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4 août 1972 5 04 /08 /août /1972 10:43

Extrait de l'article de Colette Godard intitulé "Les démesurés d'Avignon" paru dans Le Monde du 4 août 1972 :

La démesure, on la trouve dans la voix de Colette Magny, qui a chanté dans la soirée à Champfleury dans une salle des fêtes construite, dirait-on, pour que l'acoustique en soit mauvaise. Il y avait bien sept cents spectateurs venus pour la plupart du Festival. Ils ont écouté d'anciennes et nouvelles chansons, " Bessie Smith ". " Rhodiaceta ", " l'Heure des brasiers ", les chants des hommes usés, des vies pillées, la grande histoire des Black Panthers. Assis par terre, ils écoutaient, tendus vers cette voix qui raconte des choses très simples, très vraies, qui les rend très simples, très vraies. Cette voix ample ou se reconnaissent les " nègres " de toutes les couleurs, de tous les continents, qui veulent devenir des hommes à part entière.

Édith Piaf chantait les peines de cœur avec des paroles sans importance et une voix qui " accrochait " les blasés comme les naïfs. On retrouve le même phénomène public avec Colette Magny. Elle " fonctionne " par la qualité de sa voix, de sa personnalité, par son chant à la fois savant et pur. Peu importent les histoires sans nuance, peu importe le sens des mots, on ne peut pas se tromper sur le sens de la musique, des intonations. Parce qu'elle exprime la solidarité la plus généreuse, la plus authentique, la voix de Colette Magny dépasse et balaie les idées acquises. Elle frappe et touche sans distinction de classe ni de culture.

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