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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 08:29

Extrait du Larousse, "Un festival de décibels dans le ciel du Berry":


Festival de musique populaire plus que trentenaire, le Printemps de Bourges 2009 s’est déroulé du 21 au 26 avril. Devenu l’un des grands rendez-vous annuels de la jeunesse éprise de son temps, il lui offre un paroxysme d’art vivant.

Bourges, vous connaissez ? Héritière des Bituriges de l’époque gallo-romaine, la cité doit son ancienne célébrité à sa cathédrale Saint-Étienne, l’un des joyaux de l’art gothique, et au financier Jacques Cœur, le grand argentier de la royauté sous Charles VII. Préfecture du Cher, le département le plus central de France, elle a toujours mené l’existence paisible d’une ville de moyenne importance. Paisible… jusqu’à ce jour d’avril 1977 où retentirent les premiers décibels du « Printemps de Bourges ». C’est alors l’ère d’une nouvelle célébrité qui s’ouvrait !


À concept novateur, pari audacieux
Tout commence à la maison de la culture de Bourges – la première de ce nom en France, inaugurée en 1963 par André Malraux, alors ministre du général de Gaulle. Un jour de l’année 1976 y arrivent deux hommes, l’un, Daniel Colling (né en 1946), passionné de chansons françaises, et l’autre, Maurice Frot (1928-2004), écrivain libertaire, également régisseur de Léo Ferré. Ils exposent au directeur, Christophe Dechico, une idée au moins aussi originale que le nom (qui est celui d’un ru de l’Essonne) de l’agence artistique qu’ils ont fondée, Écoute s’il pleut : celle d’un festival dédié à la chanson d’aujourd’hui. Ils y sympathisent aussi avec un bouillant personnage qui a des idées à revendre : Alain Meilland, responsable du secteur « chanson » dans cette maison de la culture – la seule de France qui possède un tel poste. Les ressources humaines existent pour accoucher d'un grand projet.

Le projet est aussi un concept en même temps qu’un pari. Les festivals de musique classique abondent. Alors pourquoi pas un festival de la chanson financé à la fois par des fonds privés et des subventions publiques ? Et un festival qui se situerait en marge des circuits du tout-puissant show-business ? Il y a de la revendication dans l’air… Le « la » est donné dès septembre 1976 avec l’opération « Halle en fête », qui propose sous la halle au blé trois jours de concerts auxquels participe notamment Bernard Lavilliers. Le centre-ville de Bourges est en ébullition : 3 000 personnes rendent le pari gagnant. Alors, la municipalité donne son « feu vert » au premier « Printemps de Bourges », qui est annoncé pour la période du 6 au 10 avril 1977.


La chanson autrement
Daniel Colling se met au travail. Entouré de son brain-trust – son second, Jean-Pierre Moreau, l’indispensable mais discret Alain Meilland, deux journalistes et deux attachées de presse –,  il s’emploie à remplir les grilles d’un programme qui doit comprendre vingt concerts, réunir une quarantaine d’artistes et, chaque jour, occuper un créneau allant de 10 h du matin à 2 h 30 le lendemain ! Les salles disponibles ne suffisant pas, un grand chapiteau, centre névralgique du festival, sera dressé place Séraucourt.

Les invités du premier Printemps de Bourges ne sont pas de ceux qu’on entend à longueur d’antenne à la radio ou à la télévision. Bernard Lavilliers remet ça. François Béranger, Leny Escudero, Jacques Higelin, Colette Magny, Catherine Ribeiro, Henri Tachan, chanteurs engagés ou inclassables, ou encore des « régionalistes » comme les Occitans Verdier et Marti sont de la fête. Ils ont des parcours différents, parfois atypiques, mais tous font cause commune en acceptant d’« essuyer les plâtres » de ce festival qui renoue avec l’esprit des chansonniers à l’ancienne mode, mi-troubadours mi-rebelles. Des chansonniers à l’ancienne mode pour le monde d’aujourd’hui…

Les spectacles mêlent toutes les générations, parmi le public et sur scène. À l’affiche, il y a de grands aînés, Charles Trenet et Serge Reggiani, qui sont venus apporter leur caution au festival et qui recueillent de nouveaux succès. Mais on ouvre aussi les plateaux à de « petits nouveaux », qui se frottent pour la première fois au public et qui peuvent, comme le Charlélie Couture de cette époque, apprendre ce qu’il leur en coûte… – il restera de cette initiative un nom déposé, celui de Scène ouverte.

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