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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 11:46

LavilliersLu pages 295, 310 et 311 dans "Les vies liées de Lavilliers" de Michel Kemper  (Ed. Flammarion) au sujet de suspection de plagiat dans l'oeuvre de Lavilliers :

 

" Outremer est une chanson suspecte. À rapprocher d'Heure grave, texte de Rainer Maria Rilke, dans une traduction et une interprétation de la chanteuse Colette Magny (Album 30 cm Colette Magny, 1965, CBS réf. 62 416) :
    Qui maintenant quelque part dans le monde
    Sans raison pleure dans le monde
    Pleure sur moi [...]
    Qui maintenant marche quelque part dans le monde
    Vient vers moi.
                            (Heure grave - Rainer Maria Rilke)

Même si le sens diffère singulièrement du texte souche, la « version » de Bernard Lavilliers adopte une composition proche ;
     Qui / maintenant / Pleure encore / Outremer
     Qui / Quelque part / Pleure encore / Pourquoi [...]
     Qui, Maintenant  Marche encore / Outremer
     Qui / Quelque part / S 'éloigne / De moi.
                            (Outremer - Bernard Lavilliers, 1991)
[...]

Prendre au texte souche toute sa substance, oui... quitte à en faire tout autre chose ensuite, voire à lui faire dire exactement le contraire ! Exemple chez Rilke, pour Heure grave :

    Qui maintenant marche quelque part dans le monde
    Vient vers moi.
Qui, une fois mué en Outremer chez Lavilliers, devient :

    Qui maintenant  marche encore outremer
     Qui quelque part s''éloigne de moi

 

 

Colette Magny toujours. En 1968, l'auteure de Mélocoton ose jeter de la musique aux pieds des vers de Victor Hugo, sur les Tuileries. Vingt ans plus tard, ce texte inspirera Bernard pour son fameux On the Road Again, titre vedette de l'album If. Convenons qu'il est intéressant: de se pencher sur ce "tube", de tenter d'en extraire l'ADN. Hugo d'abord :
     Nous sommes deux drôles

     Aux larges épaules

     De joyeux bandits

     Sachant rire et battre.

                      (Les Tuileries - Victor Hugo)
[Cela devient chez Bernard Lavilliers :]

     Nous étions jeunes et larges d'épaules
     Bandits joyeux, insolents et drôles
     On attendait que la mort nous frôle

                      (On the road again - Bernard Lavilliers, 1988)

 

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Published by Pierre Prouveze - dans Publications
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