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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 18:44


Colette Magny (1926 - 1997) was a French song writer, composer and singer. Overlooked by the media because of her political engagement, she had success in the 1960's with her blues-oriented repertoire and a big hit with her song "Melocoton (and gum balls)" (1963).
Gifted with a strong and melodious voice, she was one of the few French singers at ease with blues and jazz. She sang the poems of great French poets (Rimbaud, Artaud, Aragon, Villon) as well as the repertoire of great blues and jazz singers (Bessie Smith, Billie Holliday) or her own, very creative, songs.
Discover or rediscover the rich voice and soul of the great Colette Magny!
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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 16:33
Extrait d'un article paru dans le magazine culturel n°1 de Cherokee de janvier 2008 :

Pourquoi avoir choisi Cherokee pour titre de journal ?
Comme vous le savez sûrement, la tribu Cherokee, native d’Amérique du Nord, a jadis souffert d’un effroyable génocide, comme toute tribu indienne qui se respecte. Mais Cherokee, c’est également une chanson de feue Colette Magny, chanteuse engagée méconnue, dont les paroles évoquent les peuples opprimés au cours de l’Histoire. En bref, Cherokee suggère l’esprit de tribu, de communauté unie face à la répression, mais aussi de liberté, de différence et de résistance.
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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 08:58

LOGOerea_a3_MAGNY_petit.jpgLu sur le site de l'Etablissement régional d'enseignement adapté de Lys Lez Lannoy - Colette Magny :

 

 

 

 

cmagny.jpgColette Magny a été une chanteuse non seulement boudée par les médias, mais encore carrément censurée du temps des gouvernements de droite, tant son engagement politique a fait des vagues dans le monde aseptisé la chanson sous contrôle. Née en 1926, Magny chante d'abord le blues (Bessie Smith, Billie Holliday). Elle débute dans la chanson à 36 ans, dans une première partie du spectacle de Sylvie Vartan à l'Olympia, avec dans son répertoire

"Melocoton" qui fut son unique tube. Magny, par la suite, tombe un peu dans l'oubli, refusant l'étiquette de chanteuse de blues nationale que certains voulaient lui faire endosser. Colette Magny nie le et les systèmes et affirme son engagement politique sans concession, ce qui amène la contestation de certains militants jusque dans ses spectacles. Colette magny ébranlée par tant d'oppositions cesse un temps de chanter en public et se tourne vers la création collective.
Dans une interview pour la revue "Paroles & Musique", elle dit à Jacques Vassal : "Les artistes disent : les planches me brûlent; moi ça me brûle pas.
J'ai une responsabilité parce que les gens se déplacent pour me voir chanter".
C'est l'intégrité de la chanteuse qui parle et qui n'accepte pas la censure, c'est pour cela qu'une de ses copines qui travaillait alors à l'O.R.T.F. lui avait confiée "Vos disques sont rayés transversalement au stylet".
Colette Magny n'en n'a pas moins pour autant continué de chanter sa révolte.
Elle a abordé des thèmes peu porteurs dans le monde du spectacle : le racisme, le nucléaire, l'indifférence, l'écologie, les hommages aux peuples opprimés et qui luttent (le Viêt-nam, Cuba), les guerres anti-impérialistes, et tant d'autres encore.
Très influencée par le jazz, ce qui lui a valu cette étiquette de chanteuse de blues, Colette Magny a été accompagné par le guitariste noir américain Mickey Baker, mais également par l'accordéoniste Lino Léonardi, complice de la chanteuse Monique Morelli.
Magny a mixé des textes et des documents sonores au sein de ses chansons, créant un style nouveau et unique.
Colette Magny a rendu un hommage à Antonin Artaud, mis en musique des textes d'Arthur Rimbaud, Antonio Machado, Louise Labé, Pablo Néruda, Victor Hugo.
Elle a également interprété des chansons de Vittorio Jarra et de Violetta Parra, chanteurs chiliens "Les gens de la moyenne".
Voix cri, voix blues, voix vérité, Colette Magny la contestataire de l'ordre établi quand il y a injustice, remet en cause nos certitudes, défend des causes comme celle des "Black Panthers" ou des peuples opprimés.
Magny chante l'homme, la révolte, la tête haute sans jamais baisser la garde.
Authentique et entière, elle l'est toujours restée malgré les critiques et les quolibets, la censure et l'ignorance, pour être cette grande dame de la chanson française, hélas trop oubliée.
Dernier petit clin d'œil à Colette Magny pour ce disque enregistré avec des enfants d'un I.M.P. (Institut Médico Pédagogique) pour financer un projet d'ouverture d'une crêperie et cet autre pour le peuple chilien en collaboration avec Maxime Le Forestier. 

