Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 09:08

Radio Galère (88.4)
3 janvier, 7 février, 7 mars, 4 avril de 10h à 11h
Tous les premiers mercredi du mois, Radio Galère réalise, au Bar de la Friche, l’enregistrement public d’une série d’émissions autour de Colette Magny, en présence notamment de Pierre Prouvèze, Didier Brassac, Jean-Marc Lebihan...

 

www.lafriche.org

 

 

Repost 0
2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 07:32

Extrait page 232 du livre "Jean Ferrat, Je ne chante pas pour passer le temps" de Daniel Pantchenko (Fayard, 2010) :

 

Philippe Constantin [préparant un article pour le numéro de mai 1968 du mensuel Rock & Folk] reproche à Ferrat d'entretenir l'image d'une révolution cubaine folklorique; très souvent, ses questions sont beaucoup plus longues que les réponses de son interlocuteur soumis à une espèce de feu roulant : "Je pense que les autorités ont réellement compris le danger de Potemkine, le sentiment de révolte. Elles n'en ont pas vu dans Cuba si, Cuba si donne bonne conscience : j'écoute ça donc je suis de gauche, et je me rassois dans mon fauteuil; elle parle de quelque chose qui représente un réel danger pour le capitalisme, mais elle n'est pas interdite. Elle parle d'un danger, mais elle n'est pas dangereuse, comme l'est par exemple Le Mal de vivre de Colette Magny, interdit et c'est dans la logique du système".

 

Daniel Pantechenko complète cette citation par l'annotation suivante (p. 236) :

Dans l'album, Frappe ton coeur, paru en octobre 1963 au Chant du Monde, que Colette Magny a rejoint après que CBS lui eut refusé Le Mal de vivre, chanson intermondialiste (France, Afrique, Cuba...) conçue entre le récitatif et le cri, qui commence par "Fait divers : un jeune homme de dix-huit ans s'est suicidé. Voici ce qu'il a écrit : "Les hommes vivent comme des loups"" et entretient un leitmotiv : "J'ai le mal de vivre... Un grand espoir, et c'est Cuba." Cette chanson sera réintégrée, quatre ans plus tard sous le titre Viva Cuba, dans l'album Vietnam 67. Colette Magny est décédée le 12 juin 1997.

Repost 0
21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 16:53

les femmes de la chansonExtrait des pages 153 et 154 du livre "Les femmes de la chanson - Deux cents portraits de 1850 à nos jours" de Yves Borowice, Claude Antonini, Laurent Bolandr, Jacques Mandre, Christian Marcadet, Martin Pénet, Nicolas Vallée, Jean Viau (paru le 27/10/2010 - Ed. Textuel - 271 pages).

 

Colette Magny

Paris, 1926 - Villefronche-de-Rouergue, 1997
" II me faut inventer un langage, choisir des mots et des phrases construits de telle sorte qu'ils puissent se placer comme je le sentirai dans l'instant." Et en inventant, choisissant, construisant, Colette Magny est devenue un cas absolument à part dans la chanson française.
Fille d'un contremaître et d'une mère au tempérament artiste, Colette souffre dès sa jeunesse d'une obésité qui la handicapera toute sa vie. Initiée au jazz par Claude Luter, elle se passionne pour le blues et les chanteuses noires. À 36 ans, après avoir été quinze ans dactylographe bilingue à l'OCDE, elle se lance dans les «variétés»... Elle fait ses premiers pas au Cabaret de la Contrescarpe avec un répertoire en anglais, puis fréquente le Petit Conservatoire de Mireille, qui la présente à la télévision.
femmes-magny.jpgEn 1963, le succès de sa chanson Melocoton est fulgurant et la conduit à l'Olympia en première partie de... Sylvie Vartan, mais il est sans lendemain. Elle refuse de devenir la blues-woman blanche promise au succès et son répertoire personnel, plus politisé (Co-opération, Viva Cuba), ne plaît pas à CBS. L'éditeur progressiste Le Chant du Monde la prend sous contrat, lui offre toute liberté de création et une série d'albums mémorables verra le jour: Frappe ton cœur, VietNam 67, Feu et Rythme, Répression, Transit, jusqu'à Visage-Village, son chef-d'œuvre de 1977.
Parallèlement, elle se produit sur des scènes conformes à ses convictions: la Cartoucherie, la Fête de l'Humanité ou celle du PSU, mais aussi dans les foyers déjeunes travailleurs, les MJC, les usines occupées. Son répertoire composite reflète une grande cohérence de la forme et du fond. Il défie le monde du spectacle par sa diversité : blues magistralement interprétés, free jazz, mélodie française, poèmes mis en musique (Hugo, Aragon, Louise Labé, LeRoi Jones, Neruda...), chansons-collage truffées de citations ou écrites au cœur des luttes. Ses thèmes dérangent: la répression policière, le conflit israélo-palestinien, les enfants handicapés. À l'occasion, Colette pratique l'humour voire l'autodérision comme dans le célèbre Ras-la-trompe ("Je suis un petit pachyderme de sexe féminin").

