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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 11:34

INA.jpgChanteuse politique et singulière, Colette Magny a marqué la chanson française de ses textes engagés et de son timbre puissant. Censurée dans cette France bien pensante des années 60, cette insoumise savait manier ses mots et ceux des autres, la guitare et le piano pour transmettre sa révolte et la poésie de Victor Hugo.

 

L'INA reproduit plusieurs reportages consacrés à Colette Magny : Colette Magny à propos de l'engagement politique de ses chansons, Colette Magny à propos de son disque Inédit 91, Colette Magny interprète "Répression"...

 

Cliquez ici pour les consulter

 

 

 

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 11:38

Billet publié sur le blog "Bout du Monde" parmi les "Female singers" :

 

bout-du-monde.jpg

 

Colette Magny n’est pas connue du grand public malgré un succès estimable dans la décennie 1963-1973. Elle fut boudée par la plupart des médias (les radios, surtout, à l’époque) et censurée par les gouvernements de droite.

 

Elle fait partie pour moi des Female Singers prestigieuses, même si elle a toujours refusé qu’on la surnomme «chanteuse française de blues». Sa parfaite connaissance de l’américain, les inflexions bluesy de sa voix, un vibrato puissant, et son sens de la mélodie robuste, ainsi qu’une bonne oreille pour le swing (même si le batteur Daniel Humair se plaignait de ses erreurs avec la mesure), font d’elle une  grande chanteuse «jazzy» au sens noble, souvent accompagnée par d’excellents musiciens de jazz. Je ne crois pas être le seul à la trouver aussi poignante que Bessie Smith, Billie Holiday et Nina Simone. C’est tout dire...

 

Un petit détail qui n’est relevé nulle part et qui pourtant circulait beaucoup dans les «milieux autorisés» de l’époque : sa psychanalyse aurait duré très longtemps. Si seulement je pouvais me souvenir où j’ai lu qu’elle en parlait à l’époque !

 

Sa grande poésie à elle qui a si bien chanté les poètes : blues-gauche révolutionnaire-psychanalyse.


Melocoton a été son plus grand succès populaire. Pour moi sa plus belle chanson, celle qui met le mieux en valeur la finesse de ses qualités vocales, est Richard II Quarante (texte d’Aragon) qu’on trouve sur son premier Melocoton en 33 tours (1964).

 
A noter que je fais partie de ceux qui ne croient guère qu’elle sera réellement rééditée un jour... Il faut donc peut-être se dépêcher de conserver d’elle ce que l’on peut !

 

Eléments de biographie

 

- Elle naît le 31 octobre 1926 dans le 4ème arrondissement de Paris, ville où elle habitera jusqu’en 1977 environ (rue des Flandres, notamment)

 

- On sait qu’elle commence par travailler dans une usine américaine de lunettes comme secrétaire, puis à la Conférence des Céréales du Grand Palais, puis comme secrétaire bilingue de 1948 à 1962 à l’OCDE [Organisation de Coopération et de Développement Economique]

 

- Durant sa jeunesse, elle fréquente manifestement les clubs de jazz et les cabarets pour écouter de la musique mais aussi pour y chanter des blues et des standards américains. Elle y rencontre Claude Luter et Mezz Mezzrow. Ce dernier l’encourage à poursuivre le chant, et lui apprendrait à jouer d’une guitare à trois cordes, le triplet.

 

- Il semble que ce soit dans sa trentième année qu’elle se découvre sympathisante d’extrême gauche à partir de meetings contre la guerre d’Algérie. Elle restera viscéralement très à gauche toute sa vie malgré quelques différends avec les camarades du P.C. ou des partis gauchistes.

 

- 1962- Décidant de sauter le pas et de ne plus se consacrer qu’à la chanson, s’inscrivant au Petit Conservatoire de la Chanson de Mireille (qui n’est pas d’accord avec ses choix de paroles), elle se jette à l’eau et se produit un peu partout dans des cabarets, des concerts improvisés, des créations théâtrales et même à la télévision (il existe quelques archives du milieu des années soixante) pour y chanter ses propres chansons très inspirées par de nombreux poètes.

 

- 1963 est l’année où elle a un succès fou avec sa seule chanson célèbre Melocoton qui fera un tabac populaire, notamment à l’Olympia où elle se produit au mois d’avril en première partie de Claude François et Sylvie Vartan et leur vole la vedette.

 

Succès dans les couches contestataires des mouvements de la jeunesse et politiques de la gauche révolutionnaire. 68 est passé par là et est une source d’inspiration pour elle qui nous la restitue avec une fraîcheur toujours d’actualité.

 

- 1975 - A partir de cette année et pour des raisons mal définies, elle disparaît assez brusquement de la vie publique pour ne plus avoir qu’un succès d’estime, réduit, mais très fidèle.

 

- 1977 - Elle commencerait à s’installer dans le Tarn-et-Garonne au hameau de Selgues dans la commune de Verfeil-sur-Seye. Elle y fondera l’Association Act’2 et le Festival Des Croches Et La Lune où se produiront d’excellents musiciens. Elle y finira sa vie.

