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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 13:32

Extrait de l'article de Jean-Dominique Burtin (intitulé "Collection Magny prend ses marques à Fleury : un projet en belles voix" paru le 28/04/2010 dans la République du Centre :

 

C'est une élégante entreprise à laquelle se consacrent actuellement cinq chanteuses orléanaises et trois musiciens qui ont décidé de servir avec enthousiasme et fraicheur l'oeuvre tourbillonnante et profonde de Colette Magny.

 

 

 

CollectionMagny.jpg

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 18:17

Paru sur le site "Le hall de la chanson" :

 

hall.jpgColette Magny
Auteure, compositrice, interprète
(1926-1997)


Colette Magny naît à Paris le 31 octobre 1926. Son père est épicier. Sa mère entame une carrière d’actrice sur le tard. Colette Magny se passionne pour le chant par le biais de sa mère qui est également chanteuse lyrique amateur. En 1948, elle entre à l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) comme secrétaire bilingue et traductrice. Son intérêt pour la culture anglophone et pour le chant l’amène à écouter de grandes voix du blues, telles Bessie Smith, Ma Rainey et de jazz comme Ella Fitzgerald. Le musicien de jazz Claude Luter qu’elle fréquente lui apprend les rudiments de la guitare et du banjo. Colette Magny chante en s’accompagnant à la guitare tout d’abord pour ses amis, des reprises de blues, puis ses propres compositions. En 1962, à 36 ans, elle quitte son travail et décide de se consacrer à la chanson. Au printemps de la même année, elle se produit au cabaret la Contrescarpe. Elle chante également à la Vielle grille, au Port du salut, Chez Monique Morelli… Mireille la remarque à la Contrescarpe et l’invite dans son Petit Conservatoire. Le 8 décembre, Colette Magny y chante en direct à la télévision et le grand public découvre sa version de « Saint James Infirmary ».  En 1963, elle sort un premier 45 tours quatre titres avec deux reprises de Bessie Smith (« Basin Street Blues » et « Nobody knows you when you’re down and out ») et deux compositions personnelles (« Melocoton » et « Co-opération »). « Melocoton » devient un tube, le seul de sa carrière, et Colette Magny passe en lever de rideau en avril à l’Olympia, avec Pierre Vassiliu, du spectacle de Sylvie Vartan et Claude François. En 1964, elle publie Frappe ton cœur, 33 tours 25 cm, comprenant huit chansons originales en français (« Frappe ton cœur », « Choisis ton opium », « 4 C »…), enregistrées avec le guitariste de blues noir américain Mickey Baker. Colette Magny y utilise la technique de collage de textes, en mélangeant des citations de différents auteurs avec ses propres mots (« Frappe ton cœur » et « Choisi ton opium »). Elle aborde les thèmes du racisme au quotidien (« Le beurre et la frite »), de l’indifférence sociale («  Le mal de vivre »), du danger nucléaire (« 4 C »)… Son premier album 33 tours communément appelé Les Tuileries paraît en 1965. Il comprend quatre blues en anglais dont « Rock me more and more » et « Any Woman’s blues », trois compositions personnelles (« Melocoton », « Co-opération » et « La terre acquise »). Le reste est consacré à la mise en musique de poèmes. Colette Magny chante les vers de Victor Hugo (« Les Tuileries », « Chanson en canot »), d’Arthur Rimbaud (« Chanson de la plus haute tour »), de Rainer Maria Rilke (« Heure grave »), d’Antonio Machado (poète espagnol, « J’ai suivi beaucoup de chemins »), d’Antonio Jacinto (poète angolais, « Monangamba »). Avec André Almuro, compositeur, membre du Groupe de recherches musicales (GRM) de la RTF (Radiodiffusion Télévision Française), elle aborde la musique électroacoustique contemporaine. En 1966, sort Avec, long poème récité et chanté par Colette Magny (composé de ses propres textes, de poèmes de Guy Lévis Mano et de Rilke, de citations tirées de la presse du moment sur le thème du surarmement…), sur une structure musicale d’Almuro. L’année suivante avec l’album Vietnam 67, Colette Magny se pose véritablement en chroniqueuse militante de son époque : guerre du Vietnam (« Vietnam 67 »), soutien à Cuba (« Viva Cuba »), aux grévistes des chantiers navals de Saint-Nazaire (« A Saint-Nazaire »), dénonciation des maladies causées par la bombe atomique (« Bura-Bura » sur les rescapés d’Hiroshima) alors que la France vient de procéder à des essais nucléaires aériens en Polynésie… Elle met également en musique deux poètes du XVIe siècle : Oliver de Magny (« Aurons-nous point la paix ? » qui condamne la guerre) et Louise Labbé (« Baise m’encor ‘ ») ainsi que Vladimir Maïakovski (« Désembourbez l’avenir ») et une nouvelle fois Victor Hugo (« La blanche aminte »).