Elle invente une écriture très personnelle, fruit d'une recherche formelle exacerbée, faisant éclater le genre jusqu'à chanter le dictionnaire ! Avec une diction et une articulation qui swinguent naturellement, elle recompose les textes à partir de leur rythme propre afin de leur donner du sens. Sa voix vient des tripes : elle systématise l'usage du cri, les borborygmes, les coulées verbales à la scansion hachée, les modulations inédites. À son crédit, de nombreuses collaborations inter-arts avec le free jazz (François Tusques), la musique classique (Sylvie Dubal) ou contemporaine (André Almuro), le rhythm'n'blues (Mickey Baker) et les arts plastiques (Ernest Pignon-Ernest). Elle s'implique dans des créations collectives: Femmes en lutte avec Catherine Ribeiro et la Haïtienne Toto Bissainthe, Chili: un peuple crève... avec Le Forestier et Mara ou, en 1979, avec les enfants d'un institut médico-pédagogique. Éveillée à la politique au temps de la guerre d'Algérie, elle hurle mieux que quiconque les révoltes d'alors. Un temps, ses spectacles furent perturbés par des militants intransigeants, au point qu'elle délaissa la scène plusieurs années.
On ne peut citer que quelques joyaux parmi les 230 titres enregistrés : Saint James Infirmary, Les Tuileries, VietNam 67, À Saint-Nazaire, Jabberwocky, Répression, Chronique du Nord, La Panade, La mort me hante, Quand j'étais gamine... Respectée par la profession (nombreux prix Charles-Gros) bien que boudée du grand public, d'une rare rigueur artistique et morale, Colette était généreuse jusque dans ses emportements, qui cachaient mal une nature sensible. Sa corpulence impressionnante avait une certaine grâce et elle exerçait une séduction réelle sur les publics féminins, mais resta toujours discrète sur ses amours particulières. Malade de la colonne vertébrale, elle vécut ses dernières années dans une semi-retraite et des conditions précaires. Avant que ses saintes colères et son rire tonitruant ne laissent un grand vide.
C.M.


Ecouter • Melocoton [1965], CD Versailles/Sony Music n"VER 488 602-2, 1997 • VietNam 67, Mai 68, CD CMP/Scalen'Disc n° CPMCD 071 SCA 470, 1993
Lire • Sylvie Vadureau, Colette Magny: citoyenne-blues, Éditions Mutine, 1996

Repost 0
10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 11:46

LavilliersLu pages 295, 310 et 311 dans "Les vies liées de Lavilliers" de Michel Kemper  (Ed. Flammarion) au sujet de suspection de plagiat dans l'oeuvre de Lavilliers :

 

" Outremer est une chanson suspecte. À rapprocher d'Heure grave, texte de Rainer Maria Rilke, dans une traduction et une interprétation de la chanteuse Colette Magny (Album 30 cm Colette Magny, 1965, CBS réf. 62 416) :
    Qui maintenant quelque part dans le monde
    Sans raison pleure dans le monde
    Pleure sur moi [...]
    Qui maintenant marche quelque part dans le monde
    Vient vers moi.
                            (Heure grave - Rainer Maria Rilke)

Même si le sens diffère singulièrement du texte souche, la « version » de Bernard Lavilliers adopte une composition proche ;
     Qui / maintenant / Pleure encore / Outremer
     Qui / Quelque part / Pleure encore / Pourquoi [...]
     Qui, Maintenant  Marche encore / Outremer
     Qui / Quelque part / S 'éloigne / De moi.
                            (Outremer - Bernard Lavilliers, 1991)
[...]

