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14 juin 1973 4 14 /06 /juin /1973 09:09

Libe.jpgArticle paru dans Libération n°29 du 14/06/1973, page 2 :

 

 Lors de la soirée spectacle organisée jeudi soir à la Mutualité, Colette Magny parle avec Libération :

 

- Pour toi, quels sont les problèmes qui te sont posés par les travailleurs immigrés, et qui te sensibilisent le plus ?

 

Colette Magny : Tu sais, je vais te dire, maintenant j'essaye de faire un travail très modeste ; là, il se trouve que j'ai été en contact il y a un an avec les grévistes immigrés de Pennaroya à Lyon. C'est malheureusement loin, mais enfin, ce sont eux qui m'ont demandé de venir. Je n'ai pas fait l'aboyeuse ! Ils ont demandé qu'une chanteuse vienne faire faire une chanson avec eux. Un militant a dit : "C'est Colette Magny qui est susceptile de venir". Effectivement, ça a été moi. Je connais quand même un peu la situation ; elle est compliquée. Je m'aperçois que, sur 105 travailleurs immigrés, la situation politique, pour moi et ma toute petite tête, est très embrouillée.

 

- Et l'action des syndicats, les permanents par exemple ?

 

Colette Magny : J'ai vu un délégué CGT de Saint-Denis, par exemple. Je te jure que ce n'est pas un salaud, et qu'il est de parfaite bonne foi. C'est peut-être un con, si l'on veut ou un gars qui n'a pas compris. Et pourquoi comprendrait-on à chaque fois ? Moi, je fais des bourdes monstrueuses souvent, tu sais, en tant que personne qui n'a pas grande expérience.

Je t'assure, jusqu'à l'âge de 30 ans, je n'avais pas lu un journal. J'ai été éveillée très, très tard. Alors, je me contente d'un petit secteur où je sais que je peux faire quelque chose, très peu d'ailleurs. Au bout d'un an, les travailleurs immigrés de Pennaroya ont eu le désir de faire un disque eux-mêmes, sans moi. Ils vont en faire un, eux, et moi j'en ferai un autre avec eux.

 

- Pour qui chantes-tu, Colette ?

 

Colette Magny : Moi c'est pour les gens que je chante. Ce n'est pas pour les organisations. J'ai du respect pour tous les militants qui font leur travail. Quelle que soit l'organisation, c'est le sujet qui m'importe.

Tout au long de la soirée, les militants du "Comité pour les Droits et la Vie des Travailleurs immogrés" nous ont présenté divers aspects de leur lutte. Par exemple, dans les entreprises Margoline, dont le nom fut hué par la salle. Des chansons, des bandes magnétiques, beaucoup d'expression et de recherche.

 

 

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