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30 novembre 1989 4 30 /11 /novembre /1989 15:09

Extrait d'un témoignage de Jean Moreau dans le Nouvel Observateur, n°1308 (p. 91), du 30/11/1989 :

14 FÉVEHER 1972 : Jean-Paul Sartre à Billancourt
Trois ouvriers de la Gauche prolétarienne avaient été licenciés. Pour tenter de mobiliser les ouvriers, Jean-Paul Sartre décide de faire un coup : entrer clandestinement dans la « forteresse, ouvrière » et s'adresser aux travailleurs. Le 14 février, nous nous retrouvons, quatre journalistes, avec Sartre, Colette Magny et quelques militants. Tassés dans une Estafette bleue, nous entrons par la porte Nationale. Au premier étage commence la distribution de tracts. Sartre prend la parole : « Cette action est le premier pas du contrôle de Renault par les travailleurs et la population de Boulogne... »
Tout de suite les gardiens -la volante en bleu- et la maîtrise en blouse blanche commencent à encercler les manifestants. Nous sommes refoulés puis bousculés, jetés dans l'escalier de fer. Sartre était déjà venu place Nationale en 1970, juché sur un tonneau. Sans succès. La CGT et le PC tenaient bien leurs troupes. « Il ne faut pas désespérer Billancourt » : le mot de Sartre, dans « Nekrassov » -il le met dans la bouche d'un petit apparatchik-, a toujours été pris à contresens. Le PC voulait cacher les réalités. Sartre, lui, rêvait de conscientiser les travailleurs et ça, on ne le lui pardonnait pas.

 

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