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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 12:32

Publication sur le site de France Musique pour l'émission "Les Greniers de la mémoire", de Karine Le Bail & Philippe Tétart le samedi 17 octobre 2009 de 12h à 13h :


Colette MAGNY
« L’Ella Fitzgerald » de la chanson française… ou Colette Magny. D’elle, on ne se souvient guère que de Melocoton, succès de 1963. Pour le reste, cette chanteuse haute en couleur, curieuses d’explorations sonores et qui passa sa vie à chanter ses indignations, ses convictions, est trop méconnue. La faute, sans doute, à sa foi inébranlable dans un devoir de révolte que certaines oreilles trouvèrent sans doute dérangeante. C’est ce personnage singulier, inclassable, que Les Greniers vous invitent à découvrir grâce aux archives de l’INA. Bonne écoute !

Née à Paris en 1928, Colette Magny débute sa carrière à 36 ans, après avoir quitté son poste de secrétaire à l’OCDE. Passionnée de chant, et en cela héritière de sa mère – qui était chanteuse lyrique amateur – elle ne chante d’abord que pour ses amis, en s’accompagnant à la guitare. Des Amis qui peinent à la convaincre de sauter le pas. Mais elle finit par s’y essayer : au printemps en 1962 elle passe une audition à La Contrescarpe. Elle est aussitôt retenue. Le cabaret ne la reprend pas dans son programme de l’automne, mais les téléspectateurs la découvrent lors d’une apparition télévisée dans le « Petit Conservatoire de la Chanson » de Mireille, en décembre. S’ensuit une ascension rapide : elle est sur la scène de l’Olympia en 1963, où elle fait le lever de rideau, avec Pierre Vassiliu, du show de Claude François. La même année, Melocoton devient un tube. Mais elle préfère, comme depuis des années, reprendre, de sa voix puissante, les grands standards de la musique noire américaine. Tout au long de sa carrière elle soulignera d’ailleurs combien ce premier et unique succès populaire lui permis certes de faire carrière mais l’encombra bien souvent.
Après cette soudaine sortie dans la Lumière, retour à l’ombre du militantisme et de l’expérimentation musicale. Loin des médias qui la boudent, elle poursuit une carrière de chanteuse militante, écrivant en français les émotions, les peines et les indignations du quotidien qu’elle aime tant retrouver dans le blues. Son album de 1968 témoigne de cette facette ; elle y développe ses thèmes de prédilection : révolution, tiers-mondisme, soutien aux mouvements ouvriers, avec des titres comme Vietnam 67, A Saint-Nazaire, Les Gens de la moyenne. Elle met aussi des poèmes et des textes en musique : Verlaine, Rilke, Hugo, Artaud. Au cours des années 1970, elle goûte successivement à la musique contemporaine, au free jazz, au rock progressif, avant de revenir à une forme musicale plus traditionnelle avec l’album « Bluesy, bluesy. Chansons pour Titine » qui marque un retour sur soi (1983). Elle poursuit sa carrière, donnant de temps à autre des interviews qui nous permettent de la retrouver aussi entière qu’elle savait être, loin des projecteurs, mais avec un cœur d’éternelle humaniste, un rire sans pareil et une capacité d’indignation intacte. Sa marque en somme. « Dans la famille coup de poing, Ferré c’est le père, Ribeiro la fille, Lavilliers le fils. Et moi la mère ! », disait Colette Magny, qui nous a quitté le 12 juin 1997.

 


Voir citation extraite de cette émission

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