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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 07:49

Youcef-Tatem.JPGExtrait de l'article intitulé "Youcef Tatem : une vie de cinéma populaire et engagé" paru dans l'Humanité du 13/08/2010 :

 

Avec son verbe fluide et sa mémoire parfaite des noms et des années, Youcef pointe l’incontournable été 1967. Alors animateur à La Chapelle-en-Vercors avec Vagneron, Youcef y fait la connaissance d’un certain Pol Cèbe, qui vient y passer quelques jours avec ses enfants. «Cèbe était un mec très sérieux. Il m’a plus parlé de cinéma que de la grève qu’ils avaient menée à Besançon.» Youcef prend connaissance de la grève historique des ouvriers de la Rhodiaceta, menée en décembre 1967 à Besançon, dont Pol Cèbe, syndicaliste de la CGT et responsable de la bibliothèque de l’usine, est un des leaders. Une grève filmée par le cinéaste Chris Marker dans À bientôt, j’espère (1967).
C’est le début d’une forte amitié et d’une longue collaboration autour du cinéma militant et des groupes Medvedkine. «Les choses étaient simples. Je me suis retrouvé à aller à Besançon et à Clermoulin, où Cèbe s’occupait du centre de culture et de loisirs des usines Peugeot de Sochaux. Je rencontre aussi René Berchoud, fondateur avec Cèbe, dans un faubourg ouvrier de Besançon, du centre culturel populaire de Palente Orchamps.» Un vrai repaire d’agit-prop.
En juin 1968, âgé de vingt-deux ans, Youcef adhère au Parti communiste. Et rencontre ainsi des syndicalistes de la CGT à Noisy, comme Jean Thuizat et Jacky Sarrabeyrouse. Il se retrouve à donner des cours d’alphabétisation aux travailleurs algériens dans des hangars près de la mairie. À cette époque, le cinéma commence à prendre de plus en plus de place dans sa vie. Le ciné-club de Noisy est sur le point de fermer. Qu’à cela ne tienne. Il décide avec les cégétistes de le reprendre. Il s’appellera le 16/24. «C’est Jacky qui a trouvé le nom : 16 millimètres et 24 secondes/image.» La programmation allait de Jean Renoir à Pierre Prévert, en passant par Claude Autant-Lara et Bernard Paul. Dans ce relais militant de la première heure, Youcef diffuse aussi les films du groupe Medvedkine, les films militants cubains et les ciné-tracts faits à Besançon. «On avait près de 400 adhérents. La culture, c’était un enjeu énorme. C’est par là qu’on touchait les gens et qu’on les amenait à parler politique.» Youcef fait partie de cette «mayonnaise». «On se lie d’amitié, d’un coup de bagnole on va à Clermoulin. On rencontre Colette Magny, Francesca Solleville, Suzanne, syndicaliste et personnage principal du film Classe de lutte.» Jusqu’à participer lui-même à Week-end à Sochaux (1971) où il joue un ouvrier marocain. «Je reçois un coup de téléphone de Cèbe, qui m’explique que les ouvriers marocains ont peur de tourner une scène et d’apparaître à l’écran. Il me demande de venir avec quelques copains pour les remplacer. J’avais dit aux copains : allez, on va à la campagne pour faire du cinéma…»

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