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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 11:46

LavilliersLu pages 295, 310 et 311 dans "Les vies liées de Lavilliers" de Michel Kemper  (Ed. Flammarion) au sujet de suspection de plagiat dans l'oeuvre de Lavilliers :

 

" Outremer est une chanson suspecte. À rapprocher d'Heure grave, texte de Rainer Maria Rilke, dans une traduction et une interprétation de la chanteuse Colette Magny (Album 30 cm Colette Magny, 1965, CBS réf. 62 416) :
    Qui maintenant quelque part dans le monde
    Sans raison pleure dans le monde
    Pleure sur moi [...]
    Qui maintenant marche quelque part dans le monde
    Vient vers moi.
                            (Heure grave - Rainer Maria Rilke)

Même si le sens diffère singulièrement du texte souche, la « version » de Bernard Lavilliers adopte une composition proche ;
     Qui / maintenant / Pleure encore / Outremer
     Qui / Quelque part / Pleure encore / Pourquoi [...]
     Qui, Maintenant  Marche encore / Outremer
     Qui / Quelque part / S 'éloigne / De moi.
                            (Outremer - Bernard Lavilliers, 1991)
[...]

Prendre au texte souche toute sa substance, oui... quitte à en faire tout autre chose ensuite, voire à lui faire dire exactement le contraire ! Exemple chez Rilke, pour Heure grave :

    Qui maintenant marche quelque part dans le monde
    Vient vers moi.
Qui, une fois mué en Outremer chez Lavilliers, devient :

    Qui maintenant  marche encore outremer
     Qui quelque part s''éloigne de moi

 

 

Colette Magny toujours. En 1968, l'auteure de Mélocoton ose jeter de la musique aux pieds des vers de Victor Hugo, sur les Tuileries. Vingt ans plus tard, ce texte inspirera Bernard pour son fameux On the Road Again, titre vedette de l'album If. Convenons qu'il est intéressant: de se pencher sur ce "tube", de tenter d'en extraire l'ADN. Hugo d'abord :
     Nous sommes deux drôles

     Aux larges épaules

     De joyeux bandits

     Sachant rire et battre.

                      (Les Tuileries - Victor Hugo)
[Cela devient chez Bernard Lavilliers :]

     Nous étions jeunes et larges d'épaules
     Bandits joyeux, insolents et drôles
     On attendait que la mort nous frôle

                      (On the road again - Bernard Lavilliers, 1988)

 

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 11:21

Lavilliers.pngLu page 19, 81 dans "Les vies liées de Lavilliers" de Michel Kemper  (Ed. Flammarion) :

 

A Firminy, à la mi-mars 68, Bernard Lavilliers "se produit pour trois jours à la Maison de la culture, en première partie de la grande et poignante Colette Magny qui dira un jour de lui : "Dans la famille Coup de poing, Ferré c'est le père, Ribeiro la fille, Lavilliers le fils. Et moi la mère"."

 

Page 220 :

La première édition du Printemps de Bourges se déroule en avril 1977.
"Bernard sera évidemment au proeramme, à la suite de Toto Bissainthe et de Colette Magny : « Lavilliers-Magny, je revendique ce mariage, précise [Alain] Meilland [de la Maison de la culture de Bourges], car je savais que Bernard avait très envie de partager l'affiche avec Colette, que je connaissais bien par ailleurs, ayant travaillé chez Jean Dasté avec la comédienne Claude Ferna, la mère de Colette".

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 08:30

L’Association Les amis de chansons de l'évènement et Pierre Prouvèze vous invitent à :
FILM EN CHANTIER (entrée libre)
les jeudi 30/09, 04/11, 30/11/2010 et 06/01/2011 de 18h30 à 20h30

au Nomad’Café (11 Bd de Briançon 13003 Marseille - Métro Bougainville)

Pierre Prouvèze propose de faire le point sur l’avancée du film "Sur les pas de Colette Magny" dont on peut se poser la question en quoi elle fut un cri chanté de la décennie rouge en France, elle qui était allée du succès de Melocoton à Kevork ou le délit d'errance, cela pour en faire un portrait avec textes et partitions de chansons, archives, témoignages, correspondance…

Pour cela nous vous invitons à 4 séances de travail dont nous définissons les thèmes :

 

- le 30/09/2010 : autour d’Un juif à la mer, un Palestinien au napalm, spectacle que Colette Magny avait écrit, improvisé et présenté au Théâtre de la Ville en 1977 avec Henri Texier et Patricio Villaroel, et l’aide de Sarah Alexander, à l’époque où personnellement mais aussi avec les Amis de chanson de l'évènement, nous sommes signataires de Musiciens avec Gaza.

