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14 juillet 1977 4 14 /07 /juillet /1977 10:09
Si j'en avais le courage ou l'intelligence, je serais constamment une chanteuse politique

Interview de la chanteuse Colette Magny, chez elle par le journaliste Thierry Calmettes pour l'émission "Aujourd'hui madame" (Antenne 2, réalisateur Daniel Wronecki) :

Colette Magny, est-ce que vous êtes une chanteuse engagée ?

Non. Je dis ça, cela a l'air d'une plaisanterie mais le terme est très galvaudé, cela est devenu très à la mode. Si j'en avais le courage ou l'intelligence, je serais constamment une chanteuse politique.

Quel est le contenu de vos chansons ?

Cela dépend. Ce sont des poésies, ou ce que j'appelle, cela peut paraître un peu prétentieux, des "chansons-enquêtes", ou on pourrait dire "collectives" dans une certaine mesure. Après mai 68, j'ai assisté à des rencontres entre des ouvriers dans une quarantaine d'entreprises. Et de tous les feuillets que j'ai accumulés, j'ai tiré trois chansons.

En quoi votre métier de chanteuse politique diffère-t-il des autres chanteurs traditionnels du show business ?

Ils ont des impératifs que je n'ai pas. Je suis libre. Par exemple, je n'ai pas d'impératif de sortir un disque, je ne suis jamais contrôlé à savoir combien j'ai sorti de disque. Je ne me force pas à aller à tel ou tel endroit. Je ne vois personne qui me déplaît dans la vie quotidienne.

Mais il y a un revers de la médaille à tout ça...

Ah oui. il y en a un seul : c'est que pendant une dizaine d'années, j'ai été non-imposable. Vous voyez quelqu'un vouloir payer des impôts, c'est rare. Mais être non-imposable, c'est difficile quand même.

Ça ne vous manque pas un peu la gloire, la reconnaissance ?

La gloire, la grande audience, ça peut-être Hitler, il ne faut pas l'oublier. Je trouve extraordinaire, qu'avec très peu de presse, de radio, qu'il y ait 10.000 ou 40.000 personnes qui puissent m'entendre dans l'année.

Est-ce que les gens viennent vous voir après un spectacle ?

Oui souvent.

Quels sont les rapports que vous avez avec eux ? ils viennent vous faire signer un autographe ?

Oh non, ça c'est assez rare. C'est pour me poser des questions difficiles parfois.

Du genre ?

Pourquoi parles-tu de la Guadeloupe alors qu'il y a la Martinique ? Pourquoi fais-tu quelque chose sur les Panthères noires aux États-Unis au lieu de l'impérialisme français au Tchad ?

Vous vous adressez à des convaincus ?

Non, non. Les personnes qui aiment Claude François, vont l'écouter alors il prêche des convaincus. Pour moi, c'est pareil. Il y a toujours des opposants. Quand j'ai commencé à chanter, c'était les fascistes. C'est légitime, nous n'avons pas les mêmes avis et ils venaient manifester. Bon maintenant, l'audience est un peu plus grande. Ceux qui sont "à gauche" sont un peu plus nombreux, donc il sont rarement là. Non, il y a toujours une exigence.

Est-ce que vous appartenez à un parti politique ?

Eh non !

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9 mars 1977 3 09 /03 /mars /1977 11:14

Critique du spectacle donné au Théâtre de la Ville, écrit par Claude Fléouter et publié dans Le Monde du 9 mars 1977 :

Colette Magny a une voix bouleversante, faite pour le blues. Elle aurait sans doute pu avoir une carrière populaire sans problèmes. Mais cette chanteuse hors du commun, qui enregistre pour ses débuts, en 1962, à l'âge de trente-six ans, une très belle chanson (Melocotton), dont le succès l'a fait monter aussitôt sur la scène de l'Olympia devant le public de Sylvie Vartan, rompt vite avec ce que l'on a coutume d'appeler le " show-business " et commence une aventure longtemps solitaire, se laissant porter par sa sensibilité, sa générosité, s'engageant avec passion dans la recherche d'une expression pleine et libre, avec des chansons d'actualité en forme de blues, avec des chansons-collage, des chansons-montage, des chansons-enquête réalisées auprès des travailleurs dans les entreprises, chantant à sa manière une chronique de notre temps.

Cette grande bonne femme fraternelle, qui casse à sa manière les structures traditionnelles de la chanson française, qui pousse très loin un travail sur la forme, sur les notes, les sonorités, le mot, qui s'efforce de ne pas vivre dans un univers clos et garde le goût d'être disponible, a choisi une voie difficile qui la laissera toute une époque sans un contrat pour se produire sur une quelconque scène.

Pourtant, en quatorze ans, Colette Magny a enregistré dix albums, et son audience s'est peu à peu élargie. Cette semaine, elle chante, pour la première fois depuis 1962, dans une grande salle de Paris.

