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3 février 1965 3 03 /02 /février /1965 16:01

Article de Claude Fléouter intitulé "Léo Ferré à la Mutualité" paru dans Le Monde du 3 décembre 1965 :

Ce n'est pas leur premier meeting à la Mutualité. Chaque fois, dans l'enthousiasme, ils manifestent en faveur de la chanson, celle des poètes. Ceux-ci pour un soir viennent retrouver le plus merveilleux public qui soit et donnent le meilleur d'eux-mêmes (1).

Mercredi encore, ils étaient plusieurs milliers d'étudiants venus entendre Henry Gougaud, Colette Magny et Léo Ferré.

C'était un peu la rentrée de Ferré, que nous avons retrouvé avec toute sa virulence, avec ses mots simples qui frappent comme une massue et déversent une cascade d'émotions. Et l'on est entré comme avec un plaisir nouveau, dans la confidence d'un poète populaire qui chante la " reverdie ", l'espérance du lendemain, l'amour partagé et la robe de quatre sous...

Colette Magny, c'est d'abord une merveilleuse chanteuse de blues qui rejoint la tradition de Bessie Smith; c'est aussi un poète anarchiste qui chante selon les impulsions de son cœur. Elle raconte des histoires vécues, elle parle de l'injustice, des chiens qui mordent les Noirs en Alabama, de la mort de Lumumba et du péril atomique. Grâce à un sens étonnant de la musique de jazz et du blues, elle conquiert son public.

Henry Gougaud nous parle du " mal blanchi " et du " mal noir qui a vu le temps des cerises " ; c'est la révélation de l'année : il chante ses émotions dans de parfaits petits joyaux ; il s'affirme comme un disciple attachant de Brassens et Jean Ferrat.

(1) Prochain spectacle le 10 décembre, avec Hélène Martin, Guy Bedos et Mouloudji. S'adresser à l'A.L.I.J., 50, rue Jacob, Paris (6e)

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