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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 18:32

"Il y avait des gens formidables au Chant du Monde, comme Madame Loreilhe, qui aimait beaucoup Colette Magny, et Philippe Gavardin, le directeur" Francesca Solleville

Paru dans le magazine Je Chante ! n°4

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 15:56

Publié par Corval dans Cette année là, les idoles... :

 

4 avril 1963
A partir de ce soir, les idoles des jeunes se retrouveront sur la scène de l'Olympia pour une série de 10 représentations exceptionnelles. Il n'y a plus une seule place de libre pour assister à un spectacle où se succéderont sur scène Colette Magny, Pierre Vassiliu, le créateur d'Armand, les Brutos, des fantaisistes dont le leader est Aldo Maccione, Claude François et Sylvie Vartan.

affiche-63-olympia
Affiches : Source site Amour du rock'n'roll

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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 10:58

Extrait de l'intervention de Daniel Pantchenko aux rencontres Amplifiées :

 

"Si l’Olympia accueille à nouveau Johnny Halliday en cette année 1962, entre des programmes avec Brel, Brassens, Marlène Dietrich, Frank Sinatra… et Charles Aznavour qui y revient pendant un mois et demi, Bruno Coquatrix qui était resté prudent devant le phénomène des « idoles » programme officiellement du 4 au 28 avril 1963 un show intitulé « Les idoles des jeunes » dont Sylvie Vartan et Claude François sont les vedettes. Curieusement, au même programme, une chanteuse d’un tout autre acabit et d’un autre âge obtient un succès certain : Colette Magny avec Melocoton".

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Published by - dans Etudes
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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 08:29

Extrait du Larousse, "Un festival de décibels dans le ciel du Berry":


Festival de musique populaire plus que trentenaire, le Printemps de Bourges 2009 s’est déroulé du 21 au 26 avril. Devenu l’un des grands rendez-vous annuels de la jeunesse éprise de son temps, il lui offre un paroxysme d’art vivant.

Bourges, vous connaissez ? Héritière des Bituriges de l’époque gallo-romaine, la cité doit son ancienne célébrité à sa cathédrale Saint-Étienne, l’un des joyaux de l’art gothique, et au financier Jacques Cœur, le grand argentier de la royauté sous Charles VII. Préfecture du Cher, le département le plus central de France, elle a toujours mené l’existence paisible d’une ville de moyenne importance. Paisible… jusqu’à ce jour d’avril 1977 où retentirent les premiers décibels du « Printemps de Bourges ». C’est alors l’ère d’une nouvelle célébrité qui s’ouvrait !


À concept novateur, pari audacieux
Tout commence à la maison de la culture de Bourges – la première de ce nom en France, inaugurée en 1963 par André Malraux, alors ministre du général de Gaulle. Un jour de l’année 1976 y arrivent deux hommes, l’un, Daniel Colling (né en 1946), passionné de chansons françaises, et l’autre, Maurice Frot (1928-2004), écrivain libertaire, également régisseur de Léo Ferré. Ils exposent au directeur, Christophe Dechico, une idée au moins aussi originale que le nom (qui est celui d’un ru de l’Essonne) de l’agence artistique qu’ils ont fondée, Écoute s’il pleut : celle d’un festival dédié à la chanson d’aujourd’hui. Ils y sympathisent aussi avec un bouillant personnage qui a des idées à revendre : Alain Meilland, responsable du secteur « chanson » dans cette maison de la culture – la seule de France qui possède un tel poste. Les ressources humaines existent pour accoucher d'un grand projet.

Le projet est aussi un concept en même temps qu’un pari. Les festivals de musique classique abondent. Alors pourquoi pas un festival de la chanson financé à la fois par des fonds privés et des subventions publiques ? Et un festival qui se situerait en marge des circuits du tout-puissant show-business ? Il y a de la revendication dans l’air… Le « la » est donné dès septembre 1976 avec l’opération « Halle en fête », qui propose sous la halle au blé trois jours de concerts auxquels participe notamment Bernard Lavilliers. Le centre-ville de Bourges est en ébullition : 3 000 personnes rendent le pari gagnant. Alors, la municipalité donne son « feu vert » au premier « Printemps de Bourges », qui est annoncé pour la période du 6 au 10 avril 1977.


La chanson autrement
Daniel Colling se met au travail. Entouré de son brain-trust – son second, Jean-Pierre Moreau, l’indispensable mais discret Alain Meilland, deux journalistes et deux attachées de presse –,  il s’emploie à remplir les grilles d’un programme qui doit comprendre vingt concerts, réunir une quarantaine d’artistes et, chaque jour, occuper un créneau allant de 10 h du matin à 2 h 30 le lendemain ! Les salles disponibles ne suffisant pas, un grand chapiteau, centre névralgique du festival, sera dressé place Séraucourt.

Les invités du premier Printemps de Bourges ne sont pas de ceux qu’on entend à longueur d’antenne à la radio ou à la télévision. Bernard Lavilliers remet ça. François Béranger, Leny Escudero, Jacques Higelin, Colette Magny, Catherine Ribeiro, Henri Tachan, chanteurs engagés ou inclassables, ou encore des « régionalistes » comme les Occitans Verdier et Marti sont de la fête. Ils ont des parcours différents, parfois atypiques, mais tous font cause commune en acceptant d’« essuyer les plâtres » de ce festival qui renoue avec l’esprit des chansonniers à l’ancienne mode, mi-troubadours mi-rebelles. Des chansonniers à l’ancienne mode pour le monde d’aujourd’hui…

Les spectacles mêlent toutes les générations, parmi le public et sur scène. À l’affiche, il y a de grands aînés, Charles Trenet et Serge Reggiani, qui sont venus apporter leur caution au festival et qui recueillent de nouveaux succès. Mais on ouvre aussi les plateaux à de « petits nouveaux », qui se frottent pour la première fois au public et qui peuvent, comme le Charlélie Couture de cette époque, apprendre ce qu’il leur en coûte… – il restera de cette initiative un nom déposé, celui de Scène ouverte.

...

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 16:35

Lu sur le blog du Père Peinard :


Colette Magny, la grande (la seule ?) chanteuse de blues française avait une modeste résidence secondaire dans le Sud-Ouest. J'habitais pas loin. Chaque année, elle y donnait un concert gratuit pour quelques dizaines de copains,

autant de gendarmes et quelques vaches étonnées mais ravies Une vieille grange, un méchoui, la nuit étoilée, le blues.