Colette Magny continue de mélanger textes chantés, parlés, cris, phrasés libres et collages sonores sur Magny 68/69 paru en 1969. Cet album est un véritable témoignage sur les évènements de Mai 68 en France, la révolte étudiante et ouvrière. « Nous sommes le pouvoir » utilise des documents sonores de William Klein et Chris Marker pris sur le vif au Quartier Latin. Colette Magny y avoue « se planquer » dans les usines et chanter pour les travailleurs alors que les étudiants se battent dans les rues. Un peu plus loin, une étudiante rassure une mère par téléphone qui n’a pas de nouvelles de son fils… « La fin de tout » propose un collage de textes de Max Jacob sur une musique expérimentale. « Le Boa » commence par la première prise de parole d’une jeune délégué CGT et décrit à la première personne l’existence d’une ouvrière qui travaille à la chaîne en usine. « La pieuvre » dénonce les conditions de travail des ouvriers de la pétrochimie française. « Ensemble » aborde le thème de la grève en usine… Colette Magny évoque en fin de disque les révoltes anti-impérialistes avec « L’écolier soldat », « Dur est le blé » (texte de Louis Soler sur la guerre d’Algérie) et « Lorsque s’allument les brasiers » (comprenant des citations d’ Ernesto Guevara). Avec Feu et Rythme en 1970, Colette Magny se libère des structures traditionnelles de la chanson (couplets/refrains, versification, mélodie) et introduit le free jazz dans sa musique. Elle y est entourée de deux contrebassistes, Beb Guérin et Barre Phillips et d’une choriste, Dane Belany. Elle rend hommage à la race noire et à sa culture avec ses propres mots (« K3 blues », « U.S.A. Doudou ») ou en empruntant ceux de Agostinho Neto, poète et homme politique angolais (« Feu et rythme ») et de LeRoi Jones, poète et militant noir américain (« Brave nègre »). Elle met en musique Pablo Neruda (« Soupe de poissons », « L’église de Taban »), Lewis Carroll (« Jabberwocky ») et Max Jacob (« Malachites »).

Colette Magny persévère dans la voie du free jazz avec Répression en 1972. La première face est enregistrée en continue en compagnie des meilleurs musiciens de free jazz présents à Paris à l’époque : Beb Guérin (contrebasse), François Tusques (piano), Bernard Vitet (trompette), Juan Valoaz (saxophone alto) et Noël McGhee (batterie). Colette Magny y reprend des slogans et textes des Black Panthers (Oink Oink : « Babylone », « Cherokee », « Djoutche », « Libérez les prisonniers politiques »). La deuxième face est enregistrée avec les deux contrebassistes du disque précédent. Magny y dénonce les formes de répression (« Répression »), témoigne de la vie des mineurs (« Chronique du Nord »), soutient le peuple basque (Camarade-curé » avec des chœurs en langue basque)… A cette époque, Colette Magny est censurée à la radio, ne passe pas dans les médias. Elle se produit en concert dans les maisons de la culture, lors de manifestations politiques, de galas de soutien…

