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19 décembre 1964 6 19 /12 /décembre /1964 15:49

Billboard64.jpg

Critique publiée le 19/12/1964 dans Bilboard :

 

CBS released a new LP of the French artist Colette Magny. Althought the start of this very special singer (the only European woman who can really sing the blues), was very hard, sucess is becoming a reality now.

Jan Torfs

 

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Traduction approximative : CBS a publié un nouvel album de l'artiste française Colette Magny. Bien que le début de cette chanteuse très particulière (la seule femme européenne pouvant vraiment chanter le blues), a été très difficile, le succès devient aujourd'hui une réalité.

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13 décembre 1964 7 13 /12 /décembre /1964 15:17
La véhémence de Colette Magny émerveille

Article paru dans Les Lettres nouvelles (pages 182-183), Ed. Julliard en décembre 1964 :


La véhémence de Colette Magny émerveille : une voix nette, directe, sans miroitements, dit des choses nettes et directes; Magny mord à pleines dents dans la vie quotidienne, dans l'actualité politique, et elle va droit à ce qui est fondamental, crucial décisif ; ce sont les battements même du cœur de l’histoire qu’elle nous donne ainsi à entendre, dans Le Mal de Vivre :
… Ils ont laissé tuer Lumumba
les chiens mordent toujours en Alabama
la prison et le garrot tuent au pays de Goya…


Et la voix de Colette Magny se fait plus ample, plus chaleureuse encore pour saluer Un grand espoir et c'est Cuba, dans une répétition qui déferle comme la vague irrésistible du castrisme, et qu'éclaire cette savoureuse citation : Notre chance, disent les Cubains, c’est que l’Octobre Rouge ait eu lieu avant que nous ne fassions sauter Battista…


La citation chantée est une technique chère à Colette Magny et elle en tire des effets inattendus et qui feront certainement école ; des textes qu’on croyait figés dans la glace de l’histoire lointaine ou réservée à des veilles laborieuses et pénibles se réveillent, s’allument et affirment une actualité et une présence irrésistibles. Choisis ton opium et Frappe ton cœur sont ainsi construits avec des paroles d’Einstein : Dieu est subtil, mais pas malicieux ; Héraclite : Si ton âme est inculte, tes yeux, tes oreilles sont de mauvais témoins ; de Tchékhov : Une carotte est une carotte, et on ne sait rien d’autre ; de Lénine, de Souriau, Musse, Lamennais, Dostoïevski… et Jésus-Christ : Aime ton prochain comme toi-même ! Ce n’est évidemment pas sur un ton de catéchisme ou de prêche sacerdotal que le précepte de base du christianisme est modulé par Colette Magny.


Sur la voie de la révolte et de la vérité, Colette Magny ne pouvait pas ne pas rencontrer le péril atomique ; elle le dénonce dans la chanson intitulée 4 C… (Congrès mondial pour la santé mentale, Conférence internationale pour le cuir et la chaussure, Concile œcuménique, Conférence internationale pour l’arrêt des essais nucléaires), et salue avec fougue l’action et le courage de Bertrand Russel appelant les Anglais à manifester contre la bombe ; elle cite Radio Tokyo : Attention lavez bien vos légumes, attention, lavez bien vos poireaux... pour finir par dessiner, sur fond de champignons atomiques, les figures trop souvent ridicules des twisteurs.


En passant, Colette Magny, forte femme, renverse les petits-bourgeois, ceux qui se croient autorisés à dire « tu » aux Arabes et aux Noirs, ceux qui suintent la bêtise méchante et satisfaite ; le petit-bourgeois n’est qu’un modèle, largement imité. Comme pour toutes ses chansons, affirme-elle, Colette Magny s'est inspirée, dans le Beurre et la Frite, d'histoires vraies : un coiffeur qui refusait de couper les cheveux d'un médecin noir, un crémier qui tutoyait ses clients nord-africains et noirs.

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1 juin 1964 1 01 /06 /juin /1964 09:45

Bura-versoTémoignage de Paul Carrière publié au dos de la pochette 45 tours Bura-Bura :

 

"Colette Magny...

Une voix qui la classe comme la "seule" chanteuse de blues française, mais aussi une présence chaleureuse, une inspiration originale et généreuse...

Elle a représenté la France au dernier Folk Festival de Turin, Peter Seeger l'estime comme l'égale des meilleurs folksingers américains.

Colette Magny...