De quelques soirées au coin du feu, j'ai retenu librement ses paroles. Elle les a contresignées, Libé a publié, elles figurent dans le livret de son ultime disque.

Christian Durand

Saint Martin par Castelnau de Montmiral


Fête des sept feux / Grand Octave / Brigade Rouge / flic ordinateur / melon occitan / Chili / Francesca Solleville / artiste / militant / populaire / pognon / révolution / torture / sciatique / parti communiste / groslapin / gauchiste / pognon / Psychépo / comtesse de Ségur/ mec odeur/ chacal chameau / LIP / Catherine Ribeiro / opéra pintade / Limonade / free jazz / Xénakis / punk / Libération / couilles / vagin vivant / visage village / Colette Magny /
STOP

C'étaient de très grands champs dérivant au vent
les mains pensantes des hommes chahutent la terre
se battent contre les ronces les genêts le chiendent
tatouent leurs désirs sur les ventres de la reine-mère.

je vis ici entre rouergue et quercy pays de lieux-dits Maleterre Mordagne Salvetat qui vivent et demeurent sans bruit loin des autoroutes supermarchés centra­les nucléaires ils avaient pas fait la fête depuis 1953 le paysan a prêté son champ après l'avoir nettoyé la quincaillère a fait des gauffres la dame belge des saucisses fête des sept feux les sept maisons du hameau le grand octave avait le trac sur scène avec son accordéon la voisine a dit madame Magny elle chante bien elle a une jolie voix en juin pour Catherine Ribeiro il pleuvait en juillet que des filles sur scène ça s'est trouvé comme ça Mariannick Anne Marie Morgane Pinok Matho Colette Mama Béa en septembre Paco Ibanez l'été on va essayer de faire du fric et l'hiver des soirées pour les gens du pays épicière bistrot vétérinaire ils me font chier les intellectuels je veux donner quelque chose à dix personnes mieux que vendre rien à cinquante mille spectateurs

le gendarme voulait me foutre un PV
les chenilles de mon tracteur seraient plus nuisibles que celles des chars militaires à canjuers
les flics sont venus j'étais courtoise à la préfecture juste courtoise les RG savaient tout sur moi le moindre pékin est sur ordinateur le flic un admirateur il disait voulait que je lui dédicace une affiche ils avaient battu les CRS au foot j'en ai vraiment rien à foutre pour ceux d'en bas on est des communistes couteau entre les dents les brigades au micro on a dit aux gens passez par-en haut du côté d'Espinas ils y étaient aussi contrôlaient tout le monde mesquins comme ce con d'Occitan qui voyait pas plus loin que son champ de melon dans le Var me disait que ses Arabes gagnaient plus que lui pauvre con je lui dit vends tes terres tu verras après il a fait un méchoui pour des pauvres bougres du Harkis je suis pas paysanniste moi ni ouvriériste je suis une artiste une grand'artiste moi monsieur mais pas populaire non Rika Zaraï elle est populaire moi si on m'arrête on me torture on me fusille tout le monde s'en fout j'ai peur je suis lâche si ça pète je file en Belgique au Chili Francesca Solleville elle y est allé le premier mai pour chanter dans les champs les maisons je sais pas si j'y serai allé la torture il faut le courage je lui ai dit tu es folle

chili un peuple crève
à l'autre bout du monde
solitude
nous avons crié ensemble
solidarité
violette parra victor jara
vous êtes devenu la musique du souvenir
qu'on chante doucement
à ceux qui vont oublier
comme on raconte aux enfants
qui ne savent pas
une légende qui finit mal

(maxime le forestier)

et ces petits cons de Libération je les aime quand même ils disent démagogie parce que Francesca elle chante avec le parti commu­niste moi quand j'étais au PC je voulais faire des chansons sur tous les corps de métier avec la CGT une fois la CFDT ils sont venus me demander de chanter pour les permanents qui s'emmerdaient dans les bureaux que je chante pour les réveiller Francesca elle est communiste mais elle est gauchiste elle s'en rend pas compte pour la révolution on y sera tous comme dans une manif moi je serai à la DCA panpanpan je pourrais même pas à cause de ma sciatique c'est comme pour éva forest les féministes avaient organisé quelque chose avec Jeanne Moreau Bibi Anderson elles si on les arrête
ça fait toute une histoire moi non tout le monde s'en fout personne ne bouge pourtant je suis une artiste une grand'artiste moi monsieur les artistes ne sont pas sympathiques
sauf Francesca Solleville et puis moi qui suis l'artiste la plus sympathique que je connaisse
j'ai mauvais caractère je suis pas modeste pas du tout

me han preguntadico varias
personicas
si pelogrosicas para las masicas
son las cancionicas agitadoricas
des tas de gens m'ont demandé
si les chansonnettes engagées
étaient dangereuses
pour les masses laborieuses

(violette parra)

avec Mara et Maxime Le Forestier on a fait un disque pour les réfugiés du Chili les galas de soutien Lip Larzac à Albi pour le comité de la vermicellerie contre les promoteurs avec le théâtre du pavé chez Lip il y avait tous les gauchistes de la ville j'ai demandé la même chose que Mouloudji les gauchistes ils peuvent payer maintenant ils sont tous au parti socialiste ils peuvent payer cinq milles balles merde pour écouter Imanol lui c'est vraiment un chanteur militant basque il chante pour son peuple le pognon il s'en fout on lui avait rien donné
une fois j'ai geulé filez lui au moins de quoi bouffer et se loger le pognon ils pensent qu'à ça les pauvres cons ils me font chier les gauchistes chaque fois pareil je les tuerais ils gueulent
tu es dans le système ils me font signer des autographes puis ils gueulent t'es dans le star System tu joues les vedettes merde quand tu leur dit le tarif syndical dans un gala le minimum pour payer lés frais les musiciens il tombent sur le cul un million ils calculent tous les soirs on reste parfois trois mois sans rien faire les artistes neuf sur dix sont smigards arrêtez vos conneries

parle moi de l'homme oiseau
parle moi de la femme chouette
d'une femme qui retournerait les foins
d'une paysanne qui saurait diriger l'état


