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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 16:44
Emotion poétique de Mélocoton

Mélocoton de Colette Magny figure parmi les "souvenirs d'émotion poétique suggérés par l'écoute de compositions hétéroclites" de Mady Kissine (in page 10 de Muse à musique - poèmes) :

Les deux gosses dans un jardin
Mélocoton, un regard sombre
Une question d'enfant, demain
La mère tient son cœur à l'ombre
On ne sait pas ce qu'il contient :
L'univers, toutes les étoiles
Qui nous disent que tout va bien
Et la lune qui se dévoile
Avec une grande élégance.
Elle connaît bien les enfants,
Gardienne de leur innocence
Grand-mère du ciel, grand-maman...
"Crois-tu qu'on grandira vraiment ?
Donne-moi la clé de ta porte,
Un jour je reviendrai, avant
Avant que la folie m'emporte."
Une boule d'or infinie
Dans le grand lit vert du ruisseau
Scintille avec les reflets gris
Des arbres berçant leurs oiseaux.

Pour se procurer le recueil de Mady Kissine, dont ce poème est extrait, cliquez ici. Et pour découvrir son volume 2, contenant d'autres chansons et poèmes inspirés par la musique sous différentes étiquettes, cliquez ici

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Published by Claude Richard - dans Autour de l'oeuvre
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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 08:56
Il y a des années où l'on a envie de ne rien faire

Vient de paraître le livre (288 pages, 21 €) de Maxime Delcourt "Il y a des années où l'on a envie de ne rien faire - 1964-1981 Chansons expérimentales" chez les éditions Le mot et le reste.

Les années 1960 voient apparaître en France une scène artistique engagée dont les acteurs partagent le même désir d’expérimentation. En parallèle du succès grandissant de la scène yé-yé et de Salut les Copains, le label indépendant Saravah, fer de lance de cette nouvelle génération d’artistes, accueille certains de ses principaux représentants et contribue à leur exposition. Brigitte Fontaine, Areski Belkacem ou encore Jacques Higelin, expérimentateurs parmi d’autres, n’hésitent pas à mêler les différentes formes d’art, à jouer avec la langue et éclater les formes musicales établies. Bercés par l’esprit de révolte qui se propage dans le monde entier, ces artistes voient leur horizon s’agrandir avec l’arrivée de nombreux musiciens américains issus du jazz qui viendront chercher en France une liberté à laquelle ils aspirent encore. Maxime Delcourt revient sur l’évolution de cette scène, ses composantes et son impact avant d’en tirer soixante disques représentatifs et incontournables, de Colette Magny à Léo Ferré & Zoo en passant par Serge Gainsbourg, Nino Ferrer, Jac Berrocal et Dahsiell Hedayat.

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Extrait (pages 32 à 34):


Colette Magny ouvre dès 1963 une brèche qui devait réveiller bon nombre de musiciennes. La chanteuse, qui vient de tourner le dos à dix-sept années de secrétariat, connaît un rapide succès avec "Melocoton". Figurant sur son premier album, Les Tuileries, sorti sur CBS en 1964 et sur lequel on retrouve des textes de Rimbaud, Aragon ou Victor Hugo, ce titre se mue rapidement en hymne politique, de même que le 45-tours « Le mal de vivre » publié l’année suivante et orné d’un portrait de Fidel Castro. À partir de 1967, pour son premier album éponyme sur Le Chant du Monde, Colette Magny se fait nettement plus tranchante, que ce soit dans l’inventivité de ses textes où elle mixe ses propres mots à des références littéraires et philosophiques, dans l'intransigeance des mélodies, clairement sous inspiration free jazz, ou dans la qualité de sa voix, qui soutient sans rougir la comparaison avec celles d’Ella Fitzgerald ou de Bessie Smith.
Au sujet de cet album, le magazine Diapason est alors plus qu’élogieux, considérant Colette Magny comme une artiste "en avance sur tout le monde en ce qui concerne la recherche musicale, la création d’un climat sonore... Elle est vraiment, à l’heure actuelle, la chanteuse qui va la plus loin dans le domaine de la recherche et de la qualité." Difficile de modérer un tel enthousiasme: indéniablement singulier, le parlé-chanté de Colette Magny semble néanmoins hautement influencé par l’interprétation des chanteuses noires américaines, mais aussi par la technique du cut-up mise au point par William S. Burroughs. Dès 1966, Colette Magny chante l'anti-impérialisme (« Vietnam 67 », « Un Juif à la mer, un Palestinien au napalm 1977 »), mène des enquêtes ouvrières qu’elle transforme en documents sonores (« Chronique du Nord », « Gens de la moyenne »), s’accompagne de deux contrebassistes, Barre Phillips et Beb Guérin, et de l’orchestre de Diego Masson, enregistre un 33-tours avec le Free Jazz Workshop de Lyon (Transit), collabore avec le compositeur et metteur en scène Michel Puig ou André Almuro, un musicien contemporain avec qui elle enregistre l’album « Avec » poème chez Les
Disques Mouloudji.

