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1 novembre 1997 6 01 /11 /novembre /1997 19:02

Courrier des lecteurs paru dans Chorus n°22 de l'hiver 1997/98 :

 

Notre amie Colette Magny est partie... Comme tous les amateurs de chanson, nous l'avions entendue en concert et sur disque, mais quand parut sa souscription pour Kevork, nous fûmes outrés qu'aucune maison de disques n'enregistre et ne produise plus cette grande dame de la chanson. Au sein de notre association, Chansons de l'événement, nous avions alors envoyé une commande groupée... et nous avons correspondu avec Colette à partir de ce moment-là.

A l'image de ses chansons, sa correspondance était sans complaisance, même si amicale, très forte... Etait-ce le temps qui lui manquait ? Non ! Elle avait une exigence en amitié qui lui faisait dire les choses comme elle les pensait, même si elle pouvait se tromper (et elle était capable alors de faire amende honorable et de s'excuser). Et ce malgré une certaine solitude qu'elle avait choisie par l'éloignement de sa campagne du Quercy, mais où chacun pouvait lui téléphoner pour parler, prendre de ses nouvelles... ceux-là étaient peu nombreux.

Nous étions sur ses pas depuis longtemps et, le 22 novembre 1996, au Théâtre du Merlan (scène nationale de Marseille), nous avons voulu aller sur les siens en une soirée mémorable (que Chorus avait annoncée...) de plus de trois heures de chanson et de musique. Dédée de Marseille (ainsi que l'avait surnommée Colette), Jean-Paul Florens et son trio de jazz, Jean-Marc Le Bihan, Gréco et les insectes, devant 250 personnes venues de Marseille mais aussi d'Avignon ou de Lyon, avaient marché sur ses pas avec leurs musiques, leurs chansons... et une communication téléphonique en direct avec Colette, suivie de quelques-unes de ses chansons par chaque participant. Ce fut "le plus beau cadeau" qu'on ait pu lui faire, dira-t-elle. Cela lui redonna du ressort, et elle commença à préparer un concert pour l'Olympia...

Aujourd'hui, on peut trouver l'intégralité de cette communication téléphonique avec Colette et des extraits de cette soirée dans une plaquette de 48 pages, Sur les pas de Colette Magny, et une cassette enregistrée (disponibles auprès de l'association au prix de 100F : MPT Saint-Barnabé, rue Gustave Salicis, 13012 Marseille; tél. 04.91.93.67.46). Et nous invitons tous ceux et celles qui le souhai tent à étudier son oeuvre avec nous. Des soirées seront organisées à cet effet, un document paraîtra prochainement, etc. Nous continuerons en effet notre propre route en marchant sur les pas de "la seule chanteuse qui ait porté le débat aussi haut par la chanson".

Pierre Prouvèze (Marseille)

 

 

Note de la rédaction :

A Chorus, fidèles au principe qui veut (pour éviter un coup d'épée dans l'eau, qui satisfait seulement les inconditionnels) que nous parlions d'un artiste au moment où cela peut lui être le plus utile, nous espérions toujours une actualité de Colette (concert ou nouveau disque) pour concrétiser un dossier en projet... En fouillant dans notre correspondance avec elle, nous avons retrouvé cette lettre où elle répondait favorablement à notre suggestion de lui consacrer, jadis, un dossier dans Paroles et Musique : elle y fait allusion à celui que nous avions déjà consacré à "Catherine" (Ribeiro) ainsi qu'à son producteur d'alors, Philippe Gavardin, le directeur du Chant du Monde, qui a lui-même disparu cet été, d'une crise cardiaque, à l'âge de 52 ans [voir p. 174]. Après le décès, aussi, de Jacques Canetti, les temps sont durs décidément (et les médias fort discrets) pour la chanson française.

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