Pour le grand public, le nom de Colette Magny reste associé à Melocotton qu'elle criait comme un vrai blues. Mais pendant quatorze ans, elle n'a pas voulu l'inscrire à son répertoire: " Je disais que Melocotton était mort, qu'il était parti pour le Vietnam. Je tenais à cette chanson, mais je ne voulais pas que l'on me colle sur le dos l'étiquette de chanteuse de blues. " Aujourd'hui seulement, avec sa voix au timbre profond qui plie les mots, les syllabes, elle la chante de nouveau, à côté d'autres chansons comme Nobody knows you when you're down and out ou Baise m'encore de Louise Labbé, ou sa Chronique du Nord, un de ses meilleurs, de ses plus solides blues d'actualité - écrit après un véritable reportage dans des entreprises du nord de la France et qui mêle images, témoignages, émotions.

Ce n'est pas la seule fois où Colette Magny a travaillé à partir de choses vues dans des usines. Un jour, des travailleurs immigrés- en majorité des Tunisiens - lui ont demandé de venir à Lyon pour faire une chanson avec eux : " Je suis allée les voir dans leurs baraquements minables, pas très loin de l'entreprise. Et puis je leur ai dit : ce qui serait bien, ce serait d'écrire une chanson sur la grève que vous êtes en train de faire pour obtenir de meilleures conditions de travail et de sécurité. On a mangé, on a dansé, on a fait de la musique, on a essayé des tas de choses. Quelqu'un, par hasard, a enregistré. À Paris, on m'a traduit en français la bande magnétique : ils avaient dans leur langue effectivement chanté la grève. Je suis retournée à Lyon. Je les ai revus plusieurs fois. Ce n'était pas toujours facile de se comprendre. J'ai pris beaucoup de notes. J'ai convaincu deux d'entre eux d'écrire des chansons. L'un (Miloud Amrami) en a écrit une d'une heure et demie. Avec son accord, on l'a réduite à dix minutes, où il raconte son existence, son arrivée à Lyon, à l'usine (1). "

Parfois rencontres avec des éléments de musique concrète et électronique ou avec le free-jazz, les chansons de Colette Magny n'ont pas toujours été faciles d'accès. Mais leur originalité est indéniable : " Je viens d'enregistrer une chanson à partir des peintures de Monique Abécassis. J'ai gueulé des mots comme ça. En français et en anglais. Le tout venant sur quatre accords. Comme une sorte de dérision. J'avais toujours refusé jusqu'ici le plaisir dans la gueule. À cause des mots. Par peur d'être prise pour ce que je ne suis pas. J'ai peut-être eu tort. "

Colette Magny n'est au Théâtre de la Ville que pour cinq jours. Il faut aller la voir, passionnée, dans un tour de chant en trois partie : des chansons de son répertoire, d'autres a partir des dessins et peintures de Monique Abécassis et enfin des textes consacrés au conflit israélo-palestinien.

(1) 45 tours, Chants du monde.

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7 mars 1977 1 07 /03 /mars /1977 14:54
Au sujet de l'annonce d'un concert au Théâtre de la Ville à Paris, le Nouvel Observateur n°643 du 07/03/1977 écrit :

COLETTE MAGNY
Sa chanson, c'est un cri de révolte. Elle chante pour convaincre. Jamais elle ne plie. Elle bouleverse.
Théâtre de la Ville 1977 - Paris - © Guy Le Querrec-Magnum Photos

Théâtre de la Ville 1977 - Paris - © Guy Le Querrec-Magnum Photos

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18 juin 1976 5 18 /06 /juin /1976 12:59

Texte publié dans Libération, le 18 juin 1976 :