 

- le 04/11/2010 : autour de Pena- Konga, autre ensemble de chansons que Colette Magny écrivit en relation avec les ouvriers immigrés de Pennaroya en 1972-1973, où l’on voit se déployer sa pratique d’enquêtes auprès des gens concernés et correspondances avec eux pour savoir si les mots sont justes, elle qui voulait chanter "la peine, le travail des gens". Des historiens, dont Laure Pitti, travaillent encore sur la question de la santé des ouvriers. Cela avait été précédé par la grève de la Rhodiaceta en 1967, et sa participation aux Groupes Medvékine.

 

- le 30/11/2010 : autour de la politique qu’elle rencontra tardivement en 1956, dont elle fut militante, mais surtout dont elle pensa avoir raté certain coche, notamment en 1968 (chanson Ensemble). Chanteuse engagée, malentendu ?

 

- le 06/01/2011 : autour de la voix, celle d’une « chanteuse noire » comme je la découvris en 1963, la pratique de la langue anglaise à travers le blues qui lui donna un vibrato particulier en français. Chanteuse de jazz, malentendu ?

 

Ces séances sont proposées à celles et ceux qui sont intéressés par Colette Magny,  la chanson en général, la chanson engagée (qui dégage)  en particulier.
Elles se dérouleront sous la forme d’un exposé, d’une écoute, de visionnage d’entretiens et de discussions.
Il s’agit d’un FILM EN CHANTIER car ce travail a commencé en 1999, a déjà réalisé une cinquantaine d’heures d’entretiens avec musiciens, amis, voisins, auditeurs, spectateurs, et est l’objet d’une recherche de production actuellement…
Alors à vous rencontrer.
Pierre PROUVEZE

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 07:49

Youcef-Tatem.JPGExtrait de l'article intitulé "Youcef Tatem : une vie de cinéma populaire et engagé" paru dans l'Humanité du 13/08/2010 :

 

Avec son verbe fluide et sa mémoire parfaite des noms et des années, Youcef pointe l’incontournable été 1967. Alors animateur à La Chapelle-en-Vercors avec Vagneron, Youcef y fait la connaissance d’un certain Pol Cèbe, qui vient y passer quelques jours avec ses enfants. «Cèbe était un mec très sérieux. Il m’a plus parlé de cinéma que de la grève qu’ils avaient menée à Besançon.» Youcef prend connaissance de la grève historique des ouvriers de la Rhodiaceta, menée en décembre 1967 à Besançon, dont Pol Cèbe, syndicaliste de la CGT et responsable de la bibliothèque de l’usine, est un des leaders. Une grève filmée par le cinéaste Chris Marker dans À bientôt, j’espère (1967).
C’est le début d’une forte amitié et d’une longue collaboration autour du cinéma militant et des groupes Medvedkine. «Les choses étaient simples. Je me suis retrouvé à aller à Besançon et à Clermoulin, où Cèbe s’occupait du centre de culture et de loisirs des usines Peugeot de Sochaux. Je rencontre aussi René Berchoud, fondateur avec Cèbe, dans un faubourg ouvrier de Besançon, du centre culturel populaire de Palente Orchamps.» Un vrai repaire d’agit-prop.
En juin 1968, âgé de vingt-deux ans, Youcef adhère au Parti communiste. Et rencontre ainsi des syndicalistes de la CGT à Noisy, comme Jean Thuizat et Jacky Sarrabeyrouse. Il se retrouve à donner des cours d’alphabétisation aux travailleurs algériens dans des hangars près de la mairie. À cette époque, le cinéma commence à prendre de plus en plus de place dans sa vie. Le ciné-club de Noisy est sur le point de fermer. Qu’à cela ne tienne. Il décide avec les cégétistes de le reprendre. Il s’appellera le 16/24. «C’est Jacky qui a trouvé le nom : 16 millimètres et 24 secondes/image.» La programmation allait de Jean Renoir à Pierre Prévert, en passant par Claude Autant-Lara et Bernard Paul. Dans ce relais militant de la première heure, Youcef diffuse aussi les films du groupe Medvedkine, les films militants cubains et les ciné-tracts faits à Besançon. «On avait près de 400 adhérents. La culture, c’était un enjeu énorme. C’est par là qu’on touchait les gens et qu’on les amenait à parler politique.» Youcef fait partie de cette «mayonnaise». «On se lie d’amitié, d’un coup de bagnole on va à Clermoulin. On rencontre Colette Magny, Francesca Solleville, Suzanne, syndicaliste et personnage principal du film Classe de lutte.» Jusqu’à participer lui-même à Week-end à Sochaux (1971) où il joue un ouvrier marocain. «Je reçois un coup de téléphone de Cèbe, qui m’explique que les ouvriers marocains ont peur de tourner une scène et d’apparaître à l’écran. Il me demande de venir avec quelques copains pour les remplacer. J’avais dit aux copains : allez, on va à la campagne pour faire du cinéma…»