mais les féministes psych et po la librairie des femmes les éditions des fois c'est pas clair Antoinette toutes des Jeanne Dupont tant mieux pour elles si elles ont du fric j'en ai rien à foutre mais la Comtesse de Ségur les petits fours ça me fait chier elles sont très bien habillées pas vraiment mais des teintes je veux dire recherchées j'aime les femmes j'aime,les hommes je passe ma vie au lit j'ai pas toujours le temps d'y mettre quelqu'un si j'aimais une femme je ne sais pas comment lui dire les mecs elles disent qu'ils sentent mauvais les bruns puent le chacal les blonds le chameau j'ai vu le gars de la sono je lui dis tu pues la chacal il a fait une gueule elles ont fait une fête de femmes en juin au Bataclan un millier de femmes moi avec ma guitare puis des bagarres les autonomes je monte sur scène on me pique le micro en gueulant vous vous faites avoir, par le vedettariat c'est une femme-mec Colette Magny femme-mec conasse et derrière quatre ou cinq nanas tabassaient Morgane qui avait ramassé un tambour pour m'accompagner j'ai gueulé si c'est une réunion fasciste je me barre
le scandale m'emmerde

to easy to tell me you love me
j'aurai tant aimé danser
jusqu'à la fin de mes jours



mais si on les attaque je les défends une autre fois je suis allé à Saint Remy de Provence
pour un truc de femmes aucune organisa­tion les affiches au feutre pas grandmonde je veux leur parler fric une Jeanne Dupont me dit plus tard on en parlera en réunion je l'ai coincé
vous me payez ou je casse tout on s'est quitté bons amis non attention bonnes amies
c'est dur des fois j'ai sale caractère avec un mec d'un centre culturel je lui ai dit tu me payes ou je te bourre la gueule deux fois on m'a escroqué au dédit ils me disent c'est annulé merde ça fait chier les musiciens tant pis trois mois après il te réclame des dommages intérêts
que tu n'es pas venue sur scène tu es toute seule tu te bats les filles qui sont avec moi quand ça va mal je me retourne elles sont là prêtes à enchaîner j'ai découvert qu'en 1900 il y avait deux syndicats de femmes musiciennes maintenant il y en à qu'un des mecs réac en plus
pour ça les musiciens se font toujours baiser la gueule bien sur les hommes ils ont les postes-clés ils sont coincés comme moi avec mon micro c'est un lourd héritage naturellement ils en profitent

allons enfants des patries inconnues
les chenêts forgent le bois
l'étreinte sculpte un vide incandescent
ton ventre a plus de science que ta tête


ici j'ai une maison à Paris un petit appart trois cent francs par mois pour les Lip je touchais deux mille les musiciens payés il me reste mille francs j'achète la montre la plus chère un copain ouvrier je lui dit en un soir je gagne comme toi en un mois qu'est ce que j'en fais ma maison est hypothéquée quand Catherine Ribeiro est venue il pleuvait la municipalité nous a refusé une salle couverte au dernier moment Catherine elle était salement emmerdée elle comptait les voitures je lui ai dit laisse moi un mois je te trouve l'argent tout ceux qui viennent ici on paye les frais les stagiaires nous demandent des comptes qu'est ce qu'on fait du fric on leur montrera les comptes moi ici je suis ministre des affaires étrangères heureusement Jacques Gendrault est ministre des finances viens ici mon chéri embrasse moi

de tout petits enfants perdent leurs poumons
en tissant de beaux tapis en iran
un peuble en croix sur les traverses grinçantes
ouvre les rideaux du ciel


l'argent comme ça pourquoi pas je veux dire ils me font chier les gauchistes on est du même côté la gauche elle se bat pour des idées je suis apprentie marxiste à droite ils se battent pour le pognon je suis rentrée au parti communiste comme un gros lapin j'en suis sortie comme gros lapin quand on m'a demandé sur scène la démocratie avancée pour an passage pacifique au socialisme waldeckrochet tout ça je suis restée là à rien dire ils ont rigolé tu vois tu es dans un parti tu sais pas quoi dire sur la ligne principale mais le Chant du Monde ils ont continué à me distribuer même le disque sur 68 avec un sigle chinois sur la pochette c'est allé jusqu'au comité central le directeur commercial il a dit on le sort ça n'a pas fait de drame tout ça c'est des bricoles si je devais revenir dans une organisation sûrement je reviendrai au parti communiste comme gros lapin

la mort me hante la vie m'épouvante
dans les limites acceptées
je vivrai pleinement ma vie
en douleur attentive en plaisir épanouie
l'autre me fait chier j'ai moins d'espace
mais qu'est ce que je ferai toute seule


je suis paresseuse non je ne suis pas paresseuse je devrais me reposer plus souvent mauvaise circulation j'ai un opère en chantier un truc qui dure deux heures un opéra sur la pintade animal fabuleux en afrique c'est l'animal sacrificiel il est domestique mais il redevient sauvage très vite il est comme moi c'est un paysan qui m'en a parlé sous le pont du gard en 1969 je suis documentée on lui modifie la couleur des plumes avec des éclairements c'est
con on les vend déplumés je vais y travailler cet hiver si j'arrive à me reposer j'ai le nerf sciatique enflammé je hurle pour m'habiller une fois ça m'a pris des deux cotés il fallait me soutenir pour rentrer chez moi les voisins ont dit tiens l'actrice ils m'appellent l'actrice ils savent que je chante un peu péjoratif elle est saoule en plein après-midi mais je peux pas boire que de la limonade mon trip c'est le jazz je suis la grande prétresse du french blues
c'est moi la papesse Jeanne du free jazz une grande artiste moi monsieur plus avant
j'accroche plus punk commais qu'es aco comme on dit ici xenakis s'il voulait ma voix
pour la triturer dans son ordinateur je ne veux pas ma voix c'est moi j'existe comme ça

de grands rires ont explosé longuement
dans la montagne apparemment sans raison
un rapide un express un train d'espagne
brinqueballe crisse sur les rails


tu me tapes une cigarette c'est la dernière les filles vont arriver j'aime pas les critiques les journalistes me font chier je croyais avoir une copine à la Dépêche du Midi le quotidien de la région elle me promet une double page couleur sur la région les gens les projets et puis elle sort un article sur Colette Magny merde et les petits gars de l'autan l'hebdo régional ils viennent manger gentils bien élevés ils disent rien et ces petits cons de Libération c'est bien ce qu'ils font faut le faire mais ils m'ont censuré six fois en un an j'ai gueulé au téléphone je disais oui il me fait dire non Michel Lebris si je le trouve je lui arrache les couilles les filles de la revue Femmes en mouvement elles font ce que j'espérais de libération c'est n'importe qui des femmes qui s'expriment moi je suis inculte je lis rien de la poésie Saint John Perse Lacan Mallarmé Maïakovsky avant j'étais une somptueuse dactylographe bi-lingue à l'ocde maintenant je suis saltimbanque femelle