«Cigarettes, pastis, aspirine, café, gros rouge, calmants font partie de notre vie quotidienne. En revanche, un simple "joint" de cannabis (sous ses différentes formes: marijuana, haschich, kif, huile) peut vous conduire en prison ou chez un psychiatre.
Des dizaines de documents officiels (notamment les rapports La Guardia aux Etats-Unis, Wootton en Grande-Bretagne, le Dain au Canada) ont démontré que le cannabis n'engendre aucune dépendance physique, contrairement aux drogues dites "dures", telles que l'héroïne, mais aussi au tabac ou à l'alcool, et n'a aucun effet nocif comparable ("Pas même une bronchite, sauf chez les grands fumeurs", a écrit aux Etats-Unis le directeur de l'Institut national contre l'abus des drogues). Le contenu de ces documents n'a jamais été porté à la connaissance du public français, on a préféré laisser la grande presse mener des campagnes d'intoxication fondées sur des mensonges ineptes.
Dans de nombreux pays déjà : Etats-Unis (Californie, Oregon, Alaska), Pays-Bas, Canada... la législation sur le cannabis a été considérablement adoucie. En France, on continue d'entretenir la confusion entre drogues dures et drogues douces, gros trafiquants, petits intermédiaires et simples usagers. Cela permet de maintenir et de renforcer une répression de plus en plus lourde: depuis 1969, la police peut perquisitionner chez n'importe qui, sans mandat, à toute heure du jour ou de la nuit, sous prétexte de drogue. Cela permet des arrestations massives de jeunes et des quadrillages policiers. Cela sert à justifier la détention de centaines de personnes, petits revendeurs ou fumeurs de cannabis, quand tout le monde sait que des gros bonnets de l'héroïne sont en liberté. Ces emprisonnements, bien sûr, sont sélectifs et frappent en priorité la jeunesse, surtout la jeunesse ouvrière et les immigrés, particulièrement dans les régions.
Or, des milliers et des milliers de personnes fument du cannabis aujourd'hui en France, dans les journaux, les lycées, les facultés, les bureaux, les usines, les ministères, les casernes, les concerts, les congrès politiques, chez elles, dans la rue. Tout le monde le sait. C'est pour lever ce silence hypocrite que nous déclarons publiquement avoir déjà fumé du cannabis en diverses occasions et avoir, éventuellement, l'intention de récidiver. Nous considérons comme inadmissible toute forme de répression individuelle, soumise à l'arbitraire policier, et entendons soutenir activement tous ceux qui en seraient victimes. Nous demandons que soient prises les mesures suivantes:
- Dépénalisation totale du cannabis, de son usage, sa possession, sa culture (autoproduction) ou son introduction sur le territoire français en quantités de consommation courante.
- Ouverture de centres d'information sur les substances psychotropes, en ordre alphabétique: alcool, cannabis, cocaïne, héroïne, LSD, médicaments, tabac, etc.
Nous n'avons que faire de la légalisation de la marijuana, ni de sa commercialisation. Si des trusts à joints s'en  emparent, c'est une question de société. Ce texte n'est pas un appel à la consommation. Il vise seulement à mettre fin à une situation absurde.»

Signataires :
Abrahams Jean-Jacques, Annabel, Areski, Dr Atlan H., Alessandrini Paul, Alessandrini Marjorie, Arietta Adolfo, Anquetil Gilles, Backman René, Bourgeade Pierre, Béranger François, Berger Claude, Bizot Jean-François, Baratier Jacques,  Bastide Jean-Pierre, Bouteille Romain, Bardet Vincent, Bodevent Jean-Louis, Barouh Pierre, Bost Jacques-Laurent,  Bok Philippe (médecin), Colombel Jeannette, Coste Patricia, Chesneaux Jean, Copi, Clémenti Pierre, Castagnet Paul, Copferman Emile, Carpentier Jean (médecin), Cahiers du cinéma, Calvet Louis-Jean, Cullaz Maurice, Deleuze Gilles, Duits Charles, Dollé Jean-Paul, Dupré Jean-Louis, Dubois Bernard, Davezies René, Devy Michel, Dachy Marc, Dautin Yvon, Delessert Philippe, Dosse Roger, Druillet Philippe, Dietlin Eric, Dubenton Anne, Erlinguer Serge (médecin), Fromanger Gérard, Font Patrick, Ferré René, de Fréminville Bernard (médecin), Fluence, Fourastié Philippe, Glucksmann André, Grasset Jean-Baptiste, Geismar Alain, Guattari Félix, Gotlib, Gébé, Gir Múbius, Haines Jim, Held Jean-Francis, Houdart Blandine, Huppert Isabelle, Isserman Dominique, Ithurriaque Jean (médecin), Jaubert Alain, Jacquot Benoît, Kalfon Jean-Pierre, Kouchner Bernard (médecin), Karsenty Serge, Kan Alain, Levy-Leblond Jean-Marc, Levy-Leblond Elisabeth (médecin), Le Forestier Maxime, Landau Maria (médecin), Letté Jean-Paul, Lyotard Jean-François, Lauten Elodie, Lacroix Hugo, Levaillant Yvon, Lagrange Valérie, Laperrousaz Jérôme, Lafont Bernadette, Leclerc Henri (avocat), Mandryka, Mallerin Daniel, Marc'O, Matricon, Mercadet Léon, Matzis Costas, Meunier Jean-Louis, Magny Colette, Muchnik Nicole, Morello Dominique, Maulineux Maud, Mercanton Isabelle, Morin Edgar, Manceaux Michèle, Mémmi Michael, Merleau-Ponty (avocate), Negroni François, Najman C., Nicoulaud Gilles, Oswald P.-J., Oswald Hélène, Ogier Bulle, Orla, Pinhas Richard, Pleyney Marcellin, Pradalié Philippe, Pasquet Sylvaine, Rauch Alain, Revault d'Allonnes, Reed Will, Renault Philippe, Rouzaud Jean, Ribbes Jean-Paul, Rochefort Christiane, Roche Denis, Raguenès Jean, Righini Marielle, Rosso Serge-Bruno, Richard Jean-Vincent, Sollers Philippe, Saint-James Daniel, Sarduy Severo, Sery Patrick, Samuel Laurent, Savary Jérôme, Simmonet Dominique, Szejer Myriam (médecin), Tavernier B., Timsit (avocat), Topor, Tobias, Thérame Victoria, Verlhomme Hugo, Vannoni Patrice, Varela José, Van Eersel Patrice, Vasca Jean, Verdier Joan Pau, Val Philippe, Yelnik Jean-Benoît, Zouzou, France Léa, Sami Ayari, Châtelet François.