Prendre au texte souche toute sa substance, oui... quitte à en faire tout autre chose ensuite, voire à lui faire dire exactement le contraire ! Exemple chez Rilke, pour Heure grave :

    Qui maintenant marche quelque part dans le monde
    Vient vers moi.
Qui, une fois mué en Outremer chez Lavilliers, devient :

    Qui maintenant  marche encore outremer
     Qui quelque part s''éloigne de moi

 

 

Colette Magny toujours. En 1968, l'auteure de Mélocoton ose jeter de la musique aux pieds des vers de Victor Hugo, sur les Tuileries. Vingt ans plus tard, ce texte inspirera Bernard pour son fameux On the Road Again, titre vedette de l'album If. Convenons qu'il est intéressant: de se pencher sur ce "tube", de tenter d'en extraire l'ADN. Hugo d'abord :
     Nous sommes deux drôles

     Aux larges épaules

     De joyeux bandits

     Sachant rire et battre.

                      (Les Tuileries - Victor Hugo)
[Cela devient chez Bernard Lavilliers :]

     Nous étions jeunes et larges d'épaules
     Bandits joyeux, insolents et drôles
     On attendait que la mort nous frôle

                      (On the road again - Bernard Lavilliers, 1988)

 

Repost 0
Published by Pierre Prouveze - dans Publications
commenter cet article
10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 11:21

Lavilliers.pngLu page 19, 81 dans "Les vies liées de Lavilliers" de Michel Kemper  (Ed. Flammarion) :

 

A Firminy, à la mi-mars 68, Bernard Lavilliers "se produit pour trois jours à la Maison de la culture, en première partie de la grande et poignante Colette Magny qui dira un jour de lui : "Dans la famille Coup de poing, Ferré c'est le père, Ribeiro la fille, Lavilliers le fils. Et moi la mère"."

 

Page 220 :

La première édition du Printemps de Bourges se déroule en avril 1977.
"Bernard sera évidemment au proeramme, à la suite de Toto Bissainthe et de Colette Magny : « Lavilliers-Magny, je revendique ce mariage, précise [Alain] Meilland [de la Maison de la culture de Bourges], car je savais que Bernard avait très envie de partager l'affiche avec Colette, que je connaissais bien par ailleurs, ayant travaillé chez Jean Dasté avec la comédienne Claude Ferna, la mère de Colette".

Repost 0
Published by Pierre Prouveze - dans Publications
commenter cet article
17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 08:30

L’Association Les amis de chansons de l'évènement et Pierre Prouvèze vous invitent à :
FILM EN CHANTIER (entrée libre)
les jeudi 30/09, 04/11, 30/11/2010 et 06/01/2011 de 18h30 à 20h30

au Nomad’Café (11 Bd de Briançon 13003 Marseille - Métro Bougainville)

Pierre Prouvèze propose de faire le point sur l’avancée du film "Sur les pas de Colette Magny" dont on peut se poser la question en quoi elle fut un cri chanté de la décennie rouge en France, elle qui était allée du succès de Melocoton à Kevork ou le délit d'errance, cela pour en faire un portrait avec textes et partitions de chansons, archives, témoignages, correspondance…

Pour cela nous vous invitons à 4 séances de travail dont nous définissons les thèmes :

 

- le 30/09/2010 : autour d’Un juif à la mer, un Palestinien au napalm, spectacle que Colette Magny avait écrit, improvisé et présenté au Théâtre de la Ville en 1977 avec Henri Texier et Patricio Villaroel, et l’aide de Sarah Alexander, à l’époque où personnellement mais aussi avec les Amis de chanson de l'évènement, nous sommes signataires de Musiciens avec Gaza.

 

- le 04/11/2010 : autour de Pena- Konga, autre ensemble de chansons que Colette Magny écrivit en relation avec les ouvriers immigrés de Pennaroya en 1972-1973, où l’on voit se déployer sa pratique d’enquêtes auprès des gens concernés et correspondances avec eux pour savoir si les mots sont justes, elle qui voulait chanter "la peine, le travail des gens". Des historiens, dont Laure Pitti, travaillent encore sur la question de la santé des ouvriers. Cela avait été précédé par la grève de la Rhodiaceta en 1967, et sa participation aux Groupes Medvékine.

 

- le 30/11/2010 : autour de la politique qu’elle rencontra tardivement en 1956, dont elle fut militante, mais surtout dont elle pensa avoir raté certain coche, notamment en 1968 (chanson Ensemble). Chanteuse engagée, malentendu ?

 

- le 06/01/2011 : autour de la voix, celle d’une « chanteuse noire » comme je la découvris en 1963, la pratique de la langue anglaise à travers le blues qui lui donna un vibrato particulier en français. Chanteuse de jazz, malentendu ?

