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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 21:04

Le webzine L'influx consacre un article aux chansons expérimentales intitulé "Avant, après 1968… le long mai de la chanson" (extrait):

"Il y a des années où on a envie de ne rien faire"... c'était le slogan du label Saravah, fondé en 1965 par Pierre Barouh, mort le 28 décembre 2016. Un appel rêveur et nonchalant au milieu de la fronde culturelle des sixties finissantes. Et à force de ne rien faire, c'est un véritable printemps de la chanson qui s'ensuivit...

[...]

LA VAGUE FREE

A la fin des années 60, de nombreux musiciens américains de free-jazz partent pour l’Europe. La promesse d’un public accueillant, friand de « new thing », l’envie de fuir un climat politique et racial tendu, et parfois d’autres raisons moins avouables poussent des musiciens comme Don Cherry, Alan Silva, Sunny Murray ou Steve Lacy à traverser l’Atantique.

Le free-jazz est porteur d’une révolution musicale, qui s’affranchit des « standards » et des grilles harmoniques du jazz « mainstream » Il manifeste aussi une éruptivité rageuse et une soif d’exploration sans limites, aux confins de l’abstraction et du bruit. Il est en même temps pour beaucoup l’occasion d’un retour sur les racines de la musique noire américaine, depuis les sources africaines jusqu’au temps de l’esclavage. (Art Ensemble of Chicago, Albert Ayler, Sun Ra…)

Le free-jazz devient pour les artistes afro-américains associés aux mouvements pour l’émancipation noire, le vecteur d’une revendication portée notamment par le Black Panther Party, et qui passe aussi par la recherche d’une « Great black music ».

FREE-JAZZ ET CHANSON LIBÉRÉE

Cette plasticité musicale, ce sens de la transgression esthétique et de la révolte politique font du free-jazz une inspiration pour la scène hexagonale. Elle trouve là un moyen de faire éclater le format chanson, de l’emplir d’un souffle contestataire, de l’ouvrir à de nouvelles sonorités, à de nouvelles façons de dire,  de poétiser et mettre en musique …

L’exemple le plus connu encore aujourd’hui est sans doute la collaboration entre Brigitte fontaine et l’Art Ensemble of Chicago, sur l’album Comme à la radio  (1969). Mais il faut au moins évoquer aussi l’oeuvre puissante et habitée de Colette Magny, (in)cantatrice rouge. L’auteure de  Mélocoton ou des  Gens de la moyenne enregistre en 1972 l’album Répression. Elle y lance plus qu’elle ne chante, des harangues politiques sur un jazz hypnotique emmené par le pianiste François Tusques, cheville ouvrière du free-jazz en France.

Clairement engagé à l’extrême gauche, ce compagnon de jeu de Michel Portal, Barney Wilen, Aldo Romano ou Sunny Murray publie des albums instrumentaux d’inspiration maoïste (Dazibao I et II), puis se consacre plus particulièrement à l’animation des luttes via des collectifs, fondant par exemple l’Intercommunal Free Dance Orchestra (1971) ou le Collectif du Temps des Cerises (1974), créateur du disque Dansons avec les travailleurs immigrés.

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