 

- Elle meurt dans une indifférence quasi générale et d’une longue maladie le jeudi 12 juin 1997 à l’hôpital de Villefranche-de-Rouergue dans l’Aveyron. Elle a 70 ans. Il n’y a pas grand monde à son enterrement. Catherine Ribeiro, une des chanteuses qui lui doivent beaucoup, chantera au retour J’aurais Tant Aimé Danser jusqu’à la fin de mes jours (une chanson magnifique de Colette Magny qui s’entremêle à une autre, La Mort Me Hante, sur sa cassette Visage-Village).

 

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 08:29

COULEURS de Colette MAGNY
envoyé par prouveze

A propos de cette vidéo :
Sur des peintures de Colette MAGNY, des photos de son village Verfeil-sur-Seye, et des chansons et textes de gens qui ont aimé Colette Magny, elle-même chante en hommage à Herbert Pagani la "Leçon de peinture" . Didier Brassac 
dit un texte de Michel Ragon "Je suis", des chanteurs des Amis de chansons de l'évévément chantent "Bura Bura" de Colette Magny.
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Published by Pierre Prouveze - dans Autour de l'oeuvre
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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 09:47

sauger.jpgExtrait du livre "Portraits croisés - Francesca Solleville, Allain Leprest" de Véronique Sauger (Ed. Les points sur les i) page 63 :

 

Pour Francesca Solleville, "alors c'est décidé : plutôt s'adresser à l'âme qu'accepter de s'enchaîner avec des mots qui se répètent sans paradoxe, quitte à ne pas mettre les formes, dans la musique comme dans la vie. A ce propos, Colette Magny (une insoumise à la voix grave et aux textes engagés) est un exemple pour Francesca. Elle ne fait pas carrière, c'est le monde qui s'attache à ses pas et les piquets de grève qu'elle fréquente mûrissent sa voie..."

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 08:28
Un spectacle autour de l'oeuvre de Colette Magny est programmé le mardi 27 Avril 2010 à 20h30 à La Passerelle - 57 boulevard de Lamballe - Fleury les Aubrais (45400) - Tel : 0238830951

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 11:50

60-copie-1.jpg

 

Dans l'album de 4 CD "100 plus grands titres des années 60", figure sur la plage 16 du disque 3 "Melocoton" de Colette Magny

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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 12:32

Publication sur le site de France Musique pour l'émission "Les Greniers de la mémoire", de Karine Le Bail & Philippe Tétart le samedi 17 octobre 2009 de 12h à 13h :


Colette MAGNY
« L’Ella Fitzgerald » de la chanson française… ou Colette Magny. D’elle, on ne se souvient guère que de Melocoton, succès de 1963. Pour le reste, cette chanteuse haute en couleur, curieuses d’explorations sonores et qui passa sa vie à chanter ses indignations, ses convictions, est trop méconnue. La faute, sans doute, à sa foi inébranlable dans un devoir de révolte que certaines oreilles trouvèrent sans doute dérangeante. C’est ce personnage singulier, inclassable, que Les Greniers vous invitent à découvrir grâce aux archives de l’INA. Bonne écoute !

Née à Paris en 1928, Colette Magny débute sa carrière à 36 ans, après avoir quitté son poste de secrétaire à l’OCDE. Passionnée de chant, et en cela héritière de sa mère – qui était chanteuse lyrique amateur – elle ne chante d’abord que pour ses amis, en s’accompagnant à la guitare. Des Amis qui peinent à la convaincre de sauter le pas. Mais elle finit par s’y essayer : au printemps en 1962 elle passe une audition à La Contrescarpe. Elle est aussitôt retenue. Le cabaret ne la reprend pas dans son programme de l’automne, mais les téléspectateurs la découvrent lors d’une apparition télévisée dans le « Petit Conservatoire de la Chanson » de Mireille, en décembre. S’ensuit une ascension rapide : elle est sur la scène de l’Olympia en 1963, où elle fait le lever de rideau, avec Pierre Vassiliu, du show de Claude François. La même année, Melocoton devient un tube. Mais elle préfère, comme depuis des années, reprendre, de sa voix puissante, les grands standards de la musique noire américaine. Tout au long de sa carrière elle soulignera d’ailleurs combien ce premier et unique succès populaire lui permis certes de faire carrière mais l’encombra bien souvent.
Après cette soudaine sortie dans la Lumière, retour à l’ombre du militantisme et de l’expérimentation musicale. Loin des médias qui la boudent, elle poursuit une carrière de chanteuse militante, écrivant en français les émotions, les peines et les indignations du quotidien qu’elle aime tant retrouver dans le blues. Son album de 1968 témoigne de cette facette ; elle y développe ses thèmes de prédilection : révolution, tiers-mondisme, soutien aux mouvements ouvriers, avec des titres comme Vietnam 67, A Saint-Nazaire, Les Gens de la moyenne. Elle met aussi des poèmes et des textes en musique : Verlaine, Rilke, Hugo, Artaud. Au cours des années 1970, elle goûte successivement à la musique contemporaine, au free jazz, au rock progressif, avant de revenir à une forme musicale plus traditionnelle avec l’album « Bluesy, bluesy. Chansons pour Titine » qui marque un retour sur soi (1983). Elle poursuit sa carrière, donnant de temps à autre des interviews qui nous permettent de la retrouver aussi entière qu’elle savait être, loin des projecteurs, mais avec un cœur d’éternelle humaniste, un rire sans pareil et une capacité d’indignation intacte. Sa marque en somme. « Dans la famille coup de poing, Ferré c’est le père, Ribeiro la fille, Lavilliers le fils. Et moi la mère ! », disait Colette Magny, qui nous a quitté le 12 juin 1997.