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3 mai 1976 1 03 /05 /mai /1976 13:24

Extrait de "Français si vous chantiez" (Ed.Albin Michel, 1976) de Jacques Vassal  (page 248) :

A bordeaux, c'est l'inoubliable soirée "Chants de Femmes" et ce trio avec Catherine [Ribeiro], Colette Magny (l'orageuse mais solide amitié de Catherine avec Colette, qui peut soulever des montagnes d'indifférence...) et la chanteuse haïtienne Toto Bissainthe.

 

 

© JP Roche

© JP Roche

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14 avril 1976 3 14 /04 /avril /1976 10:27

Article de Claude Fléouter publié dans Le Monde du 14 avril 1976 :

Colette Magny est une grande bonne femme fraternelle qui, depuis quinze ans, a choisi de suivre sa générosité, de satisfaire à l'envie d'écrire et de chanter à sa façon une chronique de notre temps. Animée par un profond engagement politique, elle s'est choisi une voie sans détour qui l'a amenée à pousser loin des recherches formelles, à travailler la voix, les notes, les sonorités, le mot, à s'efforcer de découvrir une expression pleine et libre avec des chansons d'actualité en forme de blues, avec des chansons-collage, des chansons-montage, des chansons-enquête auprès des travailleurs dans les entreprises.

Paradoxalement, Magny s'est lancée sur cette route difficile à une époque où l'on voyait la musique populaire, la musique folklorique et la musique politique rompre leur cloisonnement et ne plus faire qu'une seule et même musique (rock et folk), parfois divertissante et parfois politique et vraie parce que reflétant la vie sans avoir peur. Bien entendu, l'apport et l'originalité de Colette Magny ne sont pas pour autant en question. Mais enfin, la plupart de ses chansons, qui se veulent des véhicules d'agitation, ne sont pas à la portée du premier venu, sont ardues, ne sont pas populaires.

Le spectacle donné à la Cartoucherie de Vincennes tranche heureusement avec l'image habituelle de Magny. Avec la voix au timbre profond, poignant qui plie les mots, les syllabes à la manière des chanteuses de blues, Colette Magny chante d'abord Kobody knows you when you're down and out, Melocoton, Strange fruit, Louise Labbé (Baise m'encor), Victor Hugo (Tuileries) et une de ses meilleures chroniques, une des plus solides et des plus fortes, celle consacrée au Nord. Puis, passionnée, émouvante, elle réussit magnifiquement à intégrer chansons, éléments visuels et scéniques construits à partir d'un ensemble de dessins, peintures et sculptures de Monique Abecassis sur le thème " Visage-village ". Là, soutenue par une belle musique de Leonardi, Colette Magny mêle avec superbe rêves et réalités, odeurs de la terre, douleurs attentives et vision, souvenir qui serre, déchire le cœur.

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9 avril 1976 5 09 /04 /avril /1976 09:04

MAGNY-Unite.jpgArticle paru dans L'unité du 09/04/1976 :


Magny. ce bel instrument. Colette, cette belle voix qui lança un jour : « J'en sais rien, viens, donne-moi la main ». Ce « Melocoton » que chacun garde dans un coin de sa  mémoire... Cotette Magny a avancé depuis. Elle a changé ses textes, ses musiques. Sa voix est restée, unique, profonde, la seule grande voix du pays de France, avec celle de Catherine Ribeiro. Sa voix inchangée pour un spectacle new style à la Cartoucherie de Vincennes. Eh oui ! Colette Magny se lance dans l'aventure : « tenir » longtemps dans un lieu habituellement réservé au théâtre est gageure. Elle s'installe chez Ariane Mnouchkine jusqu'au 27 avril. En première partie. elle est seule avec ses blues, ses chroniques, ses chansons-enquêtes et les poètes qu'elle a mis en musique. En seconde partie, elle s'intègre dans un spectacle collectif intitulé « Visage-village» : la musique et les textes ont eté construits pour et autour de dessins, de peintures et de sculputures de Monique Abecassis. Nouveauté : Colette est maintenant accompagnée par les trois musiciens du groupe Dharma. En outre, l'accordéoniste Lino Léonardi est à la direction musicale de l'ensemble. Un ensemble qui vaut vraiment qu’on se dérange. Qui a peur de Colelte Magny ? Qui a peur de son « Ras-la-trompe » ? A ceux qui sont partants pour l'expédition, « la Magny » réserve de grands moments ! Les autres peuvent se rabattre plus calmement sur « Transit », disque Chant du monde LDX 74570, diffusé par le Club socialiste du disque. Ou écouter, sur France-lnter, la retransmission du spectaclede la Cartoucherie : le 12 avril dans «Pas de panique» (entre 20 et 22h) et le 18 avril dans «On sort ce soir» (à partir de 22 h).