 

Ces séances sont proposées à celles et ceux qui sont intéressés par Colette Magny,  la chanson en général, la chanson engagée (qui dégage)  en particulier.
Elles se dérouleront sous la forme d’un exposé, d’une écoute, de visionnage d’entretiens et de discussions.
Il s’agit d’un FILM EN CHANTIER car ce travail a commencé en 1999, a déjà réalisé une cinquantaine d’heures d’entretiens avec musiciens, amis, voisins, auditeurs, spectateurs, et est l’objet d’une recherche de production actuellement…
Alors à vous rencontrer.
Pierre PROUVEZE

Repost 0
Published by Pierre Prouvèze - dans Autour de l'oeuvre
commenter cet article
15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 07:49

Youcef-Tatem.JPGExtrait de l'article intitulé "Youcef Tatem : une vie de cinéma populaire et engagé" paru dans l'Humanité du 13/08/2010 :

 

Avec son verbe fluide et sa mémoire parfaite des noms et des années, Youcef pointe l’incontournable été 1967. Alors animateur à La Chapelle-en-Vercors avec Vagneron, Youcef y fait la connaissance d’un certain Pol Cèbe, qui vient y passer quelques jours avec ses enfants. «Cèbe était un mec très sérieux. Il m’a plus parlé de cinéma que de la grève qu’ils avaient menée à Besançon.» Youcef prend connaissance de la grève historique des ouvriers de la Rhodiaceta, menée en décembre 1967 à Besançon, dont Pol Cèbe, syndicaliste de la CGT et responsable de la bibliothèque de l’usine, est un des leaders. Une grève filmée par le cinéaste Chris Marker dans À bientôt, j’espère (1967).
C’est le début d’une forte amitié et d’une longue collaboration autour du cinéma militant et des groupes Medvedkine. «Les choses étaient simples. Je me suis retrouvé à aller à Besançon et à Clermoulin, où Cèbe s’occupait du centre de culture et de loisirs des usines Peugeot de Sochaux. Je rencontre aussi René Berchoud, fondateur avec Cèbe, dans un faubourg ouvrier de Besançon, du centre culturel populaire de Palente Orchamps.» Un vrai repaire d’agit-prop.
En juin 1968, âgé de vingt-deux ans, Youcef adhère au Parti communiste. Et rencontre ainsi des syndicalistes de la CGT à Noisy, comme Jean Thuizat et Jacky Sarrabeyrouse. Il se retrouve à donner des cours d’alphabétisation aux travailleurs algériens dans des hangars près de la mairie. À cette époque, le cinéma commence à prendre de plus en plus de place dans sa vie. Le ciné-club de Noisy est sur le point de fermer. Qu’à cela ne tienne. Il décide avec les cégétistes de le reprendre. Il s’appellera le 16/24. «C’est Jacky qui a trouvé le nom : 16 millimètres et 24 secondes/image.» La programmation allait de Jean Renoir à Pierre Prévert, en passant par Claude Autant-Lara et Bernard Paul. Dans ce relais militant de la première heure, Youcef diffuse aussi les films du groupe Medvedkine, les films militants cubains et les ciné-tracts faits à Besançon. «On avait près de 400 adhérents. La culture, c’était un enjeu énorme. C’est par là qu’on touchait les gens et qu’on les amenait à parler politique.» Youcef fait partie de cette «mayonnaise». «On se lie d’amitié, d’un coup de bagnole on va à Clermoulin. On rencontre Colette Magny, Francesca Solleville, Suzanne, syndicaliste et personnage principal du film Classe de lutte.» Jusqu’à participer lui-même à Week-end à Sochaux (1971) où il joue un ouvrier marocain. «Je reçois un coup de téléphone de Cèbe, qui m’explique que les ouvriers marocains ont peur de tourner une scène et d’apparaître à l’écran. Il me demande de venir avec quelques copains pour les remplacer. J’avais dit aux copains : allez, on va à la campagne pour faire du cinéma…»

Repost 0
10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 09:43

Vient de paraître chez EPM un disque autour des femmes poètes et où on a la chance de retrouver Colette Magny sur un texte de Louise Labé ("Baise m'encor'").

femme1

Repost 0
1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 15:41

la-chanson-de-proximite.jpgExtrait de "La chanson de proximité - Caveaux, cabarets et autres petits lieux" de Michel Trihoreau - L'Harmattan, pp. 104 à 106 :