... que faire de la tendresse qu'en soi l'on abrite... j'ai le vagin à la buissonnière...
j'ai le vagin optimiste... j'ai le vagin vivant

Paroles de Colette Magny
Découpage-montage par Christian Durand
Photos de Christian Freund
Les textes en italique sont extraits de Visage-Village (Chant du Monde)
et de Chili, un peuple crève (Apcmur Production)

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Published by Pierre Prouveze
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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 16:11
Vu sur le blog Collectif invisible :      

 

Rencontre du troisième type en Rouergue

Colette Magny, la grande (la seule ?) chanteuse de blues française

avait une modeste résidence secondaire dans le Sud-Ouest. J'habitais pas loin.

Chaque année, elle y donnait un concert gratuit pour quelques dizaines de copains,

autant de gendarmes et quelques vaches étonnées mais ravies

Une vieille grange, un méchoui, la nuit étoilée, le blues.

De quelques soirées au coin du feu, j'ai retenu librement ses paroles.

Elle les a contresignées, Libé a publié, elles figurent dans le livret

de son ultime disque.

Christian Durand

Saint Martin par Castelnau de Montmiral


Fête des sept feux / Grand Octave / Brigade Rouge / flic ordinateur / melon occitan / Chili / Francesca Solleville / artiste / militant / populaire / pognon / révolution / torture / sciatique / parti communiste / groslapin / gauchiste / pognon / Psychépo / comtesse de Ségur/ mec odeur/ chacal chameau / LIP / Catherine Ribeiro / opéra pintade / Limonade / free jazz / Xénakis / punk / Libération / couilles / vagin vivant / visage village / Colette Magny /
STOP

C'étaient de très grands champs dérivant au vent
les mains pensantes des hommes chahutent la terre
se battent contre les ronces les genêts le chiendent
tatouent leurs désirs sur les ventres de la reine-mère.

je vis ici entre rouergue et quercy pays de lieux-dits maleterre mordagne salvetat qui vivent
et demeurent sans bruit loin des autoroutes supermarchés centra­les nucléaires ils avaient pas fait la fête depuis 1953 le paysan a prêté son champ après l'avoir nettoyé la quincaillère
a fait des gauffres la dame belge des saucisses fête des sept feux les sept maisons
du hameau le grand octave avait le trac sur scène avec son accordéon la voisine a dit madame magny elle chante bien elle a une jolie voix en juin pour Catherine ribeiro il pleuvait en juillet que des filles sur scène ça s'est trouvé comme ça mariannick anne marie morgane pinok matho colette mama béa en septembre paco ibanez l'été on va essayer de faire du fric et l'hiver des soirées pour les gens du pays épicière bistrot vétérinaire ils me font chier les intellectuels je veux donner quelque chose à dix personnes mieux que vendre rien
à cinquante mille spectateurs

le gendarme voulait me foutre un pv
les chenilles de mon tracteur seraient plus nuisibles que celles des chars militaires à canjuers
les flics sont venus j'étais courtoise à la préfecture juste courtoise les rg savaient tout
sur moi le moindre pékin est sur ordinateur le flic un admirateur il disait voulait que je lui dédicace une affiche ils avaient battu les crs au foot j'en ai vraiment rien à foutre pour ceux d'en bas on est des communistes couteau entre les dents les brigades au micro on a dit aux gens passez par-en haut du côté d'espinas ils y étaient aussi contrôlaient tout le monde mesquins comme ce con d'occitan qui voyait pas plus loin que son champ de melon dans le var me disait que ses arabes gagnaient plus que lui pauvre con je lui dit vends tes terres tu verras après il a fait un méchoui pour des pauvres bougres du harkis je suis pas paysanniste moi ni ouvriériste je suis une artiste une grand'artiste moi monsieur mais pas populaire non rika zaraï elle est populaire moi si on m'arrête on me torture on me fusille tout le monde s'en fout j'ai peur je suis lâche si ça pète je file en belgique au Chili francesca solleville elle y est allé le premier mai pour chanter dans les champs les maisons je sais pas si j'y serai allé la torture il faut le courage je lui ai dit tu es folle

chili un peuple crève
à l'autre bout du monde
solitude
nous avons crié ensemble
solidarité
violette parra victor jara
vous êtes devenu la musique du souvenir
qu'on chante doucement
à ceux qui vont oublier
comme on raconte aux enfants
qui ne savent pas
une légende qui finit mal

(maxime le forestier)

et ces petits cons de libération je les aime quand même ils disent démagogie parce que francesca elle chante avec le parti commu­niste moi quand j'étais au pc je voulais faire des chansons sur tous les corps de métier avec la cgt une fois la cfdt ils sont venus me demander de chanter pour les permanents qui s'emmerdaient dans les bureaux que je chante pour les réveiller francesca elle est communiste mais elle est gauchiste elle s'en rend pas comptepour la révolution on y sera tous comme dans une manif moi je serai à la dca panpanpan je pourrais même pas à cause de ma sciatique c'est comme pour éva forest les féministes avaient organisé quelque chose avec Jeanne moreau bibi anderson elles si on les arrête
ça fait toute une histoire moi non tout le monde s'en fout personne ne bouge pourtant je suis une artiste une grand'artiste moi monsieur les artistes ne sont pas sympathiques
sauf francesca solleville et puis moi qui suis l'artiste la plus sympathique que je connaisse
j'ai mauvais caractère je suis pas modeste pas du tout

me han preguntadico varias
personicas
si pelogrosicas para las masicas
son las cancionicas agitadoricas
des tas de gens m'ont demandé
si les chansonnettes engagées
étaient dangereuses
pour les masses laborieuses