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 09:43

Vient de paraître chez EPM un disque autour des femmes poètes et où on a la chance de retrouver Colette Magny sur un texte de Louise Labé ("Baise m'encor'").

femme1

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 15:41

la-chanson-de-proximite.jpgExtrait de "La chanson de proximité - Caveaux, cabarets et autres petits lieux" de Michel Trihoreau - L'Harmattan, pp. 104 à 106 :


Les années pompidoliennes et giscardo-libérales constituent un passage difficile, destructeur ; une traversée de la banquise dont beaucoup ne se remettront pas. Les crises pétrolières et la fin des Trente Glorieuses ne laissent plus à la culture que la portion congrue, la livrant sans défense aux négriers de l'industrie phonographique. Les maisons de disques se mondialisent, le temps des Canetti et Coquatrix est révolu.
La Chanson est en train de devenir non un art mineur, mais une source de profit  pour les maisons de disques qui se mondialisent. Les rescapés des années 60 voient petit à petit se fermer les derniers cabarets. L'émission de Luc Bérimont sur France Inter, La Fine Fleur de la Chason Française, leur permettra quelques temps d'atteindre un petit public qui leur reste fidèle. Ils ont pu s'insérer dans les circuits des MJC, des Centres culturels, grâce à des associations qui les font tourner.
Colette Magny, artiste atypique, chanteuse de nombreux blues français politisés et parsemés de pointes de philosophie, fera des chansons plus ou moins expérimentales avec des groupes denfants et d'immigrés; refusant toute concession, elle est exclue du show business qui ne retient d'elle que Melocoton :
"Melocoton où elle est Maman ?
- J'en sais rien, donne moi la main." (Melocoton, 1963)
Elle aura évoqué en chanson Mai 68, la guerre du Viet-Nam, la bombe atomique et bien d'autres sujets brûlants qui font l'Histoire.
Jean-Max Brua, chanteur totalement engagé dans la voie communiste, n'aura pas d'avantage accès aux médias. Pourtant il nous a laissé de belles chansons constestataires, comme 200m, sur les jeux Olympiques de Mexico ou Bateaux-Compagnies et quelques ballades joliment écrites dans l'intelligence et l'émotion.
"Il faisait chaud ce jour
Le chein dormait dans la poussière de la cour
Elle était à laver dans la cuisine
Quand la lumière a changé
Se tenait dans la porte
Un homme qu'elle ne voyait pas bien." (L'homme de Brive, 1972)
Jean Vasca, se fait connaître par l'émission de Luc Bérimont, enregistre à la Boîte à Musique et parcourt les cabarets, les MJC, Centres culturels et autres lieux privilégiés. On reproche parfois à ses chansons une sorte d'hermétisme qui n'est qu'un jaillissement hors de portée d'une énergie poétique libératoire.
"Par la poudre et par la mèche
Je ne veux vivre qu'en flèche
Et jouer avec le feu
Debout sans maître et sans dieu." (Vivre en flèche, 1970)
Ses chansons d'espace et d'humanité sont reconnues par les professionnels mais bien moins par le public, qui ne les apprécie que les rares fois où il a l'occasion de les découvrir.
Bernard Haillant commence à la Contrescarpe en 1965, puis François Budet, le magnifique auteur de Loguivy-de-la-Mer le fait tourner en Bretagne; il passe à la Fine Fleur puis se retrouve dans le groupe Crêche, puis en solo. Avec une grande exigence, dans un répertoire déconcertant, plein de trouvailles et de pirouettes musicales, poétiques et scéniques, il utilise l'humour noir autant que la corde sensible. Habitué des petites salles où l'émotion se pose doucement, il est aussi capable de captiver sans artifices une garnde salle en première partie.
Il faudrait encore citer, parmi des ACI, Jean-Luc Juvin, parmi les plus beaux fleurons de la chanson des cabarets de ces années ou Gilles Elbaz qui choisit ses musiciens parmi les meilleurs pratiquants du jazz, comme Siegfried Kessler et qui écrit magnifiquement. Ils sont nombreux à privilégier l'écriture, flirtant avec la poésie qu'ils mettent parfois en musique.
Hélène Martin, outre se propres chansons, chantait à la Colombe des poèmes d'Aragon, de Giono, et d'autres qu'elle avait mis en chansons. On lui doit le Condamné à Mort de Jean Genet :
"Sur mon cou sans armure et san haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu'une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton coeur s'émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup." (Le Condamné à Mort, 1964)
Dans le registre de la poésie, Jacques Marchais qui a travaillé avec Hélène Martin et James Ollivier sont de remarquables interprètes dans la lignée de Jacques Douai, associant l'un comme l'autre la qualité vocale à la qualité des chansons qu'ls choisissent.