Les années pompidoliennes et giscardo-libérales constituent un passage difficile, destructeur ; une traversée de la banquise dont beaucoup ne se remettront pas. Les crises pétrolières et la fin des Trente Glorieuses ne laissent plus à la culture que la portion congrue, la livrant sans défense aux négriers de l'industrie phonographique. Les maisons de disques se mondialisent, le temps des Canetti et Coquatrix est révolu.
La Chanson est en train de devenir non un art mineur, mais une source de profit  pour les maisons de disques qui se mondialisent. Les rescapés des années 60 voient petit à petit se fermer les derniers cabarets. L'émission de Luc Bérimont sur France Inter, La Fine Fleur de la Chason Française, leur permettra quelques temps d'atteindre un petit public qui leur reste fidèle. Ils ont pu s'insérer dans les circuits des MJC, des Centres culturels, grâce à des associations qui les font tourner.
Colette Magny, artiste atypique, chanteuse de nombreux blues français politisés et parsemés de pointes de philosophie, fera des chansons plus ou moins expérimentales avec des groupes denfants et d'immigrés; refusant toute concession, elle est exclue du show business qui ne retient d'elle que Melocoton :
"Melocoton où elle est Maman ?
- J'en sais rien, donne moi la main." (Melocoton, 1963)
Elle aura évoqué en chanson Mai 68, la guerre du Viet-Nam, la bombe atomique et bien d'autres sujets brûlants qui font l'Histoire.
Jean-Max Brua, chanteur totalement engagé dans la voie communiste, n'aura pas d'avantage accès aux médias. Pourtant il nous a laissé de belles chansons constestataires, comme 200m, sur les jeux Olympiques de Mexico ou Bateaux-Compagnies et quelques ballades joliment écrites dans l'intelligence et l'émotion.
"Il faisait chaud ce jour
Le chein dormait dans la poussière de la cour
Elle était à laver dans la cuisine
Quand la lumière a changé
Se tenait dans la porte
Un homme qu'elle ne voyait pas bien." (L'homme de Brive, 1972)
Jean Vasca, se fait connaître par l'émission de Luc Bérimont, enregistre à la Boîte à Musique et parcourt les cabarets, les MJC, Centres culturels et autres lieux privilégiés. On reproche parfois à ses chansons une sorte d'hermétisme qui n'est qu'un jaillissement hors de portée d'une énergie poétique libératoire.
"Par la poudre et par la mèche
Je ne veux vivre qu'en flèche
Et jouer avec le feu
Debout sans maître et sans dieu." (Vivre en flèche, 1970)
Ses chansons d'espace et d'humanité sont reconnues par les professionnels mais bien moins par le public, qui ne les apprécie que les rares fois où il a l'occasion de les découvrir.
Bernard Haillant commence à la Contrescarpe en 1965, puis François Budet, le magnifique auteur de Loguivy-de-la-Mer le fait tourner en Bretagne; il passe à la Fine Fleur puis se retrouve dans le groupe Crêche, puis en solo. Avec une grande exigence, dans un répertoire déconcertant, plein de trouvailles et de pirouettes musicales, poétiques et scéniques, il utilise l'humour noir autant que la corde sensible. Habitué des petites salles où l'émotion se pose doucement, il est aussi capable de captiver sans artifices une garnde salle en première partie.
Il faudrait encore citer, parmi des ACI, Jean-Luc Juvin, parmi les plus beaux fleurons de la chanson des cabarets de ces années ou Gilles Elbaz qui choisit ses musiciens parmi les meilleurs pratiquants du jazz, comme Siegfried Kessler et qui écrit magnifiquement. Ils sont nombreux à privilégier l'écriture, flirtant avec la poésie qu'ils mettent parfois en musique.
Hélène Martin, outre se propres chansons, chantait à la Colombe des poèmes d'Aragon, de Giono, et d'autres qu'elle avait mis en chansons. On lui doit le Condamné à Mort de Jean Genet :
"Sur mon cou sans armure et san haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu'une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton coeur s'émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup." (Le Condamné à Mort, 1964)
Dans le registre de la poésie, Jacques Marchais qui a travaillé avec Hélène Martin et James Ollivier sont de remarquables interprètes dans la lignée de Jacques Douai, associant l'un comme l'autre la qualité vocale à la qualité des chansons qu'ls choisissent.