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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 11:00

Article publié sur le site MusicStory :

Auteur-compositrice-interprète à la voix puissante et au caractère bien trempé, Colette Magny, trop peu connue malgré un talent hors-norme, s’inscrit dans la lignée de Ferré ou des poètes insoumis qu’elle a chanté, tels Verlaine et Aragon. Après son succès de 1963 « Melocoton », elle aura chanté pour dénoncer avec énergie l’oppression des peuples, l’injustice politique, avec ce trop plein d’énergie et de rage qui lui a valu de subir la censure des médias. Restent ses albums, avant-gardistes, empruntant les voies du jazz, du blues et du rock (Feu et Rythme en 1970, Chansons pour Titine en 1983) qui vont continuer à inspirer beaucoup artistes.

Colette Magny est née le 31 octobre 1926 à Paris. Après avoir travaillé de longues années en tant que secrétaire bilingue (elle parle couramment anglais) à l'OCDE, elle décide de se consacrer à sa passion, ce pourquoi elle est taillée : la musique. Sa voix aussi subtile que puissante, est empreinte d’une émotion rare, ce qui lui donne des prédispositions certaines pour le blues et le jazz.


Melocoton

Ce don unique l’entraine dans quelques cabarets Parisiens, où elle est repérée au début des années 1960. Elle se produit en première partie des vedettes de l’époque et, en 1963, se fait connaître avec la chanson « Melocoton », à la poésie nostalgique et enfantine contrebalancée par sa voix mûre. Ce succès lui permet d’enregistrer un album Les Tuileries, publié chez CBS en 1964.


Hors-norme

Mais dans la vie, Colette Magny se soucie peu des paillettes et des plans de carrière. Les raisons pour lesquelles elle s’est lancée dans la voie artistique, lui viennent d’un profond engagement politique et humaniste. L’album Vietnam 67, sorti en 1967, prouve de quelle matière est faite cet artiste au physique et au caractère hors-normes, qui impose le respect autant qu’elle dérange. Elle s’appelait elle-même le pachyderme et avouait « Si on ne me laisse pas chanter ce que je veux, je préfère me taire ». A l’aube de mai 68, ses chansons « Lorsque s’allume les brasiers », « Désembourber l’avenir », « Aurons-nous point la paix ? » l’inscrivent dans la lignée des insoumis tels Brel et Ferré, ou Verlaine, Aragon et Rimbaud qu’elle chantera.


Feu et rythme

Dans les années 1970, elle signe sur le label Le Chant Du Monde et emprunte les chemins du blues, du rock progressif et du free jazz dans une série de brûlots engagés, tels Feu et Rythme (1970), album qui prouve la hauteur de ses ambitions.

Suivent Répression en 1972, Transit en 1975 et des projets aux côtés d’orchestres de jazz qui permettent à un public restreint de découvrir ses improvisations vocales impressionnantes. Trop restreint, car l’insoumission et les provocations de Magny lui valent de subir la censure des programmes de radios et des médias en général.


White blues woman

Elle retrouve un plus large public avec l’album Chansons pour Titine en 1983, qui contient des reprises des grands classiques du jazz (« Strange Fruit », You Go to My Head »…) puis Kevork ou le Délit d'Errance en 1989.

En 1991, sort un disque de chansons inédites qui comporte l’enragée « Rap’toi d’là que je m’y mette ». Celle que l’on présente désormais comme une Bessie Smith blanche, décède le 12 juin 1997, à son domicile de Villefranche-de-Rouergue dans l’Aveyron.