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 13:34

Publié dans La tribune de la région minière n° 3554 p 5 :

 

Les femmes - au moins symboliquement - ont conquis la place qui leur était refusée jusque maintenant. On a connu une femme premier ministre, une autre présente au second tour des élections présidentielles ; on a subi et on subit Bachelot, Alliot-Marie, Boutin et quelques autres... Dans les entreprises, une padg ou un pdg, il n'y a pas de différence quand il s'agit de fermer une entreprise ou de délocaliser. La femme est l'égale de l'homme. Ce n'est pas de ces arrivistes ou de ces affairistes dont je veux vous parler aujourd'hui qui maintiennent le genre huimain dans l'aliénation. Mais de quelques-unes qui chantent. Qui chantent les sans voix, qui chantent la révolte, l'amour, le bonheur de vivre, l'espoir, la mémoire... Un disque Femmes de paroles, réunit six chanteuses : Michèle Bernard, Diane Dufresne, Colette Magny, Hélène Martin, Sapho et Anne Sylvestre... Six chanteuses qui renouent avec l'histoire, une histoire où les femmes parlaient haut et fort, écrivaient pour le meilleur, que ce soit au Moyen-Âge avec Christine de Pisan, au XVIIe siècle avec Madame de La Fayette, ou, plus tard, avec Marceline Desbordes-Valmore ou Elsa Triolet... Madame de La Fayette ne plaît pas aujourd'hui au spécialiste élyséen autant que national du kärcher, qui veut éradiquer, après la racaille, La Princesses de Clèves, un des chefs-d'oeuvre de la littérature française... Peu importe, car des femmes chantent : pour notre plaisir, pour un monde meilleur, pour l'émancipation du peuple.

 

femmes

Femmes de paroles est de ces disques qui nous font oublier l'idée à leur origine. Car pourquoi pas Hommes de paoles ? Femmes ou hommes, au-delà des inégalités toujours vivaces, c'est pareil. Six femmes qui chantent. Mais pas seulement : Sapho écrit et peint. Diane Dufresne est comédienne et peintre. Hélène Martin et Anne Sylvestre ont créé leur maison de disques car rien des activités humaines ne leur est étranger. Six femmes appartenant à deux ou trois générations (nées dans les années vingt pour deux d'entre elles, les années trente pour une, et les années quarante ou cinquante pour les trois autres) : toute une époque marquée par l'exigence. Colette Magny, Hélène Martin et Diane Dufresne ont chanté Aragon, et toutes les six ont refusé de jouer le jeu que le show-biz attendait d'elles. Sans doute est-ce Colette Magny qui est allée le plus loin dans ce refus. Colette Magny l'insoumise dont on a pu dire que si elle n'avait pas fait don de sa voix aux opprimés, elle aurait fait une éblouissante carrière comme chanteuse de blues et du reste, Colette Magny était (elle nous a quittés en 1997) une chanteuse citoyenne en colère, ce qui lui valut de n'^étre pratiquement pas diffusée à la radio et à la télévision... Mais toutes ont su trouver un public fidèle : on ne compte plus leurs albums (ce serait d'ailleurs difficile avec les changements de supports - vinyles, 45 T ou 33 T et CD - ou de genres - albums originaux, compilations, intégrales...-). Toutes les six sont à (re)découvrir : d'ailleurs Femmes de paroles est une invitation à explorer le catalogue d'EPM. Bernard Ascal, directeur de collection à l'origine de ce CD, a puisé dans le fonds EPM : ces 18 chansons sont extraites de 12 albums publiés par le label...