Outre la chanson, le free jazz est lui aussi hautement redevable à l’œuvre de Colette Magny. C’est elle qui permet à François Tusques d’enregistrer Free jazz dans les studios de Mouloudji,
c’est elle qui participe au spectacle Qui a tué Albert Ayler? avec François Tusques, c’est elle aussi qui joue avec le quartet Franck Wright, Alan Silva, Bobby Few et Mohamed Ali à Avignon en 1972. Mais le plus intéressant, c’est qu’il y a un avant et un après Mai 68 chez Colette Magny, symbolisé par l’album 68/69. Disque charnière, ce dernier annonce une politisation plus forte de la part de la chanteuse, de tous les combats dans les années soixante-dix. Qu’elle s’affiche en concerts, en festivals, dans les usines ou dans les meetings, Colette Magny en impose. Son militantisme rageur, s’il en agace certains, n’en reste pas moins un excellent moyen de rassembler une immense foule. En témoignent les six représentations à la Maison de la Culture de Grenoble en 1972 où Colette Magny, accompagnée de François Tusques, fait salle comble tous les soirs.

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Published by Pierre Prouveze - Claude Richard
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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 16:42
Le cercle d'une poétesse retrouvée

Sur le blog Semaphores.info, un billet est consacré à Colette Magny.

"Le nom de Colette Magny ne dira peut-être pas grand chose à qui n’a pas connu Mai 68 et les années 70. Ceux ou celles-là pourront toujours combler leur lacune et découvrir sa voix si particulière en surfant sur la toile, ses chansons, comme ses cris, y sont nombreux. " cliquez ici pour lire la suite

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Published by Claude Richard
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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 13:23

Le Journal de Saône-et-Loire (tout comme le site Info Chalon) annonce le prochain concert de Luxtucru orchestra (groupe composé de Florence Pavie, Hélène Fouchères, Alice Waring, Marie Fraschina, Jean Gaudy et Pierre Corbi) le 16 mai 2015 (21h à l'Arrosoir à Châlon-sur-Saône) en précisant une reprise de Colette Magny :

"[...] Le Luxtucru orchestra revient avec son nouveau projet Le Train du ciel. Pour cette création, qui sera dévoilée ce jour sous la cave, les six du Luxtucru invitent à un voyage ferroviaire mais aussi musical. Les étapes empruntent aussi bien à Kurt Weil, avec Le Train du ciel ou Youkali, qu’à Colette Magny, avec 900 hundred miles blues. Au fil des arrêts, les voyageurs seront sous le charme du standard de Gershwing, Summertime, ou encore d’une danse empruntée à Lully [...]".

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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 07:29

Extrait de l'article de La Croix intitulé "Au Printemps de Bourges, clap de fin pour Daniel Colling" :

Un festival de « consécrations »

1977 : cette année-là, le festival recevait des « historiques » de la chanson francophone, Charles Trenet, Serge Reggiani, les Frères Jacques, Julos Beaucarne, Leny Escudero, Colette Magny. Quelques « marginaux » aussi, à l’époque, connus seulement d’un public averti et ayant peu voix au chapitre à la radio : Dick Annegarn, François Béranger, Bernard Lavilliers, Jacques Higelin, Yvan Dautin, Jacques Bertin…

Trente-neuf ans plus tard, Bourges reste un lieu du couronnement des géants (Gréco, mais aussi Dick Annegarn, présent en 2015). Il s’est toutefois imposé depuis longtemps comme le festival de « révélation » et de « consécration » pour une jeune génération d’artistes qui a beaucoup tourné sur des petits circuits et se retrouve ici devant des parterres où se mêlent un public payant riche et curieux et des professionnels venus ici, plus qu’ailleurs, chercher la pépite, le diamant brut, la perle rare.

