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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 08:54

Lu dans Le Monde du 15/03/2011, article intitulé "Les femmes remarquables sont à côté de la plaque" de Mélina Gazsi :

Levez le nez pour chercher une adresse et vous verrez que le monde est subitement d'un seul sexe. Dans un pays qui clame l'Egalité au fronton de ses édifices publics, seuls 9 % des rues portent un nom de femme. En matière d'odonymie, l'égalité est à côté de la plaque.

Dans la capitale, les équipes s'efforcent de faire mieux que les malheureux 3 % de 1997. A cette date, elle comptait 6 088 rues parmi lesquelles 3 750 portaient le nom de personnages remarquables dont 111 noms de femmes. En 2011, 166 rues honorent le deuxième sexe. Certes, la parité n'y trouve pas son compte, d'autant que le nombre des rues a été porté à 6 365. Mais elle progresse. « Il est nécessaire de reconnaître le rôle et la place des femmes dans la société et de leur donner une vraie visibilité, si l'on veut faire avancer l'égalité », affirme Fatima Lalem, adjointe au maire de Paris chargée de l'égalité femme-homme.

Cette nomenclature ne tient, toutefois, pas compte des espaces verts, sportifs et culturels. Ces dernières années, Simone de Beauvoir a eu sa passerelle entre les 12e et 13e arrondissements, à un jet de pierre de la piscine flottante Joséphine-Baker, Marguerite Yourcenar sa bibliothèque, (15e). Et Barbara son allée, Lucie Aubrac son collège, Germaine Tillon sa bibliothèque, etc. En 2010, une médiathèque a pris le nom de Marguerite Duras, même si l'on aurait préféré que l'auteur de l'Amant s'installe pour l'éternité rue Saint-Benoît.

« C'est sans compter les contingences des rues privées, celles qui portent le nom de leurs propriétaires et qu'il est quasiment impossible de débaptiser, ou la protestation des riverains qui n'apprécient guère de changer d'adresse du jour au lendemain », explique Philippe Lamy, conseiller au cabinet du maire de Paris en charge de la mémoire. De plus, certaines familles refusent parfois les lieux proposés. Ainsi le fils de Françoise Sagan a-t-il décliné une place dans le 14e arrondissement, qu'il jugeait « trop bruyante » et « trop grande ».

Montreuil à la pointe

A Paris, c'est une « commission de dénomination », le plus souvent présidée par l'adjoint au maire chargé de l'urbanisme - aujourd'hui Anne Hidalgo -, qui décide, in fine, de l'attribution des noms des espaces publics. Cette commission se composait naguère d'une vingtaine de membres, dont quelques personnalités de la vie culturelle, parmi lesquelles l'écrivain François Nourissier. Elle ne possède aujourd'hui qu'une fonction consultative. Le conseiller à la mémoire centralise les voeux du maire, des conseillers, des associations et des particuliers et propose des noms à la commission, qui se réunit une fois l'an.

Le 1er mars, elle s'est prononcée sur une dizaine de noms dont celui de quatre femmes, Silvia Montfort, Davia, Colette Magny et Marie-Hélène Lefaucheux. Trois artistes et une grande figure de la Résistance. La règle parisienne étant que l'on n'attribue le nom d'une voie qu'à une personnalité décédée depuis au moins cinq années. Quant aux « scores » de Marseille, Lyon et Nantes, ils oscillent entre 0,6 % et 1,3 %. Montreuil (Seine-Saint-Denis) se distingue en affichant fièrement 13 % de noms féminins. Et la mobilisation continue pour en obtenir davantage.

 
 

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commentaires

SYLVIE VADUREAU 09/11/2012 16:50

merci de me prévenir si vous attribuer à une rue le nom de Colette Magny.