Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 novembre 1983 2 08 /11 /novembre /1983 10:41

Article de Claude Fléouter publié dans Le Monde du 8 novembre 1983 :

L'aventure de Colette Magny est exceptionnelle dans la chanson française. Après avoir débuté en 1962 à l'âge de trente-six ans avec le très beau blues Melocoton, Magny a évité les lois du show-business, s'est efforcée de ne pas vivre dans un univers clos et s'est laissée porter par sa sensibilité et sa générosité, s'engageant avec passion dans un remarquable travail sur la forme, sur les notes, les sonorités, chantant des chroniques du temps, des chansons - enquêtes des chansons-collages, des chansons-montages.

Ce chemin solitaire, et pas toujours facile, Colette Magny l'a emprunté avec un cœur immense et une voix où se mêlent la force, la puissance et le pathétique, la rage et la douceur.

Au dernier Festival d'Avignon, la chanteuse avait présenté en association avec la pianiste et compositrice Anne-Marie Fijal un spectacle éclectique où elle laissait aller sa fantaisie au gré de ses amours musicales anglophones ou françaises, mêlées à ses propres chansons nouvelles et aussi anciennes comme le fameux Melocoton. C'est ce récital où sont actuellement réunis Fauré, Antonin Artaud, Billie Holiday, Louise Labbé, Aragon, Elaine Brown et Verlaine que Magny propose au Théâtre de la Ville.

L'obligation du théâtre de Jean Mercure de maintenir strictement dans le cadre d'une heure le programme de variétés a contraint la chanteuse à resserrer son spectacle d'une quinzaine de minutes. Ce qui a pour conséquence à présent de faire apparaître un peu long le montage de textes d'Artaud, où Magny se révèle cependant étonnante dans un jeu de rêves et de folies.

Le blues est de nouveau à l'honneur avec Strange Fruit, la superbe chanson de Billie Holiday, et aussi Mon homme chanté en anglais, Any Woman's Blues et Saint-James Infirmary. Enfin, un hommage est rendu à Marilyn Monroe (My Heart belongs to Daddy) avec une vivacité et une malice qui courent le long d'un concert ovationné par un public en majorité composé de jeunes.

CLAUDE FLÉOUTER.

Partager cet article

Repost 0

commentaires