"...C'est  vraiment un cas. Il fallait qu'elle existe pour que notre petit monde à chansons "poétiques" puisse voir que sa pendule retarde" (Paul Carrière) 

 

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20 mai 1963 1 20 /05 /mai /1963 14:48

Critique parue dans Le Monde du 20 mai 1963 :

Elle a dépassé l'âge de Sheila et de Sylvie Vartan, mais c'est tout de même le genre de femme qui plaira aux moins de vingt ans... sans pour autant énerver les plus âgés. Son nom : Aretha Franklin, une Noire de Detroit, fille d'un pasteur, qui a poussé au milieu des " gospels songs ". Elle n'est pas, certes, une nouvelle Mahalia Jackson. Sa voix vise plus bas. Elle sait toutes les concessions qu'il faut au large public : un bon vibrato, des sauts... dans les cintres de la tessiture, le délire toujours proche des lèvres. L'école de Ray Charles, qui a fait ses preuves (1).

Pourquoi ne pas chanter le blues de ce côté-ci de l'Atlantique ? Colette Magny s'est lancée dans l'aventure et son entreprise n'est pas aussi téméraire qu'on aurait pu le penser. Voix d'airain, le rythme chevillé au corps, elle lance Basin Street blues ou son Melocoton avec une très belle assurance. Mais la veine de Coopération est plus contestable. Une chanson à idées qui pèse sur l'estomac (2).

(1) C.B.S., 33 t., 30 cm., BP. 153 009

(2) C.B.S., 45 t., C.G. 145 001.

PH

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11 mai 1963 6 11 /05 /mai /1963 16:32

Billboard63.jpgArticle publié dans Billboard du 11/05/1963 :

 

Labels beating
Bushes for act

All diskeries are out scouting new talent. Colette Magny, labeled as the "French Ella Fitzgerald" has come out with her firtst record on the CBS label. Pathe Marconi launched five new youngsters on the Pat label : Josette Marty, Charles Spahn, Liliane Varenne, Bernard Pisani and Michel Noiret. On the other hand, Vogue Records present in their collection "Contact" the firts records of Nicole Gentet, Xhemil, Michel Paje and Alain Dumas.
Pathe Marconi also marketed a new jazz series titled "Swing Street", comprised of five records devoted to big name artists of the Thirties and the Forties such as Fats Waller, Art Tatum, Mildred Bailey, Maxime Sullivan, Louis Prima, etc.

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6 avril 1963 6 06 /04 /avril /1963 14:38

Article de Claude Sarraute intitulé "Les idôles des jeunes à l'Olympia", paru dans Le Monde du 06 avril 1963 :

Le Tout-Paris les a boudés. Il a voulu ignorer - Marlène Dietrich, Vadim et Marcel Carné exceptés - un phénomène qui relève davantage de l'étude sociologique que de la critique de variétés. Et pour un " croulant ", que l'absence de loisir ou de goût éloigne du petit écran, il y avait d'ailleurs de quoi se sentir dépaysé. " C'est un monde à part ", murmurait une dame à mes côtés. Certes ! un monde que nous côtoyons sans le bien connaître, un monde qui ouvre aux marchands de microsillons, de jupes à bretelles et de blousons d'infinis débouchés ; un monde que le sens de la réalité ou la simple curiosité devrait pourtant nous inciter à pénétrer.

Pour le profane cette hystérie collective et cependant contrôlée tient de la danse de possession et du roman d'anticipation. On pense tout ensemble à Lévy-Strauss et à Aldous Huxley dont le génie prémonitoire trouve ici une nouvelle confirmation. Le culte est célébré par un animateur de choc capable de soutenir sifflets, trépignements et quolibets pour présenter à la horde des moins de vingt ans une succession d'idoles aussitôt érigées que déboulonnées.

À ma triste honte, je n'en connaissais aucune. J'ignorais l'existence d'une nouvelle Ella Fitzgerald en la lourde et confortable personne de Colette Magny, trente-six ans, fille de gendarme et secrétaire de son état, que la ferveur des jeunes devait encourager à abandonner la sténo pour le micro. De Little Eva, jolie poupée à la peau ambrée, au sourire écarquillé, nous savions qu'elle était bonne d'enfant à Hollywood avant que, séduits par son " pep " et sa jolie voix, ses patrons n'en aient fait la vedette que voilà. Elle a quelque chose, incontestablement. Au balcon, on savait très exactement quoi, et l'on s'agrippait à son fauteuil pour ne pas lui emboîter le pas au rythme syncopé et lancinant de Loco-motion.

Quant parut Sylvie Vartan, ce fut un beau délire. Rose et blonde, fraîche comme la rosée et joliment habillée de noir, elle fit preuve - en dépit du trac qui lui sciait bras et jambes - d'une étonnante aisance. Répond-moi, murmurait d'une voix basse et feutrée la " collégienne du twist " à Tous ses copains pâmés, frémissants. Ils s'y employèrent bruyamment, longuement, avant de se laisser bercer par la musique électronique des Tornados, qui ont établi sur les ondes un obsédant relais avec Telstar.

Je suis sortie de là épuisée, médusée, vieillie de cent ans, balayée par cette nouvelle vague de la chanson qui prend décidément toutes les apparences d'une lame de fond.

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