(violette parra)

avec mara et maxime le forestier on a fait un disque pour les réfugiés du chili les galas de soutien lip larzac à albi pour le comité de la vermicellerie contre les promoteurs avec le théâtre du pavé chez lip il y avait tous les gauchistes de la ville j'ai demandé la même chose que mouloudji les gauchistes ils peuvent payer maintenant ils sont tous au parti socialiste ils peuvent payer cinq milles balles merde pour écouter imanol lui c'est vraiment un chanteur militant basque il chante pour son peuple le pognon il s'en fout on lui avait rien donné
une fois j'ai geulé filez lui au moins de quoi bouffer et se loger le pognon ils pensent qu'à ça les pauvres cons ils me font chier les gauchistes chaque fois pareil je les tuerais ils gueulent
tu es dans le système ils me font signer des autographes puis ils gueulent t'es dans le star System tu joues les vedettes merde quand tu leur dit le tarif syndical dans un gala le
minimum pour payer lés frais les musiciens il tombent sur le cul un million ils calculent
tous les soirs on reste parfois trois mois sans rien faire les artistes neuf sur dix sont smigards arrêtez vos conneries

parle moi de l'homme oiseau
parle moi de la femme chouette
d'une femme qui retournerait les foins
d'une paysanne qui saurait diriger l'état


mais les féministes psych et po la librairie des femmes les éditions des fois c'est pas clair antoinette toutes des Jeanne dupont tant mieux pour elles si elles ont du fric j'en ai rien à foutre mais la comtesse de ségur les petits fours ça me fait chier elles sont très bien habillées pas vraiment mais des teintes je veux dire recherchées j'aime les femmes j'aime,les hommes je passe ma vie au lit j'ai pas toujours le temps d'y mettre quelqu'un si j'aimais une femme
je ne sais pas comment lui dire les mecs elles disent qu'ils sentent mauvais les bruns puent le chacal les blonds le chameau j'ai vu le gars de la sono je lui dis tu pues la chacal il a fait une gueule elles ont fait une fête de femmes en juin au bataclan un millier de femmes moi
avec ma guitare puis des bagarres les autonomes je monte sur scène on me pique le micro
en gueulant vous vous faites avoir, par le vedettariat c'est une femme-mec Colette magny femme-mec conasse et derrière quatre ou cinq nanas tabassaient morgane qui avait ramassé un tambour pour m'accompagner j'ai gueulé si c'est une réunion fasciste je me barre
le scandale m'emmerde

to easy to tell me you love me
j'aurai tant aimé danser
jusqu'à la fin de mes jours



mais si on les attaque je les défends une autre fois je suis allé a saint remy de provence
pour un truc de femmes aucune organisa­tion les affiches au feutre pas grandmonde je veux leur parler fric une Jeanne dupont me dit plus tard on en parlera en réunion je l'ai coincé
vous me payez ou je casse tout on s'est quitté bons amis non attention bonnes amies
c'est dur des fois j'ai sale caractère avec un mec d'un centre culturel je lui ai dit tu me payes ou je te bourre la gueule deux fois on m'a escroqué au dédit ils me disent c'est annulé merde ça fait chier les musiciens tant pis trois mois après il te réclame des dommages intérêts
que tu n'es pas venue sur scène tu es toute seule tu te bats les filles qui sont avec moi quand ça va mal je me retourne elles sont là prêtes à enchaîner j'ai découvert qu'en 1900 il y avait deux syndicats de femmes musiciennes maintenant il y en à qu'un des mecs réac en plus
pour ça les musiciens se font toujours baiser la gueule bien sur les hommes ils ont les postes-clés ils sont coincés comme moi avec mon micro c'est un lourd héritage naturellement ils en profitent

allons enfants des patries inconnues
les chenêts forgent le bois
l'étreinte sculpte un vide incandescent
ton ventre a plus de science que ta tête


ici j'ai une maison à paris un petit appart trois cent francs par mois pour les lip je touchais deux mille les musiciens payés il me reste mille francs j'achète la montre la plus chère un copain ouvrier je lui dit en un soir je gagne comme toi en un mois qu'est ce que j'en fais ma maison est hypothéquée quand Catherine ribeiro est venue il pleuvait la municipalité nous a refusé une salle couverte au dernier moment Catherine elle était salement emmerdée elle comptait les voitures je lui ai dit laisse moi un mois je te trouve l'argent tout ceux qui
viennent ici on paye les frais les stagiaires nous demandent des comptes qu'est ce qu'on fait du fric on leur montrera les comptes moi ici je suis ministre des affaires étrangères heureusement Jacques gendrault est ministre des finances viens ici mon chéri embrasse moi

de tout petits enfants perdent leurs poumons
en tissant de beaux tapis en iran
un peuble en croix sur les traverses grinçantes
ouvre les rideaux du ciel


l'argent comme ça pourquoi pas je veux dire ils me font chier les gauchistes on est du même côté la gauche elle se bat pour des idées je suis apprentie marxiste à droite ils se battent
pour le pognon je suis rentrée au parti communiste comme un gros lapin j'en suis sortie comme gros lapin quand on m'a demandé sur scène la démocratie avancée pour an passage pacifique au socialisme waldeckrochet tout ça je suis restée là à rien dire ils ont rigolé tu vois tu es dans un parti tu sais pas quoi dire sur la ligne principale mais le chant du monde ils ont continué à me distribuer même le disque sur 68 avec un sigle chinois sur la pochette c'est
allé jusqu'au comité central le directeur commercial il a dit on le sort ça n'a pas fait de drame tout ça c'est des bricoles si je devais revenir dans une organisation sûrement je reviendrai au parti communiste comme gros lapin

la mort me hante la vie m'épouvante
dans les limites acceptées
je vivrai pleinement ma vie
en douleur attentive en plaisir épanouie
l'autre me fait chier j'ai moins d'espace
mais qu'est ce que je ferai toute seule


