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5 décembre 1969 5 05 /12 /décembre /1969 17:47
Faire carrière, avoir du succès, plaire : je m'en fous !

Interview du JT de Montpellier :

Colette Magny, ce n'est plus Melocoton et pourtant ce que vous venez de chanter s'en rapproche.

Non, non, non. Ça c'est une idée publicitaire des journaleux.

Ce n'est pas gentil "les journaleux".

C'était des journaleux car le journaliste avait fait un article sérieux sur mon travail et avait pris la peine de m'appeler pour s'excuser du titre fait par le rédacteur en chef : "L'Ella Fitzgerald blanche" ! Grosse dame noire, grosse dame blanche chantant en anglais : et voilà c'est la même chose. Et bien non. Je n'ai ni la maîtrise vocale d'Ella Fitzgerald, ni son répertoire. En plus, je ne suis pas une chanteuse de blues. Une chanteuse de blues, ça improvise. Et je peux vous donner un exemple, je commence seulement après 7 ans de travail d'improviser sur des toiles de jeunes peintres.

Pourquoi chantez-vous ?

Par passion. Je me suis embêté pendant 17 ans dans un bureau. Faire des compromissions, des concessions, tous ces machins là, ça ne m'intéresse pas. Faire carrière, avoir du succès, plaire, tout cela, je m'en fous. Ce que je veux, c'est m'exprimer et avoir un dialogue avec les gens que ça peut intéresser. Un dialogue au niveau le plus profond. Ce n'est pas facile. J'ai participé par erreur, l'ORTF m'a engagée sûrement au festival international de variétés de Rennes. A Rennes, il y a peu de manifestations artistiques. Pendant trois jours, les gens ont pris des billets et ils s'enfilent tout ce qui passe. Et moi je suis arrivée comme une grosse tache là dedans, avec des chansons d'actualité politique et des exercices de musique contemporaine que je fais maintenant. Ça gueulait dans la salle. Il y en a qui disait : 'Ouh sortez la". Et il y en a qui était pour : "Bravo, merci madame..." Ça paraissait bizarre à côté de la connerie tout ce que l'on passe à la télé, à la radio qui est un zinzin immonde. Ce qui fait que ce je fais peut paraître inhabituel. A Rennes, il y avait une scène divisée. Rien de mieux, rien de plus merveilleux : que les gens s'expriment ! Quand je chante pour les étudiants, ça se termine avec les discussions politiques, avec tous les chefs des groupes ou groupuscules qui savent causer et noyauter les autres. Les gens timides ne parlent jamais.

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