 


Voir citation extraite de cette émission

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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 08:00

"Camera politica, dialectique du réalisme dans le cinéma politique et militant" de Emmanuel Barot, Ed. Vrin, septembre 2009, page 43 :

 

Le CCPO [Centre culturel populaire Palente Orchamps] organisait des projections (dont Afrique 50 de René Vautier, puis les grands films de Eisenstein), des spectacles, des montages-hommages, par exemple à Prévert, où encore Colette Magny, dont une chanson constitue la bande-son du premier opus de la trilogie "Nouvelle société" (1969) du groupe de Besançon. Ces films construits autour d'un récit-témoignage individuel mettent en lumière un visage éminemment actuel de cette "nouvelle société" dont la présidence Popidou avait fait son leitmotiv - films là encore au montage vif, saccadé, agressif, au rytme tendu, témoignant d'une contestation épidermique et d'une détermination radicale à l'égard de cet énième bavardage idéologique.

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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 14:29

Article publié sur le site Points Communs :

Vous étiez trois, trois femmes révoltées qui prirent pour nous les beignes et les pavés, qui chantèrent la vie et la rébellion, l’injustice et l’amour, l’amour des mots

Pour apprendre à vous connaître, il fallait bien qu’un plus grand nous raconte vos années glorieuses, ces années d’un monde peuplé de fous.

Alors, nous entrions dans votre monde comme on rentre dans la vie, en gueulant. Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi !

Vous chantiez la rage, l’injustice et la poésie des sens.

Vous chantiez, et c’était magique. Colette Magny, Mama Béa Tekielski et Catherine Ribeiro, à vos nom prononcés, vos voix uniques, qu’il était difficile de ne pas danser de l’intérieur.

Vous ne passiez pas à la télé, les journaux vous ignoraient. Mais les amoureux de la vie venaient toujours, dans des salles devenues plus petites avec le temps, et c'était bien

Raconter vos vies d’existences si riches qu’un milliardaire se sentirait pauvre s’il pouvait sentir. Seulement vous écouter une fois encore et refaire le chemin à l’envers.

Vous dire aujourd'hui, même si vous n’êtes plus que deux,

Vous dire qu’ils sont encore quelques uns à se rappeler que vous chantez toujours, passant devant une affiche, un jour, dans une petite ville perdue, quelque part sur le chemin, reconnaissant un nom enfoui dans l’émotion.

Vous dire enfin que ce fut merveilleux d’avoir croisé votre route.

 














Photos du concert en 1976 pour les 50 ans de Colette Magny à La Cartoucherie à Vincennes avec Catherine Ribeiro, Toto Bissainthe, Colette Magny et Monique Morelli.

Photos issues du site de Catherine Ribeiro

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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 14:05
C'est un monument de la chanson

Lu dans " L'avènement d'une ville universitaire ; la création de Louvain la neuve ; hommage à Michel Woitrin" de Françoise Hiraux (Ed. Adademia), pages 54-56, dans la partie consacrée à la vie universitaire à l'automne 1968 :

"L'Université a racheté une bonne partie des locaux appartenant jadis aux Frères des écoles chrétiennes, le Placet, situé boulevard de Malines. C'est là que le CET (Centre d'études théâtrales) qui avait commencé l'an dernier dans l'obscurité des caves, a pris sa place au soleil, notamment dans l'ancienne chapelle transformée en salle de spectacle. La barbe du pope d'Armand Delcampe y ordonne des liturgies nouvelles.

En plus du programme complémentaire proposé aux étudiants, le CET a décidé d'empoigner la grave question d'une culture pour aujourd'hui. Premier récital : trois soirées avec Jacques Hustin et Colette Magny. Fin, délicat, charmeur, Jacques Hustin recueille des applaudissements distingués et sympathiques. Mais Colette Magny, c'est autre chose : ça vous tombe dessus sans avertissements, ça vous arrive en pleine figure, ça hurle, ça déchire, ça râle, ça arrache, ça crache, ça cravache. Ça c'est un monument de la chanson. Ses thèmes sont l'actualité douloureuse de la souffrance ou de la dignité humaines, Hiroshima, Viet-Nam, Cuba, Che Guevara (...) Le récital est suivi d'un débat : ce n'est pas la meilleure partie. On rattrape vite sa sécurité dans les discussions. Un truc pareil, il faut le jeter à la tête des gens, puis s'en aller en leur laissant le paquet. Soirée discutable, certes, c'est-à-dire à discuter. C'est en tout cas le genre de recherche qui convient à un milieu universitaire. Hélas ! quatre cents personnes pour les rois séances, n'est-ce pas un peu peu ?"

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