 

Un livret accompagne l'enregistrement. Les textes des chansons sont proposés à la lecture de l'amateur. On appréciera tout, mais particulièrement peut-être Sous les miaoulis de Michèle Bernard qui rend hommage à Louise Michel déportée après la Commune de Paris. Bernard Ascal écrit à juste titre : "Ces chansons n'oublient pas leurs illustres devancières au nombre desquelles l'inflexible Louis Michel qui, déportée en Nouvelle Calédonie, s'emploie à instruire les enfants de l'île et applique dans des conditions hostiles ses généreuses conceptions de la vie". A noter encore que l'une des deux chansons de Colette Magny est extraite d'un CD à paraître : EPM a déjà publié deux CD, Colette Magny 91 et Viet-Nam 67/Mai 68... Un troisième devrait suivre : Kevork. A terme, l'intégralité des enregistrements de Colette Magny sera ainsi à nouveau disponible..

 

Six femmes qui chantent donc... Mais qui donnent aussi envie d'en écouter d'autres comme Claude Antonini, Pia Colombo, Monique Morelli, Catherine Ribeiro, Catherine Sauvage, Francesca Solleville.... Mais j'en oublie et j'en oublie...

 

Lucien Wasselin

 

Femmes de paroles, Anthologie sonore
CD n° 3018143 chez les bons disquaires 19 €

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 13:32

Extrait de l'article de Jean-Dominique Burtin (intitulé "Collection Magny prend ses marques à Fleury : un projet en belles voix" paru le 28/04/2010 dans la République du Centre :

 

C'est une élégante entreprise à laquelle se consacrent actuellement cinq chanteuses orléanaises et trois musiciens qui ont décidé de servir avec enthousiasme et fraicheur l'oeuvre tourbillonnante et profonde de Colette Magny.

 

 

 

CollectionMagny.jpg

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 18:17

Paru sur le site "Le hall de la chanson" :

 

hall.jpgColette Magny
Auteure, compositrice, interprète
(1926-1997)