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5 avril 1976 1 05 /04 /avril /1976 13:58
Au sujet de l'annonce d'un concert à la Cartoucherie de Vincennes, le Nouvel Observateur n°595 du 05/04/1976, écrit :

COLETTE MAGNY
Cette puissante contestataire, débordante de franchise et de tendresse, offre, en plus de son tour de chant, un spectacle total, « Visage-Village », avec textes, musique, dessins, peintures, sculptures, etc.
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3 janvier 1976 6 03 /01 /janvier /1976 15:45

Extrait de "Français si vous chantiez" (Ed.Albin Michel, 1976) de Jacques Vassal  (pages 18 à 26) :

 

Allwright, Magny. D'aucuns s'en étonneront peut-être, mais pour moi ces deux noms restent associés dans le souvenir de cette période. Entre l'océan de médiocrité de l'après-yé-yé et la renaissance de la chanson post-68, ils se tinrent fermement comme deux phares indiquant le sens d'une « certaine idée » de la chanson, deux raisons d'espérer que d'autres allaient suivre : Graeme annonçant le renouveau du folk américain parvenant grâce à lui sain et sauf jusqu'à nos rives, montrant son influence mais aussi son dépassement ; Colette, seule alors, préfigurant le rôle croissant des femmes dans les luttes libératoires, et du même coup les diverses chanteuses qui, de Catherine Ribeiro à Claire, lui doivent tant.
II est du reste symptomatique que Colette Magny ait été, lorsque Graeme Allwright arriva à Paris, l'une des premières et rares personnes du « métier » à l'encourager et à croire à ce qu'il faisait. Leur position (te francs-tireurs, à l'un et à l'autre, favorisa sans doute cette passagère complicité. Tous deux débutèrent très tardivement dans la chanson, après diverses expériences qui avaient eu le temps de les mûrir : Colette Magny était secrétaire bilingue à l'OCDE ; elle jouait des blues à la guitare, comme un violon d'Ingres. Au moment de son premier et unique succès populaire (« Melocoton », 1962), elle fut cataloguée par les fabricants d'images comme « chanteuse de blues » et même « la Bessie Smith française ».
magny-chantez1Premier malentendu, car elle faisait aussi de la chanson « poétique » (mettant en musique, dès son premier album, des œuvres de Rilke, de Hugo et d'Aragon par exemple), et d'autre part elle avait déjà entamé une prise de conscience politique d'autant plus résolue qu'elle était tardive. Plus tard, au contraire, ce furent les gauchistes purs et durs qui reprochèrent à Colette ses préoccupations esthétiques, en particulier son flirt avec le free-jazz et ses audaces parfois jugées « gratuites » voire « démobilisatrices » (!). Entre ces deux pôles se situait Magny 68/69, disque-charnière et témoignage irremplaçable d'une tranche d'histoire contemporaine.
Déjà Vietnam 67, remarquable disque de chanson politique, constituait une sorte de répétition générale. Colette y reprenait son « Viva Cuba » de 1963, donnait la parole aux combattants de la « guerre des vélos » et, pour la première fois à ma connaissance dans la chanson française (longtemps avant que cela fût devenu à la mode) évoquait le drame de la Bretagne, dans « A Saint-Nazaire » et dans « La dame du Guerveur ». La seconde chanson était tirée d'une lettre écrite par une paysanne bretonne à sa petite-fille partie à Paris, et il y était question du problème de l'arasement des talus voulu par les technocrates du remembrement. Ce disque faisait déjà parler les gens, mais Magny 68/69 allait plus loin encore dans le sens d'un retrait de la chanteuse (ou si l'on veut, de sa mise en situation) au milieu d'un montage de documents sonores enregistrés sur le vif par les cinéastes William Klein et Chris Marker : un disque-collage, où les chansons étaient prises en sandwich entre la voix d'une étudiante, pathétique et drôle à la fois, rassurant par téléphone la mère d'un camarade parti à la manif, et l'intervention d'un délégué syndical devant une assemblée houleuse d'ouvriers. On ne savait plus très bien lequel des deux éléments, parole ou chanson, illustrait l'autre. Cette dualité, en plus de son thème évidemment, fit de Magny 68/69 peut-être le premier « concept-album » réalisé en France (1).
Or Colette Magny ne s'arrêta pas en si bon chemin. Dans son album suivant. Feu et Rythme (paru en décembre 70), elle dérouta une nouvelle fois, en grande partie à cause de sa redécouverte d'un instrument de musique vieux comme le monde : la voix humaine, et son cri (« Jabberwocky »). C'était aussi la première fois en France (pardon pour cette énumération de « premières fois », mais ainsi est Colette) que l'on mariait la chanson aux étranges incantations du free-jazz, et ce avec l'aide de deux formidables contrebassistes, Beb Guérin et Barre Phillips, et de la chanteuse Dane Belamy.
Mais l'originalité de Feu et Rythme, déjà bien assurée avec cela, s'étendait au choix des textes : en plus de ses propres œuvres (comme « K 3 blues », où elle notait : « Y aurait pas eu d'blues/si les captifs africains/ne s'étaient pas transformés en captifs américains »), Colette faisait appel à des auteurs aussi différents que Pablo Neruda, LeRoi Jones, Max Jacob, Lewis Carroll et... le dictionnaire Larousse. La définition de « La marche » demeure, sans doute possible, l'une des plus grandes audaces de la chanson contemporaine (et pas seulement « française ») : chanson déclamatoire, déchirée et antimélodique au possible. Même le style de guitare de la chanteuse s'était transformé pour la circonstance, haché et saccadé, pour faire de ce disque un hymne à l'angoisse de ce temps.
