment arrangé. D'autant plus que ça swingue... "Aime ton prochain comme toi même : c'est une vérité qu'on nous a transmise, mais elle n'a pas pris". Colette Magny, elle, fredonne les paroles de ses chansons, bat le rythme avec la main sur la table, la tête qui balance. Bref, il y a dans tout cela une très grande sincérité et un remarquable talent. Quant à l'argent...

—  Je me suis ruinée dans une histoire, avec ma maison de disques qui m'avait fait enregistrer avec son orchestre plus ou moins « copain ». Le résultat, c'était de la guimauve qui n'avait rien, mais rien à voir avec mon style et les thèmes qie je chantais dans ce 45 Tour. Alors, avec mon argent, j'ai fait un disque pour mon usage personnel : pas question de le vendre dans le commerce puisque je suis liée par contrat. J'ai essayé en vain d'enlever la "guimauve" du marché. J'ai appris une chose : Je ne ferais plus d'enregistrement  que si j'ai la haute main sur l'orchestre, le son... Que si j'ai la responsabilité de l'ensemble de la séance".

Claude Fléouter

 

 

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29 septembre 1963 7 29 /09 /septembre /1963 07:45

bandeau-lisette.jpgArticle paru dans Lisette n°39 du 29/09/1963 :

 

 

 

Deux reines de blues.

Et ce sont deux reines de poids.
Ella Fitzgerald est certainement la plus grande chanteuse que le jazz ait jamais eue. Nul ne peut rester insensible à sa voix, à son. rythme. Et elle a un tel don de vous faire rire ou pleurer !


Fitz.jpgElla Fitzgerald naquit le 25 avril 1918 à Newport News en Virginie, aux Etats-Unis. Elle voulait être danseuse mais le jour on elle chanta pour la première fois, ce fut déjà un triomphe. Alors, elle a continué, armé de son inflexible volonté et de ses merveilleux dons. Son style, fait d'improvisation d'art et d'humour, est remarquable. Aussi Ella Fitzgerald, tour à tour bouleversante, gaie, moqueuse, sentimentale, est-elle connue et applaudie dans le monde entier. 

 

lisette-colette-magny.jpgAvec Colette Magny, trente-six ans, nous possédons notre Fitzgerald française. Même voix capable d'aller au grave et à l'aigu avec une facilité rare, même présence, même rythme, même personnalité. Cette chanteuse, qui sur le petit écran apparaît assise ou cherchant à se dissimuler derrière ses camarades, a été secrétaire, interprète, traductrice, avant d'entrer au « Petit Conservatoire de la Chanson ».


Aujourd'hui, les maisons de disques s'arrachent son indéniable talent de reine de blues et la firme qui se l'est attachée par contrat en fera sa vedette de la rentrée.


Qu'importent ses cent kilos! Ella Fitzgerald les porte aussi. Colette Magny, comme la chanteuse américaine, vaut, son pesant d'or...

 

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1 janvier 1963 2 01 /01 /janvier /1963 08:36

Extrait d'un article de Michel Perez paru dans Combat en octobre 1963 et cité dansl'émission sur France Inter, les Greniers de la Mémoire :

Ce qu'elle chante, c'est l'horreur du racisme., de la mentalité boutiquière, du scandale des essais nucléaires : tous les thèmes favoris enfin de l'intellectuelle de gauche.
Que tout cela puisse être mis en chanson, nous n'en doutons pas un instant puisque notre histoire politique est pleine de couplets historiques.
Mais Colette Magny ne fait qu'indiquer une voie à suivre. Elle ne crée rien et sutout pas un style.
Souvent cela fait penser à un chansonnier du Théâtre de Dix Heures qui aurait décidé de militer dans les rangs d'un parti progressiste. C'est nouveau évidemment, les chansonniers n'ayant jamais montré de conscience politique depuis qu'ils se produisent régulièrement à la radio. Mais ça ne fait pas le Pérou ni même Cuba où l'on sait autrement mieux chanter les bienfaits de la révolte agraire.
Créer à l'image du Dieu Eisenstien, Colette Magny est subtile mais pas malicieuse. Mais la chanson la plus pure, la plus émouvante, la plus belle, demande un minimum de roublardise : c'est comme ça, on n'y peut rien.

Que Colette Magny nous émeuve ou à défaut qu'elle nous amuse, tant qu'elle n'y parviendra pas, rien ne sera dit.

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