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 07:19

A lire un bel entretien paru sur www.anti-k.org sur François Tusques, musicien qui accompagna Colette Magny :

"Pianiste autodidacte, pionnier du jazz d’avant garde en France, François Tusques s’est trouvé au point de rencontre de l’explosion du « nouveau jazz » et de l’agitation révolutionnaire post-68. De décennies en décennies, Tusques a aussi bien pratiqué l’expérimentation musicale que les orchestres de jazz militant (comme l’Intercommunal Free Dance Music Orchestra qu’il a fondé). Aux côtés des luttes de l’immigration (de la loi Fontanet jusqu’à la Palestine aujourd’hui) comme des indépendantistes bretons (avec lesquels ils enregistre en 1979 un disque combinant musique traditionnelle et jazz) ou encore des Black Panthers (avec sa camarade Colette Magny) Tusques a accompagné les luttes d’émancipation et continue de jouer une musique à la fois libre, minutieuse, ludique et émouvante. Dans cet entretien, réalisé par Stéphane Gérard et mené par David Faroult et Félix Boggio Éwanjé-Épée, François Tusques revient sur cette trajectoire contestataire".

Entretien avec François Tusques, un artiste émancipé

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 09:47
Projection Les groupes Medvekine - Jeudi 14 mai 2015 à 20h30 à Toulouse

La librairie Terra Nova (18 rue Gambetta à Toulouse - www.librairie-terranova.fr) invite à une projection le jeudi 14 mai 2015 à 20h30 :

Projection de courts métrages au carrefour de l’histoire du cinéma documentaire des années 60 aux années 70 : des films collectifs, des oeuvres individuelles. De Chris Marker à Colette Magny en passant par Antoine Bonfanti...

Avant la pause estivale du cycle Les Yeux dans les docs, une rencontre autour d’un « joli » mois de mai, consacrée à « l’esprit du temps ».
Des images (et des sons !) pour témoignage de ces moments charnières, vécus et partagés à travers les paroles et les actes d’ouvriers, de techniciens du cinéma... et d’une chanteuse.
De belles surprises en perspective.

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 15:14
L'insurrection poétique

EPM vient d'éditer dans le cadre du Printemps des poètes 2015 le CD L'insurrection poétique sur lequel on peut entendre Répression de Colette Magny.

Dans sa présentation EPM écrit :

Quand la poésie change le monde...

"La poésie peut encore sauver le monde en transformant la conscience" Lawrence Ferlinghetti
Fait de langue, la poésie est aussi, et peut-être d'abord, « une manière d'être, d'habiter, de s'habiter » comme le disait Georges Perros.
Parole levée, vent debout ou chant intérieur, elle manifeste dans la cité une objection radicale et obstinée à tout ce qui diminue l'homme, elle oppose aux vains prestiges du paraître, de l'avoir et du pouvoir, le voeu d'une vie intense et insoumise. Elle est une insurrection de la conscience contre tout ce qui enjoint, simplifie, limite et décourage. Même rebelle, son principe, disait Julien Gracq, est le « sentiment du oui ». Elle invite à prendre feu.
Jean-Pierre Siméon, directeur artistique du Printemps des Poètes

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Sur le blog La faute à Diderot, un billet coup de cœur de Lucien Wasselin est consacré à la critique de ce disque :