je suis paresseuse nom je ne suis pas paresseuse je devrais me reposer plus souvent mauvaise circulation j'ai un opère en chantier un truc qui dure deux heures un opéra sur la pintade animal fabuleux en afrique c'est l'animal sacrificiel il est domestique mais il redevient sauvage très vite il est comme moi c'est un paysan qui m'en a parlé sous le pont du gard en 1969 je suis documentée on lui modifie la couleur des plumes avec des éclairements c'est
con on les vend déplumés je vais y travailler cet hiver si j'arrive à me reposer j'ai le nerf sciatique enflammé je hurle pour m'habiller une fois ça m'a pris des deux cotés il fallait me soutenir pour rentrer chez moi les voisins ont dit tiens l'actrice ils m'appellent l'actrice ils savent que je chante un peu péjoratif elle est saoule en plein après-midi mais je peux pas boire que de la limonade mon trip c'est le jazz je suis la grande prétresse du french blues
c'est moi la papesse jeanne du free jazz une grande artiste moi monsieur plus avant
j'accroche plus punk commais qu'es aco comme on dit ici xenakis s'il voulait ma voix
pour la triturer dans son ordinateur je ne veux pas ma voix c'est moi j'existe comme ça

de grands rires ont explosé longuement
dans la montagne apparemment sans raison
un rapide un express un train d'espagne
brinqueballe crisse sur les rails


tu me tapes une cigarette c'est la dernière les filles vont arriver j'aime pas les critiques les journalistes me font chier je croyais avoir une copine à la dépêche du midi le quotidien de la région elle me promet une double page couleur sur la région les gens les projets et puis elle sort un article sur Colette magny merde et les petits gars de l'autan l'hebdo régional ils viennent manger gentils bien élevés ils disent rien et ces petits cons de libération c'est bien
ce qu'ils font faut le faire mais ils m'ont censuré six fois en un an j'ai gueulé au téléphone je disais oui il me fait dire non michel lebris si je le trouve je lui arrache les couilles les filles
de la revue femmes en mouvement elles font ce que j'espérais de libération c'est n'importe
qui des femmes qui s'expriment moi je suis inculte je lis rien de la poésie saint john perse lacan mallarmé maïakovsky avant j'étais une somptueuse dactylographe bi-lingue à l'ocde maintenant je suis saltimbanque femelle

... que faire de la tendresse qu'en soi l'on abrite... j'ai le vagin à la buissonnière...
j'ai le vagin optimiste... j'ai le vagin vivant

Paroles de Colette Magny
Découpage-montage par Christian Durand
Photos de Christian Freund
Les textes en italique sont extraits de Visage-Village (Chant du Monde)
et de Chili, un peuple crève (Apcmur Production)

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 08:02
L'image stéréotypée de l'Arabe

Extrait de "Protest Music in France: Production, Identity and Audiences" de Barbara Lebrun (Ashgate Publishing, Ltd., 2009) :

Les Arabes et leurs représentations dans la musique populaire française
En dépit de l'opinion exprimée par certains que la France a, au XXe siècle, connu "un siècle de musique mixte française" (Hakem, 1999, p. 40), et qu'il y a "une plénitude extraordinaire de toutes les choses arabes dans la culture populaire française" (McMurray, 1997, 33), la représentation des Arabes a toujours posé problème en France. En fait, depuis 1830, et les premiers contacts «modernes» entre la France et l'Algérie, avec l'occupation française, les représentations des «Arabes» dans la musique populaire française ont été pratiquement inexistantes (Liauzu et Liauzu, 2002, p 25;. Mathis -Moser, 2003, p. 133). Au XIXe siècle, la conquête de l'Algérie a été principalement évoqué dans le chant populaire à travers le point de vue des conscrits et des colons, déplorant leur exil ou se vantant de leur bonne fortune à l'étranger. Entre 1880 et 1930, lorsque le projet colonial français était en plein essor et la chanson devenait une forme de plus en plus populaire de divertissement, les colonies et les colonisés ont été traités ensemble dans un mode comique et / ou exotique (Liauzu et Liauzu 2002, p. 85). Ainsi, les nombreux personnages asiatiques et noirs africains des chansons étaient la cible de plaisanteries ouvertement racistes, et ne concernaient pas les Arabes (Liauzu et Liauzu, p. 97). Cela rend la musique populaire plutôt représentative des grandes tendances dans la culture populaire française à l'époque, que l'on retrouve dans de nombreuses illustrations, cartes postales et, plus tard dans les films, où l'Arabe est stéréotypé comme un sujet colonial menaçant (Rosello, 1998b). Bien qu'il n'y ait aucune possibilité d'expliquer cette différence de traitement ici, l'absence même de l'Arabe dans la chanson française est significatif car il montre un certain malaise à représenter des Nord-Africains. Ce malaise s'est poursuivi après 1962, avec l'indépendance de l'Algérie, bien que quelques chansons ont commencé à refléter les nouvelles relations économiques entre l'ex-puissance coloniale, la France et ses ex-sujets coloniaux, dont beaucoup étaient maintenant les travailleurs migrants résidant en France métropolitaine. Dans les années 1970, certains artistes français (métropolitains) blancs, généralement proches des milieux politiques d'extrême-gauche, composent des chansons sympathiques abordant le sort des immigrés d'Afrique du Nord, et dénoncent les représentations dominantes des Arabes dans les médias français de l'époque. "Néanmoins, même quand ils étaient bien intentionnés et respectueux des Arabes, ces non-Arabes (les chanteurs Serge Reggiani, Renaud et Colette Magny par exemple) représentaient souvent les Maghrébins comme des immigrants mâles, vulnérables, d'une fierté agressive, forgeant ainsi un nouveau genre de stéréotype (Mathis-Moser, 2003, p. 139). Parallèlement à cela, tout au long de la colonisation et jusqu'aux années 1980, aucun des musiciens arabes en France atteint un degré significatif de reconnaissance.

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Published by Claude Richard - dans Etudes
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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 19:47

pachyderme"Colette Magny chantait les poètes. Elle faisait du cut-up dans l’actualité, dans la pensée, partout où l’attirait son désir forcené d’amour et d’humanité : « le premier homme serait né en Afrique/il y a quinze millions d’années/est-ce de terreur qu’en occident/nous sommes devenus tout blanc ?... »

J’ai été élevé à sa mamelle d’amour par cette femme hors du commun, avivé et instruit, formé et creusé, ébloui, je dois à présent rendre la malle de merveilles et offrir le témoin qui m’a été transmis.

Me voici devant un rêve dont la Maison de la Poésie seule pouvait permettre : rendre hommage à la grande Magny !