Anne Yven

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1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 12:16
Texte publié à l'occasion de la création de ce spectacle :

Colette Magny, cette “mamma du blues”, à la voix puissante et orageuse, a combattu toute sa vie, en chansons, pour dénoncer l'ordre établi, l'injustice, défendre l'écologie et rendre hommage aux causes des peuples opprimés et révoltés. Voixcri, voix-blues, voix-vérité, elle a exploré des sentiers musicaux surprenants, du free jazz au rock progressif en passant par les ballades les plus épurées.

Trop dérangeante pour les faiseurs d'émissions musicales, cette grande dame de la chanson française est restée trop longtemps dans l'ombre. Dix ans après sa disparition, la découvrir fait l'effet d'un coup de poing au coeur qui révolte, questionne et stimule.


Les multinationales déboisent
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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 14:48

Paru dans Le Parisien du 14/09/2007 sous le titre "Les champions de la participation" :


Les recordmen du nombre de participations à la Fête de l'Huma : l'accordéoniste et enfant de La Courneuve Marc Perrone, qui y a joué dix-sept fois, et, pour le contingent étranger, le mythique groupe chilien Quilapayun, qui a fait huit apparitions entre 1973 et 2004. Catherine Ribeiro détient le record des participations féminines avec sept concerts, de la grande scène aux petits stands, devant Isabelle Aubret. Arrivent ensuite Lavilliers, Nougaro, Alan Stivell et Manu Dibango (six fêtes), puis Le Forestier et Higelin (cinq). Les chanteuses militantes Colette Magny, Juliette Gréco, Sapho et Catherine Sauvage sont venues quatre fois. Comme Idir, Gilles Servat, Mouloudji et les Toulousains de Zebda. Johnny Clegg vient cette année pour la troisième fois et égale Léo Ferré. Jean Ferrat, curieusement, n'est venu que deux fois. Et Brassens n'y a jamais chanté.

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21 juillet 2007 6 21 /07 /juillet /2007 08:37

Extrait de l'article de Francis Marmande publié dans Le Monde du 21 juillet 2007, sous le titre "Même morts, les musiciens restent là, Kirk, Ayler, Coltrane..." :


Entretien avec Beñat Achiary, chanteur et directeur d'Errobiko Festibala, au Pays basque

Stature de pelotari, voix, puissance, tessiture, souplesse hors du commun, tempérament de sage oriental, Beñat Achiary pratique l'improvisation vocale comme les oiseaux du village basque d'Itxassou (Pyrénées-Atlantiques) le chant. Depuis onze ans, il y anime l'Errobiko Festibala.

Achiary connaît le répertoire traditionnel, des formes les plus archaïques aux chants de fête et de repas. Son style à lui est un long dialogue avec la poésie contemporaine, une réflexion de l'oralité. Qu'il s'exprime avec les musiciens improvisateurs risque-tout (Michel Portal, Bernard Lubat, Michel Doneda), avec les flamencos sensibles (Pedro Soler) ou les poètes essentiels (Edouard Glissant) n'a rien pour étonner. [...]

Vous considérez-vous comme un chanteur de jazz ?

Si l'on s'en tient aux étiquettes, non, c'est clair. Je chante des thèmes de jazz ( Django, de John Lewis, par exemple), mais je ne me suis pas développé comme un qui viendrait du vivier du jazz. Ça ne me gêne pas. Ceux avec qui je joue non plus.

Ceux qui croient que je ne le suis pas sont victimes de leurs filtres. Je viens d'enregistrer Avril parce qu'on l'a réalisé en avril dans les Landes, en sympathie avec cette pluie douce, obstinée, sur les feuilles. Le premier mot vient d'un chant de Basse-Navarre : « En avril, les nuits sont courtes et la petite lune se fait attendre. » Il s'agit de la séparation des amoureux, le dernier échange des regards.

Quel genre de travail doit-on engager dans l'improvisation telle que vous la pratiquez ?

En connaître beaucoup pour beaucoup oublier, abolir définitivement les barrières entre l'improvisation et l'interprétation, se souvenir, au sens de cette démarche - gogoratu - qui, dans la langue basque, désigne le geste de rendre présent, re-vivre, re-naître, donc, improviser toujours.

Les chanteurs populaires, ils ne le savent pas, font face au même processus. On chante toujours pour la première fois. Tout ce travail vise à ce que le chant advienne. En réalité, Artze le poète en parle très bien, « c'est le chant qui te choisit ».