En juin 1974, elle donne un concert dans un village du Haut Var en compagnie de Maxime Le Forestier, de Léo Ferré, Mouloudji, Imanol et de Joan-Pau Verdier. Une partie des bénéfices permet l’enregistrement du disque Chili, un peuple crève, paru en 1975. On y retrouve Maxime Le Forestier, sa compagne Mara et Colette Magny qui y interprète trois chansons des chiliens Violeta Parra et Victor Jara (ce dernier ayant été assassiné en septembre 1973 par les militaires après le coup d’état). En 1975 paraît Transit (« La panade », « Les cages à tigre », « la bataille », « Le pachyderme », « Ras la trompe »…) Colette Magny enregistre avec le Free Jazz Workshop de Lyon dont fait partie à l’époque le jeune Louis Sclavis (clarinette basse, saxophone soprano). Au printemps 1976, Colette Magny monte le spectacle Visage-Village à la Cartoucherie de Vincennes, autour de peintures et sculptures de Monique Abecassis et de musiques de Lino Léonardi. Ce spectacle évoque la vie d’une femme dans un environnement rural. L’album Visage-Village paraît en 1977.
Elle travaille par la suite dans les Vosges avec un groupe d’enfants handicapés d’un institut médico-pédagogique. Elle enregistre leurs voix, leurs improvisations à l’aide de différents instruments dont certains fabriqués par eux-mêmes. Ce disque collectif, Je veux chaanter est publié en 1979.

Colette Magny monte un spectacle sur la conflit israélo-palestinien au Théâtre de la Ville (« Un juif à la mer un palestinien au napalm »), rend hommage à Antonin Artaud avec un album comprenant un montage de ses textes (Thanakan, 1980).
En 1983, elle revient à des formes plus traditionnelles, au blues et au jazz de ses débuts avec l’album Chansons pour Titine enregistré avec des musiciens de jazz : Patrice Caratini et Henri Texier (contrebasse), Claude Barthélémy (guitare), Maurice Vander (piano), Jean-Pierre Chaty et Richard Foy (saxophones)… Elle y reprend des standards (« Strange Fruit » interprété à l’origine par Billie Holiday, «You Go To My Head », « My Heart Belongs To Daddy » de Cole Porter, « The House Of The Rising Sun » chanson folk traditionnelle américaine, « All Of Me », «Young Woman's Blues de Bessie Smith …), y chante l’hymne des Black Panthers (« The Meeting »), une nouvelle version de « Melocoton » et « Prison » (poème de Paul Verlaine sur une mélodie de Gabriel Fauré). Elle se produit au Festival d’Avignon et au Théâtre de la Ville.

Sans maison de disques elle lance une souscription par le biais du journal Télérama pour pouvoir sortir en 1989, Kévork (« Quand j’étais gamine », « Exil », « Sphinx de nuit », « Caqueta »…) Evocation de la pintade, symbole pour Colette Magny d’une intransigeante liberté, ce disque bénéficie de la direction musicale de Michel Precastelli (également compositeur de certains titres), d’Hélène Labarrière à la contrebasse, d’Aldo Romano à la batterie, de César Stroscio au bandonéon…
En 1991, elle publie un album d’inédits avec « Rap toi d’là que je m’y mette », « La terre acquise », mais aussi une reprise de « Love me tender » d’Elvis Presley.
Elle a inspiré des chanteuses comme Catherine Ribeiro ou Mama Béa Tekielski.
Colette Magny est décédée le 12 juin 1997 à Villefranche-de-Rouergue dans l’Aveyron. Elle disait : « … Dans la famille coup de poing, Ferré c’est le père, Ribeiro la fille, Lavilliers le fils. Et moi la mère ! ».

© Le Hall de la Chanson

 

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A l'occasion des 40 ans du Mouvement de Libération des femmes, le Hall de la Chanson (Centre National du Patrimoine de la Chanson, des Variétés et des Musiques Actuelles) publie sur son site du 8 mars et jusqu’à fin décembre 2010, des pages (biographies, des interviews (audio et vidéo) inédites, des photos, des extraits de chansons à entendre…) sur le thème Femmes en Chansons :
http://www.lehall.com/actus/femmes_en_chansons.htm

 

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Published by Pierre Prouveze - dans Article
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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 13:00

femmes.jpgUn CD regroupant Michèle Bernard, Anne Sylvestre, Sapho, Diane Dufresne, Hélène Martin et Colette Magny ("L'eau c'est la souffrance des femmes", "Exil") vient de paraître.