Colette Magny naît à Paris le 31 octobre 1926. Son père est épicier. Sa mère entame une carrière d’actrice sur le tard. Colette Magny se passionne pour le chant par le biais de sa mère qui est également chanteuse lyrique amateur. En 1948, elle entre à l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) comme secrétaire bilingue et traductrice. Son intérêt pour la culture anglophone et pour le chant l’amène à écouter de grandes voix du blues, telles Bessie Smith, Ma Rainey et de jazz comme Ella Fitzgerald. Le musicien de jazz Claude Luter qu’elle fréquente lui apprend les rudiments de la guitare et du banjo. Colette Magny chante en s’accompagnant à la guitare tout d’abord pour ses amis, des reprises de blues, puis ses propres compositions. En 1962, à 36 ans, elle quitte son travail et décide de se consacrer à la chanson. Au printemps de la même année, elle se produit au cabaret la Contrescarpe. Elle chante également à la Vielle grille, au Port du salut, Chez Monique Morelli… Mireille la remarque à la Contrescarpe et l’invite dans son Petit Conservatoire. Le 8 décembre, Colette Magny y chante en direct à la télévision et le grand public découvre sa version de « Saint James Infirmary ».  En 1963, elle sort un premier 45 tours quatre titres avec deux reprises de Bessie Smith (« Basin Street Blues » et « Nobody knows you when you’re down and out ») et deux compositions personnelles (« Melocoton » et « Co-opération »). « Melocoton » devient un tube, le seul de sa carrière, et Colette Magny passe en lever de rideau en avril à l’Olympia, avec Pierre Vassiliu, du spectacle de Sylvie Vartan et Claude François. En 1964, elle publie Frappe ton cœur, 33 tours 25 cm, comprenant huit chansons originales en français (« Frappe ton cœur », « Choisis ton opium », « 4 C »…), enregistrées avec le guitariste de blues noir américain Mickey Baker. Colette Magny y utilise la technique de collage de textes, en mélangeant des citations de différents auteurs avec ses propres mots (« Frappe ton cœur » et « Choisi ton opium »). Elle aborde les thèmes du racisme au quotidien (« Le beurre et la frite »), de l’indifférence sociale («  Le mal de vivre »), du danger nucléaire (« 4 C »)… Son premier album 33 tours communément appelé Les Tuileries paraît en 1965. Il comprend quatre blues en anglais dont « Rock me more and more » et « Any Woman’s blues », trois compositions personnelles (« Melocoton », « Co-opération » et « La terre acquise »). Le reste est consacré à la mise en musique de poèmes. Colette Magny chante les vers de Victor Hugo (« Les Tuileries », « Chanson en canot »), d’Arthur Rimbaud (« Chanson de la plus haute tour »), de Rainer Maria Rilke (« Heure grave »), d’Antonio Machado (poète espagnol, « J’ai suivi beaucoup de chemins »), d’Antonio Jacinto (poète angolais, « Monangamba »). Avec André Almuro, compositeur, membre du Groupe de recherches musicales (GRM) de la RTF (Radiodiffusion Télévision Française), elle aborde la musique électroacoustique contemporaine. En 1966, sort Avec, long poème récité et chanté par Colette Magny (composé de ses propres textes, de poèmes de Guy Lévis Mano et de Rilke, de citations tirées de la presse du moment sur le thème du surarmement…), sur une structure musicale d’Almuro. L’année suivante avec l’album Vietnam 67, Colette Magny se pose véritablement en chroniqueuse militante de son époque : guerre du Vietnam (« Vietnam 67 »), soutien à Cuba (« Viva Cuba »), aux grévistes des chantiers navals de Saint-Nazaire (« A Saint-Nazaire »), dénonciation des maladies causées par la bombe atomique (« Bura-Bura » sur les rescapés d’Hiroshima) alors que la France vient de procéder à des essais nucléaires aériens en Polynésie… Elle met également en musique deux poètes du XVIe siècle : Oliver de Magny (« Aurons-nous point la paix ? » qui condamne la guerre) et Louise Labbé (« Baise m’encor ‘ ») ainsi que Vladimir Maïakovski (« Désembourbez l’avenir ») et une nouvelle fois Victor Hugo (« La blanche aminte »).

Colette Magny continue de mélanger textes chantés, parlés, cris, phrasés libres et collages sonores sur Magny 68/69 paru en 1969. Cet album est un véritable témoignage sur les évènements de Mai 68 en France, la révolte étudiante et ouvrière. « Nous sommes le pouvoir » utilise des documents sonores de William Klein et Chris Marker pris sur le vif au Quartier Latin. Colette Magny y avoue « se planquer » dans les usines et chanter pour les travailleurs alors que les étudiants se battent dans les rues. Un peu plus loin, une étudiante rassure une mère par téléphone qui n’a pas de nouvelles de son fils… « La fin de tout » propose un collage de textes de Max Jacob sur une musique expérimentale. « Le Boa » commence par la première prise de parole d’une jeune délégué CGT et décrit à la première personne l’existence d’une ouvrière qui travaille à la chaîne en usine. « La pieuvre » dénonce les conditions de travail des ouvriers de la pétrochimie française. « Ensemble » aborde le thème de la grève en usine… Colette Magny évoque en fin de disque les révoltes anti-impérialistes avec « L’écolier soldat », « Dur est le blé » (texte de Louis Soler sur la guerre d’Algérie) et « Lorsque s’allument les brasiers » (comprenant des citations d’ Ernesto Guevara). Avec Feu et Rythme en 1970, Colette Magny se libère des structures traditionnelles de la chanson (couplets/refrains, versification, mélodie) et introduit le free jazz dans sa musique. Elle y est entourée de deux contrebassistes, Beb Guérin et Barre Phillips et d’une choriste, Dane Belany. Elle rend hommage à la race noire et à sa culture avec ses propres mots (« K3 blues », « U.S.A. Doudou ») ou en empruntant ceux de Agostinho Neto, poète et homme politique angolais (« Feu et rythme ») et de LeRoi Jones, poète et militant noir américain (« Brave nègre »). Elle met en musique Pablo Neruda (« Soupe de poissons », « L’église de Taban »), Lewis Carroll (« Jabberwocky ») et Max Jacob (« Malachites »).