Le chant qui te choisit : dans Avril, vous l'avez pris où ?

Femmes, hommes, Noirs, Blancs, le chant m'arrive, je remonte la piste, j'écoute toutes les versions que je peux trouver, et je parviens à l'éventualité de la mienne. De Colette Magny, j'ai repris The Meeting, l'hymne des Black Panthers, une conversation très placide entre un homme et une femme, leurs rêves, la perception de l'autre, les changements à venir, c'est très rare pour un hymne de parti. [...]

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20 juillet 2007 5 20 /07 /juillet /2007 07:15

Ci-après des photos de Cyril Moya prises lors du Festival Des croches et la Lune en 2007 :

 

expodes-croches.jpgDes-Lunes.jpg

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Published by Cyril Moya - dans Autour de l'oeuvre
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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 16:39

Page publiée sur le site Esprits nomades :
Magnyb.jpg
J'aim'rais être du pays où ce n'est pas le drapeau que l'on aime porter haut...J'aim'rais être du pays où c'est la pensée que l'on préfère comme drapeau...
 
Si Colette Magny n'avait pas fait don de sa voix aux opprimés elle aurait fait une éblouissante carrière comme chanteuse de blues et du reste. Mais voilà la Colette elle ne transigeait pas et sur les barricades de la chanson elle jetait ses pavés.
Ce n'était plus une chanteuse engagée mais une chanteuse citoyenne. Comme un hippopotame en colère elle fonçait sur les préjugés.
 
Elle pouvait réciter l'alphabet ou le bottin (pas mondain bien sûr), sa voix des plus profonds Mississipi enfouis en nous, rendait tout nécessaire et évident. D'ailleurs elle chantait "La marche", définition chantée du Larousse. Ou le petit Quinquin !
 
Chanteuse qui déménage, les vieux greniers des habitudes et des conventions, elle allait de l'avant, tête baissée, cœur ouvert. Maudissant les médias qui ne voyaient en elle qu'une négresse blanche chantant le blues et refusaient "la politique", c’est-à-dire la vie du citoyen dans la cité. Elle aura été de tous les combats, sans toujours beaucoup de lucidité, emportée par sa flamme révolutionnaire préférant les guillotines aux livres.
 
magny3.jpgElle était plus gauchiste qu'anarchiste et elle a eu ce mot merveilleux :
« Que faire ?
comme disait Lénine avant de déraper sur le verglas. » (Colette Magny).
 
Car Colette Magny c'était aussi un rire énorme, donc disproportionné.
 
Elle hurlait Antonin Artaud, fils d'une société suicidaire, elle empoignait Mélocoton. Elle chantait l'hymne des Blacks Panthers ou les arbres lourds de pendus de Strange Fruit, mais aussi dans le même souffle, et quel souffle, Verlaine sur une musique de Fauré, la Chanson de la plus haute Tour de Rimbaud et Louise Labbé. Et bien sûr Aragon et Hugo ! Mais aussi de simples lettres de grand-mère à sa fille. Le pouvoir émotionnel de sa voix n'a presque pas d'équivalent en France.
Elle m'a toujours fait penser à Odetta, chanteuse américaine aussi prégnante et émouvante. Colette Magny avait l'énergie dévastatrice de la colère et de l'amour.

Lui téléphoner vers la fin des années 1990 revenait à recevoir une bordée d'injures. On était tous coupables de l'avoir ainsi oubliée mais quelle gratitude de passer avec elles des heures au téléphone. Et elle faisait tout pour rendre tout engagement impossible. Elle vous parlait de l'injustice du monde mais aussi de ses peintures. Puis elle se repliait encore plus.
 
Du cordon sanitaire fait par tous pour l'empêcher d'être entendu par le peuple, de peur de la contagion et de la subversion. Ils ont bien réussi et la radio ne l'aura jamais quasiment diffusé, de peur de la maladie honteuse qui s'appelle la liberté.

