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1 mai 1985 3 01 /05 /mai /1985 10:27

Article de La République du Centre (1985) :

Sans étiquette - Colette Magny et la force de vie

Colette Magny était l'autre semaine à Olivet. Dans une salle à moitié vide qu'elle a remplie de ses mots chocs. Depuis vingt ans, Colette Magny n'a pas changé. De vive voix, elle chante ses colères, ses passions. Une voix solide comme le roc que n'altèrent point les souffrances physiques. Dans sa grande robe tunique, Colette Magny se déplace pourtant avec peine, presque à tâtons. Pour oublier, elle gueule. Et c'est beau. En coulisse, nous sommes allé la voir. Entrée en matière (vive) toute trouvée : « Pourquoi vous insurgez-vous contre l'appellation de chanteuse de blues ? » :

- Cela fait vingt ans que j'essaie de me défaire de cette étiquette. Le « blues », c'est commercial. On aurait voulu que je me contente de chanterer en anglais. J'ai refusé.

- N'est-il pas décourageant de se retrouver en marge ?

- Pas du tout. Quand j'ai débuté, je ne pensais pas que je chanterais encore aujourd'hui. Ma plus grande satisfaction, c'est d'avoir toujours fait ce que je voulais faire. J'ai fait les disques que j'avais envie de faire. Si j'ai commis des erreurs, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même.

- Vous avez repris votre grand succès « Melocoton ». Pourquoi ?

- Parce que cela me fait plaisir de le chanter et parce que la gauche est au pouvoir. Avant, on voulait m'obliger à ne chanter que cela.

- Vous vous refusez d'être critique envers la gauche ?

- Pourquoi ? Pas du tout. Je dis simplement que je ne veux pas voir revenir la droite. Je ne changerai pas d'avis tant qu'on ne m'aura pas démontré que les dirigeants actuels sont des croqueurs de diamants. La gauche a aboli la peine de mort. J'ai vu à la télévision des émissions où l'on encourage la lecture. La droite, elle, brûle les livres. J'ai vu une série d'émissions sur la faim dans le monde.

- Dans le domaine des émissions de variétés, cela ne change guère ?

- C'est vrai. (I y a cependant un peu plus de jazz. Il faudrait une bonne émission de variétés où l'on entendrait des artistes ignorés. De toutes façons, la télé ne fait pas tout. Je suis passée au « Grand échiquier » pour faire plaisir à mon P. -D. G., ce n'est pas pour cela que la salle était pleine ce soir.

- Pour chanter et dire des textes comme vous le faites, travaillez-vous la technique ?

- Pas du tout. Ce que je fais, je le fais avec mes tripes. J'ai travaillé le classique. C'est affreux. Je n'ai pas le sens de la mesure. Et puis, en fait, cela m'emmerde. C'est pour cela que je travaille avec des musiciens de grande qualité comme Anne-Marie Fijal. Malheureusement, elle va me quitter. Elle a beaucoup d'autres activités. J'aurais bien aimé
avoir Lubat mais il est parti chez Nougaro où il tournera plus qu'avec moi.

- Vous dites que la musique vous aide à oublier vos douleurs. La musique est donc une médecine ?

- Absolument. D'ailleurs, plutôt que de bâtir des grands ensembles, la gauche ferait mieux de faire des chorales. Les gens n'osent pas ouvrir la bouche. Et pourtant, sauf quelques rares cas de malformations, tout le monde sait chanter.

Propos recueillis par Jacques CAMUS.

 

 

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commentaires

Laurent 19/10/2009 13:15


Merci pour votre blog magnifique sur ma chanteuse française préférée. C'est un régal de suivre votre liste de diffusion !

Etes-vous allé voir le sublime spectacle de Odja Llorca à la maison de la poésie de Paris ou ailleurs ? Et qui êtes-vous ? L'avez-vous rencontrée ou écoutée en concert ?

Amicalement,
Laurent


20/10/2009 10:58



Bonjour,
Merci pour votre commentaire.
Je ne suis qu'un simple admirateur de l'oeuvre de Colette Magny. Je cherche juste à faire partager les petites infos que j'arrive à trouver sur elle.
Ma passion a commencé quand j'étais gamin, en écoutant L'écolier soldat sur le disque du SPF...
Sinon, je l'ai vu 3 fois en concert. Je n'ai osé qu'une seule fois l'aborder après un spectacle.
Quant au spectacle de Odja Llorca, je l'ai vu à Paris en mai dernier. Pas mal du tout. Mais impossible d'oublier l'original...