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1 octobre 1969 3 01 /10 /octobre /1969 15:50

CCPP-1969.jpgExtrait de "Culture en trois-huit - Pol Cèbe, une mémoire militante 1959-1968" - Les Cahiers des amis de la maison du peuple et de la mémoire ouvrière de Besançon, n°7, octobre 2009 :

 

extraits p. 153-154 :


Mai 1968 - Le 1er mai en chansons
Le CCPPO avait décidé de célébrer la fête des travailleurs par un nouveau spectacle au Théâtre municipal.
Au programme, Les ballets tchèques Skoda, et Colette Magny.
Colette nous avait fait savoir qu’elle voulait profiter de son passage à Besançon pour discuter avec les militants CGT de Rhodia.
Nous l'accueillons avec Yoyo et Geo Binétruy. Elle veut que nous lui parlions de notre grève, de nos problèmes et puis elle nous demande ce qu’elle peut faire pour nous.
Depuis, Colette est devenue une amie, mais ce jour-là elle n’était encore pour nous que la grande chanteuse dont Yoyo connaissait les disques par cœur. C’était déjà tellement extraordinaire de l’avoir en face de nous que nous ne pouvions pas espérer qu’en plus elle nous demanderait des conseils avec cette soif de comprendre et surtout cette sorte d’humilité qui est la forme supérieure de l'honnêteté intellectuelle, et qui fait tellement défaut à ces « communistes » qui vont en ligne pourfendre les organisations ouvrières, incapables qu’ils sont d'accepter autrement que dans l'abstrait (et dans les salons) que la classe ouvrière soit dirigée par les cadres qu’elle se donne.
Colette ne nous demandait pas du tout ce qui pourrait nous faire plaisir, mais bien de quelle façon elle pourrait prendre place dans notre combat.
Question vaste à laquelle nous n’avons pas encore répondu et qui reste depuis un an au centre de toutes nos discussions et nos correspondances.
Cependant, ce jour-là, nous disons à Colette que nous aimerions entendre sa voix chanter nos petits problèmes.
Nous lui expliquons que nous aimerions aussi pouvoir consacrer beaucoup de place aux problèmes du Viêt-nam ou de la révolution cubaine dans notre notre presse, nos tracts, mais que nous avons tant à nous préoccuper de nos revendications  immédiates de salaires, de conditions de travail et de vie, et que notre combat de chaque jour, s’il n’est pas très glorieux, mérite peut-être d'être quelquefois mis en chanson.
Notre soirée Premier Mai  fut un gros succcès populaire et un mois plus tard Colette nous téléphonait pour nous dire qu'elle aimerait revenir à Besançon chanter pour les grévistes avec Francesca Solleville.

extraits p 174-175 :

 

CCPO-livre-d-or-p149.jpgColette Magny et Francesca Solleville nous ont téléphoné qu'elles voulaient venir à leurs frais pour les grévistes de Besançon.
Dans le combat que nous menons ensemble, ouvriers, étudiants, enseignants, les artistes ont pris leur place.
[...]
La culture populaire aujourd'hui ce n'est pas le billet à tarif réduit pour l'ouvrier, c'est la lutte des travailleurs et son expression, que ce soit dans un meeting d'entreprise ou ici.
Colette Magny et Francesca Solleville ont voulu être ce soir avec vous non pas en vedettes, mais en camarades.
Tout ce que, depuis des semaines, nous ressentons au plus profond de nous-mêmes, Colette et Francesca sont venues nous le traduire; écoutons leur chant de fraternité, de lutte et d'espoir, c'est le nôtre".
Plus de 1500 travailleurs en grève entendront ce soir-là Colette Magny et Francesca Solleville.

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Published by Pierre Prouveze - dans Témoignage
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