Avec Répression (paru en avril 72), autre tableau, double d'ailleurs : comparaison et opposition entre deux civilisations, l'américaine et la française. Le titre de l'album autorise le parallèle, et celui-ci est également audacieux, dans la mesure  où peu de chanteurs, même « contestataires », ont osé s'attaquer de front à ces deux têtes d'une même hydre ; rappelons- nous, ce n'est pas vieux, la France de Pompidou et l'Amérique  de Nixon. Il n'est pas difficile de crier « Paix au Vietnam »  quand on habite en France (bien que la police française frappe aussi en ces occasions) ; il est plus facile encore de faire preuve, comme on le verra plus tard pour Yves Simon, d'une admiration béate pour cette « fascinante » Amérique. Dans Répression, Colette Magny donne un bon coup de balai à ces deux vieilles tentations.
La première face de ce disque-chronique, « Oink-oink », est sous-titrée « adaptation-découpage-tentative de pillage d'extraits de textes de Bobby Seale, Huey P. Newton, Eidridge Cleaver, journaux divers, individus et publications " sans domicile fixe " ». L'auditeur est déjà prévenu par l'illustration de la pochette, qui représente une panthère noire sortant, toutes griffes dehors, d'une cage décorée du drapeau américain. La musique de « Oink-oink » est due à l'un des meilleurs musiciens « free » français, François Tusques, qui y joue du piano, accompagné par Bernard Vitet (trompette), Juan Valoaz (alto), Beb Guérin (basse) et Noël McGhee (batterie).
Cette face est une suite de quatre morceaux (on ne peut plus guère les appeler « chansons »), qui résument autant que faire se peut les analyses politiques des Panthères Noires, leurs méthodes, leur stratégie révolutionnaire et leurs revendications immédiates d'alors (« Libérez les prisonniers politiques »), puisque cela se passait au plus fort de la campagne pour la libération d'Angela Davis, des Frères de Soledad et de tous leurs semblables. Le rythme particulier du free-jazz, bien sûr, donne à ces déclarations une urgence qu'elles n'auraient pas eue avec un simple traitement mélodique.
magny-chantez2.jpgLa face 2 s'ouvre sur une violente invective : Alors, on garde son sang-froid ? ... bientôt suivie d'un saisissant raccourci historique : On a supprimé les pavés, on a bitumé la chaussée pour faciliter la circulation...
Pas de doute, cette fois nous sommes bien en France. Pour apprécier pleinement le contenu assez riche de « Répression », il faut se rappeler le climat de la France pompidolienne, pays oublié où subsistaient encore quelques pots-de-vin, un peu de propagande et de démagogie, une pointe de racisme, un zeste de violence policière, une légère censure de la presse et de la chanson, une pincée d'injustice dans certains procès, une loi permettant de « trouver » de la drogue en perquisitionnant chez les gens (de préférence ceux de gauche), à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, un président qui ne savait même pas chanter « A la pêche aux moules » et aussi — le croirait-on ? — un soupçon de mécontentement populaire. Fort heureusement, ces quelques imperfections de détail ont depuis été balayées par un régime libéral « avancé » (en existait-il de « reculés » ?), élu dans l'allégresse et avec la large majorité que l'on sait, et l'on ne compte plus les changements radicaux intervenus dans la société française : nouveaux arrangements pour « La Marseillaise », nouveaux coloris chez Citroën pour la « GS », nouveau triomphe pour Sylvie Vartan au Palais des Congrès, nouvelles speakerines à la télévision, nouvelles montres chez Lip, nouvelles centrales nucléaires chez EDF, nouvelles bombes chez Défense nationale et même nouveau directeur au Figaro : la place manque pour les citer tous ici. C'est pourquoi « Répression » est une pièce véritablement historique.
« Répression » est une sorte de journal populaire à mêler aux cris de la rue, antidote salutaire à l'intox subie quotidiennement par toute une population. La version originale cite des faits précis et récents à l'époque de sa parution : Jean-Paul Sartre qui, alors qu'il a naguère refusé le prix Nobel, grimpe « sur un tonneau chez Renault » ; l'interdiction de l'hebdo Hara-Kiri par le ministre de l'Intérieur, l'acharnement de la police contre les garçons à cheveux longs, le procès de la vitesse (émission vue à la télévision) en sont les principaux exemples. Mais la souplesse de son écriture permet d'envisager de faire évoluer ce texte au gré de l'actualité, un peu à la manière des « Temps difficiles » de Léo Ferré.
« Chronique du Nord » est une tout autre expérience, et certainement la chanson de ce disque que le temps consacrera, même lorsque l'intérêt pour les autres témoignages qui l'accompagnent se sera étiolé. Cette tranche de vie d'une famille de mineurs du Nord de la France est à notre réalité ce que le « North country blues » de Bob Dylan est à celle des Américains. Et le parallèle n'a rien de gratuit : non seulement le sujet est presque le même mais, dans un cas comme dans l'autre, l'auteur au lieu de parler des mineurs et de leurs familles, les fait parler eux-mêmes. Répercutant leurs propos entendus sur place, il n'est plus que leur porte-voix, leur interprète auprès du monde extérieur.
Le disque se clôt sur « Camarade-curé », hommage au bas clergé basque qui refuse les « appels au calme » de l'épiscopat et ses compromissions avec le régime fasciste espagnol. Le refrain, où la voix de la chanteuse est accompagnée par des chœurs basques, vaut aussi évidemment pour les non-Basques : Non, non, je ne veux pas d'une civilisation comme celle-là...
