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1 février 1981 7 01 /02 /février /1981 06:45

Article paru dans la revue portugaise Mundo da Canção n°52 de février 1981 :

COLETTE MAGNY- une voix insérée dans une riche tradition appelée "chanson poétique" française avec des "points" de référence comme Agnès Capri, Stéphane Golmann, Félix Leclerc, Georges Brassens, Jacques Douai, Léo Ferré, Pierre Louki, Jacques Brel, Jean Ferrat etc. Voix maudite? sans aucun doute;  il suffit de voir comment elle est marginalisée par les grands moyens de communication sociale. Ecrire sur cette voix est en même temps facile et difficile : facile car dans son oeuvre il n'y a pas de place pour les mystifications, les imaginations ou les tromperies ; difficile car dans ses chansons est présent tout un monde complexe et problématique, surtout à travers la dénonciation vigoureuse et incommodante de la répression, de l'exploitation et de l'injustice, quelque soient les formes/les masques qu'elle revêt dans telle ou telle société.

 
Colette Magny est née en 1926 et entre 1948 et 1962 elle fut assistante du service de traductions de l'OCDE. En 1962, à 36 ans, elle a abandonné son statut de fonctionnaire international pour se consacrer à la vie artistique (soit en chantant du "blues" soit en interprétant ses propres compositions en français). On peut considérer que sa carrière a débuté à La Contrescarpe, un cabaret situé sur le flanc de la montagne Sainte-Geneviève, où la chanson appelée style "rive gauche" a toujours sa place d'honneur (par là sont passés Graeme Allwright, Michel Aubert, Hélène Martin et Francesca Solleville).
 
Grâce à l'invitation de la célèbre Mireille (créatrice en 1955, avec l'aide de l'ORTF, du "Petit conservatoire de la chanson"), elle s'est présentée à la télévision en interprétant "Saint James Infirmary". Le succès obtenu lui a permis de monter sur la scène de l'Olympia lors d'un spectacle "yé-yé" dans lequel le public était surtout venu écouter et applaudir Sylvie Vartan et Claude François.
 
Suivant de près les appréciations de certains historiens de la chanson comme Vernillat/Charpentreau, nous distinguons dans son répertoire certains courants basiques, avec des influences à différents niveaux de la chanson contemporaine:
 
1)  la facette du "blues" qu'elle interprète avec une telle patte et une telle expressivité enracinée dans les origines qu'il est difficile de faire un parallèle avec les interprètes européens du genre (en fait ce qu'ils veulent dire c'est qu'elle interprète le blues comme les créateurs du blues et pas du tout comme les autres interprètes de blues européens), écoutez par exemple le fameux "K3 blues".
 
2) l'interprétation de textes de grands noms de la poésie, mis en musique par elle même, comme ceux de Aragon, Hugo, Maïakovski, Essenine, Rimbaud, entre autres, ce qui a beaucoup contribué au "courant" de l'étude des relations entre poésie et musique/chanson ("courant" dans lequel nous retrouvons Brassens, Ferré...)

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Published by L. Cilia - P. Prouveze - I. Natario - dans Article
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