Colette Magny persévère dans la voie du free jazz avec Répression en 1972. La première face est enregistrée en continue en compagnie des meilleurs musiciens de free jazz présents à Paris à l’époque : Beb Guérin (contrebasse), François Tusques (piano), Bernard Vitet (trompette), Juan Valoaz (saxophone alto) et Noël McGhee (batterie). Colette Magny y reprend des slogans et textes des Black Panthers (Oink Oink : « Babylone », « Cherokee », « Djoutche », « Libérez les prisonniers politiques »). La deuxième face est enregistrée avec les deux contrebassistes du disque précédent. Magny y dénonce les formes de répression (« Répression »), témoigne de la vie des mineurs (« Chronique du Nord »), soutient le peuple basque (Camarade-curé » avec des chœurs en langue basque)… A cette époque, Colette Magny est censurée à la radio, ne passe pas dans les médias. Elle se produit en concert dans les maisons de la culture, lors de manifestations politiques, de galas de soutien…

En juin 1974, elle donne un concert dans un village du Haut Var en compagnie de Maxime Le Forestier, de Léo Ferré, Mouloudji, Imanol et de Joan-Pau Verdier. Une partie des bénéfices permet l’enregistrement du disque Chili, un peuple crève, paru en 1975. On y retrouve Maxime Le Forestier, sa compagne Mara et Colette Magny qui y interprète trois chansons des chiliens Violeta Parra et Victor Jara (ce dernier ayant été assassiné en septembre 1973 par les militaires après le coup d’état). En 1975 paraît Transit (« La panade », « Les cages à tigre », « la bataille », « Le pachyderme », « Ras la trompe »…) Colette Magny enregistre avec le Free Jazz Workshop de Lyon dont fait partie à l’époque le jeune Louis Sclavis (clarinette basse, saxophone soprano). Au printemps 1976, Colette Magny monte le spectacle Visage-Village à la Cartoucherie de Vincennes, autour de peintures et sculptures de Monique Abecassis et de musiques de Lino Léonardi. Ce spectacle évoque la vie d’une femme dans un environnement rural. L’album Visage-Village paraît en 1977.
Elle travaille par la suite dans les Vosges avec un groupe d’enfants handicapés d’un institut médico-pédagogique. Elle enregistre leurs voix, leurs improvisations à l’aide de différents instruments dont certains fabriqués par eux-mêmes. Ce disque collectif, Je veux chaanter est publié en 1979.

Colette Magny monte un spectacle sur la conflit israélo-palestinien au Théâtre de la Ville (« Un juif à la mer un palestinien au napalm »), rend hommage à Antonin Artaud avec un album comprenant un montage de ses textes (Thanakan, 1980).
En 1983, elle revient à des formes plus traditionnelles, au blues et au jazz de ses débuts avec l’album Chansons pour Titine enregistré avec des musiciens de jazz : Patrice Caratini et Henri Texier (contrebasse), Claude Barthélémy (guitare), Maurice Vander (piano), Jean-Pierre Chaty et Richard Foy (saxophones)… Elle y reprend des standards (« Strange Fruit » interprété à l’origine par Billie Holiday, «You Go To My Head », « My Heart Belongs To Daddy » de Cole Porter, « The House Of The Rising Sun » chanson folk traditionnelle américaine, « All Of Me », «Young Woman's Blues de Bessie Smith …), y chante l’hymne des Black Panthers (« The Meeting »), une nouvelle version de « Melocoton » et « Prison » (poème de Paul Verlaine sur une mélodie de Gabriel Fauré). Elle se produit au Festival d’Avignon et au Théâtre de la Ville.