Pendant les quelques mois qui suivirent la parution de Répression, Colette Magny garda l'habitude de terminer ses récitals par un « Camarade-curé » au cours duquel des banderoles apparaissaient au fond de la scène, portant des slogans en faveur de l'ETA et de la résistance populaire basque. Ce côté « meeting » indisposa souvent les spectateurs (le disque ayant été, comme à l'habitude pour Colette, boycotté par les programmateurs de radio, avec les exceptions que l'on sait, la surprise était complète). Cela se produisit, bien sûr, dans les salles bourgeoises : on se souvient peut-être des récitals à Gaveau où, après la première partie assurée par l'admirable chanteur-guitariste argentin Atahualpa Yupanqui, les rangs se vidaient à mesure que Colette et ses deux contrebassistes imposaient leurs audaces ; même devant des publics supposés « avertis », style MJC, il se trouvait souvent quelques gauchistes de service (2) pour chahuter et interrompre la chanteuse, exigeant parfois la parole, ce qu'au début elle leur concédait bien volontiers. Mais invariablement le contradicteur, ayant obtenu un micro, s'avérait incapable de dire quoi que ce fût de cohérent (rien à dire, ou incapacité à le formuler ?). Alors, que faire quand on est responsable devant une assemblée ? Risquer de gâcher une soirée en se laissant déborder par les intervenants, ou bien s'y refuser et se faire alors traiter de « fasciste », ce qui est tout de même un comble lorsque l'on est Colette Magny (3).
Troublée par ce genre nouveau de cas de conscience, prise de doutes quant au sens de sa création et de son rôle, Colette Magny est revenue pendant quelque temps à ses premières amours, tels « Melocoton » et le blues, réservant parfois son activité politique à des occasions moins publiques, par exemple dans une collaboration avec des travailleurs immigrés ou des militants syndicalistes, apparaissant de nouveau à la fin 75 dans des meetings et des galas de soutien à diverses causes, notamment la solidarité avec les peuples d'Espagne et du Chili. Ces hésitations et revirements apparents sont peut-être la raison principale du délai singulièrement long (trois ans et demi) qui s'est écoulé entre la sortie de Répression et celle de l'album suivant : Transit, qui est intervenu très peu de temps après l'espèce de consécration officielle que constitue le passage de la chanteuse sur la grande scène de la Fête de L'Humanité.
Transit révèle une fois encore beaucoup d'originalité, de puissance et de courage, autant sur le plan artistique que  politique (on ne saurait d'ailleurs impunément dissocier ces  deux « plans », il faut se souvenir que la forme et le fond,  chez Colette Magny comme chez tous les créateurs parvenus  à une grande maturité, constituent un ensemble cohérent). Pour ce disque, elle s'entoure des musiciens du Free Jazz  Workshop, tout en continuant à jouer de la guitare, et plus  que jamais elle chante, crie et s'indigne : par exemple, contre les cages à tigres utilisées contre les prisonniers au Vietnam, elle déclame un témoignage signé Nguyên Duc Thuân et daté de 1964. Celui-ci est accablant, insoutenable et nous savons malheureusement bien qu'il n'est pas « périmé ». Pour ne pas le diffuser, les programmateurs de radio pourront toujours invoquer l'excuse de sa longueur (9' 00"), de même que pour « La panade » (8' 30"), qui introduit le recueil : ici, l'engagement de la chanteuse est plus personnel, et l'on peut dire total. Rien à voir, bien entendu, avec la notion éculée de « chanson engagée ». L' « engagement » se situe au niveau physique, à celui de l'écriture, de l'élaboration et des méthodes de travail, et c'est ici que nous retrouvons la cohérence de Colette Magny : de même que l'inoubliable « Chronique du Nord » avait été écrite avec l'assentiment et les réflexions des travailleurs que cela concernait, de même « La panade » est une réflexion POLITIQUE sur le « métier » de musicien et ses implications, la notion de musicien en tant que travailleur parmi d'autres, et non plus en tant que marchandise-vedette ; et elle porte le sous-titre significatif de « Chanson collective concoctée sur le tas au Hot-Club de Lyon en avril 75 ». Le texte est trop bien construit pour permettre d'en isoler des extraits, mais « La panade », comme avant elle « Chronique du Nord », dérange les habitudes d'écoute (y compris celles des intellectuels de gauche) en démontrant avec éclat, par la force conjuguée du verbe, de la voix de Colette et des instruments du FJW, ce que peut être une chanson politique populaire.
« La bataille » est une expérience différente, où l'on entend une chanson égyptienne psalmodiée en arabe par un groupe d'hommes, cependant que la voix de Colette récite la traduction française en surimpression et a cappella. Elle fustige l'hypocrisie belliciste du gouvernement égyptien, et ses auteurs se sont déjà retrouvés en prison pour de telles déclarations. Dans « Les militants », elle fait une importante mise au point sur les révolutionnaires de salon qui prétendent dicter une conduite à des artistes comme elle, avec une invective particulière à l'adresse de certains Occitans (allusion aux démêlés dont a été victime son ami Joan-Pau Verdier ?). Après avoir mis ces gens en scène avec ironie et fermeté, elle conclut avec sa sérénité retrouvée et une sorte de tendresse désolée dans la voix : Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour se faire comprendre. Fallait que je vous dise ça, laissez-moi travailler.
On ne peut être plus clair et plus lucide. Mais Transit est aussi un disque drôle par moments : le monologue du « Pachyderme », le blues de « Ras-la-trompe » et l'illustration de la pochette, notamment, montrent avec quel sens de l'humour, avec quelle pudeur aussi, Colette est capable d'ironiser sur elle-même, révélant par là une qualité étonnante chez elle (du moins, pour ses chansons !) et, il faut bien le dire, un peu trop rare chez ses confrères. Colette Magny reste décidément une chanteuse d'aujourd'hui et de demain.