La grande Magny qui chantait le blues !... la Magny qui chantait les luttes… la Magny qui chantait l’amour.

De Colette Magny, chanteuse des années 70, il ne reste rien,   hormis un disque dans les bacs, une chanson célèbre, Mélocoton, et trois archives de télévision.

Cette chanteuse incomparable sillonnait le pays, chantait à Bobino, à l’Olympia, à la Fête de l’Huma, dans tous les galas de soutien imaginables, elle croisait la voix avec les contrebasses de Beb Guérin et Bare Philips, les orchestres de Texier, de Louis  Sclavis, le piano d’Anne Marie Fijal…

Magny faisait chanson de tout bois. Elle mettait au service des poètes son talent inouï de mélodiste et de chanteuse. Elle a chanté Rilke et Maïakovski, Aragon et Hugo, Olivier de Magny, Machado, Louise Labbé, Artaud, Lewis Caroll, Rimbaud… Trente chefs d’œuvre.

J’ai transmis le goût de cette musique juteuse et gouleyante à Odja Llorca. L’exigence de la chanson de haut vol. La puissance du chant qui s’égale au sens. Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de rendre hommage, mais avant tout de faire vivre cette puissance de feu de la poésie armée de musique. Que notre temps se mesure à cette beauté et qu’il en jouisse. Alors, rien ne sera plus pareil."

Claude Guerre, metteur en scène et directeur de la Maison de la Poésie

Texte écrit à l'occasion du spectacle que Claude Guerre a créé : "Les poètes de Colette Magny - Je suis un petit pachyderme de sexe féminin. J'en ai gros sur le coeur. ras la trompe!" à Paris, du 4 avril au 3 mai 2009 à la Maison de la Poésie. Spectacle interprété par Odja llorca, chant et Dominique Massa, piano.


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Extraits d'articles à propos de ce spectacle :

Sur Evene.fr , extrait de l'article de Soline Pillet et Nadège Badina :
'Je suis un petit pachyderme de sexe féminin', chanson de l'honorée poétesse qui donne son nom au spectacle, permet de découvrir ou de redécouvrir un talent hors norme, dont il reste pour seules archives un disque et trois enregistrements télévisuels. Humaniste, amoureuse, contestataire, libertaire, Colette Magny chantait tous les thèmes sur tous les tons en empruntant à la beat generation la technique du cut up. Elle accouchait ainsi d'oeuvres protéiformes et saccadées.

Dans l'Humanité du 06/04/09 , extrait de l'article de Marie-José Sirach :
Colette Magny, la gueule ouverte
Colette Magny est morte en 1997 dans un village du Tarn-et-Garonne niché sur un piton où ne poussent que des cailloux. Elle avait quitté Paris, sa ville natale, son 19e arrondissement de Paris et ses pavés qu’elle avait battus, le poing levé, les poches trouées, pour s’installer dans une petite maison sans prétention mais ouverte sur une nature indomptable. Indomptable comme elle, la Magny, grande papesse de la chanson, chanteuse de blues à vous filer des frissons, vocaliste qui avait le scat à fleur de peau, le swing coulant à torrents dans ses veines. Chanteuse organique, chanteuse terrienne, inclassable ici-bas sinon quelque part, dans la stratosphère, dans la planète free. Free comme les mélodies, les orchestrations et les mots des poètes qu’elle mettait en musique et chantait comme nulle autre.

La télé et Les radios l’ignoraient ?

Elle était Bessie Smith, elle était Brenda Wooton, elle était toutes ces chanteuses et bien plus encore, libre comme l’air, révoltée pour l’éternité, militante politique, engagée, enragée, défendant ses idéaux à la barbe et au nez des faiseurs de chansons. Grande gueule, les censeurs les plus zélés ne réussirent jamais à lui clouer le bec. La télé ne voulait pas d’elle ? Les radios l’ignoraient ? Qu’importe, elle chantait, partout, là où ses soeurs et ses frères de combat l’attendaient. Avec, pour tout bagage, ses chansons poèmes, ses poèmes révolution qu’elle brandissait comme une oriflamme. « Je soulève toutes les pierres pour voir qui est coincé dessous », clame-t-elle dans ce morceau d’anthologie de 1 min 22 (impassable à la radio) qui ouvre l’un de ses derniers albums, Inédits 91. Elle y convoque tous les poètes qu’elle a mis en musique, Rilke, Hugo, Rimbaud, Baudelaire, Verlaine, Machado. « Artiste témoin de notre temps », elle ne se contentait pas de regarder le monde depuis la rive, elle plongeait dans le bouillonnement de la vie, dénonçant la guerre du Vietnam, le sort réservé aux Noirs américains, les injustices, toutes les guerres…


Dans Théâtrorama du 06/04/2009, extrait de l'article de Bruno Deslot :

Claude Guerre réalise un rêve, rendre hommage à la grande Magny qui chantait le blues, les luttes, l'amour…

Un engagement sans concessions…

Colette Magny (1926-1997) cède à ses aspirations après quelques années de bons et loyaux services pour un organisme international. Auteur, compositeur et interprète, le personnage à la voix grave et au physique imposant incarne rapidement la singularité du chant engagé dans le paysage musical français des années 60. " Melocoton " lui fait connaître un succès populaire retentissant en 1963 et la Magny devient vite, bien malgré elle, la chef de file d'un certain blues à la française. Mais elle dérange par son franc-parler et sa propension à dénoncer les abus et les misères en abordant ses thèmes de prédilection que sont la révolution, le tiers-monde, les mouvements ouvriers, le racisme, l'écologie. Son rapport à la poésie est dense et malgré la censure, les quolibets et les critiques dont elle a été victime, Colette Magny est toujours restée fidèle à ses engagements.