 

Présentation de ce disque :

"Jadis en France, certaines femmes disposaient du droit de vote. Après l'avoir perdu à la fin du quinzième siècle, il leur faudra patienter près d'un demi millénaire pour le retrouver en 1944 mais cette fois, toutes les femmes sont électrices. Dès lors, la reconnaissance s'accélère. Une femme devient « Premier ministre » de notre pays, une autre est présente au second tour des élections présidentielles, plusieurs d'entre elles sont aujourd'hui à la tête d'importants partis politiques, de ministères ou d'entreprises. Elles renouent avec leurs ancêtres du Moyen Âge qui géraient les grands domaines et les abbayes. Il en est ainsi dans les domaines artistiques et notamment dans ceux de la poésie et de la chanson à caractère littéraire. Les longs siècles de mise sous le boisseau sont révolus et les voix féminines retrouvent une notoriété qu'ont connu en leur temps Marie de France, Christine de Pisan ou Louise Labé. De plus, la fin des années cinquante marque un tournant irréversible. Les femmes prennent possession de l'ensemble des faces de leur métier. Interprètes de premier plan sans conteste possible mais aussi auteures, compositrices, productrices, éditrices....

Portées par des musiques ouvertes à la diversité des formes, les six artistes de ce CD affirment cette évolution et leurs chansons jettent sur l'état du monde une réflexion libérée de la tutelle masculine. Leurs paroles témoignent de la conquête par les femmes de disposer de leur propre corps, du droit d'avorter, de la possibilité de vivre pleinement tous les âges de la vie. Elles proposent une réflexion écologique bien avant sa grande médiatisation, qu'il s'agisse du pillage et de la destruction des ressources naturelles, de l'extinction des peuples et des espèces les plus fragiles ou de l'utilisation, dans le plus grand secret, de substances nocives pour l'être humain. Elles évoquent la lente et difficile accession à l'égalité entre les hommes et les femmes. Ces chansons n'oublient pas leurs illustres devancières au nombre desquelles l'inflexible Louise Michel qui, déportée en Nouvelle Calédonie, s'emploie à instruire les enfants de l'île et applique dans des conditions hostiles, ses généreuses conceptions de la vie. Elles affirment, encore et toujours, la chance vitale que constitue pour un pays l'afflux des immigrés, reléguant par la même, au rang de l'agitation politicienne, le débat sur l'identité nationale. Six auteures-compositrices-interprètes parmi tant d'autres que nous aurions aimé joindre pour affirmer l'ampleur des bouleversements de la place de la femme." B. Ascal

 

"L'eau c'est la souffrance des femmes"

  

 

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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 11:34

INA.jpgChanteuse politique et singulière, Colette Magny a marqué la chanson française de ses textes engagés et de son timbre puissant. Censurée dans cette France bien pensante des années 60, cette insoumise savait manier ses mots et ceux des autres, la guitare et le piano pour transmettre sa révolte et la poésie de Victor Hugo.

 

L'INA reproduit plusieurs reportages consacrés à Colette Magny : Colette Magny à propos de l'engagement politique de ses chansons, Colette Magny à propos de son disque Inédit 91, Colette Magny interprète "Répression"...

 

Cliquez ici pour les consulter

 

 

 

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 11:38

Billet publié sur le blog "Bout du Monde" parmi les "Female singers" :

 

bout-du-monde.jpg

 

Colette Magny n’est pas connue du grand public malgré un succès estimable dans la décennie 1963-1973. Elle fut boudée par la plupart des médias (les radios, surtout, à l’époque) et censurée par les gouvernements de droite.

 

Elle fait partie pour moi des Female Singers prestigieuses, même si elle a toujours refusé qu’on la surnomme «chanteuse française de blues». Sa parfaite connaissance de l’américain, les inflexions bluesy de sa voix, un vibrato puissant, et son sens de la mélodie robuste, ainsi qu’une bonne oreille pour le swing (même si le batteur Daniel Humair se plaignait de ses erreurs avec la mesure), font d’elle une  grande chanteuse «jazzy» au sens noble, souvent accompagnée par d’excellents musiciens de jazz. Je ne crois pas être le seul à la trouver aussi poignante que Bessie Smith, Billie Holiday et Nina Simone. C’est tout dire...

 

Un petit détail qui n’est relevé nulle part et qui pourtant circulait beaucoup dans les «milieux autorisés» de l’époque : sa psychanalyse aurait duré très longtemps. Si seulement je pouvais me souvenir où j’ai lu qu’elle en parlait à l’époque !

 

Sa grande poésie à elle qui a si bien chanté les poètes : blues-gauche révolutionnaire-psychanalyse.


Melocoton a été son plus grand succès populaire. Pour moi sa plus belle chanson, celle qui met le mieux en valeur la finesse de ses qualités vocales, est Richard II Quarante (texte d’Aragon) qu’on trouve sur son premier Melocoton en 33 tours (1964).