Énorme elle devenait l'image de la déesse Terre qui parlait de ses entrailles par sa voix, elle se nommait elle-même le pachyderme et disait qu'elle en avait ras la trompe d e toutes ces saloperies. Sa voix était bouleversante, une des voix du siècle. Elle s'en foutait. Elle n'était pas contestataire, elle était révoltée.
"Je rêve d'une grève générale mondiale qui empêcherait de sévir les quelques monstrueux crétins ".

magny1.jpgElle devra se taire. Intègre jusqu'au fanatisme elle mettra sa vie en harmonie avec son chant.
" Si on ne me laisse pas chanter ce que je veux, je préfère me taire " .
Elle se tut et ses colères mémorables restaient à mijoter en elle.
 
Elle était tout entière dans sa soif de justice, de solidarité, de fraternité. Sa vie est peu connue. Née à Paris, elle travaille pendant 17 ans en tant que secrétaire dans un organisme international, l'Unesco, puis elle décide de se consacrer à la chanson. Elle se produit dans les cabarets en 1962, et en 1963 elle fait l'Olympia avec Claude François et Sylvie Vartan.
Mais ce n'était ni sa route ni sa vérité, et elle s'engage corps et voix pour la révolution, le tiers-mondisme, les mouvements ouvriers. Puissante était sa voix, puissante ses convictions, et il ne fallait pas oser la contredire, on prenait un coup de trompe.
 
Lancée dans le jazz le plus free, le rock progressif, l'improvisation bouillonnante, ou les ballades les plus nues, elle passait des chansons pour Titine bluesy à des imprécations contre la guerre du Vietnam ou du Chili, avec de terribles témoignages en chansons. Elle se mêlait aux forces vives du jazz (Workshop de Lyon, Texier, Raymond Boni, François Tusques....) en improvisant simple instrument vocal dans un grand tout.
 
Un jour elle en a eu marre et a claqué la porte, Colette s'est barré un 12 juin 1997. À nous de nous souvenir de cette folle énergie, de cette aventure vibrante qui a fait d'une secrétaire sans aucune formation musicale, la chanteuse la plus lyrique, la plus musicale de son temps. Tous les grands musiciens ont voulu l'accompagner. Et pourtant qui se souvient encore qu'elle était interdite de diffusion à la radio, et de sa fin misérable dans un hospice.
 
Elle aura inventé le blues blanc, sorte de Bessie Smith enragée. Elle était une montagne en marche.
 
"Colette Magny, c'était une grande. Elle aurait pu avoir une renommée plus importante, elle avait une grande aura, mais elle avait de grandes exigences, dans ses textes comme dans les musiques. Ce n'était pas de la chansonnette. Elle a choisi une voie originale, à elle, un peu en dehors de la chanson française." (Ferrat)

cmagny.jpg

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22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 12:22



Article paru dans le Jura Libertaire :

Résume l’esprit de ces implacables essais documentés dans un scopitone révolutionnaire sur une chanson originale de Colette Magny. Rappelons que, à l’époque comme aujourd’hui, il est interdit de tourner dans les usines et qu’il s’agit donc de plans volés, volés à la censure sociale, volés à la fatigue, volés au désespoir ordinaire qui s’attache à la condition ouvrière dans une société de contrôle.


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Présentation du film Rhodia 4/8 :

Réalisateurs : Groupe Medvekine de Sochaux
Producteur : ISKRA

 

Un jour de l’année 62, Colette Magny plaque son poste de secrétaire bilingue à l’OCDE. Comme La Suzanne de Classe de lutte, elle choisit soudain un autre chemin, sans trop savoir où il mène ; l’important, on le sait, est que ce chemin ait un cœur. La Magny, à trente-six ans frappés, va donc pousser la chanson sans avoir jamais appris la musique, sans même savoir tenir une guitare. Les destins s’inventent très bien. Passée une première phase de reconnaissance (signature chez CBS, un tube, Melocoton, Magny chante la Bretagne, les mineurs du Nord, Cuba, les Hibakushas d’Hiroshima (Vietnam 67) et rejoint tout naturellement, appelée par les membres du CCPO en 68, la grande aventure des Medvedkine. Dans Rhodia 4X8 sont reprises des images d’un film d’entreprise : puisqu’on interdit aux ouvriers de filmer leur travail, il faut jouer au plus fin : soit faire des images incognito, soit réemployer les images officielles… Avec la voix de Colette Magny, ce film donne un autre sens au travail en usine.

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