Sans maison de disques elle lance une souscription par le biais du journal Télérama pour pouvoir sortir en 1989, Kévork (« Quand j’étais gamine », « Exil », « Sphinx de nuit », « Caqueta »…) Evocation de la pintade, symbole pour Colette Magny d’une intransigeante liberté, ce disque bénéficie de la direction musicale de Michel Precastelli (également compositeur de certains titres), d’Hélène Labarrière à la contrebasse, d’Aldo Romano à la batterie, de César Stroscio au bandonéon…
En 1991, elle publie un album d’inédits avec « Rap toi d’là que je m’y mette », « La terre acquise », mais aussi une reprise de « Love me tender » d’Elvis Presley.
Elle a inspiré des chanteuses comme Catherine Ribeiro ou Mama Béa Tekielski.
Colette Magny est décédée le 12 juin 1997 à Villefranche-de-Rouergue dans l’Aveyron. Elle disait : « … Dans la famille coup de poing, Ferré c’est le père, Ribeiro la fille, Lavilliers le fils. Et moi la mère ! ».

© Le Hall de la Chanson

 

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A l'occasion des 40 ans du Mouvement de Libération des femmes, le Hall de la Chanson (Centre National du Patrimoine de la Chanson, des Variétés et des Musiques Actuelles) publie sur son site du 8 mars et jusqu’à fin décembre 2010, des pages (biographies, des interviews (audio et vidéo) inédites, des photos, des extraits de chansons à entendre…) sur le thème Femmes en Chansons :
http://www.lehall.com/actus/femmes_en_chansons.htm

 

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Published by Pierre Prouveze - dans Article
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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 13:00

femmes.jpgUn CD regroupant Michèle Bernard, Anne Sylvestre, Sapho, Diane Dufresne, Hélène Martin et Colette Magny ("L'eau c'est la souffrance des femmes", "Exil") vient de paraître.

 

Présentation de ce disque :

"Jadis en France, certaines femmes disposaient du droit de vote. Après l'avoir perdu à la fin du quinzième siècle, il leur faudra patienter près d'un demi millénaire pour le retrouver en 1944 mais cette fois, toutes les femmes sont électrices. Dès lors, la reconnaissance s'accélère. Une femme devient « Premier ministre » de notre pays, une autre est présente au second tour des élections présidentielles, plusieurs d'entre elles sont aujourd'hui à la tête d'importants partis politiques, de ministères ou d'entreprises. Elles renouent avec leurs ancêtres du Moyen Âge qui géraient les grands domaines et les abbayes. Il en est ainsi dans les domaines artistiques et notamment dans ceux de la poésie et de la chanson à caractère littéraire. Les longs siècles de mise sous le boisseau sont révolus et les voix féminines retrouvent une notoriété qu'ont connu en leur temps Marie de France, Christine de Pisan ou Louise Labé. De plus, la fin des années cinquante marque un tournant irréversible. Les femmes prennent possession de l'ensemble des faces de leur métier. Interprètes de premier plan sans conteste possible mais aussi auteures, compositrices, productrices, éditrices....

Portées par des musiques ouvertes à la diversité des formes, les six artistes de ce CD affirment cette évolution et leurs chansons jettent sur l'état du monde une réflexion libérée de la tutelle masculine. Leurs paroles témoignent de la conquête par les femmes de disposer de leur propre corps, du droit d'avorter, de la possibilité de vivre pleinement tous les âges de la vie. Elles proposent une réflexion écologique bien avant sa grande médiatisation, qu'il s'agisse du pillage et de la destruction des ressources naturelles, de l'extinction des peuples et des espèces les plus fragiles ou de l'utilisation, dans le plus grand secret, de substances nocives pour l'être humain. Elles évoquent la lente et difficile accession à l'égalité entre les hommes et les femmes. Ces chansons n'oublient pas leurs illustres devancières au nombre desquelles l'inflexible Louise Michel qui, déportée en Nouvelle Calédonie, s'emploie à instruire les enfants de l'île et applique dans des conditions hostiles, ses généreuses conceptions de la vie. Elles affirment, encore et toujours, la chance vitale que constitue pour un pays l'afflux des immigrés, reléguant par la même, au rang de l'agitation politicienne, le débat sur l'identité nationale. Six auteures-compositrices-interprètes parmi tant d'autres que nous aurions aimé joindre pour affirmer l'ampleur des bouleversements de la place de la femme." B. Ascal

 

"L'eau c'est la souffrance des femmes"

  

 

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