 
A noter que je fais partie de ceux qui ne croient guère qu’elle sera réellement rééditée un jour... Il faut donc peut-être se dépêcher de conserver d’elle ce que l’on peut !

 

Eléments de biographie

 

- Elle naît le 31 octobre 1926 dans le 4ème arrondissement de Paris, ville où elle habitera jusqu’en 1977 environ (rue des Flandres, notamment)

 

- On sait qu’elle commence par travailler dans une usine américaine de lunettes comme secrétaire, puis à la Conférence des Céréales du Grand Palais, puis comme secrétaire bilingue de 1948 à 1962 à l’OCDE [Organisation de Coopération et de Développement Economique]

 

- Durant sa jeunesse, elle fréquente manifestement les clubs de jazz et les cabarets pour écouter de la musique mais aussi pour y chanter des blues et des standards américains. Elle y rencontre Claude Luter et Mezz Mezzrow. Ce dernier l’encourage à poursuivre le chant, et lui apprendrait à jouer d’une guitare à trois cordes, le triplet.

 

- Il semble que ce soit dans sa trentième année qu’elle se découvre sympathisante d’extrême gauche à partir de meetings contre la guerre d’Algérie. Elle restera viscéralement très à gauche toute sa vie malgré quelques différends avec les camarades du P.C. ou des partis gauchistes.

 

- 1962- Décidant de sauter le pas et de ne plus se consacrer qu’à la chanson, s’inscrivant au Petit Conservatoire de la Chanson de Mireille (qui n’est pas d’accord avec ses choix de paroles), elle se jette à l’eau et se produit un peu partout dans des cabarets, des concerts improvisés, des créations théâtrales et même à la télévision (il existe quelques archives du milieu des années soixante) pour y chanter ses propres chansons très inspirées par de nombreux poètes.

 

- 1963 est l’année où elle a un succès fou avec sa seule chanson célèbre Melocoton qui fera un tabac populaire, notamment à l’Olympia où elle se produit au mois d’avril en première partie de Claude François et Sylvie Vartan et leur vole la vedette.

 

Succès dans les couches contestataires des mouvements de la jeunesse et politiques de la gauche révolutionnaire. 68 est passé par là et est une source d’inspiration pour elle qui nous la restitue avec une fraîcheur toujours d’actualité.

 

- 1975 - A partir de cette année et pour des raisons mal définies, elle disparaît assez brusquement de la vie publique pour ne plus avoir qu’un succès d’estime, réduit, mais très fidèle.

 

- 1977 - Elle commencerait à s’installer dans le Tarn-et-Garonne au hameau de Selgues dans la commune de Verfeil-sur-Seye. Elle y fondera l’Association Act’2 et le Festival Des Croches Et La Lune où se produiront d’excellents musiciens. Elle y finira sa vie.

 

- Elle meurt dans une indifférence quasi générale et d’une longue maladie le jeudi 12 juin 1997 à l’hôpital de Villefranche-de-Rouergue dans l’Aveyron. Elle a 70 ans. Il n’y a pas grand monde à son enterrement. Catherine Ribeiro, une des chanteuses qui lui doivent beaucoup, chantera au retour J’aurais Tant Aimé Danser jusqu’à la fin de mes jours (une chanson magnifique de Colette Magny qui s’entremêle à une autre, La Mort Me Hante, sur sa cassette Visage-Village).

 

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 08:29

COULEURS de Colette MAGNY
envoyé par prouveze

A propos de cette vidéo :
Sur des peintures de Colette MAGNY, des photos de son village Verfeil-sur-Seye, et des chansons et textes de gens qui ont aimé Colette Magny, elle-même chante en hommage à Herbert Pagani la "Leçon de peinture" . Didier Brassac 
dit un texte de Michel Ragon "Je suis", des chanteurs des Amis de chansons de l'évévément chantent "Bura Bura" de Colette Magny.
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Published by Pierre Prouveze - dans Autour de l'oeuvre
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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 09:47

sauger.jpgExtrait du livre "Portraits croisés - Francesca Solleville, Allain Leprest" de Véronique Sauger (Ed. Les points sur les i) page 63 :

 

Pour Francesca Solleville, "alors c'est décidé : plutôt s'adresser à l'âme qu'accepter de s'enchaîner avec des mots qui se répètent sans paradoxe, quitte à ne pas mettre les formes, dans la musique comme dans la vie. A ce propos, Colette Magny (une insoumise à la voix grave et aux textes engagés) est un exemple pour Francesca. Elle ne fait pas carrière, c'est le monde qui s'attache à ses pas et les piquets de grève qu'elle fréquente mûrissent sa voie..."

