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1 janvier 1972 6 01 /01 /janvier /1972 09:26

helene-martin.jpg"Liberté-femme (Ballade des dames du temps présent)" d'Hélène Martin, rend hommage notamment à Colette Magny :

 

De vous chanter, voici le temps
Mais je me trouve étrangement
Intimidée
Et pour mieux vendre la vérité
De quelle manière vais-je m'y prendre ?
Par le grinçant ou bien le tendre

 

Il m'était venu le désir
De vous léguez mon avenir
Cela ne sert, pas encore fait
Et vous léguez
Ce que déjà vous possédez
ce que peut-être vous possédez

 

J'ai cru en vous, autant qu'en moi
J'ai cru en vos chants, vos émois
Nous avons pris
Qu'on se le dise, nous avons pris
Le même train de marchandises
Des fabricants de roublardises

 

Liberté femme
Liberté flamme

 

Je lègue à l'amie Francesca
Cette énergie que je n'ai pas
Et elle s'en fout
La Solleville ayant beaucoup
Beaucoup de force qui fusille
Bien trop de force qui fusille

 

Et je laisse à Anne Sylvestre
Mon solide appétit terrestre
Dont elle n'a cure
Car par travaux et par nature
Elle a je crois tout ce qu'il faut
Elle a presque tout ce qu'il faut

 

Je donne à Colette Magny
Tout le militant de ma vie
Non croyez-moi,
Elle se balance, nous n'avons pas
Le même cri mais bienveillance
Avons-nous de la bienveillance

 

Liberté femme
Liberté flamme

 

Ta belle voix dont tu nous sert
Qu'en fais-tu amie Christine Sèvres ?
Où l'as-tu mise ?
Dans quel bistrot, dans quelle remise ?
T'as mise ton guerillero
Est-ce le droit d'un guérillero ?

 

On ne tutoie pas Barbara
Elle est fière la Baccara
Et je cède
A ce beau diable roussie de
Nos cornemuses un peu semblables
Nos cornemuse inconciliables

 

Dis-moi un peu la Morelli
Qui toujours chante là la vie
les coeurs perdus
Dis si je peux
Comm'le "pendu"
T'écrire la chanson des gueux ?
Chanterais-tu mon chant frileux ?

 

Liberté femme
Liberté flamme

 

Tu n'es pas une chanteuse Angela
Mais le vrai est dans ce chant là
Que tu défends
Que tu inventes
Que tu apprends
A tes copains de la tourmente
Et à nos frères de la tangente

 

Je te lègue ma résistance
Et j'y ajoute ma constance
Dieu merci
Qui te reviens sans ironie
Tu me donnes, le goût du bien
Quand prédomine la rime en rien

 

Item à Lucienne Desnoues
Et je me souviens du jour où
L'ami Lucien
Nous présenta et ce fut bien
Le plus fameux etceterra
De l'amitié sans errata

 

Liberté femme
Liberté flamme

 

Coup de chapeau mes héroïnes
Qui différemment me fascinent
Nina Simone
Et suzanne Flon encore Simone
mais Signoret, fait pas légion
Marthe Robert toute version

 

Et celles à ne pas oublier
Qui avant moi se sont lassées
De Louise Labé à Louise Michel
Bessie Smith et
Tous les blues qui portent des ailes
Hommage à la franche pucelle

 

Et femme, femme, j'en oublie
Pardonnez-moi vous mes amies
Des mauvais jours
Etroite rue à faire l'amour
Je vous chante et vous salue
Puisque sans vous rien ne va plus


Liberté femme
Liberté flamme

 

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1 octobre 1969 3 01 /10 /octobre /1969 15:50

CCPP-1969.jpgExtrait de "Culture en trois-huit - Pol Cèbe, une mémoire militante 1959-1968" - Les Cahiers des amis de la maison du peuple et de la mémoire ouvrière de Besançon, n°7, octobre 2009 :

 

extraits p. 153-154 :


Mai 1968 - Le 1er mai en chansons
Le CCPPO avait décidé de célébrer la fête des travailleurs par un nouveau spectacle au Théâtre municipal.
Au programme, Les ballets tchèques Skoda, et Colette Magny.
Colette nous avait fait savoir qu’elle voulait profiter de son passage à Besançon pour discuter avec les militants CGT de Rhodia.
Nous l'accueillons avec Yoyo et Geo Binétruy. Elle veut que nous lui parlions de notre grève, de nos problèmes et puis elle nous demande ce qu’elle peut faire pour nous.
Depuis, Colette est devenue une amie, mais ce jour-là elle n’était encore pour nous que la grande chanteuse dont Yoyo connaissait les disques par cœur. C’était déjà tellement extraordinaire de l’avoir en face de nous que nous ne pouvions pas espérer qu’en plus elle nous demanderait des conseils avec cette soif de comprendre et surtout cette sorte d’humilité qui est la forme supérieure de l'honnêteté intellectuelle, et qui fait tellement défaut à ces « communistes » qui vont en ligne pourfendre les organisations ouvrières, incapables qu’ils sont d'accepter autrement que dans l'abstrait (et dans les salons) que la classe ouvrière soit dirigée par les cadres qu’elle se donne.
Colette ne nous demandait pas du tout ce qui pourrait nous faire plaisir, mais bien de quelle façon elle pourrait prendre place dans notre combat.
Question vaste à laquelle nous n’avons pas encore répondu et qui reste depuis un an au centre de toutes nos discussions et nos correspondances.
Cependant, ce jour-là, nous disons à Colette que nous aimerions entendre sa voix chanter nos petits problèmes.
Nous lui expliquons que nous aimerions aussi pouvoir consacrer beaucoup de place aux problèmes du Viêt-nam ou de la révolution cubaine dans notre notre presse, nos tracts, mais que nous avons tant à nous préoccuper de nos revendications  immédiates de salaires, de conditions de travail et de vie, et que notre combat de chaque jour, s’il n’est pas très glorieux, mérite peut-être d'être quelquefois mis en chanson.
Notre soirée Premier Mai  fut un gros succcès populaire et un mois plus tard Colette nous téléphonait pour nous dire qu'elle aimerait revenir à Besançon chanter pour les grévistes avec Francesca Solleville.

extraits p 174-175 :

 

CCPO-livre-d-or-p149.jpgColette Magny et Francesca Solleville nous ont téléphoné qu'elles voulaient venir à leurs frais pour les grévistes de Besançon.
Dans le combat que nous menons ensemble, ouvriers, étudiants, enseignants, les artistes ont pris leur place.
[...]
La culture populaire aujourd'hui ce n'est pas le billet à tarif réduit pour l'ouvrier, c'est la lutte des travailleurs et son expression, que ce soit dans un meeting d'entreprise ou ici.
Colette Magny et Francesca Solleville ont voulu être ce soir avec vous non pas en vedettes, mais en camarades.
Tout ce que, depuis des semaines, nous ressentons au plus profond de nous-mêmes, Colette et Francesca sont venues nous le traduire; écoutons leur chant de fraternité, de lutte et d'espoir, c'est le nôtre".
Plus de 1500 travailleurs en grève entendront ce soir-là Colette Magny et Francesca Solleville.

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Published by Pierre Prouveze - dans Témoignage
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