Dans Yagg du 09/09/2009 , extrait de l'article d'Hélène Hazera :
Colette Magny, chanteuse inclassable qui aimait la politique, les poètes, le jazz… et les femmes.[...] Colette Magny était une lesbienne d'avant The L Word, le queer et les lipstick lesbians. Elle imposait sur scène sa corpulence non-conforme avec beaucoup d'allure. Auprès des filles, son charme était irrésistible, et très vite, elles faisaient cercle autour d'elle. Elle s'est lancée tard dans la chanson, vers 36 ans. Quand les yéyés – elle fera la première partie de Sylvie Vartan à l'Olympia – balancent leurs reprises de succès américains, elle chante le blues des années 20, le repertoire de Bessie Smith. Une petite chanson qu'elle a écrite, Melocoton, rencontre un succès populaire. En français, c'est Les Tuileries, un texte peu connu de Hugo (une, parmi d'autres, de ses grandes réussites), Louise Labé, L'Ecclésiaste (un des plus beaux textes de la Bible). Sa voix est grave, avec un vibrato typique de la fin des années 60 et du début des années 70. Elle se politise, chante l'hymne des Black Panthers, et fait des chansons-collages avec des phrases de Ho Chi Minh, Sartre, Lénine, etc. "Lorsque l'humanité sera enfin libre nous passerons de la compétition dans l'individualisme à l'individualité dans la co-opération". Il fallait oser, comme il fallait oser crier "Djoutché" en refrain d'une autre chanson politique (le "djoutché" c'est l'idéologie indigeste du camarade Kim il-sung). Avec une certaine extrême gauche, elle a dérapé dans le soutien à des régimes indéfendables. Mais musicalement, Magny, ça a toujours été parfait, une leçon; celle qui est devenue une paria du show-biz s'entoure de la crème des musiciens de free jazz en France. [...] Vers la fin de sa vie, dans le CD Kevork par exemple, un peu désillusionnée peut-être par le gauchisme, assez marginalisée par la profession, Colette Magny avait commencé à enregistrer des textes moins politisés, certains commeSphynx de nuit abordaient ses amours, magnifiques, qui feraient l'ornement d'une anthologie des grandes chansons lesbiennes. Ces chansons d'amour "à la première personne", torrides, manquent ici [dans ce spectacle] pour compléter la belle évocation de ce fantôme révolté.


Dans Le Dauphiné libéré, extrait de l'annonce du spectacle au Pont de Claix le 20/10/09 :
"Je soulève toutes les pierres pour voir qui est coincé dessous" (Colette Magny). J'avais dix ans, j'ai vu Colette Magny au petit conservatoire de Mireille à la télévision. Je m'en souviens. Et puis, au hasard des luttes. Colette Magny chantait les poètes. La Magny chantait le blues et l'amour. Elle était Bessie Smith, Brenda Wooton et plus encore. Elle avait le scat à fleur de peau, le swing dans le sang. Chanteuse organique, terrienne, inclassable... De ces années, que reste-t-il ? Un disque dans les bacs et une chanson : Mélocoton. La chanson engagée qui faisait éclater de saines colères n'existe plus. Alors Claude Guerre a transmis à Odja Llorca le goût de cette musique juteuse, la puissance du chant et du sens.

Sur le site internet de France Inter, extrait de l'article publié le 22/04/09 :
Par sa dégaine, sa façon d’être, Colette Magny était un personnage atypique dans la chanson contemporaine. Ses colères, ses engagements et son incapacité à rentrer dans un moule aussi souple soit-il, l’ont empêchée d’avoir la carrière qu’elle aurait dû. Sa voix grave dénonçait sans relâche les injustices de tous poils et ses emportements légendaires ne s’apaisaient jamais.

 

Dans le JDD, article de Annie Chémieux , publié le 27/07/09 :

Elle demeure à jamais l'auteur, entre autres, de Melocoton, reçue en plein coeur dans les années 60. Disparue en 1997, Colette Magny, sa rage, sa révolte, sa poésie ressuscitent sur scène, le temps d'un spectacle tout en sensibilité aigue, en subtile distance, en émotion. Le travail à la chaîne, les grèves, la solidarité, la chanteuse à la voix inoubliable en avait fait la chair de ses textes, comme elle mettait la poésie -Hugo, Verlaine, Aragon - ou des compagnons d'esprit en musique. Cette chanson engagée comme il n'en existe plus fait éclater une saine colère. Odja Llorca, robe rouge révolutionnaire, se coule dans les mots et les notes, la sincérité à fleur de peau. Qu'elle chante Louise Labé, a cappella, danse, rugisse ou murmure, elle est comme une petite s?ur qui dirait les paroles de la grande Magny. L'heure, intense, passe comme un souffle.


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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 12:39

Hugo.jpgSortie chez EPM d'un CD autour de Victor Hugo, dans la collection Poètes et Chansons.

 

On retrouve notamment Jacques Douai interprétant Les Tuileries de Victor Hugo mis en musique par Colette Magny.

 

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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 16:35

Lu dans l'édition du Mans de Ouest France du 05/03/09 :

Colette Magny était une grande dame de la chanson engagée et expérimentale. Reprenant son répertoire, les quatre artistes de la formation bordelaise Okamzik (qui signifie « dans l'instant », en tchèque) ont eu envie d'« offrir un foisonnement musical à l'image de ce que Colette Magny a exploré avec passion » et proposent, mêlant chansons et improvisations, un spectacle passionné, surprenant, « étirant l'élastique des possibles musicaux ».

Ils se produiront ce jeudi 5 et vendredi 6 mars, à l'Ecluse, où la première partie sera assurée par un onemanband, The big wireman.


OKAMZIK-Repression
envoyé par okamzik33

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Lu sur la page Internet du groupe Okamzik  :
Le spectacle a été créé le 21/08/05 en clôture du festival « Des Croches et la lune » à Verfeil-sur-Seye. Pourquoi là-bas? C. Magny a été à l'origine du festival, elle y avait une maison, elle y repose.
Colette Magny, grande dame de la chanson engagée et expérimentale. Comment résumer. C'est d'abord une voix, immense, très grave, timbrée à pleurer, qui charrie une émotion vertigineuse.
Puis un engagement absolu. Ses entêtements, ses coups de gueule, ses passions, ne suivaient aucune mode, ne supportaient aucune convention.
Elle chante ses textes engagés ou intimistes, le blues, les poèmes de L. Labé, M. Jacob, A. Artaud, V. Hugo, hurle les révoltes des peuples, chuchote ses inquiétudes de femme, scande la répression...
Tout au long de son parcours elle côtoie des musiciens d'horizons différents, du free-jazz pur à l'accompagnement virtuose classique. La liste est longue et étonnante. L'écoute de tous ses albums est une traversée exceptionnelle d'univers pouvant être radicalement différents les uns des autres. On n'en sort pas indemne.
Bon voyage.
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