Repost 0
1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 13:34

Publié dans La tribune de la région minière n° 3554 p 5 :

 

Les femmes - au moins symboliquement - ont conquis la place qui leur était refusée jusque maintenant. On a connu une femme premier ministre, une autre présente au second tour des élections présidentielles ; on a subi et on subit Bachelot, Alliot-Marie, Boutin et quelques autres... Dans les entreprises, une padg ou un pdg, il n'y a pas de différence quand il s'agit de fermer une entreprise ou de délocaliser. La femme est l'égale de l'homme. Ce n'est pas de ces arrivistes ou de ces affairistes dont je veux vous parler aujourd'hui qui maintiennent le genre huimain dans l'aliénation. Mais de quelques-unes qui chantent. Qui chantent les sans voix, qui chantent la révolte, l'amour, le bonheur de vivre, l'espoir, la mémoire... Un disque Femmes de paroles, réunit six chanteuses : Michèle Bernard, Diane Dufresne, Colette Magny, Hélène Martin, Sapho et Anne Sylvestre... Six chanteuses qui renouent avec l'histoire, une histoire où les femmes parlaient haut et fort, écrivaient pour le meilleur, que ce soit au Moyen-Âge avec Christine de Pisan, au XVIIe siècle avec Madame de La Fayette, ou, plus tard, avec Marceline Desbordes-Valmore ou Elsa Triolet... Madame de La Fayette ne plaît pas aujourd'hui au spécialiste élyséen autant que national du kärcher, qui veut éradiquer, après la racaille, La Princesses de Clèves, un des chefs-d'oeuvre de la littérature française... Peu importe, car des femmes chantent : pour notre plaisir, pour un monde meilleur, pour l'émancipation du peuple.

 

femmes

Femmes de paroles est de ces disques qui nous font oublier l'idée à leur origine. Car pourquoi pas Hommes de paoles ? Femmes ou hommes, au-delà des inégalités toujours vivaces, c'est pareil. Six femmes qui chantent. Mais pas seulement : Sapho écrit et peint. Diane Dufresne est comédienne et peintre. Hélène Martin et Anne Sylvestre ont créé leur maison de disques car rien des activités humaines ne leur est étranger. Six femmes appartenant à deux ou trois générations (nées dans les années vingt pour deux d'entre elles, les années trente pour une, et les années quarante ou cinquante pour les trois autres) : toute une époque marquée par l'exigence. Colette Magny, Hélène Martin et Diane Dufresne ont chanté Aragon, et toutes les six ont refusé de jouer le jeu que le show-biz attendait d'elles. Sans doute est-ce Colette Magny qui est allée le plus loin dans ce refus. Colette Magny l'insoumise dont on a pu dire que si elle n'avait pas fait don de sa voix aux opprimés, elle aurait fait une éblouissante carrière comme chanteuse de blues et du reste, Colette Magny était (elle nous a quittés en 1997) une chanteuse citoyenne en colère, ce qui lui valut de n'^étre pratiquement pas diffusée à la radio et à la télévision... Mais toutes ont su trouver un public fidèle : on ne compte plus leurs albums (ce serait d'ailleurs difficile avec les changements de supports - vinyles, 45 T ou 33 T et CD - ou de genres - albums originaux, compilations, intégrales...-). Toutes les six sont à (re)découvrir : d'ailleurs Femmes de paroles est une invitation à explorer le catalogue d'EPM. Bernard Ascal, directeur de collection à l'origine de ce CD, a puisé dans le fonds EPM : ces 18 chansons sont extraites de 12 albums publiés par le label...

 

Un livret accompagne l'enregistrement. Les textes des chansons sont proposés à la lecture de l'amateur. On appréciera tout, mais particulièrement peut-être Sous les miaoulis de Michèle Bernard qui rend hommage à Louise Michel déportée après la Commune de Paris. Bernard Ascal écrit à juste titre : "Ces chansons n'oublient pas leurs illustres devancières au nombre desquelles l'inflexible Louis Michel qui, déportée en Nouvelle Calédonie, s'emploie à instruire les enfants de l'île et applique dans des conditions hostiles ses généreuses conceptions de la vie". A noter encore que l'une des deux chansons de Colette Magny est extraite d'un CD à paraître : EPM a déjà publié deux CD, Colette Magny 91 et Viet-Nam 67/Mai 68... Un troisième devrait suivre : Kevork. A terme, l'intégralité des enregistrements de Colette Magny sera ainsi à nouveau disponible..

 

Six femmes qui chantent donc... Mais qui donnent aussi envie d'en écouter d'autres comme Claude Antonini, Pia Colombo, Monique Morelli, Catherine Ribeiro, Catherine Sauvage, Francesca Solleville.... Mais j'en oublie et j'en oublie...

 

Lucien Wasselin

 

Femmes de paroles, Anthologie sonore
CD n° 3018143 chez les bons disquaires 19 €

Repost 0