Une anthologie sonore : l’insurrection poétique

Il fut un temps où la poésie voulait changer le monde. Aujourd’hui, c’est l’économie qui mène ce dernier et la politique veut simplement accompagner les prétendues révolutions industrielles, agro-écologiques ou technologiques tandis que la poésie a quasiment disparu du catalogue des grands éditeurs. On sait ce que ça veut dire : cet accompagnement vise à "libéraliser" encore plus le monde du travail et cette disparition vise à étouffer toute voix discordante… Heureusement, de temps en temps, il nous est rappelé que la poésie n’est pas morte. C’est le cas avec ce CD, "L’Insurrection poétique", édité par EPM dans le cadre du Printemps des poètes 2015. Le choix a été fait par Bernard Ascal, un orfèvre en la matière puisqu’il met en musique et chante de nombreux poètes et qu’il dirige la collection Marc Robine (Poètes & Chansons) chez EPM. 23 plages qui nous renvoient à cette époque où les poètes prônaient "l’insurrection de la conscience contre tout ce qui enjoignait, simplifiait, limitait et décourageait" ! Du moins témoignaient-ils alors de nos espoirs et de nos luttes. Aujourd’hui, c’est le silence total sur les ondes : on n’entend plus guère Léo Ferré, Julos Beaucarne, Colette Magny ou Rosalie Dubois. Les chanteurs majoritairement, de nos jours, bercent pour mieux endormir le cher auditeur, voire l’abrutir. Rien de tel ici ; parmi ceux cités plus haut, on retrouve Colette Magny, Rosalie Dubois et Julos Beaucarne. Mais tout est à écouter. Belles voix, interprétations traversées par l’enthousiasme propre aux lendemains dont on espérait qu’ils allaient chanter, textes de poètes, chansons populaires, comédiens (comme Gérard Philippe l’inoubliable disant Liberté de Paul Éluard), interprètes oubliés des ondes (comme Jean-Roger Caussimon)… Tout est bon, tout est excellent ; le choix de Bernard Ascal est impeccable ; la preuve, c’est qu’on aimerait dix CD comme celui-là. Ascal donne même à entendre des auteurs occasionnels de chansons devenues mythiques (comme Sartre chanté par Marc et André), Le déserteur de Boris Vian interprété par Marc Robine…, il se fait même une place discrète avec deux extraits de ses précédents enregistrements (l’un de Fleuve atlantique, l’autre de Cahier du retour au pays natal) parus chez le même label.

Et, ce qui ne gâte rien, la pochette est illustrée d’après une affiche de Mai 68 ; de quoi être submergé par la nostalgie ! On est à l’opposé des soixante-huitards de salon qui encombrent les plateaux de la télé ! Mieux, on a envie de continuer le combat. Et, en plus, Jean-Pierre Siméon, le Directeur artistique du Printemps des poètes, signe une préface sur la pochette du disque, préface placée sous un exergue du poète beat Lawrence Ferlinghetti : "La poésie peut encore sauver le monde en transformant la conscience". Du travail nous attend !

Répression - Colette Magny

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 13:20
8 Mars 2015 sur France Musique - Journée internationale de la femme : une partition 100% féminine

Le 8 mars 2015, France Musique affirme et revendique la place des femmes dans la création musicale et propose une journée de musiques exclusivement composées par des femmes protagonistes de leur époque.

De la musique sacrée à l'opéra contemporain, du jazz à la comédie musicale américaine : 24h de programmes à partir de minuit à suivre sur l'antenne et sur francemusique.fr.

> 15h – 16h : Les greniers de la mémoire par Karine Le Bail
Le cri au féminin : Colette Magny, Catherine Sauvage, Catherine Ribeiro, Francesca Solleville, Anne Sylv
estre…

8 Mars 2015 sur France Musique - Journée internationale de la femme : une partition 100% féminine
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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 09:49

Les Nuits de France Culture - 02/03/2015

"Dans la famille coup de poing, Ferré c'est le père, Ribeiro la fille, Lavilliers le fils et moi la mère", ainsi se décrivait Colette Magny. C'est pourtant tout en douceur, tendresse et mélancolie qu'elle était apparue à l'orée des années 60 avec son seul grand succès public, "Melocoton". Une chanson qui a traversé la moitié d'un siècle et semble là pour longtemps encore. Colette Magny chantait le blues, elle chantait sa poésie, Victor Hugo, Rimbaud, Rilke, et Aragon et aussi Guevara, Héraclite, Louise Labé, Platon et bien d'autres. Elle chantait des ballades, la révolution, le tiers-monde, les déshérités, les minorités. "C'était une grande, elle a choisi une voie originale, à elle, un peu en dehors de la chanson française" disait d'elle Jean Ferrat. En dehors de la chanson française, il n'est pas sûr que Colette Magny y ait été de sa volonté. On peut même dire qu'on l'y aura un peu poussée. Pas souvent bienvenue sur les radios ou à la télévision. Était-elle de trop ou simplement en trop ? Trop forte, trop grave, trop révoltée, trop en colère ? Sans doute. Oui, trop exigeante, trop intransigeante. En 1988, David Jisse, pour Opus, prenait des nouvelles d'une voix déjà un peu oubliée, celle de Melocoton, qui disait "si on ne me laisse pas chanter ce que je veux, je préfère me taire".

Rediffusion de l'émission Opus - Colette Magny de 1988 : cliquez ici

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