 

(1)- II semble que même la courageuse marque Chant du Monde ait eu peur pour une fois, puisque Magny 68/69 parut d'abord sous un label de circonstance : Taï-Ki, distribué par Chant du Monde. Depuis, l’album a reparu sous une pochette différente.
(2)- Alan Stivell et le cinéaste René Vauthier font pour leur part état de témoignages selon lesquels la police paierait des provocateurs aussi pour aller semer la zizanie dans les récitals de certains chanteurs de gauche. Dur à croire, n'est-ce pas ? Mais qui sait ?
(3)- Cf. entretien avec Colette Magny, par l'auteur, in Rock & Folk, n° 75, avril 73, et lettre de C.M., « Courrier des lecteurs », n- 76.


 

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1 janvier 1976 4 01 /01 /janvier /1976 08:29

francais.jpgDans "Français si vous chantiez" (Ed.Albin Michel, 1976), Jacques Vassal distinguent trois courants pour les "chansons occasionnées par les évènements" de mai 68. Premièrement, "les chansons nées au coeur de la mêlée, et enregistrée ultérieurement dans un souci de clarification politique et éventuellement de simple militantisme". Deuxièmement, "les chansons sur Mai 68 apparues après coup". Et enfin "les chansons plus généralement inspirées par l'esprit qui souffla à partir de Mai 68".

Parmi ces 3 catégories, Jacques Vassal reconnait qu'il existe une exception, ne pouvant rentrer dans ces courants. Il écrit ainsi page 16 :

 

"On rangera à part (à moins qu'elle ne constitue un "courant" à elle seule) l'expérience de Colette Magny, qui consacra un 33 tours entier à ce qui venait de se produire (Magny 68/69). Cette expérience déboucha sur une autre conséquence, à savoir une sorte de traumatisme pour elle et pour quelques autres chanteurs professionnels (dont Graeme Allwright) : la remise en cause de ce métier lui-même, et l'analyse du rôle du personnage public qu'est le chanteur, lorsqu'il se trouve confronté dans son propre pays à des événements qui secouent toute la société, et dont la dialectique imprévisible peut à la limite conduire à son absorption pure et simple..."

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