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 08:28
Un spectacle autour de l'oeuvre de Colette Magny est programmé le mardi 27 Avril 2010 à 20h30 à La Passerelle - 57 boulevard de Lamballe - Fleury les Aubrais (45400) - Tel : 0238830951

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 11:50

60-copie-1.jpg

 

Dans l'album de 4 CD "100 plus grands titres des années 60", figure sur la plage 16 du disque 3 "Melocoton" de Colette Magny

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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 12:32

Publication sur le site de France Musique pour l'émission "Les Greniers de la mémoire", de Karine Le Bail & Philippe Tétart le samedi 17 octobre 2009 de 12h à 13h :


Colette MAGNY
« L’Ella Fitzgerald » de la chanson française… ou Colette Magny. D’elle, on ne se souvient guère que de Melocoton, succès de 1963. Pour le reste, cette chanteuse haute en couleur, curieuses d’explorations sonores et qui passa sa vie à chanter ses indignations, ses convictions, est trop méconnue. La faute, sans doute, à sa foi inébranlable dans un devoir de révolte que certaines oreilles trouvèrent sans doute dérangeante. C’est ce personnage singulier, inclassable, que Les Greniers vous invitent à découvrir grâce aux archives de l’INA. Bonne écoute !

Née à Paris en 1928, Colette Magny débute sa carrière à 36 ans, après avoir quitté son poste de secrétaire à l’OCDE. Passionnée de chant, et en cela héritière de sa mère – qui était chanteuse lyrique amateur – elle ne chante d’abord que pour ses amis, en s’accompagnant à la guitare. Des Amis qui peinent à la convaincre de sauter le pas. Mais elle finit par s’y essayer : au printemps en 1962 elle passe une audition à La Contrescarpe. Elle est aussitôt retenue. Le cabaret ne la reprend pas dans son programme de l’automne, mais les téléspectateurs la découvrent lors d’une apparition télévisée dans le « Petit Conservatoire de la Chanson » de Mireille, en décembre. S’ensuit une ascension rapide : elle est sur la scène de l’Olympia en 1963, où elle fait le lever de rideau, avec Pierre Vassiliu, du show de Claude François. La même année, Melocoton devient un tube. Mais elle préfère, comme depuis des années, reprendre, de sa voix puissante, les grands standards de la musique noire américaine. Tout au long de sa carrière elle soulignera d’ailleurs combien ce premier et unique succès populaire lui permis certes de faire carrière mais l’encombra bien souvent.
Après cette soudaine sortie dans la Lumière, retour à l’ombre du militantisme et de l’expérimentation musicale. Loin des médias qui la boudent, elle poursuit une carrière de chanteuse militante, écrivant en français les émotions, les peines et les indignations du quotidien qu’elle aime tant retrouver dans le blues. Son album de 1968 témoigne de cette facette ; elle y développe ses thèmes de prédilection : révolution, tiers-mondisme, soutien aux mouvements ouvriers, avec des titres comme Vietnam 67, A Saint-Nazaire, Les Gens de la moyenne. Elle met aussi des poèmes et des textes en musique : Verlaine, Rilke, Hugo, Artaud. Au cours des années 1970, elle goûte successivement à la musique contemporaine, au free jazz, au rock progressif, avant de revenir à une forme musicale plus traditionnelle avec l’album « Bluesy, bluesy. Chansons pour Titine » qui marque un retour sur soi (1983). Elle poursuit sa carrière, donnant de temps à autre des interviews qui nous permettent de la retrouver aussi entière qu’elle savait être, loin des projecteurs, mais avec un cœur d’éternelle humaniste, un rire sans pareil et une capacité d’indignation intacte. Sa marque en somme. « Dans la famille coup de poing, Ferré c’est le père, Ribeiro la fille, Lavilliers le fils. Et moi la mère ! », disait Colette Magny, qui nous a quitté le 12 juin 1997.

 


Voir citation extraite de cette émission

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