Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 07:32

Extrait page 232 du livre "Jean Ferrat, Je ne chante pas pour passer le temps" de Daniel Pantchenko (Fayard, 2010) :

 

Philippe Constantin [préparant un article pour le numéro de mai 1968 du mensuel Rock & Folk] reproche à Ferrat d'entretenir l'image d'une révolution cubaine folklorique; très souvent, ses questions sont beaucoup plus longues que les réponses de son interlocuteur soumis à une espèce de feu roulant : "Je pense que les autorités ont réellement compris le danger de Potemkine, le sentiment de révolte. Elles n'en ont pas vu dans Cuba si, Cuba si donne bonne conscience : j'écoute ça donc je suis de gauche, et je me rassois dans mon fauteuil; elle parle de quelque chose qui représente un réel danger pour le capitalisme, mais elle n'est pas interdite. Elle parle d'un danger, mais elle n'est pas dangereuse, comme l'est par exemple Le Mal de vivre de Colette Magny, interdit et c'est dans la logique du système".

 

Daniel Pantechenko complète cette citation par l'annotation suivante (p. 236) :

Dans l'album, Frappe ton coeur, paru en octobre 1963 au Chant du Monde, que Colette Magny a rejoint après que CBS lui eut refusé Le Mal de vivre, chanson intermondialiste (France, Afrique, Cuba...) conçue entre le récitatif et le cri, qui commence par "Fait divers : un jeune homme de dix-huit ans s'est suicidé. Voici ce qu'il a écrit : "Les hommes vivent comme des loups"" et entretient un leitmotiv : "J'ai le mal de vivre... Un grand espoir, et c'est Cuba." Cette chanson sera réintégrée, quatre ans plus tard sous le titre Viva Cuba, dans l'album Vietnam 67. Colette Magny est décédée le 12 juin 1997.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Raison 05/12/2010 18:00


Ce livre sur Ferrat permet de retrouver des passages sur des chanteurs qui nous sont familiers (et notamment Magny) mais son intérêt principal réside dans la mise en perspective avec les faits
historiques et politiques de la vie du chanteur. Par ailleurs, le livre de Pantchenko est tout autant un hommage à Ferrat qu'à Christine Sèvres...